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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 16:28
Effet d'un obus dans la nuit, avril 1915. Georges Scott

Effet d'un obus dans la nuit, avril 1915. Georges Scott

Ce n’est pas qu’un tableau, une représentation, un décor, des personnages, un instant précis. Ce n’est pas la beauté, l’esthétisme ou la recherche du sensationnel. Dans la boue,  la froidure et le feu des tirs, la pluie, le brouillard, les jours glauques et décolorés, le regard d’officiers à l’arrière, aux visages hâves et sombres, je vois explosions, cris, râles, corps soufflés. Je mange de la poudre, de la terre, et reçois des éclats d’obus et de bois. La guerre a un langage sinistre.
Tout ce que je vois m’incite à fermer les yeux, les déflagrations sont aveuglantes. Il y a persistance rétinienne, les images s’incrustent. La force de ce tableau se trouve là, le passé devient présent. On est dans la guerre qui broie les tripes. Le passé  interdit l’oubli, il accompagne et encadre un quotidien enclin à reproduire des erreurs.
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commentaires

almanito 24/11/2017 18:51

"Un quotidien enclin à reproduire les erreurs" terrible phrase parce qu'elle est vraie. On a même l'impression que les atrocités se multiplient, en nombre et en horreur. Triste humanité.

marine D 24/11/2017 09:24

Ça secoue, et on croit entendre le fracas et les cris, oui, nous vivons dans un monde qui n'en a pas fini de semer le mal, la fureur, le désespoir...
Je t'embrasse Mansfield

fanfan 18/11/2017 13:30

Un tableau très réaliste ,très fort, par les formes et les couleurs .
Il ne faut pas oublier pour essayer de ne pas reproduire les mêmes erreurs . Mais je crois que cela est trop demandé.Bon week end

La Baladine 14/11/2017 18:24

On croit les limites de l'horreur atteintes, et en fait, c'est là que tout commence. Le pire est au-delà.

Catheau 14/11/2017 15:31

Et dire qu'ils partaient "la fleur au fusil" !

écureuil bleu 14/11/2017 11:01

Bonjour Mansfield. C'est exactement ce que j'ai ressenti en regardant les premières minutes de "Au revoir là-haut" : toute l'horreur de la guerre !

jill bill 13/11/2017 16:58

Chair à canon selon l'expression consacrée... on ne peut se mettre à la place de ces hommes qui sont morts ainsi, mais on peut par les illustrations juste deviner la cruelle fin et les corps abandonnés sur place tandis que les survivants allaient encore au casse-pipe... merci aussi, jill

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