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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 21:04






Consigne 77 Michel faux rêveur

Vous avez sans doute, tous, une ou plusieurs citations  préférées, qui vous parlent particulièrement, vous interpellent, vous font réfléchir, conditionnent votre rapport au monde, la façon de le voir, ...

Et si vous nous les partagiez ?

Le principe de cet exercice est de reprendre une ou plusieurs citations et de vous en servir pour construire un texte, de manière à ce qu'à chacune des citations corresponde une partie bien distincte de votre texte, qui l'illustrera.
Toutes les parties de votre texte doivent avoir approximativement la même longueur.

Il peut n'y avoir qu'une seule partie s'il n'y a qu'une seule citation.

 

Demain est un autre jour ou encore à chaque jour suffit sa peine. C’est à Scarlett O’Hara d’"Autant en emporte le vent " que je pense, bien sûr, en écrivant ça. Bouillante, explosive, maîtresse déterminée de Tara, son domaine en ruine. C'est la phrase qu'elle prononce à la fin film alors qu'elle a tout perdu, sa fille, son homme, sa dignité. Et je me reconnais en elle, j’aime cette hargne de vaincre, ce besoin de prouver qu’on peut réussir, quel qu’en soit le prix. Comme elle j’ai fait des erreurs, des choix difficiles, des gaffes énormes. Je n’étais pas très scolaire mais je me suis usé les yeux sous la lampe jusqu’à ce que j’obtienne mon diplôme. Pour cela,  j’ai délaissé les copines, les sorties, les expériences. Et je suis devenue misanthrope. Demain on verrait. Me faire une situation était mon premier objectif. Ca laisse des traces, ça creuse des habitudes, c’est en moi, ce côté misanthrope, limite asocial. Le sentiment d’être seule, toujours au milieu des autres.

Je me suis trompée, aimant un homme qui ne me convenait pas et délaissant celui qui m’adorait. Quand le ciel m’est tombé sur la tête et les petits oiseaux avec, je me suis enkystée comme un parasite dans le corps humain. Quand on a le dos rond, tout glisse, tout dort, rien ne touche réellement, rien ne fait mal. Mais le corps n’est qu’un véhicule pour le parasite qui se réveiile un jour et va terminer sa croissance ailleurs, dans l’eau ou dans les près. C’est cyclique, ça se répète. Comme la douleur quand elle affleure, qu’elle vous triture les nerfs et la peau et qu’il faut la faire taire. C’est lancinant, c’est quotidien, ça se tasse un peu, on se dit que ça va mieux, pour aujourd’hui. Que demain ne peut qu’être meilleur. Le lendemain c’est pire, des larmes emplissent les yeux, on se mord les poings. Alors on l’adopte, on la fait sienne, cette maxime qui parle du temps qui passe en attrapant les jours.

J’ai eu des enfants, mes grands bonheurs, mes joies, mes tourments. Les bobos, la scolarité parfois cahotique,  les rabâchages, les heures de veille. Préparer le futur, pied à pied,  forger un avenir. Complimenter, féliciter, râler. Tout ça j’ai fait. Est-ce que j’ai bien  fait ? Demain, demain je saurai.

Aujourd’hui je poursuis. Certaines se disent à mon âge, à l’aube de la cinquantaine: j’ai fait ma vie. Maintenant c’est les voyages, le jardinage, la cuisine et les petits enfants. Pas moi, ma vie je la construis toujours, j’ai besoin d’aimer, de défier, d’écrire et d’inventer. Je voyage pour mes récits, je n’aime pas jardiner mais je m’extasie devant la fragilité d’un pétale, les parfums d’un sous bois, et je rêve, et je couche des mots sur du papier. Je ne suis pas cuisinière mais j’adore bien manger, avec un petit verre pour la sociabilité. Comme ça je m’améliore, j’échange, je ris. Et je crée des personnages, élabore des scénarios, je m’exerce à provoquer des rires, à faire s’écarquiller les yeux de jeunes lecteurs en lesquels je vois mes futurs petits enfants. Mais je vais trop vite. Tout ça c’est aujourd’hui, c’est pour demain. Mais demain, c’est encore loin.  

 

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commentaires

Maous Artiste Défiant l'Olibrius 12/02/2009 20:55

Un petit passage sur la communauté pour lire un peu, beaucoup, passionnément...
MA d'Autriche

mansfield 14/02/2009 09:03


Merci pour cette gentille visite sur mon blog. A bientôt sur le tien.


Babeth 04/02/2009 23:17

encore un bel exercice, mais je sens tant d'amertume dans tes paroles... Tu as raison de continuer, de persévérer, à 50 ans, rien n'est encore joué... On a encore tant à apprendre de la vie...

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