Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 08:00

Dans son défi  95 Lénaïg nous propose :

 

 Un texte-sandwich ! Encadrons-nous de deux citations extraites d'un roman pour imaginer une histoire entre les deux !

Commençons notre page par ceci : "[...] La nuit avait des yeux, le vent de longues oreilles et nul jamais ne se rassasiait d'autrui." Et terminons-la par cela :"[...] - Tout dépend du vent, il y en a qui vous font tomber, et d'autres qui raffermissent vos attaches et vous fortifient." Je préciserai à la fin de la semaine le titre et l'auteur du roman.

 

valse

 

La nuit avait des yeux, le vent de longues oreilles et nul ne se rassasiait d’autrui. Elle ne pouvait que tomber amoureuse. Lancé dans la foule comme un tronc mort balloté par les flots, lui dérivait. Détaché,  il faisait mine d’ignorer le groupe, en sirotant un punch, les yeux baissés. C’était de la stratégie, elle avait déjà croisé de ces tombeurs. La première fois, le type l’avait prise au piège au cours d’une autre  "soirée cocktails", en lui tendant un mini éclair à la pistache.

Celui-là n’esquissait pas un geste, il laissait venir à lui les "grandes cruches". C’était la nuit, elle avait chaud et s’installa sur la terrasse afin de converser avec le vent. Elle savait qu’il la suivrait, piqué de n’avoir pas réussi à l’aimanter.

Il s’accouda au balconnet, loin d’elle. Il espérait encore, avait confiance en lui. Cette manière de croiser les jambes et de tirer sur sa cigarette. De passer une main dans ses cheveux frisés. Il la provoquait, plaçant son corps  svelte dans une flaque de lumière posée par la lune sur la dalle. Et tandis que d’autres sortaient comme eux, attirés par la fraîcheur, puis retournaient bruyamment dans  salle, ils ne disaient mot. Ne bougeaient pas. Ils savaient l’un comme l’autre, que leurs vies se tamponneraient. Ce serait foudroyant, passionné et bref. Peut-être pas. Mais par la suite, l’existence aurait une tout autre saveur.

 

Il l’agaçait à ne pas céder, à ne pas tenter de lui faire la cour. Elle l’excitait, cette froideur, cette carapace, ce dédain ! Quelle sensualité dans le long serpent déployé de ses cheveux ! Il serra le poing, les mâchoires, elle esquissa un sourire. Ils n’échangeaient pas un regard mais se devinaient. Des voix leur parvenaient du salon, assourdies. L’orchestre entonna une valse qui les pétrifia.

Comme si quelqu’un avait sifflé le début d’un match, leur enjoignant de cogner, de faire mal. Comme si le monde autour d’eux n’attendait qu’un divertissement, à leurs dépens. Comme si tous ces gens se prenaient pour le vent. Ils se laissèrent porter et se rapprochèrent.  Puis il la saisit par la taille et  l’entraîna à l’intérieur parmi les danseurs. Grisés, ivres, ils ne résistaient plus. Ils avaient compris, ils avaient admis.Tout dépend du vent, il y en a qui vous font tomber et d’autres qui raffermissent vos attaches et vous fortifient.

Partager cet article
Repost0

commentaires

R
je viens de parcourir jusqu'ici car un peu faiguée du net ces temps même si j'ai fait des articles (souvent programmés) je n'avais pas vu ton *empreinte* lors de ma visite sur la communauté,
j'avais aussi loupé tout les autres qui sont excellent.......Passe un bon dimanche Mansfield. Bises amicales
Répondre
M


Merci Renée, je comprends ce ras le bol du net car je l'éprouve souvent... pour y revenir bien sûr!



S
Beau cheminement entre deux points de passage obligés...
Je note le coup du mini éclair à la pistache, ça peut servir ;-)
Répondre
É
J'adore ton texte, tellement bien écrit, et j'aimerais connaître la suite... Bon week-end
Répondre
C
Waouh, c'est un tourbillon de passion!
Tu as magnifiquement orchestré cette danse d'amour et de vie et électrisé les sens de tes lecteurs.
Le pouvoir érotique et magique de la danse emporte ces deux êtres et nous emporte avec eux!
Bravo
Gros bisous Mansfield
Cendrine
Répondre
J
j'aime pas les dragueurs , j'aime les romantiques !!!
Répondre
M


Mais il y a les deux sur terre, il faut faire avec, et celui-là est pris au piège, du moins c'est comme ça que je  le vois!



E
Il faut se méfier du vent de la passion...ou pas.
Répondre
M


Eh oui, se méfier mais profiter de l'instant qui passe!



V
Bonjour Mansfield,
Voilà un défi relevé haut la main (ou la jambe ;-) )En effet, il n'était pas facile -à mon avis- de placer ces phrases intrigantes et de garder un style cohérent....
Répondre
M


Merci encore Valdy, à bientôt.



N
Ben quoi ? Chacun son truc !
J'ai laissé un petit mot, en passant, et des bisous...
Je n'ai rien dit !
Lol ! Bonne journée !
Répondre
M


Bise à toi Nina, au fond tu es une vraie tendre, ça se voit!



C
C'est sous un rideau de pluie que je viens te souhaiter une bonne journée gros bisous
Répondre
M


Comme c'est étonnant, à bientôt Gegouska!



J
J'ai l'impression de les voir tant ton texte est enlevé et aguichant. Bravo, je suis admirative. Bonne soirée. Bises. Joëlle
Répondre
M


Merci Joëlle mais moi ce sont tes photos que j'admire, alors...



A
Un texte magnifique, comme d'habitude ! Que dire : Bravo ! On se laisse emporter par cette valse, un vrai bonheur !
Belle soirée à toi !
Répondre
M
Bonjour ma très chère Mansfield
J'ai vécu ton merveilleux récit et à la fin je me suis réveillée, il me manquait la valse; la danse a été toute ma vie
Merci pour ce sublime texte
Me voici de retour et heureuse de te retrouver
Je te souhaite une bonne journée
Gros bisous
Méline
Répondre
M


Merci  Mel d'avoir joué le jeu et de t'être laissée rendre, à bientôt avec tes belles photos.



J
tu as choisi me semble-t-il le même roman que ABC et c'est formidable ce que les histoires sont si différentes. C'est bien pensé et bien écrit. Le jeu de la séduction est bien difficile entre codes
sociaux et sincérité.
belle journée
Répondre
M


Merci Jeanne, je me suis prise au jeu alors ... Un peu sensuel, un peu midinette... 


 



M
Bien vu, bien dit, et j'ai les nerfs qui crissent dans cette attente dont on connait l'issue !
Bisous Mansfield
Répondre
M


les belles histoires font toujours du bien, on se retrouve toujours un peu!



C
Un vent qui me semble porteur de quelques tempêtes. Merci pour ce texte, Mansfield !
Répondre
M


C'est vrai, il y aura certainement quelques intempéries, à voir...



J
waouh c'est chaud une nuit de passion...c'est où ? je prends l'avion demain... :-))
bonne nuit Mansfield
Répondre
M


Chut, ne les dérangeons pas, ils sont en plein rêve!



M
Comme des aimants leurs personnalités différentes les attiraient.. pour une danse endiablée ou pour toute la vie?
le saurons nous jamais.. Dans un autre défi peut-être
J'aime beaucoup.
Amitiés de Jeanne
Répondre
M


Merci Jeanne, à chacun d'imaginer la suite, c'est mieux comme ça... bonne soirée à toi.



F
il faut résister au vent
Répondre
M


Oh oh, cela veut dire que cette belle histoire n'aura pas de suite?  



N
Un vent à décorner les boeufs, hier.
Et très froid, en plus !
Heureusement, il s'est calmé...
Bisous !
Répondre
M


Je reconnais ma Nina qui ne croit pas en l'amour !



R
ces citations donne une histoire ou en tous cas son ébauche assez comment dire *sulfureuse*, c'est certes pas pour me déplaire...Bisous
Répondre
M


Hé hé, j'ai voulu appâter  le lecteur et ça fonctionne on diraît!



Présentation

  • : Le blog de mansfield
  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
  • Contact

Rechercher

Liens