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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 19:16
C'EST PAS CLAIR
Ils ont déjà tout. Ce sont des adolescents. Plus de jouets, de tours de manège, de sortie à Euro Disney. Les cadeaux, quoi leur offrir, c’est un casse-tête pour des grands-parents qui ne sont pas dans le coup. Plus exactement, qui ne savent pas de quoi sont faits les besoins des jeunes, de nos jours. Qui n’appréhendent pas exactement tous les signaux envoyés, les désirs suscités, les exigences créés par la publicité, les copains, la société. Alors, ils donnent des sous, un chèque, un virement. Ça fait plaisir, à Noël. Ça comble un peu les angoisses qui font qu’on se compare aux autres, ceux qui ont davantage, ceux qui ont mieux.
Aussi lorsque, me promenant dans les rayons  du BHV à Paris, j’ai surpris cette conversation entre un couple de grands-parents :
   Qu’est-ce qu’ils ont fait alors, de l’argent qu’on leur a donné ? a demandé l’homme.
   Je ne sais pas trop, je n’ai pas bien compris, c’est pas clair, a répondu la femme.
Je n’ai pu m’empêcher de sourire.
 
 
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17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 08:00
Norman RocKwell, Freedom from fear, (droit de ne pas vivre dans la peur), 1943

Norman RocKwell, Freedom from fear, (droit de ne pas vivre dans la peur), 1943

J’imagine que ça se passera comme ça pour beaucoup d’entre eux. Après l’excitation de la journée, les chants, les illuminations, bonbons, jeux, contes de Noël, repas en famille ou dessins animés devant la télévision. Ils lutteront, leurs yeux se feront lourds, ils s’endormiront sur une chaise, un fauteuil, dans les bras des parents. Leurs lèvres afficheront des sourires extatiques, leurs rêves seront peuplés de bonnets rouges, de rennes, de cheminées.

Et nombreux seront les adultes qui les observeront, intensément, ne réussissant pas à détacher le regard de ce tendre spectacle.  Parce qu’il leur rappelle leur propre enfance, parce que c’est merveilleux, l’innocence, parce que… Tout ça ne dure pas.

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 08:00
DIFFICILE

Difficile cette fois d’évoquer l’hiver, le froid, la grippe, l’année qui fuit, les réveillons, les décorations de Noël, le 24 chez tante Yvette, le 25 avec grand-mère, les crises de foie, dinde ou chapon, sapin blanc ou vert ou faux, spectacle? copains ? le 31, bûche peut-être, ou glace, galette plutôt que brioche, papier cadeau ou papier glacé, bolduc, guirlandes, bougies, champagne versus crémant, bisou sous le gui, branche de houx, neige artificielle, essence de pin, feu crépitant, bise glaciale….

Difficile car l’heure est au social, à la lutte, à l’espoir d’un niveau de vie décent. Mais si justes revendications et dérapages entravent la magie, je sais que la trêve de fin décembre sera bien là et avec elle, l’amorce de solutions.   

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 08:00
EXCES

Lorsqu’on se rend au salon des saveurs, mieux vaut arriver l’estomac vide. Quelle que soit l’heure, on vous arrête, on vous tend un morceau de brioche, de pain tartiné, une chips de pomme, une cacahuète au wasabi, un verre de rhum, de Pomerol,  du saumon, du jambon, du foie gras, une flûte de champagne, des sfogliatelles, des bokits, ces spécialités aux noms bizarres, du nougat,  de l’aligot, des épices…

On tente de vous vendre des poêles à frire, des tabliers de lin, des ustensiles en bois ou en plastique, des récipients de cuisine à la vapeur, de quoi racler le fromage.

On vous étourdit, vous enchante, vous gâte, vous gave, vous enfonce Noël et ses débordements dans le gosier. On vous met au parfum, dans l’ambiance, on vous prépare. Attention c’est bientôt, pensez-y !

Notre beau pays, par sa diversité, sait nous appâter et la période  autorise les excès !

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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 08:17
DECOUVRIR,TOUJOURS

J’ai 60 ans me dit-elle, et je le sens bien. Avec un glaucome dont le traitement crée des effets secondaires tels que palpitations, perte du goût, vertiges, hausse de tension,  avec de l’arthrose, des polypes, brefs avec tout ça, je vois bien que je baisse.

Alors je marche. Pour aller au travail, je traverse un jardin, j’écoute les oiseaux, le bruissement du vent dans les arbres, j’oublie Paris le temps du trajet. Le matin à la fraîche et d’un pas alerte, je ne croise personne.  Et puis j’ai le théâtre, le cinéma, les musées, mes amis. Mes cours de gymnastique du dos et de sophrologie aussi. Qui m’aident à tenir.

Le dimanche à la campagne je m’occupe de mes ruches, je parcours les bois à vélo, dans la brume. J’organise des représentations théâtrales, la mairie me prête une salle. J’envisage de me mettre à l’écriture. À la retraite, oui à la retraite, je demande si la ville ne va pas me manquer. Si toutes ces préoccupations campagnardes ne vont pas me sembler dérisoires.

 Et puis non, je sais ce qu’il faut entretenir c’est l’envie de nouvelles choses, c’est apprendre, découvrir, toujours. Et ça, crois-moi, je l’ai.

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 12:59
LES SECRETS DE LA VILLEGIATURE: Marie-José Aubrycoin

Auto éditée sur la plate-forme de LIBRINOVA, Marie Josée Aubry Coin, livre un roman épistolaire, façon dix-huitième siècle, des plus savoureux.

Les codes du siècle, entre gens bien nés, sont respectés. A la ville on s'affronte en duel et médit dans les salons. C'est un environnement de débauche que l’on fuit afin de jouir du repos, de la nature et du voisinage de propriétaires terriens. On s’invite, se promène, se divertit au moyen de jeux sains, courses et ballons, de représentations théâtrales. On prend les eaux à L. comme à Bath dans les romans de Jane Austen.  N'empêche, comme à la ville, chez ces gens-là, on porte de riches atours, on n’a de cesse de s’élever par mariage ou succession. 

Les codes du libertinage léger et inconséquent sont appliqués. Clarisse de Marsac est trompée par un époux volage, se fourvoie dans les bras d’un abbé, et goûte au bonheur sous les caresses de son amie, Hélène de Toucy. Une vieille tante crédule se meurt d’amour imprudemment, un Vicomte ruiné se ridiculise en tentant de séduire la jeune Clarisse. On se joue de la morale, on déguise les sentiments et pourtant aux yeux du monde, les réputations ne souffrent pas.

Les tournures, le phrasé, les remarques délicieusement troussées truffent le récit. Les joutes épistolaires, les réflexions que l’on partage entre mères, filles, pères, enfants, tantes et amis s’entrecroisent avec brio. L'humour est toujours présent, les piques acérées et l'observation d'une société et de ses mœurs dignes de Madame de Sévigné.

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai accompagné Clarisse, assisté à ses manigances et aux caprices d’un destin qui sait bien s’accommoder de l’orgueil et des préjugés.

Extraits :

« Si j’avais eu la sagesse de t’être fidèle et de me satisfaire de nos délicieux embrasements,  je ne me serais pas trouvée dans cette fâcheuse posture tant il y a d’avantages à aimer l’une de ses semblables »

« Le château de Marsac constitue une villégiature estivale parfaite pour les esprits amoureux de la nature et épris de la douceur de la vie à la campagne »

« C’est un honnête homme d’une infinie délicatesse de sentiments qui respecte un deuil qu’il ne se propose pas de consoler, ce qui fait que je me suis sentie pleinement autorisée à lui accorder ma confiance et mon amitié »

 

 

 

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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 09:40
temple japonais

temple japonais

Elle m’a dit : « Pour moi Noël n’est rien. Alors, si vous avez besoin de jours, de ponts, d’heures supplémentaires, vous pouvez toujours me demander. Je n’ai jamais eu de réunion de famille ou de cadeau ce jour-là. Ça n’a pas de signification particulière »

Sa religion est autre, ses convictions aussi. Elle ne va pas faire comme ceux qui s’empiffrent, en groupe, bien loin de penser à la naissance du Christ. Elle a des occasions de regroupement, de joie partagée, de jeûne. Où l’on se fait beau, on s’embrasse, on plaisante et l’on chante. Dans l’enfance, elle n’a connu ni le sapin, ni la dinde aux marrons. « Et alors, je n’en suis pas morte ! », me dit-elle. « À la maison, c’était comme ça. Les parents s’en fichaient. Ils refusaient d’agir comme certains, qui cédaient aux coutumes alors que les nôtres sont ailleurs. Qui souscrivaient à l’ambiance générale »

Et pour que je  réalise l’absurdité la situation, elle a conclu ainsi : « C’est comme si on demandait aux français de fêter Thanksgiving. De se goinfrer de volaille protéinée et de tarte au potiron ce jeudi-là, parce que c’est sacré ! » Ils répondraient : « Pourquoi faire ?»

Religion, tradition ? À chacun de continuer, ou pas,  à appliquer les rites dans lesquels il a été élevé.

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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 08:00
Rio, carnaval

Rio, carnaval

L’autre jour à la pharmacie, elle évoquait la distance qu’il convient de maintenir entre les personnes. Ce côté respectable, tolérable qui permet la vie en société. Elle me disait qu’à son arrivée en France, elle voulait prendre les gens dans ses bras, elle parlait fort, abordait n’importe qui. Elle se montrait tactile, enjouée, rieuse. Et puis elle s’est aperçue qu’on reculait, on s’éloignait, on la fuyait. Alors elle s’est fait expliquer. Ici on ne se lance pas dans de grandes effusions, on modère ses actes, ses gestes, ses paroles. Même si on se bise, deux, trois, ou quatre contacts brefs selon la région, on ne franchit pas la distance sociale.

On ne dit pas à n’importe qui qu’on le trouve beau, qu’il a une belle voix, de beaux yeux. C’est bizarre, agressif ou entreprenant. Elle s’est fait une raison. Elle a le Brésil dans le sang. Quand elle y retourne, c’est la chaleur qu’elle retrouve, toutes les chaleurs. Ce n'est pas le nouveau parti au gouvernement qui changera ça.

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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 08:00
EN INSOUCIANCE

Il fallait les voir s’entasser devant le cinéma Rex ce samedi. Ils étaient frigorifiés par l’attente mais joyeux. Toute une génération heureuse de retrouver l’émotion, les sensations, l’ambiance de l’enfance et des premiers émerveillements qui l’accompagnent. Ils savaient que ce serait long, animé, le silence ne serait peut-être pas complet dans la salle. Ils risquaient maux de tête, rhumes et gastros. Le spectacle commençait dès le matin, s’interrompait vers midi. Il fallait bien se restaurer et faire pipi. Ils portaient des bracelets autorisant la sortie et le retour. L’après-midi s’annonçait chaud bouillant. Les diffusions s’arrêteraient vers 23h. Ils ont regardé les 4 premiers opus à la suite. Les plus courageux ou d’autres, mordus ou moldus, remettraient ça le lendemain avec le même enthousiasme, la même ferveur pour les 4 autres épisodes. Avec la conviction de revivre une époque, oublier de grandir, replonger en insouciance.

Ah ces trentenaires fous amoureux d’Harry Potter !

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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 09:13
Feuilles jaunies du platane d'Hippocrate , île de Kos, Grèce  (si l'on aime les légendes....)

Feuilles jaunies du platane d'Hippocrate , île de Kos, Grèce (si l'on aime les légendes....)

Noël est déjà dans les magasins. Il scintille, rutile et illumine les allées. Il est présent trop tôt, trop fort. Il risque de lasser avant l’heure. Moi j’ai envie de profiter de l’automne, de ses clichés, de son atmosphère. Les arbres, bien sûr qui jaunissent avant de se dénuder, les noix, citrouilles, raisins, châtaignes. Les jours plus très nets, plus très clairs. La pluie qui mouille glacé, les nuages persistants, le pont de la Toussaint, le rappel du traité de Rethondes, la cueillette des champignons. Ressortir les pulls, les manteaux, les écharpes, les ranger le lendemain pour deux jours, les ressortir de nouveau. Pour six mois. Le changement d’heure, la soupe aux choux, le vaccin contre la grippe, l’énoncé du prix Goncourt. Tout ce qui fait qu’avant Noël les jours  passent, riches et prometteurs.

Faire l’impasse c’est un peu amener le dessert après les hors-d’œuvres. Il manque le plat principal.

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