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20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 08:00
Rue de Belleville, Paris

Rue de Belleville, Paris

Cette année ils sont particulièrement virulents. Abeilles, guêpes, moustiques, araignées n’épargnent personne. On accuse la chaleur, les points d’eau, les voyageurs lointains, le panier du pique-nique. Il y a ceux qui sont attaqués systématiquement, dont la chair tendre et le sang frais sont une délectation. Et ceux qui ne connaissent pas  les piqûres sournoises, les réactions provoquées par les dards.

En découlent toutes sortes de boursouflures, démangeaisons, brûlures insupportables contrées par l’alcool, les pommades, les sprays et autres roll on. Ce qui inquiète c’est l’ampleur des réactions, ce qui rassure c’est leur brièveté. Sauf dans certains cas où les plaques rouges et gonflées prendront du temps à se résorber.

Ce sont des maux de l’été passagers dont il faut se méfier si on est allergique évidemment. Pour les décrire, je n’ai pas eu à ruser avec les mots.

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 08:00
AINSI FONT....

Elle se promène dans les allées, son téléphone à la main. Elle a téléchargé une appli, c’est ainsi qu’on dit. Elle est tendance, elle prépare ses vacances, elle porte un tee-shirt à bretelles,  un short et des tongs. Dans cette pharmacie d’une rue agréable à Paris tout près de la Nation, elle termine ses emplettes, sa crème solaire, indice 50, son spray anti-moustiques, son gel assainissant, son gel amincissant, ses probiotiques. Elle est moderne, aisée, belle, fine. Bobo quoi.

Dans chaque rayon elle vérifie les parabens, les conservateurs, les extraits cellulaires de chaque article. Elle a le temps, elle prend soin d’elle.  Elle approche le portable du QR code ou du code barre et miracle s’affiche une note de A à D selon la nocivité pour les adultes, les enfants, l’environnement. Dans son mini caddie elle ne dépose que des produits brevetés. Elle se félicite, elle est fière d’elle. C’est du temps passé, pas du temps perdu.

Elle sort, elle a chaud, elle a faim. Vite un en-cas chez… Macdo.

 

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 08:00
TRAJETS

C’est une période étrange. Les vacances sont à la fois encore un projet et déjà le passé. Les souvenirs rejoignent les attentes. On ne se croise pas en réalité, chacun suit sa ligne. Décide d’une destination, stocke des images, programme un trajet, établit sa liste de bagages et de photos.

On va raconter, rapporter des produits locaux,  ennuyer peut-être. Le vécu de l’autre, ses expériences, ses joies, ses peines, effleurent nos consciences. Il vend du rêve en parlant, en écrivant. Il poste des clichés sur les blogs,  fait circuler des clés USB pour ses amis.  Parfois il parvient à emmener loin, à entrainer l’autre sur des rivages passionnants. C’est un petit bonheur, le vrai partage.

Souvent dans la vie nous procédons comme juillettistes et aoûtiens. L’un parle à côté de l’autre, à son rythme et suit sa propre direction sans échange véritable. Les conversations suivent les trajets des vacances. Et quand ce n’est pas le cas, les contacts deviennent riches, constructeurs, positifs.

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23 juillet 2018 1 23 /07 /juillet /2018 08:00
Valeria Zahiu, Le Printemps

Valeria Zahiu, Le Printemps

Les rues sont calmes le dimanche habituellement. Ma ville, c’est Paris à la campagne. Les tourterelles s’époumonent, le soleil flashe sur les branches des cerisiers,  au travers des sapinettes ou lèche les haies de thuyas. Ce sont quelques joggers épanouis et alertes, un papi promenant son chien, les crissements des roues d’une poussette. C’est la cloche de l’église qu’on entend, la queue s’allonge à la piscine, le marché s’éveille doucement. On sacrifie au brunch au café ou à la boulangerie. Plus tard  l’odeur d’un poulet aux olives qui mijote doucement chatouille l’estomac. Les réunions de familles, les gâteaux,  les fleurs, le babil des enfants animent la mi-journée. Des autos, quelques motos créent l’illusion d’un centre-ville embouteillé. Quelques velléités de ponceuses, perceuses, racleuses en tous genres gâchent un peu l’ambiance.

Aujourd'hui 22 juillet, dimanche comme le soleil est de plomb. Un chien aboie au loin, c'est  bien tout.

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 08:00
ANECDOTE

Samedi 14 juillet, au Grand Café, Place de l’Hôtel de Ville à Compiègne. Elle a certainement un petit coup dans le nez. Se lève, un éventail dans la main, s’en couvre le visage. Elle harangue la foule aussi. Epoussette sa robe beige à motifs exotiques. Elle porte une chaîne avec à son extrémité un lourd pendentif en verre colore rouge. « J’ai failli louper la navette dit-elle. Il faut être de Compiègne pour savoir qu’elle ne fonctionne pas le 14 juillet. Hein, vous, vous le savez, n’est-ce pas ? C’est que j’aurais raté le match, oh là à cette heure-ci il ne va pas tarder à commencer ! » Quelques consommateurs amusés la reprennent : « Mais non madame, le match c’est demain !

  • Et je n’ai pris qu’une bière ! Mais c’est vrai demain à la même heure nous aurons le résultat.
  • Oui madame. Vous avez le temps. »

Elle se rassied, s’évente, se penche, se relève, se dandine et ajoute : «  Oh là et dire qu’à 78 ans, je tiens encore le coup ! »

Nous en doutions tous un peu mais des histoires comme celle-ci ont besoin d’un tel contexte pour être vécues.  

 

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 08:00
DOIT-ON VRAIMENT?

Doit-on vraiment s’étriper ? Chacun sa peau, on veut gagner. Échanger des noms d’oiseaux, se lancer des blagues, moquer les joueurs, lâcher les chiens. Prêts à voir rouge, se faire des bleus, s’enduire de peinture, se rendre guerrier. Pronostiquer la victoire, prédire le score, chanter et boire, hurler à mort. Se ronger les ongles, se lever, s’asseoir, hausser les bras, tendre les jambes. Applaudir, se prendre la tête, pleurer de rire, râler, maudire, sonner trompettes.

Livrer bataille dans un fauteuil, les yeux hagards et les mains moites, gesticuler, le corps en nage. Et soutenir les autres fans, ceux de l’immeuble qui crient et sifflent comme dans le stade, comme s’ils y étaient. Déranger les voisins, faire sursauter l’ancien.

Et puis zut, en attendant… Manger des gaufres. Belges, bien sûr.

 

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 08:00
HALL D'HOTEL

Celui-ci est à Végas. Il est juste un peu plus kitsch, un peu plus lumineux que certains. Il possède un bel aquarium qui hypnotise les visiteurs. La ronde des poissons dans une eau turquoise, ce mouvement lent, incessant devient obsédant. Il fait rapidement partie du décor, tout comme les spots et les plafonniers. On n’y accorde plus d’importance, surtout lorsqu’on est à l’accueil, qu’on s’occupe des réservations et de l’attribution des clés.

Pourtant quand on arrive, c’est lui qu’on remarque avant tout le reste. Parce qu’il est tout le reste. Les va et vient d’un hall d’hôtel, ce côté un peu froid, la barrière de verre. Les mouvements lents et saccadés, un peu ahuris de visiteurs étrangers, les sprints d’hommes d’affaires pressés. L’ascension dans les étages, la plongée en profondeur. Les robes légères et scintillantes des dames, les costumes rayés, zébrés, soyeux.

Dans l’arrondi des comptoirs il y a le tourbillon des jours, leur monotonie, l’absence de soleil, l’emprisonnement. Mais la magie des lampes, des cadres, des vases,  suscite l’émerveillement, alors on oublie.

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 08:00
SYMBOLE

Emile Verhaeren parle d’un saule et déclare l’aimer comme un homme. Cet arbre-là je ne lui connais pas de nom. Et s’il me plaît, c’est parce qu’il ploie. Parce qu’il n’est pas d’un bloc, inébranlable. Avec un tronc solide à l’écorce rongée mais coriace. Il n’a pas une frondaison unique, somptueuse, en parasol. Il ne se tient pas droit, robuste guerrier. La fierté du baobab, l’élégance du peuplier, il n’a pas tout ça.

Il est ambigu, multiple. Il écarte les bras comme un amoureux enserre sa belle. On dirait qu’il danse, il prend son élan, il va s’envoler. Ou alors il se déroule et souhaite qu’on s’asseye dessus, qu’on teste sa résistance. Il est tendre, velu, comme un homme lui aussi. Sa force vient d’un sol qui ne nourrit que lui. Il en a fait son Dieu vivant, le seul auquel  il accorde le droit de puiser dans sa terre rouge vif.

Il est le symbole de la lutte, de la victoire remportée contre l’adversité. Des réserves cachées au fond de soi. Du désir de vivre.

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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 16:04
HOMMAGE A SAINT JOHN PERSE

Pour apprécier cet éloge faut-il réellement connaître Saint John Perse, Paul Claudel ou Léopold Sedar Senghor ? Être féru de poésie hermétique, très littéraire, avoir lu Rimbaud, avoir des notions d’alexandrin, de rythme, se passionner pour un style laudateur ?

Pour en goûter la substantifique moelle, c’est possible. Pour se laisser bercer par les mots, les sons, la musique, les couleurs, pas besoin. Pour repérer les thèmes de la mer, l’amour, la création, l’enfance, le déracinement, le rôle du poète, inutile. Le talent de Daniel Berghezan réside dans l’expression de son admiration pour l’auteur d’ « Amers », par ses mots, son rythme, sa voix.

La voix, parce qu’une louange s’écoute plus qu’elle ne se lit. Dès le premier poème, on entend les mots et les chants de l’auteur  qui accompagnent ceux du poète.  

Le Prince (Saint John Perse) émerveille l’homme brut (l’auteur) et le réveille, le révèle à lui-même. L’homme au pouvoir de sorcier, le manipulateur de mots  enseigne la rigueur,  la vigueur, la flamme, la puissance d’un langage somptueux. L’apprentissage est prodige, vertige. Son objectif est d’atteindre à une plénitude existentielle. Dans une transe intellectuelle Daniel Berghezan  s’imprègne de  l’art du poète. Et la mer en sourdine bat la mesure, flux, reflux, les idées fusent par vagues : syllabes, césures, hémistiches, on oublie. On retient le procédé de va et vient, la cadence : des vers courts, très courts alternent avec d’autres, longs, très longs.   La mer est présence, elle est mouvement permanent.

Cueillant les fruits de cette éducation, Daniel Berghezan en a rempli un plein panier. Il use de métaphores, de thèmes chers au poète, évoque les périodes de sa vie. La femme, la chair, le corps, le désir, tout se confond. L’homme se construit grâce au souffle du poète. La beauté de ses vers, l’émotion qui s’en dégage, permettent une sorte de communion sacrée.  C’est  cet élan vital qui porte Daniel Berghezan.

Les Antilles me sont chères. Les rappeler est douleur pour le poète né à Pointe-à-Pitre et qui refusa d’y retourner après son exil. Daniel Berghezan les a-t-il visitées un jour ? Son vocabulaire luxuriant et riche me trouble particulièrement. Est-ce que Saint John Perse s’est réellement emparé de lui qui donne à voir les couleurs des tropiques sans les nommer ? :

« Cette brise qui se lève magnifique et nue, à la rencontre du ciel ouvert…. Floraisons de perruches, forêts équatoriales, tout échoue dans tes rets poétiques…mer phonétique à la phosphorescence, mer prophétique à l’incandescence… »

Et enfin puisqu’un poète en rappelle un autre, j’ai établi deux parallèles.

D’une part :

« Hommes bruts jamais

jamais ne connaîtrons-nous plus de défaillance

que ne puisse combler cette aube pure, cette aube simple,

cette aube immense qui brûle

dans le cristal de son incandescence ! »

Daniel Berghezan, Hommage ! Hommage à la Vivacité divine !

 

« Homme libre, toujours tu chériras la mer!

La mer est ton miroir; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. »

Charles Baudelaire, l’homme et la mer

 

Et d’autre part :

« - ô Saint-John Perse le Lyrique –

la voix gorgée de mots malades et envoûtants

avec cette fièvre,

avec ce feu,

te voici à jamais épié

dans l’envol de tous les oiseaux du Monde. »

Daniel Berghezan, Ô toi qui reviendras, sur les derniers roulements d’orage.

 

« Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. »

Charles Baudelaire

Merci à Daniel Berghezan de nous avoir indiqué comment  cet envoûtement lui a permis d’accéder  au « monde entier des choses ». Meri à Librinova de m’avoir sollicitée pour cette chronique.

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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 08:00
AU SOL

Inscrit au sol comme ça on se demande si ce n’est pas une invitation à se taire pendant qu’il passe, ou à s’arrêter parce qu’il se cache derrière l’une des portes des maisons alentour.  Un attrape-couillon servant à garder les yeux baissés et à heurter les passants devant soi. Ou à les lever au ciel, des fois qu’une auréole, un chérubin… Une prémonition, des ailes  vont te pousser, tu vas t’envoler ! Le premier signe d’un messager de l’au-delà en mal de communication et qui choisit l’anglais langue universelle, un caillou blanc de Poucet. L’encouragement d’un mentor, c’est ton heure, c’est maintenant. Une chimère, tu n’es que poussière, esprit, vent. Un compliment, sagesse et perfection.

Inscrit au sol, c’est un excellent prétexte à divaguer.

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