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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 08:00
Elvio Chiricozzi, Si apri e poi si chiuse, 2017

Elvio Chiricozzi, Si apri e poi si chiuse, 2017

Il arrive sur le soir, doucement. Il mange d’abord les couleurs de l’après-midi qui  noircit. Le vent fraîchit, souffle par rafales. Les nuages pèsent sur nos crânes en surchauffe. Le silence se fait momentanément,  comme si chacun guettait les premiers signes. Par les fenêtres entrouvertes on ne perçoit que des bruits des couverts que l’on pose pour le dîner. Les balcons sentent la terre, le parfum des fleurs est entêtant. Et leurs couleurs tranchent sur le gris du béton et du ciel. Les premiers grondements font fuir les oiseaux qui piaillaient jusque-là, insouciants. Une sirène glapit au loin. La pluie clapote sur les toits, on ne l'entend pratiquement pas. Mais dans la rue les voitures chuintent plus qu'elles ne roulent. Il faut rentrer le linge sur le balcon. Se préparer aux trombes d'eau, à ces torrents qui dévalent et emportent tout sur leur passage. 

Et puis, rien. Absolument rien. Le calme, des trottoirs à peine luisants, les tuiles des maisons un peu plus sombres, un peu plus lisses. A  quand l'orage? 

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 21:34
LA GOURMANDISE EN MOTS

Je me lance et commente ce livre issu de l'auto édition. Ceci n'est pas une banane, Céline Theeuws.

Un livre qui se déguste et  titille les papilles. Un pétillement d'abord puis chaque saveur se libère peu à peu. Malgré un contexte de harcèlement moral au travail, le texte est riche, truculent, savoureux et la lecture facile et agréable. La souffrance corporelle, l'attachement à Paris ville étrangère, la nostalgie de Bruxelles, ville de naissance, l'amour de l'art, du bio, des animaux, les difficultés relationnelles, les mesquineries humaines, tout est abordé avec finesse et psychologie. Le personnage principal est si fort, si avide de vivre qu'il en efface un peu les personnages secondaires. Mais est-ce un défaut? J'aurais peut-être choisi une autre couverture. Pour les dévoreurs de mots.

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 08:00
Hellen Kooi, Netherlands, Fotomuseum

Hellen Kooi, Netherlands, Fotomuseum

 Je nous imagine, elle et moi, complices, amies, attachées. Sans elle pas d'horizon. Pas de vie, d'avenir. Sans elle, pas de foyer, d'ancrage, de projet. Sans elle, sous mes pieds,  un no man's land recouvrirait chaque jour qui passe.  

J'avancerais désœuvrée, démotivée, handicapée. Le bonheur, la joie ou la tristesse ne seraient que des mots. La douleur, physique, morale, un concept. L'effort, la récompense, la chance, le talent, de vagues idées.  Je me résignerais. La maladie la mort? Inévitables. La beauté, la laideur, subjectifs. L'art, subjectif. Les passions, incidents de parcours.

Parce qu'elle est avec moi, qu'elle m'accompagne, tout s'illumine. Autour de moi tout paraît possible. Elle me rend forte. Je me dédouble. Il y a moi et Espérance. 

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 08:00
TOUT UN MONDE

 

J’entre dans une librairie,  un peu sombre. Première image,  un portrait de Voltaire. Tout plein de livres, sur des tables, en vitrine, pas un recoin inoccupé, tout est dédié à la littérature. L’œil ne peut pas y échapper. La lumière est pourtant faiblarde, jaunâtre, rasante. Peu propice à la lecture. Des acheteurs silencieux, chuchotant :" c’est pour un cadeau, oui, vous voulez  un paquet, si ça ne vous dérange pas." Tout semble suranné, le libraire, l’acheteuse, les gestes délicats de l’une, la servilité de majordome de l’autre, une sorte de distinction, de distance, de révérence. Je tourne, je survole, couvertures et étagères, format poche ou éditeur, BD, romans, livres de photos d’art, géographie, histoire. J’ai l’air d’une LNI, une lectrice non identifiée. Je demande le dernier Darrieussecq, erreur incalculable, il n’y en a pas à l’heure actuelle. Réponse condescendante de l’homme qui ne s’interrompt pas dans son ouvrage. Il y a ce cadeau à emballer le plus parfaitement du monde. Et je sors en voleuse, en resquilleuse, consciente de mon audace. La porte se referme sur moi, sans un bruit.

 

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21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 08:00
A VOUS

De quoi parler cette semaine si on excepte le Mariage et le Palmarès du festival ? Il reste le temps, capricieux, incertain, les vacances qui approchent, la fin d’année scolaire, les impôts à la source, la grève SNCF, le week-end chez tonton Jean, la floraison des jardins, les rhumatismes d’Huguette et la visite chez le vétérinaire du félin rebelle.

Et si on parlait d’amour. Le premier, la cause de tout, la rencontre, le coup de foudre ou d’un soir. Qui fait qu’on est là. Qui peut s’envoler. Le viscéral, qui balaie tout, l’amour parental. Qui nous attrape, ne nous lâche pas, nous enrichit même s’il entrave  nos libertés.

L’originel qui nous construit, nous porte, et sans lequel nous ne pourrions transmettre à notre tour le besoin d’aimer. Celui d’une mère, celui d’un père.

Je n’attendrai pas dimanche ni le mois de juin. Je vous garde chaque jour dans mon cœur, Maman, Papa.

Dois-je évoquer l'amour universel, pour son prochain?  Le chemin à parcourir pour y parvenir n'est pas toujours évident... Mais  on peut considérer, accepter, écouter. 

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 08:00
SAINTS DE GLACE

Ils sont bien là, fidèles au mois de mai. Ils s’imposent comme les bains d’eau glacée nordiques. Après une certaine chaleur, de la moiteur, une forme de langueur, ils vivifient, resserrent les pores, tonifient.

Et chaque année, vu mon grand âge, ma référence est le film de Lautner qui réunissait Mireille Darc, Alain Delon et Claude Brasseur, l’autre « Seins de Glace ». Non pour son atmosphère étrange, ses acteurs parfaits, mais pour son décor, le bord de mer. Peu importe l’endroit. La saison ? Il fait froid.  Le temps est maussade, le ciel plombé, la bise s’infiltre sous les vêtements. Mais le ressac, l’éternel ballet des vagues, l’écume, les lames d’eau cognant les rochers, l’horizon brumeux, tout est magique. Comme un vent de liberté. Comme ces jours gris voulus par mai pour nous pousser vers juin et ses probables beaux jours.

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 08:00
COULEURS D'ITALIE

J’aimerais avoir chaque jour ce spectacle sous les yeux, le ciel courant vers la mer, à l’horizon du bleu, de l’air et la compagnie de nuages qui ne sont là que pour meubler. C’est le printemps des couleurs que le soleil réveille, une explosion de nuances, un feu d’artifices, le temps d’une saison. C’est le parfum des fleurs et des citrons qu’un après-midi  lourd et chaud diffuse. C’est être présent, ému, vivant, et profiter de chaque instant.   

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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 08:00
OSER ET POUVOIR

On peut être comme lui, derrière les vitres d’une fenêtre et observer la vie des autres, de loin. A l’abri du vent et de la pluie. Privé du soleil et des parfums de l’été. Et se dire que c’est mieux. Ne rien brusquer, ne pas oser, se contenter de… Les jours passent, égaux. En toute sécurité, ne rien apprendre de soi, sur soi. Ne pas évoluer.

On peut bondir de l’autre côté, écouter les oiseaux, le nez au vent. S’étaler au soleil, choisir de sauter par le balcon et construire son futur. En toute liberté, se réaliser, découvrir ce qu’on a dans le ventre.

Nous sommes capables d’ouvrir une fenêtre, de décider. Lui dépend de notre bon vouloir.

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 08:00
ALLUME OU ETEINT

Jusqu’au 28 avril Pierre Arditi lit ce qu’il aime au théâtre du Rond-Point à Paris. Je  ne suis pas allée au théâtre mais je voulais vous raconter une anecdote qui m’a été dite et qui reflète bien les progrès de notre société et ses petits couacs.

Avant le lever de rideau, on prévient : « Eteignez vos téléphones portables ». Pierre Arditi, seul en scène, commence sa lecture. Son décor, une chaise, une table et… la petite lampe  du téléphone portable d’un spectateur dans la salle. L’acteur s’interrompt, prévient : « Veuillez éteindre ce portable s’il vous plaît ».L’homme s’exécute. Un peu plus tard, il rallume son portable. Mr Arditi explique : « J’insiste, la lumière de votre téléphone me dérange davantage que le bruit ». L’homme obtempère. Dès la fin de la pièce, il rallume son appareil et Pierre Arditi remarque : « Eh bien, vous n’avez pas attendu longtemps ! »

Alors l’homme grimpe les escaliers et va jusqu’à lui sur scène. Il explique : « Excusez-moi mais j’ai un sonotone couplé avec mon téléphone et je n’arrivais pas à le régler » Je vous laisse imaginer comme je l’ai fait, la tête de Pierre Arditi.

 

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 08:00
CHEMIN VERS L'ETE

C'est celui qu'on a envie de prendre, tout droit sans accroc ni détour. Il mène vers la douceur et les jours bleus. Il motive , incite à courir sans effort. A flâner, le nez au vent, à rêver en écoutant les oiseaux. Il est bordé, sécurisé. 

Il nous évite les surprises, bonnes ou mauvaises, place des balises griffant les nuages. Etale un matelas herbeux sous nos pas. On ne voit pas à l'horizon, on est certain qu'on nous pilote, qu'on nous dorlote. Et que là-bas, joignant le ciel et les hirondelles, se trouve la récompense. A plus ou moins brève échéance...

C'est le chemin qu'on aimerait emprunter, capitonné et lumineux. Il est pourtant peu accessible car des ornières, des barrages, des petits tours dans les bois, des tas de pierre, de la poussière, nous attendent. Notre chemin de vie sent rarement la noisette. 

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