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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 08:00
AVRIL AU SOLEIL

Vous me dites Paris, la grande roue l’Obélisque. Vous me dites dimanche, le printemps, les touristes. Vous insistez,  les cerisiers sont  en fleur, songe à la douceur. Certains pique-niquent. Vous me chambrez, le Marathon, c’est ce week-end, tu ne savais pas ? Et cette expo dans les Tuileries, Art et Design, tu n’y va pas ? Enlève ton manteau, dénoue ton écharpe, tu as mis des collants ! Attention aux mômes, aux trottinettes, droit devant ! Autour du  bassin,  sur une chaise en plein soleil, va donc buller. Joue les cigales en plein été.

Moi je réponds pour vous narguer : oui mais les nuages, les merveilleux nuages….

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 08:00
Claude Monet, La Manneporte près d'Etretat, 1885

Claude Monet, La Manneporte près d'Etretat, 1885

Au plus près de l’arche, de l’eau. Comme un clin d’œil au passage du temps. De l’eau mouvante, des vaguelettes, la réverbération du soleil, un fond incertain, des tourbillons noircis et clapotant à la base des rochers. Au loin, l’éclaircie, l’appel du large, le blanc du ciel, la liberté, l’ivresse. A l’image de nos vies dont les périodes sombres et difficiles alternent avec la grâce d’instants de bonheur.

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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 08:00
JE ME DEMANDE

Je viens de terminer le dernier Michel Bussi : « T’en souviens-tu mon Anaïs ? » qui aborde le trompe l’œil, les interprétations faussées, comme souvent chez cet auteur. Le temps est plutôt retors cette année, je me demande s’il faut  regarder les cerisiers en boutons, en fleurs parfois, comme des signes de bonne volonté. Si le soleil ne se montre que pour nous forcer à dénuder nos cous et nos bras, offrant  nos bouts de peau sans carapace aux assauts d’un vent  offensif. Si les jonquilles cousent des tapis de zénitude fluorescente sur les sols de nos matins gris pour nous faire croire que le ciel est bleu. Si mars se prend pour le Dieu ailé qui, en stratège, cherche à nous filer entre les doigts sans  tenir sa promesse de  beaux jours.  

Je me demande s’il n’existe pas quelque part, en reprenant les thèmes abordés dans ma lecture, une armoire normande dont les portes s’ouvrent sur  l’aiguille  d’Étretrat et les lagons réunionnais et d’où l’on puisse apercevoir dans la rue en contrebas, une foire-à-tout. Avec un trésor aux étals des exposants: un soleil tiède caressant des vieilleries inestimables.

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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 08:00
LIVRE PARIS 2018

J’ai arpenté les allées, assisté à des débats, feuilleté des livres  respiré leur odeur d’évasion, de mystère, de bonheur, de peur, d’angoisse. J’ai assisté à des interventions ludiques, scientifiques, frôlé des auteurs, des agents littéraires, des journalistes. Et je me suis posée. J’ai observé la foule des grands-mères avec leur chien sagement enfoui dans un sac, des fans de Jean Teulé  alignés dans l’attente d’une signature, Gérard Depardieu au pas de course se dirigeant avec sa garde rapprochée d’au moins quinze personnes vers le pavillon Russie.

On faisait autant la queue chez Paul que dans l’attente de l’autographe de Douglas Kennedy. On m’a sollicitée pour me rendre aux séances de dédicaces d’écrivains d’une petite maison d’édition. J’ai vu des familles motivées feuilletant des livres de bandes dessinées,  aperçu la voiture de Gaston Lagaffe, retrouvé avec nostalgie le décor d’ « Apostrophes », recrée à l’identique pour l’occasion. J’ai écouté le témoignage poignant d’une réfugiée iranienne.

J’ai vécu des heures passionnantes, dans cette sorte d’effervescence, de tourbillon que crée la compagnie des livres. Jusqu’au vertige qui m’a prise à la sortie. On a beau dire que les gens ne lisent plus, j’ai pu constater que toutes les générations se frottaient joyeusement au salon.

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 08:00
EMPRUNT

Par moment et surtout en début d’après-midi, on ressent un frémissement sur la peau, un léger chatouillis. Un vent tiède et fuyant, une caresse. Phébus ne se montre pas franchement. Le ciel porte encore son manteau de nuages, il est frileux, se répand en giboulées de saison, mais il se prépare. Dans un coin de lui-même, il affûte ses pinceaux avant de les tremper dans l’azur. Bientôt il se barbouillera avec une joie d’enfant. Et fera la nôtre, empruntant au soleil un peu de sa chaleur.

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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 08:00
LA LEUR

Hier c’était leur fête. Alors on a pensé à nos mamans, à nos mamies, à nos enfants. On s’est rappelé quand on était petit. On a sorti les photos. Du placard. De l’Iphone. De l’ordi. On en a pris. On a donné tout plein de bisous. Partagé des gâteaux. Offert des fleurs. Mangé au restaurant. On est allé au cimetière. On a peut-être déposé une bougie dans l’église. On a câliné, embrassé, grimpé sur des genoux. Caressé des joues lisses ou ridées mais toujours fraîches. Tripoté  des cheveux blancs ou bruns. Rouges ou bleus. Pourquoi mamie ne serait-elle pas rock and roll ? On a pensé que le temps passe. Il pousse. Incite à profiter de l’instant, des regroupements, des réunions, des nous ensemble.

Alors fête des mamies ou pas, on a savouré le rapprochement,  le bonheur, en famille, que favorisent  ces événements, commerciaux à la base.

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 08:00
HELAS

La terrasse d’un café, une lumière crue, des éclairs dans les lunettes. On s’y croirait, les palmiers aussi. Pourtant il faut encore attendre, on nous promet du gel, du froid, des couteaux dans les jambes, la neige en pardessus. On nous promet aussi un été caniculaire, on nous rassure, on colporte des  ragots de grand-mères. On n’ose pas le dire parce ça ne changerait rien, ce serait se plaindre, raconter ses petites misères, mais une seule question trotte dans nos têtes : ça s’arrête quand ?

Parce qu’on refuse de réfléchir, de raisonner. Les hirondelles ne feront le printemps que dans un mois, hélas.

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 08:00
PAS DANS LA NEIGE
Ailleurs qu’en ville, ils s’évadent. On les voit avancer, réguliers, précis, on ne peut pas les confondre, ils sont les miettes de Poucet sur le chemin. Tant que le ciel ne leur joue pas de tour, ils  s’imposent, se dandinent. Ils s’approprient la neige, en mesurent l’épaisseur, sculptent la surface, captent la lumière. Ils fuient à l’horizon, emportent les rêves. Contrairement à ceux des plages, rien ne les borde, rien ne les bride. Ils sont une invite, un chant des sirènes.
Dans nos cités, ils se bousculent, s’écrasent, se chevauchent, s’étouffent.  Tout d’abord creusés, nets, avec la marque des semelles imprimée dedans, ils s’aplatissent, s’aplanissent  et disparaissent. Englués dans une boue noire et lisse, ils sont la représentation de nos vies routinières et pressées. Du stress de nos existences citadines.
PAS DANS LA NEIGE
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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 08:00
Paris, pluie, photo Christophe Jacrot

Paris, pluie, photo Christophe Jacrot

Que Paris cesse de ressembler à ça. Un barbouillage, des couleurs tremblées, un pinceau  gorgé d’eau étalé d’une main d’enfant, hésitante. Que les boulevards n’aient plus l’air de ruisseaux, les trottoirs de champs détrempés, les arbres d’éponges dégouttant. Les immeubles ont des façades incertaines, leurs toits s’effritent dans le ciel. Les rues sont tristes, froides, on ne distingue plus vraiment les passants, les boutiques, les autos. Engourdis, endormis, plombés,  voilà ce que nous sommes. Comme un python immobilise ses proies avant de les digérer, l’hiver  nous saisit dans sa grisaille et sa longueur.
Alors le redoux, la lumière, le piquant d’un vent sec, c’est pour quand ?
 
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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 15:00
DE TROIE
Ça a commencé bêtement. Moi en vieux pull élimé, jogging, pantoufles, devant la porte de la voisine. Elle en robe de chambre, brosse à dents, dentifrice, après que j’ai sonné. Les excuses, à sept heures, ce matin-là, furent brèves. « C’est mon chat, j’avais dit, il est chez vous et il risque de  tomber en retournant vers notre balcon ». Elle m’a gentiment invitée à entrer. Noël se profilait, le sapin clignotait. On aurait dit un poste de commandement avec des machines, des ordinateurs partout.
J’avais dû me cacher car mon chat se repliait déjà et tentait d’investir de nouveau le territoire voisin en m’apercevant. Raidies comme deux voleuses en alerte Christine et moi, nous le vîmes regagner ses pénates avec flegme. Je m’étais confondue en excuses longuement cette fois. J’avais cependant déclenché la guerre en insinuant : « Si vous laissez de la nourriture sur la table du balcon, il risque de recommencer.
― Mon frigo est trop petit, a-t-elle benoîtement déclaré. Je n’ai pas d’autre choix ». Je crois qu’elle me narguait en réalité.
Je n’avais qu’à surveiller mon Pâris, potentiel chapardeur de cuisse de dinde. Elle était Ménélas et Agamemnon réunis, ne pensait qu'à l'abattre. Elle ne percevait pas les manquements de son réfrigérateur. Cette guerre de Troie serait fatale. Pâris le troyen n'est-il pas mort assassiné par Philoctète, le grec ? J’ai rehaussé le grillage de séparation de nos balcons. Mais les miaulements de mon félin ont une résonance équine. Je sais qu’il rêve de se transformer en cheval.
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