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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 08:00
Casablanca, vue (trouble) depuis ma fenêtre Rue de Péronne ,1970

Casablanca, vue (trouble) depuis ma fenêtre Rue de Péronne ,1970

148ème et dernier défi avant les vacances chez Enriqueta : raconter sa mer ou son océan.
Eh bien moi je préfère l’Océan Atlantique parce que je suis née le nez devant, à Casablanca. De ma chambre je pouvais apercevoir les skieurs virevoltant dans le port et j’entendais les cornes de brume des bateaux, je voyais scintiller leurs feux qui faisaient la nique aux étoiles à la nuit tombée. Avec mes jumelles je regardais le phare dans les yeux.
La grande bleue, je l’avais partout sous les yeux. Parfois nous prenions un petit taxi rouge et allions goûter sur la Corniche dans un jardin public qui résonnait de cris d’enfants et du fracas des vagues derrière lui, tout à la fois. Où boire un jus d'orange face à la mer. Le dimanche c’était la plage, la pêche aux moules à marée basse, les parties de cache-cache dans les dunes. C’était le temps des repas géants, on amenait boissons fraîches et barbecues au bord de l’eau. Une eau pas toujours chaude, le ciel de Casa n’est pas celui de Pointe à Pitre, mais on avait les marées, l’iode et le vent qui fouette les jambes. Avec le thé à la menthe et des gâteaux au miel dévorés les pieds dans le sable, les ouili ouili ! des mamans inquiètes de voir les jeunes s’aventurer au loin, les olives et la Kémia circulant de tente en tente. Je me souviens de mes sauts dans les vagues avec une chambre à air de pneu en guise de bouée, et de la première fois où j’ai réalisé que je pouvais flotter.
Mes souvenirs oscillent entre exotisme et décors éternels des bords de mer. Mais je préfère l’Atlantique parce que c’est l’Océan de mon enfance.
Avec mon frère, sur la Corniche

Avec mon frère, sur la Corniche

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 08:00
DEFI 148: INSTANTS SUR LE PORT
148ème et avant-dernier jeudi en poésie proposé par Enriqueta pour les Croqueurs de mots : Marins ou ports.
 
Ils étaient en partance toutes voiles dehors
Ils tranchaient le métal des eaux moirées du port
La coque poudrée d’écume et ployant sous la houle
Attrapant les vivats et les cris de la foule
 
Debout sur la jetée, dans l’ombre grise du phare
Les joues mangées de sel, j’écoutais chaque soir
La plainte rompue des lames percutant les rochers
Le chuintement mousseux des vagues écrasées
 
Des relents d’encablures, de bois et d’air iodé
Et de butin de pêche serré dans des filets
Envahissaient les quais ; alors, les yeux fermés
Je me représentais des rivages étrangers
 
Où l’Orient se parfume de jasmin, de curry
Où la mer et le ciel au soleil se marient
Où des rayons fuyant le disque entaillé
Empourprent l’horizon, creusent un lit safrané
 
DEFI 148: INSTANTS SUR LE PORT
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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 08:00
Soir d'été à Kingston, Canada

Soir d'été à Kingston, Canada

Un vent léger tourbillonnant, l’après-midi bien entamé, un soleil plutôt timide, un ciel gris, lourd, l’été s’annonce en demi-teinte. On n’y croit pas trop encore, parce que la lumière n’est pas maximale et les jours ne semblent ni longs, ni gais. La foule s’amasse pourtant, elle joue le jeu, alors les oiseaux s’éloignent, leurs chants se font rares. A chaque carrefour, sur les pelouses, au centre des grandes places, des troupes se sont installées en musique. Ce jour est le leur, on passe, on les écoute, on applaudit. La saison n’a pas besoin de soleil et de ciel bleu, de pépiements, ni de jardins fleuris et parfumés ce jour-là, qui précède la Saint Jean et la fin de l’année scolaire. Elle s’enivre de mélodies, de notes, elle est joyeuse, elle danse, elle roucoule. Et nous avec.
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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 08:00
ALLEGORIE
S’estimer protégé derrière des rochers
Pesants, lisses et luisants tout comme ses pensées
Acquises, intemporelles, et si peu essentielles
C’est le credo de l’homme, aveugle, superficiel
 
Car il refuse de croire du fond de sa caverne
Que le monde se tient loin de ses balivernes
De ses idées toutes faites, de son conditionnement
Des ombres dans sa tête, de leur alignement
 
Dans sa réalité n’entre pas la lumière
Son univers entier n’est que nuit et poussière
Osera-t-il avancer vers l’autre paradis
Du savoir éclairé qui d’emblée éblouit
 
Peut-on lui signifier qu’un Maître se tient prêt
Qui l’aiderait à grandir, humblement, sans apprêt
Qui lui ferait franchir le seuil de sa prison
Qui lui enseignerait la doctrine de Platon
 
Hum, un peu philosophique mais après tout pourquoi pas….
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 08:00
DEFI 147: CAPITAINE
DEFI 147: CAPITAINE
Défi 147 mené par ABC Jardin-des-mots pour les Croqueurs de mots: Les matelots n'ont pas le choix du capitaine, sont-ils à la fête?

Le capitaine rêve. Il songe à sa bien-aimée restée à quai ou peut-être se prend-il pour Hemingway décrivant un vieil homme au teint buriné, imagine-t-il le Captain Achab pourchassant Moby Dick, ou craint-il la révolte du Bounty, pense-t-il au conflit qui opposa Lou Larsen et Van Weyden, songe-t-il à reconstruire le Kon Tiki, ou à ressusciter Manu Reva, émigre-t-il vers de nouveaux territoires à bord du Mayflower, souhaite-t-il qu’on lui tricote un bonnet rouge pour embarquer sur la Calypso, le gustaria irse a bordo de la Santa Maria como el gran Cristobal Colon, is he as famous as The Amiral Nelson is, ou plus banalement envisage-t-il de faire carrière sur un navire marchand ? Toujours est-il que sur le pont d’un bateau des Corsica Ferries reliant Bastia à Marseille, materné par une Pilotine, il se demande s’il n’est pas passé à côté de la gloire.
Mais nous matelots vacanciers, un peu insouciants, cela nous est indifférent, nous avons soleil, ciel et grand bleue. Vive les vacances !
DEFI 147: CAPITAINE
DEFI 147: CAPITAINE
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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 08:00
ONGUENT
Voilà comment j’entends profiter de juin et des beaux jours. Telle une chatte postée à la fenêtre au milieu des pompoms du balcon. L’air est doux, et les oiseaux hument le printemps juste avant qu’il ne plonge dans l’été. Il a un parfum tout particulier, de cartables qu’on referme et de brocantes sur les trottoirs. Ses couleurs sont vives et chaudes, parfois mouillées. Ses journées s’étirent le long des trottoirs à la terrasse des cafés, et il offre ses jambes au soleil. Il adore la terre battue et le bruit des balles de tennis. Il se souvient des longues périodes de révision du Bac et encourage ceux que ça concerne en leur faisant miroiter des « after » dignes d’une fin de match. Il apprécie la musique et lui consacre toute une journée lors de la passation de relais à l’autre belle saison. Il est déjà feu, ardeur et brûlure à la Saint Jean. Il allonge le temps et améliore l’humeur. Il est baume et onguent, il est douceur. Alors je me tartine sans modération.
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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 10:38
DEFI 146: POITEVIN
 
Jeudi en poésie libre pour ce 146ème défi chez Lilousoleil pour les Croqueursdemots.
 
Sous la voûte lumière, avancent les gabares
Elles fendent, silencieuses, l’eau claire des marais
S’emparent des reflets, et à l’onde s’amarrent
S’imprègnent des senteurs enivrantes de l’été
 
Sous un ciel parsemé de feuilles et de branchages
Elles longent, alanguies, aulnes ou peupliers
Et des lames d’argent dorlotent à leur passage
Le vieux bois de leurs flancs, incolore, craquelé
 
Alors des chants s’élèvent, haut dans les marécages
Surgissent depuis les rives, se propagent en chœur
Un concert stridulant se décide en hommage
A la lente avancée du bateau voyageur
 
Un vent moite, cotonneux, pèse sur nos épaules
Les rames par endroit clapotent dans la vase
Quand nos regards se croisent, nul besoin de paroles
Instant privilégié, éternité, extase
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 08:00
DEFI 146: PARENTHESE
Consigne 146 proposée par Lilousoleil J’ai choisi de laisser mon imagination vagabonder sur les vocalises de Natalie Dessay
 
Je manipule la tête de lecture en passant près de la platine. Ma chaîne est une antiquité mais rien ne vaut le microsillon pour écouter des vocalises. En tournant, le disque étire une voix cristalline qui me dénoue les muscles.
Je suis l'héroïne d'une de ces séries policières britanniques, je me cale dans un canapé de cuir, un verre de whisky posé sur la table basse, à côté de mon pied nu. Mon autre pied repose à moitié sur une charentaise et sur le plancher. Le chien, un cocker aux oreilles ramasse-poussière ouvre un œil de temps en temps afin de s’assurer que je ne dorme pas tout-à-fait, ce qui le priverait de sa ration de croquettes du soir. Je ne fume plus et mon cendrier déborde de papiers de bonbons. Il y a de petits moutons de poils sous le buffet, et dessus, dans la coupe de fruits, les pêches ont une drôle de couleur. Mon courrier, des factures surtout, s’entasse sur la tablette du téléphone qui ne supporte plus de téléphone puisque le petit rectangle plat est avec moi, sur le canapé. On se tient chaud tous les deux. A travers les rideaux, et juste à l’endroit où ils s’écartent, le gyrophare du camion poubelle fait danser mes pétunias accrochés à la rambarde du balcon. J’ai la tête qui tourne, les idées pas trop claires et il y a ce bip, bip lancinant qui chatouille mes oreilles. Je me frotte les yeux et je m’étire. Je renverse mon verre, grogne puis réponds au téléphone. On m’appelle sur une enquête. C'est souvent comme ça, il me faut fermer cette parenthèse de bienheureuse solitude. 

 

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 11:13
DEFI 146: ACCEPTATION
Sujet libre pour ce 146ème jeudi en poésie chez lilousoleil, pour les Croqueurs de mots.
 
Je me suis inspirée du texte de Madeleine Gagnon inscrit sur l’une des 44 chaises fixées face à la gare du Palais à Québec, œuvre nommée « Rêver de nouveau le monde »
 
UNE ACCEPTATION DE L’ABSENCE
Quand le manque n’est plus un poison
Quand le cœur épouse la raison
Apaisement et renaissance
 
UN RENONCEMENT A L’EXPLICATION
De lèvres qui mentent avec aplomb
Changer de cap et d’horizon
Souscrire à toute tentation
 
UNE CONNAISSANCE DU VERTIGE
Et de l’oubli dans la passion
Plaisir, désir ou émotion
Exercice de haute voltige !
 
UN BONHEUR DE LA RENCONTRE
Y croire encore passé vingt ans
Aimer la vie, prendre son temps
Plus rien ne presse, jeter sa montre
 

 

DEFI 146: ACCEPTATION
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:00
MARCHEUSE
Peu importe l’endroit, ce qui compte c’est cette route, droite, nette, sans détour. Le chemin que l’on suit et qui mène vers soi, sans prise de tête. Dans ces cas-là, j’avance rapidement, j’ai mon casque sur les oreilles et j’écoute Yaël Naïm ou Clarika. J’aime ces voix de filles sur de la musique entraînante mais simple. J’aime les textes un peu barjos de Clarika et la voix douce de Yaël. Je ne pense à rien, je ne vois personne et surtout je regarde peu autour de moi. Je me laisse guider par les odeurs d’herbe coupée et par le vent qui souffle dans mon cou. J’ai très vite chaud et j’enlève mon pull ou mon imper, je les glisse dans mon sac à dos. J’oublie les messages du téléphone et je ne me rends pas compte que le ciel goutte. Je peux marcher longtemps, je suis une marcheuse, je marche pour sentir que j’avale le sol sous mes pieds, ça a un côté glouton. Je mesure le temps à ma montre, je ne ressens la fatigue que si je m’arrête alors je m’oblige à surveiller les aiguilles du cadran. Et puis je rentre. Souvent, ça continue de marcher dans ma tête. Alors je me pose devant mon clavier…
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