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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 142: MEME DIRECTION
Défi 142 chez Lenaïg pour les Croqueurs de mots: une étrange atmosphère, d'après une photo de Kristoffer Axén 
 
Ils scrutaient l’horizon, tous les  deux indolents
Réprimant un frisson, malmenés par  le vent
Qui fouettait les nuages, et l’écran de fumée
Plaqué à l’astre rond devant eux, intriguait
 
On le voyait danser, s’étaler, frémissant
Il imposait son rythme, tel un feu rougeoyant
Que l’on perçoit au loin, avec inquiétude
Qui peut-être s’éteint, faiblesse, lassitude
 
Ils s’étaient éloignés avec l’âge et le temps
Et leurs pas hésitaient sur le sol, dérapant
Pourtant la plaine nue, l’herbe rase et gelée
 
Constituent un écrin, bien que froid et laqué
Où logent des amours, des blessures, des passions
Quand les regards se figent dans la même direction
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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 08:00
JE SUPPOSE...
Ca y est, ils fleurissent. Je les avais observés la semaine dernière à Giverny, tout près de la maison de…. Ils montraient timidement leurs bourgeons et semblaient près de sortir de leur boite, comme dans le poème de Paul Géraldy. Ces derniers jours de mars sont encore gris, un peu frais, et le soleil joue les effeuilleuses. Il dévoile un peu du jardin derrière la palissade, quelques pois de senteurs, taches violettes sur l’herbe, quelques jonquilles se trémoussant dans les allées ratissées. La maison doit rouvrir au premier avril et elle se prépare.
Les pièces d’eau sont troubles, la treille est nue. Tout semble éteint, comme fondu dans le ciel roux. On dirait qu’une personnalité va inaugurer un monument en ôtant le voile qui la recouvre. On dirait que la maison, le jardin attendent leur heure. La rue est calme, endormie, personne devant le portail, ni derrière, près de la route. Quelques promeneurs et leurs chiens, quelques joggeurs, un unique café ouvert, un immense parking désert et nous marchant le long des cerisiers boutonneux.
Aujourd’hui puisqu’ils explosent comme du pop-corn dans ma rue, je suppose qu’ils forment une haie d’honneur là-bas. Et que Monet, adossé à l’un d’eux, dans sa blouse bleue, avec son chapeau de paille, guette la venue des premiers visiteurs.
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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 08:00
DEFI 141: AVEC LA MEUTE
Pour le défi 141 chez Enriqueta, je me suis inspirée du défi 35 lancé par Tricôtine pour les Croqueurs de mots: hors d'œuvre, états d'âme d'une œuvre en cours d'écriture.
 
Un avenir en colimaçon
Et la campagne pour l’horizon
Ainsi débute le roman
D’une vie rompue à son tournant
Enfin l’air pur et les vacances
Les champs de blé, l’indépendance
Un homme sommé de lâcher prise
Boucle son sac puis ses valises
Et se défait de son costume
Les kilomètres sur le bitume
Avalés au hasard des missions
Que lui confiait sa direction
Etaient les murs d’une prison
 
Savourer l’ombre et le soleil
Entendre bourdonner les abeilles
Fébrilité, effervescence
Des arbres s'inclinent, déférence
Et l’eau argentée des rivières
Minaude sous les  ponts de pierre
Ah se complaire à observer
Les grands tournesols desséchés
Ces compagnons de liberté !
 
Oubliés devoirs et famille
Dans le lointain, un clocher brille
Avant que gronde le tonnerre
Déclamer tout Apollinaire
Lâché un instant par le vent
L’homme trébuche en avant
Des nuages moutonnent tout là-haut
Mangent les couleurs des coquelicots
Il est cruel d'abandonner
Un personnage déboussolé
Qui le lendemain souffrira
Avec la meute, et malgré soi
Dans les locaux de Pôle Emploi
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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 08:00
DEFI 141: PASSANT RÊVEUR
Pour le défi 141 chez Enriqueta pour les Croqueurs de mots, je pouvais emprunter le thème : A la veillée.
Ce sont les marées du siècle, a-t-on dit. Et c’est à voir, à entendre, à respirer. Des vagues hurlantes, des langues d’eau verte bouillonnantes, léchant le béton des quais, baveuses, giflant les curieux. C’est la lune flirtant avec la terre d’un peu trop près. La foule envahit les restaurants du port, se presse à l’entrée du téléphérique, attirée par les hauteurs blanches des falaises. Le vent perce les oreilles, et s’engouffre dans les rues tristes et désertes du centre-ville.
La veillée commence dès la fin de l’après-midi, à marée basse, à l’heure où le varech colle aux rochers avec les coquillages. Les goélands dessinent des palmes sur le sable mouillé. On n’attend pas que les lampes s’allument, que les bateaux cornent au loin. L’important est de regarder la plage, à l’endroit où s’étale la forme insolite qui intrigue et alimente les légendes. Les histoires de marin que l’on colporte pour se tenir chaud et se faire peur à la fois.
Ce rocher-là est un animal blessé oublié par un fermier qui rêvait de tangage et de roulis, à qui la terre ferme donnait le mal de mer. Ce rocher-là, qui meuglait autrefois fut tiré, poussé jusque devant les flots puis abandonné par cet ingrat avide de pêche, de cordages et de filets. Il s’était affalé puis enterré à-demi, dans le sable. Il s’était fossilisé, subissant les marées et poli par elles.
Il gémit parfois quand l’eau se retire, que le soleil brille, il raconte son histoire et se laisse photographier par des passants rêveurs, un peu trop imaginatifs.
A moins qu’un après-midi au Tréport, un jour de grande marée, les rochers éblouissants ne soient que des mirages.
 
 
 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 08:00
DEFI 141: A L'AISE
Chez Enriqueta pour ce 141ème jeudi en poésie, j'ai repris le défi 28 de Tricôtine: "Le grenier"
 
Il a fallu réinventer
La cave humide et le grenier
Sans renverser une bouteille
Mais visiter chaque corbeille
Faire grincer le cheval à bascule
Quand la nuit une chouette hulule
Lorsque ronronne la chaudière
Que la pluie claque sur les gouttières
Qu’une araignée tisse sa toile
Sous la fenêtre près des étoiles
Un éclair coiffe un guéridon
Une canne à pêche, des hameçons
Cela n’effraie jamais personne
Dans le brouillard, des cris résonnent
Un petit peuple s’agrandit
Mulots, musaraignes et souris
Car coincé derrière la voiture
Un bateau de pêche à la voilure
Rongée, sale et décolorée
Est devenu un nid douillet
Certains trouvent que c’est amusant
De même, là-haut, un paravent
Dont les panneaux de bois usés
Frottent à minuit sur le plancher
Est à présent mur d’escalade
De courses poursuites et de balades
Or n’est-il pas réconfortant
De se suffire élégamment
Dans le désordre enfoui des hommes
Pour soi, bâtir un home sweet home
Accéder à la vie rêvée
Et s’épanouir en liberté
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 08:00
EN VOITURE!
Voilà c’est décidé, vous vous inscrivez sur Blablacar, le site du covoiturage. Ca marche bien, c’est fiable, vous abordez des gens sympathiques, vous papotez sur le trajet, vous racontez un peu votre vie et vous écoutez poliment ce que disent les autres. Le temps passe plus vite et les embouteillages semblent se diluer dans la nouveauté des rencontres. Bonne formule, trois euros par personne à l’arrivée, pour un trajet Creil Paris. Tout le monde est content, personne ne se plaint, à part peut-être ceux qui ont transporté l’un des frères Kouachi, peu avant le drame. Tout passe par le net, horaire, lieu, attente.
Parfois la situation est pittoresque comme lorsqu’on vous annonce qu’il y aura un chat, on vous demande si ça gêne, si ça dérange. Vous dites, non bien sûr, un chat dans sa cage n’est pas une charge, même s’il miaule un peu. Ensuite on vous déclare qu’il n’y aura  finalement qu’un passager à qui faire la conversation, le chat. On vous certifie qu’il est attendu par une association, Gare de Lyon à Paris. Alors vous devisez avec Minou, qui est sage comme tout. A l’arrivée bien sûr, personne. Si ce n’est vous et un chat noir et blanc qui se demande s'il n'a pas un tutu sur la tête, à voir votre air ahuri. Alors vous ramenez Minou à la maison. Il voisine avec vos chats à vous, quelques grognements, quelques miaulements. Vous rappelez le contact à Creil, puis l’association et enfin le destinataire du chat. Tout ce monde est désolé mais ne bouge pas d’un poil, c’est le cas de le dire. Alors Minou va rester chez vous ?
Non, certainement pas. Vous repartez illico avec Minou  et le déposez tard le soir à Paris, chez son destinataire qui vous dit mollement merci comme s'il n'en voulait plus, tout compte fait. Mais vous l'avez échappé belle, vous avez failli hériter d’un troisième chat !
C’est ce qui nous est arrivé, la semaine dernière !

 

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 15:20
DEFI 140: LES PINS

 

Jeudi libre en poésie pour ce 140ème défi chez Jeanne fadosi pour les Croqueurs de mots. J’y associe ma participation au thème « L’arbre » chez Suzâme, en textoésies.

 

 

Branches chargées, ouvertes

Ou nues, blanchies, offertes

Aux caprices du temps

Au ciel qui se vend

Avide de caresses

D’étreintes, de tendresse

Tel un amant fougueux

Prisonnier et heureux

Ils dansent avec l’hiver

Et sa blonde lumière

Qui satine les troncs

Comme bas de nylon

Géant des matins clairs

Ils veillent, solitaires 

Bienveillants patriarches

Depuis les hautes marches

De la forêt

 

 

 

 

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 08:00
DEFI 140: SOUS LA VIGNE
Défi 140 d’après image chez Jeanne Fadosi pour les Croqueurs de mots
Viens papa suis-moi, allons remplir le panier de fleurs des champs. Le Roi est de retour, c’est notre maître qui l’a dit. Il l’a noté aussi, j’ai ramassé sa plume tout à l’heure et l’ai posée sur son journal. J’ai lu trois noms Talleyrand, Fouché, Louis XVIII. Il y avait aussi les mots à genoux et serment. Et il était question d’un souper entre les deux premiers pour préparer le retour du Roi.
Tu n’y crois pas, au Roi, à la France ? Tu te demandes ce qu’il va faire pour nous, ce gros bonhomme dont parle notre maître, Monsieur de Chateaubriand ?J’y connais rien, moi, à la France mais nous allons faire la fête. Alors puisque le Roi s’apprête à quitter la Belgique pour revenir chez nous, il faut l’honorer et tendre nos paniers de fleurs sur son passage. Maman me l’a demandé, je viens te chercher. Secoue-toi, ce n’est pas en restant sur un banc, sous la vigne, que tout s’arrangera, j’ai confiance, moi!
Il fait beau, juillet commence, et les coquelicots rougissent dans les blés. Toute une troupe de vieux bonshommes va discuter de choses qu’on ne comprend pas, en se goinfrant de paroles, d’asperges et d’artichauts mais notre maître a promis que si tu te remets à faucher aux champs après que nous avons rempli le panier, il me fera donner de l’instruction. J’aurais une gouvernante. Je suis une fille or les femmes sont l’avenir, il a déclaré ! Alors tu bouges, allez, debout!
 
Ce texte m’a été inspiré par la pièce « Le Souper », au théâtre de la Madeleine à Paris. Excellents Patrick Chesnais et Niels Arestrup respectivement Fouché et Talleyrand, des réparties jubilatoires !

 

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 08:15
DEFI 140: COURROUX
 
Sujet libre pour ce 140ème jeudi en poésie chez Jeanne Fadosi pour les Croqueurs de mots.
 
On doit parfois subir les caprices du temps
Les sursauts de l’hiver ruant dans le printemps
Lorsqu’une neige fine couvre monts et sommets
Tandis que l’eau clapote et chante dans la vallée
 
On se croit à l’abri du gel et du verglas
On tolère que  le sol nu glisse sous les pas
Et l’on frissonne un peu, nez au vent, pieds glacés
Alors qu’on imagine les beaux jours arrimés
 
Le ciel est à la pluie, aux flocons mous, timides
S’écrasant sur les vitres, indécis et liquides
Et la forêt aligne ses pins en silence
Tout recouverts de nacre, on dirait qu’ils s’élancent
 
Le Thoré s’entortille, cascade et se défoule
Autour de Mazamet tel une écharpe, s’enroule
Et amadoue la ville qui subit le courroux
De la Montagne Noire, juste avant le redoux.
 
 
 
 
 
 

 

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 17:00
37 ANS APRES
Nous ne nous étions pas revues depuis 37 ans et avions décidé que ça suffisait. D’un coup, comme ça, parce que la cinquantaine bouscule le temps et s’accroche à d’anciens repères, une manière comme une autre d’avancer.
Rendez-vous dans une brasserie place de la Nation, bonne adresse pour un tour de table à cinq. Nous ne nous sommes pas reconnues immédiatement ou plutôt nous avons pris la peine d’accommoder nos regards à nos rides. Et comment dire, la sauce a pris tout de suite, chacune a déroulé son grand parchemin, comme Kerouac sa route. Etudes, mariage, enfants, joies et misères, déceptions, voyages… Enfants.
Et puis, le lycée, bien sûr. Les années C, de la seconde à la terminale. Les « tu te rappelles, Mlle M., dire qu’elle nous paraissait âgée or elle a eu un bébé quelques années après nusavoir eues dans sa classe… Oh les soirées du Ciné Club, ça existe encore ça de nos jours ?... Et la prof d’anglais qui me prenait pour une fumiste… Et ce jour où… »
Un fou rire, une lumière dans les yeux, nous évoquons ces absentes avec lesquelles nous sommes toujours en contact. Les photos de classe scannées, un peu floues, glissent sur l’écran d’un smartphone, endroit, envers, comme prises de tournis, et circulent de mains en mains. Puis tel un refrain, aujourd’hui revient dans la conversation. Travail, enfants…
Les serveurs nous tournent autour, diligents, intrigués par ces adolescentes de plus de cinquante ans qui mangent sans se préoccuper ce qu’il y a dans leur assiette. Des gamines démonstratives et bruyantes qui se prennent en photo. On dirait qu’elles évoquent leur petit copain ou le dernier clip de Lady Gaga. Derrière, au bar, un papy nous observe, intrigué, et se frotte les yeux. Son regard embué se cogne au dôme transparent qui nous entoure. Pas évident de voir défiler 37 ans sur cinq visages !
Les heures défilent, on s’impatiente autour de nous. Des cafés ? Nous pensons déjà à d’autres rendez-vous, d’autres éclats de rire, nous n’avons pas tout dit, et puis nous serons plus nombreuses la prochaine fois. Nous reparlerons du lycée, de la vie, des enfants…
J’ai repensé à tout ça dans ma voiture, à ce voyage dans le passé très agréable et qui donne toute sa saveur au présent.  Et une fois rentrée chez moi, j’ai revécu ce moment pour mon mari qui m’a fixée, goguenard :
  • Si ç’avait été une réunion entre hommes nous aurions parlé du lycée et de nos conquêtes d’alors, de notre travail, de nos voitures… Avant de parler de nos enfants!

 

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