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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 08:00
Miguel Hernandez

Miguel Hernandez

Pour conclure la quinzaine consacrée à la « Résistance » en ce 139ème jeudi en poésie chez Enriqueta pour les Croqueurs de mots, j’ai choisi un poème de Miguel_Hernandez, héros de la résistance espagnole. J’avais étudié ce poème au lycée et ne rappelle que les strophes que je peux encore citer de mémoire aujourd’hui. J’ai traduit la première moi-même, et copié sur le net la traduction des deux autres.

 

EL HERIDO

Por los campos luchados se extienden los heridos.
Y de aquella extensión de cuerpos luchadores
salta un trigal de chorros calientes, extendidos
en roncos surtidores.

…..

Para la libertad sangro, lucho, pervivo.
Para la libertad, mis ojos y mis manos,
como un árbol carnal, generoso y cautivo,
doy a los cirujanos.

…..

Retoñarán aladas de savia sin otoño
reliquias de mi cuerpo que pierdo en cada herida.
Porque soy como el árbol talado, que retoño:
porque aún tengo la vida.

 

Miguel Hernandez : El Herido ( 1938-39)

 

 

L’HOMME BLESSE

 

Sur les lieux de combat sont éparpillés les blessés

Et de cette étendue de corps déchirés

Résulte un champ de projections chaudes, répandues

En jets rauques.

….

Pour la liberté, je saigne, je lutte, je survis.
Pour la liberté, mes yeux et mes mains,
comme un arbre charnel, généreux et captif,
je donne aux chirurgiens (j'aurais plutôt traduit bourreaux, bouchers)

….

Des ailes de sève sans automne bourgeonneront,
reliques de mon corps qu'à chaque blessure je perds.
Parce que je suis [comme] l'arbre écorché, je bourgeonne :
parce que, encore et toujours, j'aime la vie.

 

Miguel Hernandez : L’homme blessé (1938-39)

 

Je justifie mon choix par trois raisons :

  • D’une part, Miguel Hernandez comme Federico Garcia Lorca sont deux immenses figures de la résistance espagnole, durant la guerre civile entre 1936 et 1939.

  • D’autre part, mon professeur d’espagnol de l’époque, Mme N Guyen, m’avait beaucoup soutenue quand je flanchais devant la médiocrité de mes résultats scolaires, me poussant à entreprendre des études supérieures.

  • Enfin, cette anecdote. Un soir, à Marbella, au cours d’une soirée où j’avais un peu abusé de sangria, j’avais déclamé : « Para la libertad, sangro, lucho, pervivo… » A table, mes amis espagnols s’étaient tus d’un coup puis avaient crié : Miguel Hernandez ! en m’applaudissant. C’était un moment fort que je n'ai pas oublié.

 

 

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 08:00
DEFI 139: SON JOURNAL

Evoquer la résistance est le 139ème défi lancé par Enriqueta pour les Croqueurs de mots.

Elle est le symbole d'une  résistance par l’écriture. Ses phrases sont celles d'une enfant mûrie trop vite ou d'une adulte ne souhaitant pas perdre ses illusions.  Décrire le quotidien pendant la guerre, interdictions, cachettes, restrictions, frictions entre humains sommés de vivre les uns contre les autres, des mots, ordinaires qui cognent. Elle a raconté sa jeunesse comme on déroule sa vie or sa jeunesse était sa vie entière, contenue. Elle avait à exprimer chaque jour dans un langage pur, adressé à elle-même. Elle ne souhaitait pas particulièrement être lue, au début tout au moins. Les pages apportaient l’oxygène qui manquait au dehors. Des molécules libérées au fil des jours dans l’air vicié d’une annexe où l’on se terrait pour fuir l’enfer. Ou pour s’imaginer que le ciel ailleurs est bleu. Ou s’obliger à croire au futur, à l’avenir, serein, radieux. J'ai visité l'annexe à Amsterdam, il y a quelques années déjà, j'ai côtoyé ses fantômes obsédants.
Elle est un martyr de la Shoah bien sûr, par son agonie dans les camps. Pour moi, elle est aussi l’espoir. Le fait d’envisager les jours d’après, quand l’horreur devenue cauchemar rongeant les entrailles n’a pu encore être exprimée. Ses rêves, ses joies, ses projets lui ont survécu, on les découvre avec émotion, avec fièvre. Précédant l’atroce séjour à Bergen Belsen, ils ont bravé le temps.
On entend sa voix, ses rires, ses pleurs, on découvre ses amis, sa famille. Et on adopte sa franchise, sa fraîcheur, sa volonté de dépasser la barbarie qu'elle sait implacable au dehors, pour déposer, amour, fraternité et confiance dans les coeurs.
Extrait: "J'ai souvent été abattue, mais jamais désespérée, je considère notre clandestinité comme une aventure dangereuse, qui est romantique et intéressante. Dans mon journal, je considère chaque privation comme une source d'amusement. C'est que je me suis promis de mener une autre vie que les autres filles et, plus tard, une autre vie que les femmes au foyer ordinaires. Ceci est un bon début pour une vie intéressante et c'est la raison, la seule raison pour laquelle, dans les moments les plus dangereux, je ne peux pas m'empêcher de rire du burlesque de la situation.
Je suis jeune et je possède encore beaucoup de qualités enfermées en moi, je suis jeune et forte et je vis cette grande aventure, j'y suis encore complètement plongée et je ne peux pas passer mes journées à me plaindre, parce que je ne peux pas m'amuser ! J'ai reçu beaucoup d'atouts, une heureuse nature, beaucoup de gaieté et de force. Chaque jour, je sens que je me développe intérieurement, je sens l'approche de la libération, la beauté et
 la nature, la bonté des gens de mon entourage, je sens comme cette aventure est intéressante et amusante !
Pourquoi serais-je donc désespérée ?"

 

 

 

 

 

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 08:00
DEFI 139: LE TEMPS QUI PASSE
« Résiste » est le thème du défi 139 lancé par Enriqueta ce jeudi en poésie pour les Croqueurs de mots.
 
Si les années te font trop tôt courber l’échine
Descends les marches étroites du grand escalier
Et fixe l’horizon sans plus te retourner
Dans ta  frêle silhouette la douleur se devine
 
Peux-tu oublier que tu as été seigneur
Que de là-haut tu aimais contempler le monde
Peux-tu lâcher des mains, abandonner la ronde
Et avancer serein, en congédiant la peur
 
Le temps qui passe rétrécit ton champ de vision
Tu dominais le lac, tu y baignes les pieds
Dans l’eau tremblent tes rides, stupeur, désolation
 
Les flots moutonnent, le ciel est bleu, ne soit pas triste
Le soleil luit, cuivre ta peau, soigne tes plaies
La vie est là, ton coeur explose, bats-toi, résiste
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 08:00
EN EVENTAIL
Ne dites pas que vous n’y pensez pas.  Le soleil caresse vos les chevilles et le vent vos jambes, l’eau  mousse  tout près de vos orteils et  au loin, dans leur prolongement de petites étoiles flottent sur l’eau. Des voiles accrochent le ciel à l’horizon,  on dirait qu’il sourit  de toutes ses dents blanches et nacrées.
Vous écoutez le ressac, comme une berceuse,  vous léchez vos lèvres salées. Les galets massent vos mollets et même si certains, pointus, vous irritent la peau, vous ne bougez pas. Ce serait désorganiser l’instant, immobile, qui semble ne pas avoir de fin. Ce serait rompre l’harmonie du cliché estival  comblant le manque, quand reviennent les envies de chaleur et de douceur sous nos latitudes. Quand février se surprend à paresser, les doigts de pied en éventail.
 
 
 
 
 

 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 08:00
DEFI 138: FIFTY SHADES OF GREEN
Sujet libre pour ce 138ème jeudi en poésie chez Lilousoleil pour les Croqueursdemots
 
On parle beaucoup cette semaine
De variations dans un domaine
Où l’on évoque sans détour
Des goûts, des mœurs, peu de glamour
Du déguisement vient la souffrance
Fouet et latex et nulle offense
Des sentiments qu’on met en scène
De drôles d’atours que l’on étrenne
Fascination et séduction
Le coeur empli de sensations
L’amour comme une petite mort
Griffe la peau par tous ses pores
 
Or le printemps a des tendances
Aux couleurs pâles de l’espérance
Qui couvrent des feuilles le duvet
Et donnent aux fruits un bel aspect
Des branches plient et s’entrecroisent
Les platanes sont d’humeur grivoise
Et les forêts ont des secrets
Que l’on rêve de partager
Arrêtons-nous, donnons du temps
Aux morsures du soleil, du vent
Aux  gifles que nous  flanquent  dans l'air
Toutes ces nuances de vert…
 
 
 
 
 
 

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 08:00
DEFI 138: PIEGE A MINETTE
Défi 138 d’après photo chez Lilousoleil pour les Croqueursdemots
Ils m’ont plantée devant la vitrine en me demandant de choisir parmi tous ces trucs idiots, qui paraît-il caractérisent les filles d’aujourd’hui. C’est pour un magazine, pour des statistiques, pour les cinglés qui mettent tout dans des cases. C’est tellement cliché, tellement banal que j’ai enfilé le bonnet et attrapé le robot. Ce bonnet sur ma tête c’est un peu le pôle sud, c’est Scott, Evans et Oates, c’est la défaite et l’absurde. Passer à côté du kit de séduction comme eux sont passés à côté de la victoire, et faire parler de soi. Avec ça je suis l’ « anti héroïne », on se moque quand je passe ou on se dit, elle a osé, ça lui donne un look. Remarque, si j’avais risqué le champignon … Et j’ai serré Robocop contre ma poitrine en lui chantant une berceuse comme à Bella la si jolie poupée qui a pourri mon anniversaire et que je cache dans mon armoire.
Le reste franchement, la panoplie de Shakira, je zappe. Il ne manque que le short et le mini tee-shirt qui expose le nombril au vent, et je fais le buzz sur internet. C'est pourquoi on ne me trouve pas normale. Allez, tu viens le chat ! Je sais bien que toi aussi, ces pièges à minette, ça te hérisse !
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 10:36
Québec: Chute-Montmorency

Québec: Chute-Montmorency

Sujet libre pour le défi 138 de ce jeudi en poésie chez lilousoleil pour  les croqueursdemots
 
C’est dans le tumulte et l’écume, un soir d’été
Le ciel accroche des nuages sur les rochers
Et les observe qui s’étirent à se jeter
Sous le bouillonnement d’une eau trouble et glacée
 
Depuis le pont, j’ai le vertige dessus les flots
Le vent me porte, je m’y appuie tel un oiseau
Dont la carlingue se faufile toujours plus haut
Tandis que le givre tenace colle aux hublots
 
J’ai de la vie cette méfiance qui me pousse
A me tenir bien à l’écart, loin des secousses
Et l’existence ainsi bordée semble plus douce
Désencombrée des rages d’un temps qui s’émousse
 
Et puis je lutte contre moi-même, je me débats
Ce n’est pas vivre que d’éviter jusqu’au trépas
Le bruit des chutes et les blessures et les combats
L'âme tourmentée est aussi un cœur qui bat
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 08:00
LE BONHEUR  DE MR C.
J’ai rencontré Mr C. dans l’escalier l’autre jour. Il galopait comme d’habitude, habillé en costume, un peu court le pantalon. Il revenait de chez des amis, il a souvent des invitations, des sorties, des voyages, pas étonnant, il est hyperactif. C’est un mot à la mode, hyperactif mais il lui va bien. Il est tellement sollicité qu’il lui arrive de se prendre les pieds dans le tapis, de tomber par terre, de s’ouvrir le front et de se relever comme si de rien était, tant il parcourt la ville d’un quartier à l’autre. C’est un monsieur pressé de vivre, de profiter de l’instant, de devancer les saisons. On dirait qu’il lui reste peu de temps devant lui, très peu. Ou qu’il veut gober tout ce que procure la jeunesse. Il sait que dans un avenir proche chacun pourra conserver la vitalité de ses vingt-cinq ans, ad vitam. C’est ce qu’ils disent dans MATCH. Mais aujourd’hui chaque âge a ses plaisirs et ses contraintes.
Alors Mr C. du haut de ses quatre-vingt-douze ans, m’a accostée triomphalement : « Regardez a-t-il dit, en me montrant deux pois de senteurs minuscules dans deux petits pots tout aussi riquiqui. Voilà le printemps qui arrive ! » Et, il a couru les placer dans son salon, il était heureux, guilleret. Il avait hâte de goûter à ce bonheur qui s’annonce, et comme une jeune pousse, il était droit et fier, empli de sève.
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 19:01

DESOLEE DE N'AVOIR PU PARCOURIR VOS PAGES, BLOG EN PAUSE POUR CAUSE DE GRIPPE, HELAS CELA ARRIVE MEME AUX MEILLEURES!

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 08:00
DEFI 137: SANS ATTACHE

 

Défi 137 chez Martine pour les Croqueurs de mots  : Partir

 

Sans regret mais sans joie

Ni maître, ni Dieu, ni foi

Ma liberté pour droit

Me défaire de toi

Redéfinir ma voie

Et quitter mon emploi

Ne plus avoir de toit

Ou vivre dans la soie

Pour oublier ta voix,

Ce douloureux  émoi

Quand sur ma peau, tes doigts

Pianotaient, maladroits

 

Je n’étais qu’une proie

Un jouet que l’on broie.

Comme une biche aux abois

Qu’immobilisent l’effroi

La peur, le désarroi

Dans un sursaut, tu vois

Je m’enfuis, je perçois

Un avenir moins étroit

Loin de tes airs sournois

Je n’ai pas d’autre choix

Echapper à ta loi

A tes mots discourtois

 

Partir…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Le blog de mansfield
  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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