Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 10:00

 

Cette semaine chez Sherry le casse-tête est:" un plus un = ?"

 

20-juillet-2012-2576.JPG

 

Quand je l’ai surpris, il clignotait de branche en branche, comme pour faire une farce et m’inviter à le suivre.  Et puisque je le filmais distraitement,  il s’inquiéta : tu n’y mets pas assez de coeur! Cesse de te jouer de moi, de faire comme si je n’existais pas, que tu ne m’avais pas vu. Tu sais bien que  je t’épie, je ne te lâche pas, il faut que tu saches. Je veux que tu me voies briller, je souhaite que ma puissance et mon rayonnement t’aveuglent. Je suis le plus beau, je suis l’astre au firmament. Et même mon déclin, est un feu d’artifice. Rien ne peut me vaincre. Attends une heure, reste là une heure de plus.

 Un cliché de lui en fin d’après-midi plus une heure de patience de ma part, en paparazzo déterminé à obtenir un scoop, m’ont permis de fixer le soleil prenant son bain. Ce soir-là, un peu agité, il éclaboussait tout sur son passage.

 

20-juillet-2012-2579.JPG

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 10:00

Je publie un texte que vous trouverez peut-être long, mais j’avais envie de vous faire partager une petite page historique et culturelle du Maroc à l’époque de l’Indépendance, au travers des lettres que mon père, professeur au lycée Al Khawarizmi de Casa, envoyait à ma mère restée à Paris.

 

4 juillet 1957

Depuis mon retour, j’ai trouvé des changements dans notre quartier. La route qui passe devant chez nous est terminée. Beaucoup de nouvelles constructions, mais ce ne sont que les marocains qui construisent. Les européens continuent à partir mais il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte car je me suis aperçu qu’il y a encore pas mal de français. Certes de nombreux magasins et usines ont fermé. La vie a sensiblement augmenté mais le calme est rétabli. Les européens qui auparavant se montraient hargneux ne sont plus que grands sourires, j’en reste sidéré. Comme l’indépendance les a subitement changés ! Seuls les fonctionnaires, policiers, postiers, douaniers ont été mis à la disposition de l’ambassade. Pour l’enseignement le gouvernement nous a proposé des contrats de un à cinq ans. Rien n’est encore établi car il règne dans tous les services administratifs une pagaille monstre, c’est à qui s’en foutra le plus. Les français ne veulent plus prendre de responsabilités et les marocains ne sont pas encore à la hauteur. A vrai dire nous ne sommes pas plus avancés qu’il y a un an. Ce qu’il y a de sûr c’est qu’il ne faut pas compter faire carrière au Maroc, nous en avons pour quatre cinq ans maximum, pour les fonctionnaires s’entend. Ces fameux contrats ne garantissent pas grand-chose surtout du point de vue social. Je serai obligé de signer comme tout le monde mais pour un an renouvelable chaque année.

 

 Mardi 9 juillet.

C’est la grand fête au Maroc : la fête de l’Aïd El Kébir (Fête du mouton). Ce matin nous avons entendu de chez nous la prière rituelle dite en plein air par plus de vingt mille arabes. Ensuite il y a eu la cérémonie du sacrifice qui consiste à égorger un mouton devant le mur des immolations. Cette cérémonie a lieu en plein air à peu près à huit cent mètres de chez nous. Le grand prêtre exécute le mouton qui est aussitôt transportée en voiture à la demeure du Pacha (environ 1Km 500). Si la bête arrive vivante c’est un présage de bonne année et alors retentissent les 21 coups de canon qui annoncent aux fidèles la bonne nouvelle et marquent aussi le commencement des manifestations populaires.  Les  fameux 21 coups de canon retentissent chaque année ce qui n’entraîne pas que les années soient meilleures pour cela.

 

 11 juillet

16H15 … Tiens me voilà, vois-tu je n’ai pas été trop long. Il fait si bon être près de toi, alors continuons notre petit bavardage. Ici la température a un peu augmenté, 29° à Casa, mais c’est très supportable car il y a une brise fraîche. Par contre dans les villes de l’intérieur, il fait très chaud Fès 44°, Marrakech 40, Kouribga 41, Tadla 42…

 

2 août

J’ai lu sur le journal aujourd’hui que la sécurité sociale va être instituée pour les français du Maroc. Cela arrangera pas mal de salariés et qui sait, tu pourras te faire muter à Casa. Peut-être as-tu déjà entendu parler de cette nouvelle.

 

10 août 1957

Mardi c’était fête au Maroc pour l’Achoura : jour de l’an marocain. Pour nous c’était un jour ordinaire, les deux communautés vivent complètement séparées, d’autant qu’il s’agit de fête religieuse. Aujourd’hui c’est l’anniversaire de notre «  Auguste Souverain », il a 48 ans, des festivités strictement familiales sont prévues dans sa résidence d’été qui se trouve à Walidia, petite localité estivale située à quelques kilomètres de Mazagan. Son fils, SAR Moulay, Hassan organise dans sa maison particulière qui se trouve pas loin de chez nous, une réception en l’honneur de son père. Depuis l’indépendance, les marocains ne ratent pas une occasion de fêter les anniversaires en grande pompe, mais les caisses de l’état sont vides. Chez nous les français, il y a une sacrée pagaille dans la sphère administrative. Je n’ai pas touché ma solde de juillet.

 

 

14 août 1957

Demain 15  Août, nous irons certainement à la messe, et l’après-midi au port voir les régates. Ici comme partout où il y a un port, on organise des fêtes à l’occasion de la fête de la mer, promenades en bateau, régates, bals, feux d’artifice. Le soir une procession parcourt les rues d’un quartier de la ville. Tous les arabes sont de sortie ce jour-là. Curieux ils se massent et regardent hébétés ce qui se passe. A présent ils ne se gênent plus, ils rentrent dans les églises par simple curiosité. L’indépendance leur donne de l’audace.

 

 

21 août 1957

Je ne vais à aucun spectacle. Il faut dire que ce n’est pas la saison. En ce moment tout le monde est à la plage ou en vacances en France, ou rentré définitivement.

J’ai reçu ce matin une lettre express de Rabat m’informant que j’avais à adhérer au protocole annexe de la convention culturelle franco marocaine. Je suis donc mis à la disposition du gouvernement marocain et lié par un contrat de deux ans renouvelables.

 

24 août

Je te joins deux cartes postales pour que tu aies une idée des rues et des maisons ici. C’est la place de France, le centre de la ville où sont rassemblés tous les autobus, c’est loin de valoir l’organisation parisienne ! Au premier plan il y a des marocains et des marocaines en costume du pays. Depuis qu’ils sont indépendants, ils circulent partout. Autrefois, ils restaient dans leurs quartiers en Médina.

 

 place-de-France.jpg

 29 août

 Le soleil ne cesse de briller dans le ciel bleu et la température se maintient aux environs de 25°. A présent Casa commence à s’animer, les gens sont rentrés de congé. La rentrée scolaire aussi approche à grands pas et déjà on  se demande ce qu’elle sera. De nombreux enseignants sont partis laissant un grand nombre de postes vacants. D’autre part l’effectif des élèves marocains augmente chaque année, il est très probable que nous ayons du boulot sur la planche.

 

11 septembre

Merci ma chérie de ta proposition de m’envoyer des journaux de France. C’est inutile nous avons tous les journaux du jour. Je peux lire en même temps que toi,  le Figaro, France soir, l’Aurore et le Monde. La poste aérienne est rapide : 4h 30 de Paris. Chaque semaine comme à Paris j’achète « arts et spectacles ». Je sais ainsi tout ce qui se passe dans la capitale. Mais dis donc Casa n’est pas un trou perdu, c’est un petit Paris au 1 /50000. PS : j’ai adoré le disque de Raymond Devos que tu m’as conseillé avec : La Mer et A Caen les vacances.

 

 

25 septembre

Un camarade de promotion m’a rendu visite. Il est à Casa pour faire ses adieux car il rentre définitivement en France dans un collège technique du sud-ouest. Les départs se poursuivent à un rythme soutenu. Cette rentrée s’annonce difficile car il y aura beaucoup de travail ; plus de 750 000 élèves scolarisés. Les classes sont  surchargées. Le journal local rassure les parents d’élèves en disant que tous les postes vacants ont été pourvus, qu’il n’y aura pas de crise de professeurs. Cela est très possible mais la qualité de l’enseignement en souffrira étant donné la médiocre qualité des derniers recrutements. Et en ce qui me concerne je ne veux pas me tuer au boulot.

 

1 octobre 1957

 Un petit mot avant de m’endormir pour te dire ce qu’a été cette première journée scolaire. J’avais hâte de retrouver mes collègues. Ce premier jour  nous avons affecté les élèves dans les différentes sections. L’école, une des plus importantes de Casa, ne compte pas moins de 1000 élèves. Elle était assaillie par une meute de gosses de tous âges variant de 5 à 18 ans. Inutile de te dire si nous avons eu du travail : distribution de fournitures scolaires, relevé des noms des élèves  des différentes sections, affectation aux différents ateliers, remaniements dans la liste des inscrits etc…

Pour le moment j’ai à m’occuper des « 3ème année électricien », c’est-à-dire les élèves préparant le CAP. J’en ai 15 et je crois que j’arriverai en m’en tirer sans trop d’encombres. Nous sommes deux à nous occuper de la section électricien. Un nouveau titulaire qui vient de terminer son stage et moi. Le travail partagé permet de commencer dans de bonnes conditions. Cette année  s’annonce sous de bons hospices.

 

Dimanche 6 octobre

Je crois qu’à Paris la saison théâtrale va bientôt commencer, tu pourras te divertir un peu, voir des pièces intéressantes. Ici aussi la saison est bien remplie, on joue des pièces qui ont été jouées à Paris telles que : Requiem pour une nonne, Thé et sympathie, Ne faites pas l’enfant. Il y aura également du Music- Hall : Roger Pierre et Jean Marc Thibault. J’espère pouvoir aller à certaines de ces représentations.

 

 23 octobre 1957

Tes impressions sur le dernier Clouzot « Les espions » correspondent aux critiques  que j’avais lues sur un « arts et spectacles ». En effet de la part d’un tel metteur en scène le spectacle est quelconque et déçoit. Dimanche nous avons vu « Porte des Lilas » avec Brassens, Dany Carrel, Bussières, Annette Poivre. Le film nous a plu. Les séquences sont excellentes, bien interprétées par des acteurs de renom. Brassens lui n’a qu’un rôle secondaire, il semble n’exister que par ses chansons. Par contre Brasseur selon son habitude est le grand chef de file, le point de mire d’où rayonne toute l’action. En somme, une production raisonnable qui m’a fait passer quelques heures agréables dans ce Paris enchanteur.

 

porte-des-lilas.jpg

En ce moment se prépare en grande pompe, le circuit automobile international qui aura lui à Casa avec la participation de grands cracks mondiaux tels que Fangio, Moss, Behra, Maurice Trintignant… Il y aura plus de 70 000 spectateurs, le prix des places varie de 300 à 5000 francs. Dimanche, ce sera journée populaire.

 

 Trintignant

 

4 novembre 1957

Les fêtes de la Toussaint se sont passées sans éclat. Tout d’abord parce que les traditions se perdent et maintenant nous sommes dans un pays étranger où les manifestations sont réduites du fait de certaines dates, ainsi le premier novembre est l’anniversaire de la rébellion algérienne.

 

30 novembre 1957

On ne s’est pas aperçu de la sainte Catherine, dans notre profession nous avons d’autres chats à fouetter. Peut-être que dans le privé…Nous sommes retirés de la ville et ignorons ce qui s’y passe. On sent venir Noël à grands pas. Les magasins sont pleins de monde, aux Galeries Lafayette, les vitrines remplies de jouets animés attirent et retiennent petits et grands, ce qui a  pour effet de créer de sacrés embouteillages.

 

5 décembre 1957

Depuis quelques jours nous participons à l’opération "yeux". Chaque année le service de santé organise une campagne contre la maladie des yeux, en particulier le trachome très fréquent chez les marocains. Nous badigeonnons deux fois par jour les yeux de nos élèves avec de la pommade à l’auréomycine. Ce n’est pas un travail très plaisant et il demande une propreté rigoureuse.

 

 

16 janvier 1958

Cette année scolaire n’est pas très agréable pour le personnel enseignant, on sent qu’il manque quelque chose, le cœur n’y est pas. Il est évident que lorsqu’on reste trois mois sans être payé ça donne à réfléchir. De nombreux instituteurs de France ont répondu comme un seul homme aux propositions du gouvernement marocain et n’ont jusqu’à présent pas touché un centime de leur traitement et de leurs frais de voyage. Ils en sont à mendier, le mot n’est pas trop fort, auprès de collègues pour au moins assurer leur existence et celle de leurs familles. Quant à payer les heures supplémentaires…Dans quelque temps la vie au Maroc deviendra intenable. On y reste tout de même car on a moins de dépenses qu’en France et on s’est habitué, le soleil est notre allié de toujours. Mais il est vexant de voir qu’on nous a promis plus de beurre que de pain.

 

 

 

J’arrête là, il me semble avoir restitué une ambiance, une époque, des souvenirs. J’espère ne pas vous avoir trop ennuyés.

 

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 10:00

Cette semaine chez Sherry le casse-tête est : quartier.

 

Photo-122.jpga

 

Grandes, belles et blondes, ainsi perchées dans la vitrine

Chercheraient-elles à affoler tout le quartier ?

Ces malicieuses petites sœurs de la Divine

Sont à Stokholm d’une surprenante banalité

 

 

 

 

Photo-175.jpg

Bûche confectionnée par mon mari aidé de ma fille

 

Au jour de l’an, avec amour confectionnée

De mains de maîtres  aux talents conjugués

N’a pu longtemps sa belle mine conserver

Ce fut rapide et sans pitié, pas de quartier !

 

 

Photo 178

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 10:00

C'est la phrase d’accueil de Suzâme sur son blog, qui me plaît : Renaître, revivre, tout refaire.

 

hippie.jpg

 

J’aime à  croire que la vie en fournit l’occasion

Et quand l’année commence, longue et porteuse d’espoir

 Ouvrant à son passage un immense couloir

Nos désirs et nos rêves entrent en collision

 

Et quand l’hiver se pose, installant le silence

La froidure, la tristesse des journées raccourcies

Une  flammèche ardente au fond des cœurs enfouie

Des heures tièdes et claires, temporise l’absence

 

Soudain un  pâle rayon caresse nos épaules

S’épanche, bienveillant,  charnel, revigorant

Le désir de piaffer et d’aller de l’avant

Nous saisit et nous lance dans une course folle

 

Le retour des jonquilles nous procure l’ivresse

La fièvre,  la folie, l’innocence, la jeunesse

Et de quoi rebondir,  oublier nos faiblesses

Renaître et revivre, tout refaire,  allégresse !

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 10:00

 

brocolis.jpg

 

J’adore les brocolis. Cela peut surprendre car je ne connais pas grand monde qui les aime. Le plus souvent on me dit pouah ! beuh ! tu as de drôles de goûts. Ou encore, ça n’a pas de goût, justement. Et il n’y a pas trente-six manières de les cuisiner, à la vapeur, pour une dégustation nature ou en salade. Crus, à l’apéritif, afin de garder la ligne… Mixés dans un potage… Enrobés dans de la pâte à beignets… Là peut-être que vous feriez un effort, parce qu’un beignet, c’est un beignet, gras et fondant sous la langue. Mais en règle générale le brocoli, c’est un légume d’hôpital, qui contrarie les malades comme une punition. Ce n’est même plus un légume, c’est un médicament de plus.

D’ailleurs le brocoli contient du chrome, qui régule la glycémie, du magnésium, antistress, antifatigue, de la vitamine C, dopant naturel. Et du fer, du potassium, du phosphore. Ce bel italien dont le nom signifie bouton, n’a que des qualités et sa culture dans le potager, de mars à mai, est relativement aisée. Enfin bref, je ne sais pas comment convaincre les plus récalcitrants de se laisser envoûter par ce cousin du chou-fleur qui  à l’audace de porter la couleur de l’espérance.

Mais si je parle de lui aujourd’hui c’est pour placer ma chute. Car l’autre matin, une de mes clientes est arrivée à la pharmacie en râlant :

-          Oh la la, avec ce temps bizarre, le bébé de ma petite-fille a attrapé des brocolis !

Elle n’avait pas totalement tort finalement, la forme des brocolis rappelle bien celle des bronchioles pulmonaires !

 

 

Partager cet article
Repost0
7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 10:00

20-juillet-2012-4049.JPG

 

Lorsque je vais au cinéma depuis deux mois exactement, je n’ai plus de bus à prendre ou de métro, je reste dans mon quartier. Car on a construit ce cinéma Etoile, au drôle de e à l’envers, à quinze minutes à peine de la maison, à pied. C’est mon cinéma de quartier, celui de ma première séance. Il sent bon le velours rouge et les fauteuils neufs, les escalators ronronnent, les salles sont spacieuses, la technologie à la pointe du progrès. On toise Paris à chaque étage et on le nargue au tout dernier, les baies vitrées, immenses donnent le sentiment d’embrasser la ville et la banlieue proche, de plonger en elles. C’est une ascension, une envolée, la quête d’un firmament. Une invitation au rêve, une échappatoire, l’Eden. L’étoile, le ciel et bien sûr la salle obscure au terme du voyage.

 

20-juillet-2012 4050


J’aime beaucoup cette conception moderne du septième art, une ouverture, une ascension juste avant de s’enfermer  vers ailleurs et ses contes filmés. Je garde tout de même un peu la nostalgie des salles de quartiers telle que les chantait Eddy Mitchell, où la plongée dans un monde inventé se faisait sitôt franchie la caisse. Une rupture brutale, une sorte de capture de l’esprit, d’envoûtement. Le tout entretenu par  une ouvreuse au  sourire doux, accueillant. Mais tout change. Alors l’ouvreuse s’est transformée en une hôtesse veillant à ce que nous quittions la salle après le film, aussi sérieuse et zélée que le gardien des clefs du Paradis. Car aller au cinéma Etoile, Porte des Lilas à Paris, c’est un peu rencontrer Dieu.

 

20-juillet-2012 4052

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 10:00

 

Pour commenter le tableau sujet de la quinzaine chez Miletune.

 

hollande_vermeer-the_milkmaid.jpeg

Vermeer, Musée D'Amsterdam

 

 

Ce geste-là est quotidien, immuable, solennel. Elle s’exécute naturellement, sans y penser. Elle prépare le repas des maîtres ou celui de ses enfants, peu importe, elle a le sens du devoir, elle aime  servir. Le geste est lent, mesuré, méticuleux. Elle ne veut pas perdre une goutte de lait, la nourriture ne doit pas manquer. Son visage est concentré, crispé, ses joues rougies par l’effort, le travail, le bien faire. J’imagine un feu dans la cuisine, qui rend sa peau luisante et chaude. J’imagine une ferme à la campagne, des journées vécues au grand air, que justifient ses formes avantageuses et son visage rond. J’imagine que la besogne ne manque pas, rude, harassante, comme en témoignent les poches sous ses yeux baissés. La vie n’est pas facile, le mobilier est plutôt chiche, les murs sont nus et tristes. Et la fenêtre quadrillée, ouverte sur le monde,  dont la lumière illumine cette femme, n’attire même pas son regard. Son monde est riche, intérieur. Son existence n’est pas une prison.

Car elle rayonne. Cela se voit dans son corsage qui attrape les rayons du soleil, dans son tablier bleu chatoyant comme un drap de soie, dans les plis tranquilles de sa jupe, au tomber régulier. Et cette coiffe blanche masquant les cheveux lui confère une allure autant austère que touchée par la grâce.

 

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 10:00

Thème du défi 93 chez Jeane Fadosi : les âges de la vie.

 

Deux-sous-le-parapluie-001.jpg


Parfois le hasard voue joue des tours. Nous nous  sommes reconnus sur un site de retrouvailles, il s’appelle Jean Marc et sa mère avait été mon institutrice de maternelle à Casablanca, à l’école Mers Sultan. Mes parents me conduisaient régulièrement dans une petite villa sur les hauteurs dans un quartier débaptisé aujourd’hui, mais je me souviens qu’à l’époque, c’était rue de Jussieu. Le rituel était toujours le même, après une grenadine et deux tartines de pain à la confiture rapidement avalés dans la cuisine, nous construisions une cabane dans le jardin, chez Jean Marc. Nous jouions au papa et à la maman, très chastement, je vous vois venir, petits filous ! La seule marque de tendresse qu’il s’autorisait était un petit mot tendre : « ma caille », une expression sans doute empruntée au vocabulaire de ses parents. Parfois nous fabriquions des médailles en cartons, que nous nous décernions au terme d’épreuves olympiques et sportives organisées le plus sérieusement du monde.

Et là, Jean Marc reparaissait dans ma vie, tous ces souvenirs déterrés comme des médailles. Nous avons commencé à nous raconter nos vies banales. A égrainer nos souvenirs, les siens, les miens un peu différents, moins aigus, je suis plus jeune que Jean Marc, mes images sont floues. Nous avons évoqué nos parents, les camarades d'école de l'époque, le Maroc hier et celui d’aujourd’hui. Sur le net, les mots viennent aisément, comme des sourires, ils se déguisent, se mettent en valeur, fanfaronnent. Ni lui ni moi n’avons posté de photo de nos visages de quinquas. Aujourd’hui un petit garçon blond de neuf ans correspond avec une gamine frisée de sept ans. Quand je dis correspond, je dois rectifier, nous avons échangé deux messages en tout et pour tout. Nous nous sommes promis de nous rencontrer, si nos voyages nous conduisent, chacun, à l’autre bout de la France. Cela a même failli se produire, mais à la dernière minute, Jean Marc s’est décommandé, un décès dans sa famille. J’étais soulagée, je l’avoue. Je n’ai pas envie de confronter mes souvenirs au présent. Il ne me plairait pas que ce petit garçon de neuf ans me dévisage comme si j’étais sa grand-mère. Il ne me plairait pas d’écarquiller mes yeux d’élève de CP devant ce monsieur d’âge respectable. Laissons une chance et une place à nos souvenirs

 

Partager cet article
Repost0
28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 10:00

 

WST.jpg

 

Ce  24 décembre nous avons assisté à une représentation de West Side Story au théâtre du Chatelet à Paris. Inutile de présenter la comédie musicale ni de rappeler les interprètes mythiques du film sorti en 1961. Inutile de fredonner « Tonight » ou « I feel pretty ». Ce qui importe est le bonheur ressenti durant deux heures grâce à une chorégraphie impeccable, fidèle à l’originale, un décor constitué  d’escaliers métalliques étirés, déroulés, repliés, des photos du New York des années soixante en fond de scène, des bagarres parfaitement orchestrées, danses virevoltantes, costumes colorés,  garçons musclés, filles sexy…. Et même si, à mon avis, les deux artistes espagnols incarnant Bernardo et Maria n’avaient pas le sex appeal de Georges Chakiris ni le piquant de Nathalie Wood, Tony et Anita avaient trouvé de dignes représentants. Une présence scénique, un timbre de voix envoûtant, du velours pour lui, du cristal pour elle, une vraie communion avec le public, un régal! Fougue, talent et jeunesse avaient illuminé notre soirée. Un cocktail de dynamisme. Les dialogues, les chants  étaient en anglais bien sûr, un texte déroulant traduit en français, de part et d’autre de la scène, rassurait les quelques spectateurs perdus dans l’histoire revisitée de Roméo et Juliette. Nous étions placés au deuxième étage, sur le côté, avec une vue plongeante sur l’orchestre dans la fosse, ce qui n’était pas pour nous déplaire. La décontraction avec laquelle ses membres discutaient entre eux durant les temps morts, nous rappelait que ce spectacle est une mécanique aux rouages parfaitement huilés.

 

Petite cerise sur le gâteau, le spectacle était aussi dans la salle. Au même étage que nous mais au premier rang et face à la scène tout de même, se trouvaient Manuel Valls, notre ministre de l'intérieur, et Madame. La situation, des bagarres de rue entre bandes se jouant de policiers totalement dépassés avait, il faut le dire, quelque chose de cocasse en leur présence. Et les plaisanteries allaient bon train…

 

 

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 08:00

 

Pour ce jeudi en poésie dont le thème est laissé au choix par Lilou, j’ai choisi de retravailler un petit texte que j’avais publié il y a quelques années. C'est la fin de l'année, je me mets en mode vacances et serai un peu moins présente sur mon blog et sur les vôtres, par conséquent. Joyeuses Fêtes à tous!

 

 

 

Noel-2012.jpg

 

 

Décembre, fébrile comme une demoiselle pressée

D'atours inoubliables aimerait se parer

Et vers les grands boulevards, ébouriffé, blafard,

S'en va baguenauder, s'en va quérir un fard,

Hausser le front, le nez, et la bouche plaquer

Tout contre les vitrines si grandes illuminées,

Ne sait s'il doit sourire, ne sait s'il faut oser,

De guirlandes et de boules, de bougies se parer.

Pourquoi tant de questions, une telle hésitation ?

Fêter  Noël n'admet point d'interrogation !

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de mansfield
  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
  • Contact

Rechercher

Liens