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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 10:00

 

 20-juillet-2012-0248.JPG

 

Renée qui vit au Sénégal m’a donné l’envie de situer mon 25 décembre sous les tropiques. Imaginez  la scène au détour d’une route dans la campagne martiniquaise. Le soleil est de plomb, la nature luxuriante, colorée, et l’église se niche au milieu  comme un chat sous une couverture de laine. Protégée, matelassée offerte au vent des alizées, mollement caressée, elle ronronne. Son style est colonial, des contrastes, de l’éclat, elle a la blancheur d’une demoiselle poudrée. Elle joue avec les palmiers et s’offre même le luxe d’une collerette rose, d’un boa déployé à ses pieds. Sa porte est grande ouverte comme si la campagne endormie l’avait contaminée, elle baille. L’air est sec, brûlant, le moindre souffle, la moindre brindille écrasée produit un vacarme infernal. Et l’instant qui vient est un petit paradis à lui seul. Cela commence comme un gazouillis d’enfant qui va crescendo, on dirait que les arbres chantonnent. Mais ça vient de l’église, de la vie à l’intérieur, de la foi. Et quand la chorale entonne « Douce nuit » avec toute la fougue des îles, un frisson électrique parcourt l’asphalte.

 

20-juillet-2012-0249.JPG

 

Mes photos ont été prises un quinze août en réalité, et la magie des chants d’église, échappés par la porte grande ouverte, fut particulièrement saisissante. Il n’était pas difficile d’imaginer la même scène à Noël.

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 08:00

 

Inspiration libre chez Lilou-Fredotte pour ce défi 92, à partir du tableau de Chagall : La cuillerée de lait. Avec pour consigne de placer les mots : binocle, bonzaï, bénévole, bistrot, barrir, dans le texte.

 lait.jpg

 

Je m’étais arrêtée devant,  car ce n’était pas un tableau que j’avais sous les yeux mais mon existence tout entière. Une vie passée à le servir, à tendre la cuillère sans gémir, jamais. Jouer les BENEVOLE, gentille femme dévouée, n’attendant rien en retour, pas même un peu de tendresse. L’écouter BARRIR à longueur de journée, me critiquer, m’avilir et supporter ses écarts de langage. Je ne voulais pas m’avouer que l’amour n’était pas là. De sa part je savais, ce n’était pas ça aimer. Mais moi, j’éprouvais-je en réalité ? J’étais comme effacée, dissoute, je n’existais pas. Je n’étais qu’une annexe, la part d’ombre sur laquelle il déchargeait tout ce qui lui déplaisait en lui. J’étais cette paysanne en fichu, laide et vieille. Il ne me manquait plus qu’un BINOCLE pour parfaire le portrait. Quoique, cela peut sembler étrange, mais ce tableau m'avait fait recouvrer la vue. Car lui, ce personnage aux yeux baissés pour ne pas rencontrer mon regard, faussement absorbé par sa lecture, qu’attendait-il en réalité ? Que je sombre et tente de me suicider ? J’aurai pu être un BONZAI, aux branches finement travaillées, posé sur son bureau. Une jolie plante dont il aurait massacré les feuilles avec plaisir. Avant de quitter l’appartement, pour prendre l’air. Il aimait ce mot, prendre l’air, comme si s’enivrer au BISTROT du coin, signifiait oxygéner ses poumons.

Ce tableau était une sorte de déclic, un signal. Comme des crampons que l’on chausse avant de les bloquer dans des starting blocks. J’avais tout l’avenir à parcourir, le monde à découvrir. Je fis mes valises le soir-même.

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 11:35

 

Le sujet du casse-tête cette semaine chez Sherry était: ombres

20-juillet-2012 3996

 

Quand l’ombre de la nuit descend droit, entêtée

Giflant la surface d’une onde calme, lisse, ambrée

Les cygnes délaissent  leur robe blanche immaculée

Se vautrent, timides spectres, dans l’or d’un soir d’été

 

 

 

20-juillet-2012 1397

 

Dame blanche, dame noire, lourd manteau, humble silhouette

Main tendue toutes deux, au soleil, à la fête

Juillet favorise les rencontres éphémères

Que l’objectif consacre en une image éclair

 

 

 

Photo-017.jpg 

 

La Place Saint Marc étire ses flèches vers le ciel          

 Et voue ses pierres, ses marbres, ses ors à l’éternel

 Elle peut, dans l’ombre dentelée  des réverbères,

Nicher à peu de frais,  de biens joyeux compères

 

 

 

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 08:00

Chez Lilou le défi 92 pour les jeudis en poésie est : Gourmandise

 

noel.jpg

 

En cette fin d’année oubliant d’être dignes

Nos palais délicats n’ont plus qu’une consigne

Souffrir que nos papilles se collent  avec plaisir

         Aux douceurs qui nous tentent  et attisent nos désirs

 

Comment exprimer cette sensation exquise

Ce bonheur sous la langue, félicité promise

Comme un cadeau, un dû, donnant à l’existence

Sa saveur, son piment, sa beauté, tout son sens

 

En ce mois de décembre les tentations sont grandes

Les chocolats au lait s’accrochent aux guirlandes

Les journaux s’enrichissent de recettes illustrées

De photos suggestives aux  couleurs exaltées

 

Comment se préparer un joli corps de rêve

Quand Noël entêté n’accorde aucune trêve

L’été est encore loin, à nous les friandises

Accordons-nous du  temps, péché de gourmandise !

 

Et s’il est vrai parfois qu’aux lendemains de fête

Succèdent gueule de bois et autres maux de tête

Il suffira sans doute de quérir l’air de rien

Quelque médecine, vite fait, chez un bon pharmacien

 

 

 

desserts

 

 

 

 

 

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 10:00

 

suede.jpg

 

Il y avait l’autre soir un reportage sur ARTE relatant les préparatifs de la Sainte Lucie, fête célébrée le 13 décembre en Suède. On assistait à la fabrication du pain, cette galette craquant sous la dent et à celle des célèbres brioches au safran, à la cuisson du rôti d’élan, à l’enrobage des bonbons à la menthe. Toute la famille participait, les enfants se déguisaient et préparaient un spectacle, on enfournait des mets qui cuisaient doucement toute la nuit, les chasseurs ramenaient du gibier qu’on accompagnerait de carottes et de petites pommes cuites au four. Les voisins produisaient le fromage de chèvre qu’on partagerait avec les amis. Les parents cachaient des jouets dans la grange. L’alcool était plutôt rare, autrefois les achats des familles étaient surveillés, comptabilisés par les commerçants, dans de grands classeurs. Les suédois préfèrent une bière sans alcool qui enfièvre tout de même les longs repas de fête.

 

brioches.jpg

 

La magie était là quelques jours avant Noël, au milieu du groupe, de l’entraide, ce « tout le monde met la main à la pâte ». Il y avait des rires, des chants, des pas dans la neige, des maisons de bois posées sur l’aurore boréale, dans cette lumière toute particulière qui symbolise la Sainte, des décorations florales, et le froid au-dehors qui soude et réchauffe les cœurs au-dedans.  Nulle précipitation de dernière minute. On prenait le temps de vivre, de préparer, de fabriquer la fête comme on taille la pierre doucement afin d’éviter l’éclat de trop. Et je me dis qu’il existe encore des endroits où la fête est prétexte à vivre le temps qui passe en se réservant pour lui, coquettement, comme pour lui plaire. 

 

boreale-copie-1.jpg

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 10:00

Pour illustrer la photo-sujet de la quinzaine chez Miletune

crayons

 

Derrière nos petites mines sommeillent de grandes idées. Quand on nous regarde comme ça, tête contre tête, assemblés comme dans les palettes de produits pour maquillage ou pour peinture ripolinée, on détaille les couleurs de l’arc en ciel. On dirait une cocarde multicolore, un rassemblement populaire. Liberté, égalité, fraternité, vous connaissez. Voilà notre message, nous offrons tout plein de tons différents et nous nous embrassons parce que nous nous ressemblons.

Tenez moi par exemple, le crayon jaune, j’ai le teint cirrhotique c’est vrai, mais je me porte bien. Et pour la photo j’ai fait un effort, comme les autres. Nous sommes des mannequins, taille standard, mine standard, longueur standard. J’ai appris à poser, dans un abandon étudié, en respectant une distance raisonnable avec mes compères. Nous devions exprimer nos différences, et permettre à l’objectif de capter toute cette lumière diffractée et de sublimer le rendu sur le papier du comportement des ondes. Nous avions pour consigne de ne pas abimer nos carnations rose pâle et de les habiller d’un fourreau coloré de la même nuance que nos mines. Et ni bourrelet, ni pli, un touché laqué et lisse. Dociles, immobiles, distingués, ne trouvez-vous pas que nous avons le chic et l’élégance, le prestige ?

Alors bien sûr, le résultat est une jolie photo, pour le message.  Car au fond, entre nous et les humains, il y a certains points communs. Dans le monde réel, on trouve de grands crayons, des gros, des courts, rongés ou métalliques, handicapés, de petites mines, cassées, usées. Mais un crayon reste un crayon, avec sa mine, son corps en bois, sa taille qui diminue en vieillissant. Et quand tous les crayons du monde s’embrassent c’est  fraternel, comme sur la photo. 

 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 10:00

Cette semaine le casse-tête chez Sherry est: guirlandes, décorations

 20-juillet-2012-2592.JPG

 

J’ai choisi de vous montrer ma vitrine, après tout nous aussi décorons nos vitrines pour Noël. Et puis le quartier est un peu excentré, un peu triste, nous sommes l’un des rares commerces à  fêter décembre. Et même s’il s’agit d’enguirlander les gélules Humex, la lotion pour les poux ou la crème pour les fesses de bébé, nous mettre dans l’ambiance vaut le coup.  Et mon poupon avec son collier d’ambre fait l’objet de convoitises en cette période mais, non il n’est pas à vendre. Je connais de sacrés garnements qui se faufilent discrètement derrière les panneaux pour essayer de l’atteindre. Attendez, vous allez voir !

 

20-juillet-2012-2600.JPG

 

Dans l’autre vitrine un Père Noël traditionnel trône au milieu des flacons de lait Mustela et du sérum physiologique pour nettoyer le nez et les yeux de bébé. Il est partout à l’aise pour consulter sa liste et là au moins il se trouve tout près du radiateur, bien au chaud. Oui, je sais, il y a une gambette accolée au sapin, mais c’est pour le fun. A Noël, et bien que sanglée dans un bas de contention veineuse beige clair et de classe 2, elle semble légère, provocante. Quant à la guirlande rouge autour de la cheville n’en jetez plus, certains diront qu’il ne s’agit pas d’une vitrine de pharmacie.

Tout cela pour dire que des boules, des étoiles, des guirlandes, des loupiottes, il y en a aussi chez moi pour vous souhaiter de joyeuses fêtes.

 

20-juillet-2012-2601.JPG

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 08:00

 

Chez Jill Bill ce  91ème  jeudi en poésie est d'inspiration libre

 

20-juillet-2012-1874.JPG

 

Elles bordent le lac Léman

Et toisent les passants

Elles troublent  les coquettes

Se donnent des airs de fête

Accrochent à leur visage

Des sourires d’enfant sages

Des fleurs en pot, du lierre

Recouvrant chaque pierre

Elles s’offrent une jeunesse

Et s’accordent l’ivresse

Du paraître et du plaire

Abusent de belles manières 

 

 

20-juillet-2012-1899.JPG

 

 

Elles ont la majesté

Des princesses et des fées

Et dessous leurs paupières

Elles ne s’occupent guère

Des murmures de la ville

Des pas lents et tranquilles

Des regards que l’on porte

Sur les murs, peu importe

Qu’on se laisse berner

Par les ors de l’été

Le grand âge leur permet

De se mirer de près

De projeter dans  l’eau

Ces fissures dans le dos

Et d’effrayer les cygnes

En vieilles dames indignes

 

 

20-juillet-2012-1908.JPG 

 

 

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 10:00

 

20-juillet-2012-1183.JPG

 

Noël arrive avec le traditionnel sapin, les bougies, la neige et les guirlandes, le père Noël, ses rennes et son traîneau, le givre sur les toits, la veillée en chansons, la bûche et le champagne, les repas de famille, la course aux cadeaux, les bouquets de gui et de houx, les chaussettes que l’on pend, les chaussons devant la cheminée, le calendrier de l’avent, la messe de minuit, minuit sans la messe, les attentions aux personnes, seules, ou âgées ou pauvres, le Noël de l’Elysée, celui des entreprises, des écoles, les marchés de Noël, la Saint Nicolas, le Noël de Guignol,  les illuminations des grands magasins, les vêtements de fête, le lamé, le velours noir et l’or, la lettre de Kiki confiée à papa, les truffes au chocolat qui embaument la cuisine… 

Eh bien tout ça ne me concerne pas, je n’ai besoin que de soleil et d’eau, je me dandine, tête haute, avec sur le dos parfois, l’un des vôtres ayant fui vos coutumes.

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 08:00

 

Pour répondre au défi lancé par Jill Bill, cette semaine: Dans ma maison, imaginaire ou non.

 

 

maison.jpg

 

Dans ma maison imaginaire, il y aurait une ou plusieurs pièces à vivre où il ferait bon se retrouver en famille ou entre amis. Il y aurait une immense cheminée, de grandes baies vitrées, difficile de chauffer l’hiver, j’en conviens, mais  le jour pourrait s’inviter le plus longtemps possible. Il y aurait un parfum d’ambiance, eucalyptus et pin en décembre, cerise et jasmin au printemps. On allumerait des bougies à la nuit tombée, on jouerait du Brahms sur le grand piano. On s’allongerait sur de larges canapés blancs d’où l’on apercevrait la fontaine chantonnant, l’été et le vieux saule majestueux, aux branches déployées et dont les feuilles murmureraient au vent. On préparerait d’énormes festins dans une cuisine ultramoderne, à l’américaine, on s’affèrerait aux fourneaux tout en ayant de captivants discours avec des invités passionnants. Le temps serait figé dans l’instant, le partage, les rires, il s’installerait aux fenêtres sans s’apercevoir qu’on a posé un manteau noir et scintillant sur ses épaules rougeoyant au soleil.

Dans ma maison imaginaire, il y des caves et des souterrains, des tunnels humides et suintants, des bruits de pas résonnant la nuit, des portes qui claquent, des passages secrets derrière les bibliothèques. Il y a des grimoires et des sortilèges, des réunions cabalistiques, des sacrifices d’innocents, des salles de tortures, des cris, des râles. On se faufile, vêtu d’une houppelande et portant bougie en prononçant des formules magiques, vers des lieux occultes. Le temps est coincé dans l’instant, dans la poussière qui imprègne les êtres et se dépose sur les clous rouillés et les chaises à trois pieds.

 

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Dans ma maison imaginaire il fait bon vivre et il vaut mieux fuir. Dans ma maison imaginaire, il y a des histoires d’amour et des scènes d’horreur, des enfants sages et des filles perdues, des héros, des seconds rôles malicieux, des obstacles et d’affreux personnages. Car ma maison imaginaire vous entraîne dans une spirale infernale.

 

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