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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 10:00

 

Photos 20120604

 

Un début de soirée de juin quand la saison hésite. Le jour se déleste de la chaleur comme un écolier de sa besace. Il est impatient, rageur, pressé de se dégourdir les jambes. Libérer ce trop-plein d’énergie longtemps contenu. Il gigote, se cabre et rue dans les géraniums sur le balcon. Qui dodelinent de la tête ainsi que des grands-pères indulgents. Le jour se charge d’humidité et de fraîcheur, il halète et transpire. Le vent s'en mêle,  il fait son souk dans mes cheveux et porte à mes oreilles des rires de jeunes filles dans la rue. Il sème des pollens comme une farce, pour le plaisir de m’entendre éternuer. Un nuage moutonne comme on fronce le sourcil. C’est que tous deux exagèrent, turbulents, dissipés. Je réprime un frisson.  Le vent gagne, il est plus fort que le jour. Qui, s'il se se voyait décliner, lutterait pour jouer au grand, et afficherait un dynamisme de bravade. 

Une odeur de  soupe et de friture lui chatouille le nez, quelqu’un dépose une couverture  sur ses épaules. Avec des étoiles cousues dedans. Sur l’asphalte les voitures allument leurs veilleuses afin de vérifier… S’est-il endormi ? Il sursaute, son sommeil est paradoxal. Le jour rêve. Il porte une écharpe rouge autour du cou. Elle disparaît à l’horizon.

Le jour  va grandir, et sa vigueur avec lui.  Il imposera des heures moites, des envies d’orangeade et de bière glacée, régnera sur des cœurs légers. Il embrasera les soirées de juillet et août, étouffant de sa fournaise les nuits d’une saison enfin installée. 

 

 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 10:09

Le casse-tête cette semaine chez Sherry était: lignes et/ou angles.

 

Photo 250

 

Transparence nervurée

Veines de chlorophylle

Au soleil apparues

Dessous, coccinelle camouflée

 

 

 

Photo 234

 

Deux angles de verdure ont enserré le lac

Et Côme est si heureux qu'il se laisse embrasser

Ainsi dans les hauteurs mon regard s'est posé

Et de ce beau spectacle n'a pu se détacher.

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 10:00

Clin d’œil à l’exposition Berthe Morisot au musée Marmottan Monet à Paris.

 

cerisier.jpg

 

 

Peinture, jeunesse, féminité

Charme et douceur combinés

Transparence, caressants pastels

Roses, blancs, mordorés

Temps suspendu, gestes aériens

Envol suggéré

Paysage luxuriant, nature sublimée

Flamboyance

Sensualité

Impressionnisme

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 09:42

Voici ma participation au sujet de la quinzaine de Miletune, d' après un tableau de Nils Dardel

 

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 INCANDESCENCE

Au premier coup d’œil, cela me parut un détail. Mr et Mme S. habitaient une  villa dans les hauteurs du XIXème arrondissement de Paris. Une de ces belles qui embaument le lilas et les glycines. Qui cachent leurs rides, leurs rhumatismes et leurs petits vieux au pas hésitant. Depuis le seuil, dans l’entrée on apercevait le tableau sur le mur devant soi. C’était instinctif, on se hissait sur la pointe des pieds, on se poussait de côté, on regardait sous le bras du propriétaire qui se tenait sur le pas de la porte. Mr S. ne s’étonnait plus. Il me regarda onduler, comme tous les serpents qui lui rendaient visite. Puis il s’écarta, tenta de soulever le sac que je portais. Et accepta que je le porte à l’étage. Je marquai un arrêt devant ce portrait de famille aussi insolite qu’un rossignol s’époumonant dans le château de la belle au bois dormant. Il habitait le mur, le papier autour était fin, plissé et délavé comme si quelqu’un l’avait léché. Les murs prenaient la poussière, une araignée étalait son talent d’artiste. Mais sa toile s’arrêtait au-dessus du cadre. Car l’oeuvre rutilait. On entretenait les couleurs et le vernis.

Je ne saurai dire quel personnage m’intriguait le plus. Le père, imposant, barbu, me fixait méchamment comme pour m’anéantir. Je réalisai que sa chemise rouge m’avait suggéré l’image du rossignol. Ce qui me le rendit sympathique. Il n’était pas menaçant, tout compte fait, mais protecteur. Ses enfants l’aimaient, ils formaient une chaîne à son bras. Un courant d’électricité continue qui partait de la fillette au nœud sage vers l’adolescent fier, adorateur. Les jeunes enfants au premier plan constituant un fil conducteur.

-         Il vous plaît? demanda Mr S.

-         Beaucoup, répondis-je.

Mme S. à l’étage eut un gémissement qui effaça le sourire à ses lèvres.

-         Permettez, dit-il, en grimpant les marches avec difficulté. Posez ça dans l’entrée. L’infirmière va arriver.

Mais je le suivis dans la pénombre. Les volets  étaient fermés, une odeur d’éther et d’urine imbibait le salon. Des cartons de médicaments s’entassaient sous la table basse.

-         Voilà, vous pouvez-vous débarrasser. Je reviens, excusez-moi, ma femme vous comprenez…

Depuis le haut de l’escalier, je ne pus m’empêcher de me retourner, comme aimantée par la toile. Je ne distinguais plus les visages, uniquement des touches de couleurs, bleu, vert, violet, jaune. Comme si l’on avait posé un arc-en-ciel sur le mur. Comme si la lumière me jouait un tour. Mes yeux s’habituaient à l’obscurité qui  finit par me sembler indispensable. Cette maison dépendait des ombres et du tableau. Il était la source d’énergie. Il était les rires, les chants, les rondes et les comptines. Il était la famille, l’avenir, la chaleur et l’amour. Il était la vie.

-         Je vous raccompagne, dit M. S en me rejoignant. Attention au tableau en descendant, le couloir est si petit que parfois on le heurte de l’épaule. Et j’y tiens vous savez. C’est un cadeau de ma belle-fille. Elle a peint  les membres de sa famille. Juste avant l’accident….

La voix chevrotait, et la main tremblait. Pourtant l’œil happé par la toile avait l’incandescence d’une braise.

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 10:00

 

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Helen Churchill Candee était un écrivain américain de cinquante trois ans. Elle était à bord du Titanic lorsqu’il a fait naufrage. Son carnet de trente-six pages manuscrites est aujourd’hui exposé au Musée des Lettres et manuscrits de Paris. Il a servi de support au film de James Cameron.  Elle y parle des journées, des soirées à bord, de ses voisins, de l’équipage, du commandant et de la terrible nuit.  C’est un carnet au papier jauni. L’écriture est large, légère et  s’envole un peu sur les lignes. Cela s’accorde bien à l’allégresse qui régnait à bord au départ d’une traversée annoncée sans orage. Une sorte de griserie, l’appel du large et le progrès en marche pour un paquebot dit insubmersible. Le ton semble badin au départ, je ne déchiffre que quelques mots, Helen Churchill Candee se fait narratrice pour l’écho des gazettes. Elle parle d'un jeune homme, de moustaches, de présentations. De l’effervescence qui règne à l’approche des soirées. Et dans ma tête des images, le film bien sûr, et d’autres encore. Je vois de grands chapeaux, de belles manières, des livrées, un commandant en tenue, des révérences. Et je me dis que c’est un peu cela que l’on recherche encore aujourd’hui quand on s’exclame : je pars en croisière.

 

 

Je pars en croisière signifie je voyage dans le temps. Montaigne disait : je sais ce que  je fuis quand je voyage, je ne sais pas ce que je cherche. Pourtant en croisière on recrée forcément Titanic dans sa tête. Le grandiose, le faste, l’aventure, et le dîner de gala. Même si les boutiques, la piscine, les salles sport, le cinéma…. Même si le monde moderne s’invite à la table du commandant, je me vois en costume marin courant à perdre haleine dans les coursives. Et les mouettes rient, accompagnant mes hoquets. Une goulée d’air iodée, une bruine d’eau salée et la réverbération  du soleil sur les vagues. Des clapotis contre la coque, je me penche un peu, il y a des pirates qui attaquent. Une main en visière, je guette la chute du gros ballon rouge au loin, dans la grande violette. De l’autre main, je colle mon béret à pompon contre mon crâne. Je suis fière du pompon. J’ai  cinq ans, je ne pense à rien, penser c’est pour les grands.

 

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Car c’est aussi un retour dans le passé les croisières. Dans mon passé c’est Martine en bateau, La croisière s’amuse, Deux  ans de vacances, Le loup des mers. C’est Michel Le Royer. Et les romans de  flibuste qu'on lit moelleusement lové dans sa couchette. C’est Pirate des caraïbes aussi. C’est tout ça mélangé.

 

916271

 

Mais... Me voilà de nouveau devant la vitrine au musée. Je distingue les couleurs délavées, l’encre devenue verte, les lettres qui bavent. Helen Churchill Dundee a découvert  la souffrance, le courage, l'héroïsme à bord du Titanic. La lâcheté aussi. L’humanité toute nue et glacée dans l’océan. Ce n'était certainement pas ce qu'elle cherchait. Elle allait rejoindre son fils aux Etats-unis. Son manuscrit s’achève ainsi : "Bouillonnant au-dessus de la surface de l'eau, j'aperçois la divinité de l'homme et le triomphe de l'esprit. Je me réveille sur le Carpathia alors qu'une main pleine de bonté verse un verre de whisky dans ma gorge". Elle a découvert que dans certaines ciconstances l'homme peut approcher Dieu.

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:00

Pour illustrer le défi 82 lancé par Jill Bill, sur des noms de poissons, je me suis servie de la liste suivante :

  • Poisson-chat
  • Poisson-Chien
  • Poisson Clown
  • Poisson-coffre
  • Poisson Lune
  • Poisson pilote
  • Poisson rouge
  • Requin pèlerin
  • Requin Blanc
  • Requin marteau
  • Requin Taureau
  • Requin Baleine
  • Requin Tigre
  • Requin Nourrice
  • Requin Gris
  • Requin Pointe Noire

 

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Avez-vous noté ? J’ai l’œil rond du poisson rouge

Et je suis, de loin,  à la trace tout ce qui bouge.

Empruntés à un clown, sur ma robe des reflets

Que le chat ou le chien pourraient bien m’envier.

Contemplez donc ma gorge, admirez donc ce coffre 

Aux couleurs de la lune, que la nature m’offre !

Je vais nonchalamment où mon nez me pilote

Je chasse, je plonge et me rue sur tout ce qui flotte.

J’ai de la compassion, et tel un pèlerin

Je ne saurai provoquer de réel chagrin.

J’ai l’air robuste, puissant, la force d’un taureau

Mais n’ayez  pas de crainte, je ne suis pas marteau.

La taille de la baleine, la détente du tigre?

Que dirait  ma nourrice, vous n’y pensez pas, bigre !

Regardez-moi encore, cette gueule, cette pointe noire 

Non je ne suis pas gris, mais vous pourriez le croire.

Je suis un requin blanc, je ne suis pas vantard

Je ne casserai pas trois pattes à un canard !

 

 

 

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 10:00

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Sur la plage mais sous les arbres

Un coin à l'ombre et au calme

Trompeur !

Une grosse mouche se prend pour une sauterelle

Et stridule.

Un colibri froufroute dans les branches

Tel un petit avion à réacteur.

Un merle s’égosille et

Imite le crissement d’une chaise à bascule sur la véranda.

 

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Dans le ciel  un nuage enfle

Et ce n’est pas du rhum qui l’imbibe.

L’eau  est verte, translucide

Comme du  verre soufflé  par un artisan céleste.

Au loin, si l’on s’aventure

Des rochers affleurent, qui

Renferment des trésors.  

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:00

Clin d’œil à l’exposition Jack Kerouac au Musée des Lettres et manuscrits de Paris.

 

 

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Ivresse et grands espaces

S'aventurer au loin

Distance et poussière

Liberté, frénésie, errance

Folies, alcool, artifices

Devant soi le précipice

Chahut du vent

Vitesse, arrêts, exubérance

Trouver sa place

Sur la route

 

 

 

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 18:47

 

Le casse-tête cette semaine chez  Sherry est : chiffre, nombre, numéro.

 

 

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J’nai que seize ans et bientôt dix-sept ans, je sais

J’ai deux amours, et alors on n’est pas sérieux

A mon âge. Maman croit encore que j’ai dix ans.

Elle a grandi à l’époque des valses à mille temps.

Moi je suis une « dancing queen, only seventeen »

Et tous les garçons craquent pour ma bouille mutine.

Tu sais, d’un maman a tort, deux c’est beau l’amour

Trois, l’infirmière pleure, je vais lui crever les yeux.

C’est fou ça, dis, pourquoi ils veulent  tous m’enfermer ?

C’est la faute à ces trois petites notes de musique

Qui galopent  dans ma tête comme une mécanique.

Dans le lit d’à côté, ils viennent de me flanquer

Une vieille qui a eu vingt ans en l’an deux mille un.

Tu vas m’aider à m’en aller, vite fait, bien fait.

«neun und neunzig luftballons », c’est  bien ça hein,

L’air de cette chanson, et un nombre dans le titre ?

Tu vois quand je le veux, je sais bien faire le pitre !

 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 10:00

 

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Quand je la regarde, je me dis qu’elle n’existe pas. On l’a fabriquée avec un modèle,  et des découpes en papier. A l’aide de ciseaux on a ajusté le patron. Puis on a épinglé de la peau dessus. Colorée la peau, chatoyante comme le tissu. Tendue là où il faut, cintrée, pas un pli. Monochrome, uniforme, qualité couture. Légère, soyeuse, infroissable. Jeune.

Quand je la regarde, je me dis que ça fait quatre heures qu’elle joue « potiche ». Son bras tire à l’arrière, son cou hissé jusqu’au dédain, est douloureux. Demain c’est torticolis garanti. Ses cheveux enduits de gel pour l’effet mouillé, pendent comme une masse pâteuse dans son dos. Elle transpire. Elle a horriblement chaud sous la lampe. Quoi, vous y avez cru ? L’eau turquoise et transparente qui lèche les doigts, les cuisses, la magie des tropiques, c’est Photoshop ! On lui tourne autour, on  peinturlure son visage. On tamponne, on essuie. Le photographe la houspille. Là, tu es belle, encore, penche toi, plus sensuelle, c’est ça. Il promène son appareil sur ce corps exhibé, comme une abeille frottant des étamines de ses trois paires de pattes. Elle a conscience d’être une fleur, épanouie, périssable. Et puis, c’est un détail, elle déteste la couleur du maillot. Elle a faim. Elle a soif.  Et sommeil. Plus je l’observe, plus je me dis que  c’est pas truqué, c’est quelqu’un cette fille, en vrai.

Quand je la regarde, je me dis qu’elle étouffe et qu’elle a froid dedans. Les yeux se ferment, le sourire, imperceptible, est glacé comme les photos de son book. Ce n’est pas une pose, mais juste une pause. Elle se préserve. Pour ne pas craquer le vernis qui recouvre la couche picturale du tableau. Ce teint radieux s’obtient par superposition des glacis. Cela nécessite de la maîtrise, c’est de l’art, du Vinci. Elle dissimule, elle triche. Elle relègue ses imperfections dans son dos  comme un tas de poussière. Car au fond derrière l’illusion, quand je la regarde, je perçois nos angoisses de femmes.

 

 

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