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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 08:00
DIRECTION
On dit que c'est regarder dans la même direction qui rend heureux. Eh bien parfois, il suffit de rencontrer son compagnon au cours d'une randonnée. Il vous aperçoit, vous devance, vous guide, se retourne de temps en temps, histoire de voir si vous suivez. Et puis il grimpe dans le sentier, s'attache à d'autres promeneurs, leur arrache quelques mots, obtient quelques caresses. Il halète, vous regarde de travers, se dégourdit les pattes. Allons, il n'est pas si haut ce sentier et le paysage vu de là-haut... Je ne te dis que ça!
On s'attache, on bavarde, il répond, un mouvement de la queue, un regard craquant. Et puis au sommet, quand on sort le smartphone ou l'appareil photo, qu'on mitraille la montagne ou la vallée, il s'évanouit dans la nature. On ne s'en aperçoit pas tout de suite mais il a disparu. Il est midi, c'est l'appel du ventre. Il a une famille lui aussi, et  des randonneurs, il en voit tous les jours!

 

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 08:00
AVANCER
C'est la carte postale. Il y a le ciel, le soleil, la mer. Les amoureux regardent dans la même direction. Les nuages n'inquiètent personne, ils sont là pour souligner la ligne de fuite. Le sable est fin, doré, chauffe la plante des pieds. Il y a ce qu'il faut d'herbe et de rochers pour se poser, de plage pour s'allonger. De solitude pour faire corps avec la nature. Il y a de quoi s'extraire du quotidien, rouler avec les vagues, rêver avec l'écume. 
Alors, quand la vie ici me semble fade et sans couleur, je regarde la photo. La fuite toujours, l'immensité, la liberté, l'ailleurs. Que ce soit dans nos têtes, ou qu'un lieu, une image,  en soient le symbole, on a toujours une astuce, un booster, une passion, qui nous font avancer.
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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 08:00
COLOCATION
Je suppose que la colocation c'est ça. Se blottir sans crainte dans un endroit  douillet et s'y construire un espace convivial et agréable. Difficile d'adopter le rythme de chacun, ses horaires, ses goûts. Difficile de cacher son agacement, de marquer sa différence, d'imposer quoi que ce soit. C'est le principe même de la colocation, tolérance, écoute, acceptation. 
Comment dire? Nos sociétés modernes oublient souvent que colocation n'est pas repli sur soi, cocooning, oubli, mais ouverture. Qu'il faut tomber les masques et les oeillères, regarder alentour. Admettre que les diversités sont des forces si on les comprend, si on s'y intéresse.
Si chacun se voyait comme un colocataire sur terre, peut-être que les idées pourraient circuler sans se heurter.
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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 08:00
SUR LA PLAGE
J'ai rarement vu une telle foule sur la plage. Dans tous les sens, des pas. Tous les sens, pas exactement, d'avant en arrière et réciproquement. On dirait que l'eau, toute proche, chaude, claire, calme, n'a tenté personne. On avait hâte d'avancer, de filer, se précipiter vers, courir. On espérait la vie, des heures exaltées, de l'enthousiasme. Là bas, les palmiers , la pointe, un but. Droit devant, à l'aise dans les sandales, sans dévier. On l'entend, elle chante, elle berce. La mer. Le ressac est régulier, incessant. Les franges écumeuses gagnent du terrain, baigneront bientôt les pieds. Et pourtant, on passe le long de, indifférent, nombreux, la preuve, ces pas. Peut-être que vivre à côté du bonheur ne prédispose pas nécessairement à y goûter.
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 08:00
Cascade du bassin de la Paix, La Réunion

Cascade du bassin de la Paix, La Réunion

On les appelle souvent voile de la mariée. Elles n’en finissent pas de s’écouler, et de fasciner par la chute éclaboussant, bouillonnant. Par le bruit, assourdissant, par le volume, impressionnant, le débit, incontrôlable.
On les recherche partout, quel que soit l’endroit. On aime se poster à côté ou dessous, nager à proximité, longer les rives qui y conduisent. Au-dessous l’eau change de couleur, tantôt bleue, tantôt noire ou verte. Elle s’écoule, serpente, choque les pierres, les jambes des ponts mais elle vient de là, de cette dentelle, cette mousse éclatée, ce voile qui s’étire, pudique masquant le sourire timide de la nature mariée au regard de l’homme.
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14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 08:00
LA DEMOISELLE
La devinez-vous ? Elle hante le plafond de la grotte.  De profil, accrochée par les bras, vêtue d’un drap ou d’une toge, elle s’impose. Le bas de son corps est inexistant. Est-elle monstre ou fantôme ? Elle feint de ne pas voir le public, de se cacher au milieu des plis de la roche. Ses cheveux lourds retombent à mi-corps. Imaginez qu’elle se retourne et vous fixe de son regard vide aux orbites énuclées ? Que son rideau de cheveux vole autour d’elle, à vous frôler la joue ou la nuque ?  Les orgues de pierre alentour entonnent une toccata et fugue de Bach. Vous ne savez plus où trouver refuge, le sol glisse, vous ne voyez rien d’autre que cet ectoplasme bondissant. Vous hurlez, vous êtes en nage, assis dans votre lit…
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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 08:00
L'enfance difficile de Mme De Maintenon est à l'origine de  "Cendrillon" de C. Perrault

L'enfance difficile de Mme De Maintenon est à l'origine de "Cendrillon" de C. Perrault

Les jardins de Maintenon au début de l’automne ont les couleurs triomphantes voulues par Le Nôtre. Du bleu, couleur préférée de Mme de Maintenon, du rose, des massifs à la française suivant précisément les plans retrouvés du grand paysagiste de Louis XIV.
Au loin, les arbres ont l’air de gros pompons servant à valoriser ces pelouses parfaitement entretenues, ces arabesques de verdure, ces allées rectilignes, et le sol ocre des parterres.  L’aqueduc et ses jambes baignées par l’Eure semble veiller à l’harmonie du lieu.
S’y promener en ce moment c’est s’accorder un peu de sursis avant la monotonie des jours gris, s’offrir la fête et la féerie, marcher dans les pas de Cendrillon.
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30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 08:00
La Réunion, la mare à Martin

La Réunion, la mare à Martin

Tout le monde ne connait pas les saisons, les quatre, et les caractéristiques de chacune. Il existe des lieux où on ne parle que de saison sèche et saison des pluies. Alors on ne sait pas que le paysage blondit, roussit. Que les sols se couvrent d'or et le gris du ciel sublime l'orange des feuillages.  Il y a des endroits où le décor emprunte son précieux éclat aux pierres plutôt qu'au métal.
Ce sont les reflets, l'heure et l'ensoleillement, la présence de nuages ou non, qui créent les nuances. Parce que tout est vert jade, émeraude ou topaze. L'automne ne veut rien dire, on évoque plutôt la chaleur qui s'installe, le taux d'humidité et le réchauffement de l'eau  en bord de plage.
Mais que l'on soit en Europe ou sous les Tropiques, on regarde autour de soi et on admire... tous les trésors qu'offre la nature.
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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 08:00
Toutânkhamon, Fauteuil en bois incrusté d'ébène et d'ivoire de ses 10 ans, âge de son intronisation.

Toutânkhamon, Fauteuil en bois incrusté d'ébène et d'ivoire de ses 10 ans, âge de son intronisation.

C'était rempli, c'était superbe. Je n'ai jamais vu d'exposition suscitant autant d'intérêt. Aucun handicap, aucune attente, aucun vigile n'aurait arrêté ceux qui avaient décidé d'y participer. L'âge n'était pas un obstacle, on avançait, s'asseyait, repartait, soupirait, on poussait des fauteuils roulants. Des chiens guides de personnes à mobilité réduite pilotaient avec sérieux. A l'intérieur, on se pressait devant des merveilles de finesse, de beauté, de couleurs, de grâce. Des matériaux ayant vaincu le temps et les hommes, des objets aux contours parfaits, au mystère préservé, évocateurs de légendes, de religions antiques et de croyances. On s'extasiait, photographiait, monopolisait les plus belles vitrines, s'imposait devant les photos, les films de l'époque de la découverte par Lord Carnavon et Howard Carter. La lumière bleutée des salles capitonnées de noir, la régulation du flot des visiteurs, le respect instinctif devant tant de splendeur, les explications données par l'intermédiaire d'écouteurs ont fait de cette exposition Toutânkhamon, Le trésor du pharaon, une réussite et une parenthèse. Le temps n'avait plus de prise sur soi. 
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16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 08:00
LA ROUE

Un mariage. Il y a toujours ce moment qu’on appréhende, quand les émotions submergent. Et bien sûr il n’a pas la même signification pour tout le monde. Pour les mariés c’est le oui, le consentement, à la mairie ou à l’église ou ailleurs si les religions diffèrent. Ce « Je le veux » prononcé à voix basse, et qu’il faut répéter parce que gorge sèche, lèvres plombées, sensibilité à fleur de peau. Ce « Je le veux » qui engage » et responsabilise, qui fait couler le rimmel et renifler.

Les parents eux entendent : « Je vous quitte », et ça fait mal. Même s’ils savent et y sont préparés. C’est la perte qui fait mal. De l’enfant devenu homme ou femme, de la vie d’avant, des années de belle jeunesse.

Les témoins, la famille sont les témoins privilégiés d’un partage. Les premiers, souvent de même génération que les mariés, ont leurs repères et les comprennent. Ils vivent au diapason. Les seconds les ont vu grandir et mesurent le chemin parcouru.

Quant à moi, l’amie invitée ce samedi-là, je fus happée par les uns, les autres, écoutant des anecdotes, gobant petits fours et gâteaux, sabrant le champagne. L’émotion est venue quand la salle s’est vidée, quand tout le monde est descendu au sous-sol pour la soirée avec DJ. Quand devant ces tables vides, couvertes de branchages et de fleurs, j’ai vu la roue de l’existence tourner.

 

 

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