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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 11:33

Le casse tête cette semaine chez Lajemy est: le petit coin.

 

Un beau petit coin de France. C’est ainsi qu’Haakon et Monica parlent de leur séjour à Paris. Dans leurs yeux bleus une lueur brille, de cet éclat particulier des pays nordiques. Une poussière douce, enveloppante, qui vient de Stokholm, cette ville posée sur l’eau.  Haakon et Monica ont la cinquantaine, ils sont ronds et blonds tous les deux.  Haakon est un militaire gradé détaché à Paris pour un an. Son gouvernement lui a octroyé un appartement douillet rue de Rivoli, tout près de la Concorde. Grâce à lui, j’ai pu entrer dans l’un de ces immeubles derrière  les arcades. Comme endormi,  retranché des touristes et des badauds. Ce soir là, j’ai aperçu Marc Lavoine, sortant d’un taxi, juste devant la porte. Et de le voir devant moi, amorçait la magie, le petit plus, le show. Ce côté irréel, un lourd portail, une cour gigantesque, une cage d’escalier majuscule, des tapis rouges sans fin. Un ascenseur  qui se déplie avec un bruit solennel aux étages. Et l’appartement  meublé de cent mètres carrés mis gracieusement à la disposition du couple, est un petit bijou.  Alliant modernité et style, canapé blanc et séjour Louis quinze, cuisine équipée tout confort. Et ce lit immense dans la chambre, une incitation au voyage, à l’Odyssée, la tentation d’Ulysse, le coup de foudre de Nausicaa.  Monica est aux anges, elle secoue ses boucles blondes, les fossettes font des petits cratères dans l’arrondi de ses joues.

 

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Haakon et Monica ne sont pas mariés et n’ont pas d’enfant.  Et la Suède est un pays bienveillant pour ses ressortissants. Monica est infirmière à Stokholm. Elle a pu suivre Haakon à  Paris en conservant son salaire. Quand elle reviendra, elle retrouvera son poste sans problème. Alors elle profite, pendant que Haakon plastronne du côté de l’Ecole militaire, elle visite Paris, à pied. Le métro n’a plus de secret pour elle. Les fins de semaine, le couple parcourt le pays en train. Cette année est une parenthèse, un petit coin de bonheur dans leurs têtes. En ce moment ils se grisent de l’air vif de la capitale, des lumières de Noël. Ils dégustent, amusés, nos saumons importés de Norvège, sabrent le champagne et se gavent de foie gras. La vie est belle, cela dure un an. Jusqu’à la prochaine affectation de Haakon, ailleurs en Europe, une autre capitale. Un autre petit coin.  

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 13:40

« Tous fichés », une belle  exposition au musée des archives de Paris. Cela commence par les premières classifications de Bertillon vers 1860, anthropométrie et caractères physiques. On s’installe pour de longues heures de pose devant d’énormes appareils en accordéon dans les ateliers de Nadar ou Disdéri. Photos de famille et albums, photos plus ou moins réglementaires de repris de justice, français,  étrangers, bagnards, membres de la bande à Bonnot, fille de joies et tenancières, opiomanes. Ecrivains recherchés sous le second empire tel  Zola. Des visages blafards, peu souriants, des costumes d’époque, des coiffures négligées, peu apprêtées, des moustaches, des barbes, des lorgnons, des teints pâles. Quelques remarques sur les cils et sourcils, le rapprochement des yeux, le front, le menton.

Mettre des visages sur des noms, observer toutes ces personnes connues ou non, les rend familiers. Presque palpables, certains semblent contemporains tant l’attitude ou l’expression du visage, la coiffure, ont l’air actuels. Comme Alice, on plonge dans des mondes pas toujours merveilleux, bien sûr, mais on  déchiffre des codes. On approche un quotidien pas si lointain que ça.


 Musée des Archives Nationales, 60 rue des Francs Bourgeois - 75003 Paris

 

Ainsi à l’étage on aperçoit des fiches dans des commodes à tiroirs multiples. On imagine le poste le police, les bureaux du chemin de fer, les casernes de l’armée, les archives des lycées. Car ces militaires, employés des chemins de fer, instituteurs, professeurs des années 20 et 30, écrasent leurs profils et leurs moustaches, apposent des baisers glacés sur d’immenses vitrines. Cela donne le vertige. Des élèves dans des costumes d’un autre temps et leurs carnets de notes qui auraient pu être les nôtres. Réellement troublant. Des demandes de famille, de nomades ou ambulants, avec photos de groupe, pour quitter et traverser un pays, des visas pour des domestiques, on se représente des bateaux en partance, des trains, des gens qui voyagent. Ca grouille sous les vitres, on a le sentiment d’écouter le journal télévisé la veille des grands départs.

 Des juifs sous Vichy, des résistants, des prisonniers dans les camps, des formulaires de recherches de déportés disparus, des nazis, Hitler avant la célébrité, les panneaux consacrés à la guerre 40. Ces vitrines sont autant de griffes sur nos poitrines. Chaque remarque, chaque juif écrit en grosses lettres, chaque à surveiller, dangereux, est une lacération sur nos propres visages.


 Exposition aux Archives Nationales : Tous fichés Du 28 septembre au 27 décembre 2011 | aquarium | Scoop.it

 

Des artistes, Picasso, Pabst, Cocteau ce pédéraste notoire. Fichés aussi bien sûr. Comme les autres. Il n’est pas question de génie, ici, mais d’individus à ranger dans des cases.

 Dans le fond de la salle derrière l’un des tous premiers photomatons,  des photos d’algériens, marocains, tunisiens durant les années cinquante. Il y a là aussi des notes et des remarques, « imprévisible, dangereux, chef de bande ». Derrière tout cela, on devine qu’il s’agit de mater, de brider, pour les uns, autant que de conquérir liberté et indépendance à tout prix, pour les autres.

Ce « Tous fichés » dérange dans la mesure où, bien que répertoriés, nous nous croyons anonymes et noyés dans une foule indistincte et indifférente. Ce « Tous fichés » rassure car nous avons été, sommes et seront quelque part et pour toujours dans des archives. Nous laissons tous une trace. Et nous n'avons pas attendu internet pour ça.

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 17:20

 

Le casse tête cette semaine chez Lajemy est : Chez le coiffeur.

 

Un sujet que j’adore ! Parce qu’avec mes cheveux fins, frisés et incoiffables, il faut se montrer très diplomate. C’est qu’ils sont susceptibles. Tout d’abord, choisir un jour ensoleillé et sec, afin qu’ils montrent leur meilleur profil à la sortie du salon. Pour la photo. Ensuite, franchir la porte d’un pas assuré et dire, « coupe et brushing, est-ce que Sally est là ou Keltoum sinon ? » Cueillir avec flegme le sourire demi éteint de la fille qui a brandi le cintre en pensant « oh non, je ne vais pas me coltiner celle-là aujourd’hui », sourire qui a fait pops, de soulagement, dès que j’ai évoqué les noms de mes coiffeuses préférées.

 

 

 

 

 

Parce que Sally et Keltoum ont l’habitude. Dans leur pays d’origine, les filles pas gâtée comme moi, sont légion. Et en plus j’ai un « petit capital cheveux », comme me l’a fait remarquer une jolie coiffeuse blonde à la crinière léonesque, perchée sur de hauts talons style Louboutin, dans un quartier chic. En d’autres termes, ça craint. D’abord on lave, ensuite on masque sous serviette chaude, ensuite on coupe. Et là Sally et Keltoum, elles assurent. Elles savent couper juste assez pour que quand ça sèche, ça ne rebique pas trop façon citrouille. Et puis elles demandent, d’un air complice « le brushing, plutôt raide ? ». J’ai pas les mots, c’est ce qu’on dit de l’instant précis où les gens se sentent en phase. Quand c’est magique. En amour c’est quand on se regarde, les yeux dans les yeux, qu’on lit dedans et qu’il y a des feux d’artifices.  En coiffure c’est pareil. Les cheveux obéissent, ils glissent, ils brillent, on se sent belle. Et  dans l’œil du coiffeur,  de la coiffeuse, il y a une étincelle. Ils ne se contentent pas de tendre le miroir  et d’épousseter les épaules. Le travail est bien fait, ils sont aussi heureux que la cliente. Ca n’arrive pas toujours, mais quand ça se produit, quelle osmose!

 

 

 

 

 

 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 22:18

Je savais que je n’apprendrai rien de neuf, pas d’inédit, de scoop de paparazzi. Romy c’était ma star préférée et je connaissais bien son parcours. Si j’ai décidé de me rendre à l’expo, son expo à l’espace Landowski, c’est pour la côtoyer, la voir évoluer et m’accompagner de sa voix grave et douce, suave et impérieuse. Je l’ai retrouvée sucrée dans Sissi, endeuillée dans le Crépuscule des Dieux. Mutine dans sa période Sautet, furieusement  sexy, solaire, envoûtante. Avec Zulawski,  elle est magnifique. Ses souffrances, son calvaire, son jusqu’au boutisme dans son jeu d’actrice, ses fêlures de femme. On se cogne à elle sur tous les murs.

On ne parle pas de son addiction à l’alcool, on ne voit que le beau, les amis, les amours, les costumes. La longue et lourde robe bleue de Dommage qu’elle soit une putain, l’austère robe de deuil du Crépuscule, le léger voile de César et Rosalie, le tailleur chic de la Banquière. J’ai envie de tourner autour de chaque costume, des fois que Romy me suive du regard, qu’elle ait ce port de tête, droit, fier, orgueilleux.

Delon bien sûr, les dons viennent de lui, de Sarah, fille de Romy, d’amis, de collaborateurs, de clubs de fans. Les images, reportages, extraits de films, tournent en boucle, sur une photo des grands-mères confondent Dany Carel aux côtés de la star et Dany Saval. Certains se plaignent de ce que les commentaires sont écrits trop bas sur les murs.  Scrutent de vieux journaux, d’anciennes affiches, des extraits de lettre, exemples d’écriture, des bijoux. Comprennent : un père inexistant une mère omniprésente, les nazis proches, l’expiation par les films et les prénoms donnés aux enfants. Et l’inacceptable, la mort d’un fils. Devant l’espace accordé à la piscine, certains se tiennent assis, main dans la main et observent Romy en maillot de bain, plongés dans une semi pénombre bleutée. Peut-être que ça leur rappelle le passé, leur passé.

 

 

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  Il y a ce jour-là, les gars de la télé, leurs perches et leurs fils. Ils se promènent au milieu de nous, sans nous voir mais en risquant un regard coulé, comme les gardiens qui ont l’air de se demander ce qu’on fait là, ce qui nous motive. Et puis un type bavarde devant l’écran et le micro, un type dont on aimerait ne pas entendre le discours savant concernant l’idole. Je dis on, mais je parle pour moi, je ne suis pas là pour apprendre mais pour découvrir comment on a pu ressusciter Romy. Eh bien, j’y suis parvenue,  j’ai ouvert  les yeux tout grands. La mort est présente et fuyante, tout le temps chez Romy. Je ne veux pas évoquer toutes ses vies, tous ses films, ses partenaires, les metteurs en scène qui l’ont  faite tourner. Mais je suis entrée dans cette danse, ce parcours. C’est étrange c’est comme si moi aussi je dansais, à ses côtés. Comme si nous dansions tous, un air de défi, une force, cette exposition est le signe d’une victoire sur la mort. Même si le public n'est pas toujours jeune, Romy est partie il y a trente ans déjà, j'aperçois ici et là, une grand mère et son petit fils, une trentenaire avec une poussette. Méfiance, cela va très vite,  un sourire de Romy sur la toile est un piège. On ne l'oublie plus.

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 20:42

Proposition 82  pour l’atelier d’écriture créative : composition de textes comprenant un maximum de fois le son « fou ».  Première version ( V1)

                                    

 

                                                    FOUCADE

 

Je me souviens, c’était à Corfou. Cet homme avait quelque chose de Pierrot le fou, ce qui explique ma foucade et tout ce foutoir ensuite. J’avais croisé son regard et c’était foutu. Il a foulé mon cœur de toutes ses forces, l’a piétiné, s’est assis dessus à califourchon.

Il a fouillé mon passé, me questionnant, m’obligeant à dévoiler tout ce que j’avais refoulé. Nos fourchettes tintaient agréablement dans ce restaurant, et le vin de Moscato qui accompagnait nos petits fours colorait agréablement nos verres. Ah cette fournaise ! Je n’avais plus aucun garde fou. Et lui m’observait en entomologiste, me regardait me débattre comme une fourmi dans une toile d’araignée. Il s’était défoulé sur moi, écartant mon foulard, offrant mes cheveux à la caresse de ses doigts impatients, comme fous.

 

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 Dire qu’aujourd’hui j’ai l’air d’une vieille carcasse, bonne pour la fourrière. Je me promène dans les fougères, à la recherche des souvenirs. Je suis fourbie, comme si chacun de mes membres avait subi une foulure. Je frissonne dans ma fourrure, à la recherche d’un semblant de sentiment dans le fourre tout que fut notre histoire. Je l’avais revu à Paris, un  rendez-vous au restaurant cette fois encore. Il avait gardé un côté foufou, ce regard fourbe me séduisait toujours. Il avait enfourné une portion de  fromage et sa langue claquait au palais, avec fougue, tandis qu’il dégustait un vin  délicieux. Rien de tel pour  accompagner la fourme d’Ambert clamait-il.

Dois-je évoquer le malentendu, cette échauffourée qui fut à l’origine de notre rupture. Foutaise !  J’aimerais pouvoir dire que je m’en contrefo.. balance.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 14:20

Il avait d’abord demandé que l’on réduise ses horaires. A dix huit mois de la retraite, il avait tous ses trimestres, alors il pouvait se permettre de lever le pied. Le mardi c’était bien, il avait cessé de travailler le mardi. Il avait repris la guitare, des répétitions, des spectacles pour les amis et la famille. Il avait rangé ses placards et ses armoires, s’était débarrassé du superflu. Il s’était allégé.

Il s’était laissé pousser les cheveux afin de retrouver ses années bohême, ses années yéyé, plaçant ses cheveux gris en un catogan. S'était mis à sortir, de musées en expositions, de salles de cinéma en représentations au théâtre. Il fréquentait les bals costumés, choisissant ses costumes avec délectation comme un  enfant. La retraite, ça se prépare, déclarait-il.

 

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Il perdit ses deux parents en peu de temps, réalisant que la vie est courte, il faut en profiter vite, là, de suite. Alors il souhaita réduire son emploi du temps, encore. Ce qui fut refusé. Soit il partait en préretraite, soit il travaillait. On ne pouvait à la fois le garder, et employer quelqu’un d’autre. Il en perdit l’appétit et le sourire. Il maigrit, son visage devint inexpressif, crayeux.  Comme chez un clown triste, on distinguait la bouche,  les yeux tombants, et les deux sillons encadrant le nez. Les rides avaient disparu comme liftées.

Il se prétendit malade durant quelques mois, puis la médecine du travail le convoqua. On somma la direction  d’aménager ses horaires, un moment. Mais quatre mois avant la date de sa retraite effective, il n’y tint plus. I l remit sa démission et l’obtint. Il était ravi, soulagé, apaisé. Les rides à son front reparurent, témoignage du temps parcouru jusque là, gage de celui qui restait à couvrir.

 

Il recommença de sortir, vendit la maison des parents, tondit le jardin de la belle-mère. S’occupa des impôts, fit des travaux dans sa maison de campagne. Puis il s’installa dans la routine, promenant son catogan de mousquetaire fatigué et sans panache.

Tous les après midi, vers quinze heures, on peut le croiser sur un banc du jardin public. Il s’ennuie.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 08:37

 

 

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Mon grain de sel n’est qu’un avis de plus à diluer dans un potage déjà très épicé. Pourtant je me lance, comme une commère. Parce que la page ne discute pas, ne contrarie personne, elle se laisse imbiber de mots.

 

On dit DSK, on écrit, on  moque, on  condamne ou on absout.  Chacun selon ses critères, ses convictions, son appartenance politique. Selon son sexe ou son rang social. Trois lettres ont volé son identité à un homme. J’ai le sentiment de parler d’une banque ou d’une compagnie d’assurances côtés en bourse. Sans jeu de mots graveleux. J’imagine tous ces loups guettant la chute, pendus au téléphone, rachetant ou vendant du DSK. Je les vois dans des bureaux  sans fumée, tombant la cravate, scotchés à l’écran de leur ordinateur.

J’ose à peine évoquer les petits épargnants au bout de la chaîne, qui de toutes façons se font gruger. Vous, moi, qui suivons les péripéties dans les journaux avec plus ou moins d’intérêt. Parce que nous n’avons pas tous misé sur cette action-là.  Sur ces idées, sur cet homme, précisément.

 

Et Dominique derrière DSK, c’est qui au juste. Monsieur Sinclair, un grand politique, un économiste, un séducteur ? Seul face à lui-même, que ressent-il ? Je me demande quels mots, quelles phrases le font tenir debout. Le soutien bienveillant des proches, l’argent, la notoriété est-ce que ça construit un homme, est-ce que ça le fortifie ? Quand la télé réalité happe un individu, elle le malmène forcément. Il doit faire bonne figure, se battre coûte que coûte. Or Dominique s’appuie sur des pointures du barreau, il a déjà été confronté au scandale. Ce n’est pas quelqu’un de fragile. Et il a des critères, des valeurs, qui l’empêchent de flancher.

 

Je me demande ce qui motiverait monsieur Lambda  s’il était mêlé à  tout ce cirque. S’il avait abusé de son  pouvoir, si des femmes avaient eu à se plaindre. Pas facile de se mettre à la place de. Le bien, le mal, ce qui est juste ou pas, tout est relatif. Nous aurions tort de croire qu’il existe une vérité universelle. En réalité, nous naviguons  sans capitaine mais équipés de bouées, sur l’océan de nos vies. Certains appellent ça la résilience. Je préfère détermination, instinct de survie. Petits arrangements avec soi, quand ça n’est pas joli, joli. Peu importe, que l’on se tienne à la poupe ou à la proue du navire, la règle est de s’accrocher au bastingage. Et de flotter quand on a passé  le bord. Dominique a compris cela bien sûr.  

 

 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 11:53
Cette semaine chez Lajemy le thème est : Roses et roseraies.
Eh bien j’ai choisi d’évoquer les cimetières. On s’y promène  comme dans un jardin, on fait rouler bébé dans son landau dès les premières brises, on va visiter les gens célèbres parce qu’enfin ils paraissent proches et accessibles. On croise grand-mère dans les allées qui époussette grand -père avec une balayette. Et ça baragouine, ça charabia dans toutes les langues. Il y en a qui portent des arrosoirs, d’autres brandissent des plans ou harcèlent les gardiens en quête de l’allée F tout près de la tombe de … Enfin vous savez bien ce grand écrivain !
Certains s’émeuvent devant la guitare miniature sur la tombe de Fred, le compagnon de Catherine, vous savez Marcia, elle danseeee ! Et puis on est stoppé net : une photo d’enfant, une parole, naïve, évidente, gravée dans la pierre par des parents inconsolables. On est ravi, voilà la statue en pied de l’amoureuse de Gigi. On guette, on observe. Ils sont là, nombreux, fiers, bien nourris et déambulent, indifférents. Pas de caresse, pas d’approche sauf si, vous avez pensé aux croquettes, alors ils miaulent de bonheur.
Et toutes ces fleurs donnent des couleurs  à l’endroit qui vit et respire. Moi ça me va, ces hortensias, ces géraniums, ces campanules, ces roses. C’est du bonheur, des odeurs, de petits pincements au cœur. Et je dépose tout ça sur les tombes des miens lorsque je leur rends visite.

 

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LA TOMBE DIT A LA ROSE
La tombe dit à la rose :  
-         Des pleurs dont l’aube t’arrose
Que fais-tu, fleur des amours ?
La rose dit à la tombe :
-         Que fais-tu de ce qui tombe 
Dans ton gouffre toujours ouvert ?
La rose dit : - Tombeau sombre,
De ces pleurs je fais dans l’ombre
Un parfum d’ambre et de miel.
La tombe dit : - Fleur plaintive,
De chaque âme qui m’arrive
Je fais un ange du ciel !
VICTOR HUGO
     

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 14:10
 

 

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Mes vacances cette année débutent à la fin du mois d’août. C’est long parce que les autres sont partis, et dans la rue les boutiques ont baissé vitrine. Au travail tout est ralenti, et le temps ne remplit pas sa mission.  C’est vrai quoi, il n’avait qu’à se faire beau, se raser de près, porter costume blanc et panama comme sous les tropiques. Au lieu de ça, il a enfilé l’imper tout froissé de Colombo cette année. Depuis le début juillet à Paris, j’ai compté deux week end durant lesquels j’ai pu jouer à l’été comme on joue au docteur.  Une robe légère à bretelles en guise de stéthoscope.
Alors j’ai foncé.  Les pieds nus dans mes sandales, l’appareil photo en bandoulière et les gafas, pardon les lunettes de soleil sur le nez, j’ai fait du tourisme. Chatelet, Rivoli, Place de l’Etoile retour par la Gare de l’est, Jaurès et La Villette, chez moi dans le 9-3. Ou alors Montparnasse, Bastille, Le Père Lachaise et la Porte de Bagnolet. L’itinéraire, c’est pour que vous compreniez. Je me suis totalement investie, j’ai oublié de parler français. De le comprendre, de l’écouter. Je me suis dit look, mira, chouf, ouvre grand tes yeux. Tu n’as pas à surveiller l’heure pendant ta pause déjeuner, à courir au Monop avant la fermeture. Vois comme Paris est beau sous le soleil. Langoureux, couvert de dorures, promenant ses entrelacs de pierre,  avec la Seine en écharpe  autour du cou, rappel triomphant d’un défilé de la Gay Pride. Et exclame toi : wonderful, magnifico, zouïn ! Pense-le en allemand ou en grec, même si tu ne parles pas ces langues. Puisque tu ne pars pas tout de suite, sois celle qui ne pars pas du tout. Le tourisme ça s’apprend. Nul besoin de  dépasser le péage de  Saint Arnoult ou de franchir les océans. De te présenter au bureau, colorée comme un pruneau dans un tajine, pour faire joli. 
Les vacances c’est oublier internet, se libérer l’esprit et vagabonder le nez au vent. Sans pour autant crever ses poches. C’est regarder autour de soi. Décider que Râ et zéphyr sont des muses.  Leur être redevable, s’enivrer de leur apparition. Voilà le véritable objectif des vacances.

 

Etre un touriste c’est partir à la découverte d’horizons nouveaux et trouver cette griserie, ce bonheur, ailleurs. C’est aussi réinventer son environnement  habituel en écarquillant les yeux comme un étranger.
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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 18:10

 

Pris sur le net.

 

C’était la saison, non ? Mai, juin on se marie ces mois-là, en général. Alors on invite du monde pour le fun et pour plaire aux parents. Parfois on le fait en tout petit comité, juste quelques proches, on n’a pas de sous ou on n’aime pas les tralalas. Mais on établit des listes, on prépare la cérémonie, on envoie des faire-parts, on pense au repas, aux fleurs, à l’orchestre. On organise les noces chez Campanile ou dans un château sur les bords de Loire. Et on choisit son costume, ses chaussettes, sa robe et sa jarretière. Ca demande du temps, de la réflexion, de l’énergie et on s’y donne. A fond. Ca occupe et ne laisse aucune place à l’imprévu, à la surprise.

 

 

Mais nous les invités, recevons des mots à l’encre dorée gravés sur un bristol. On dit chouette, le 15, dans trois mois, j’ai un mariage. On bloque sa journée. Et on range le carton dans un tiroir. Et puis ça se met en place dans nos têtes, lancinant, excitant, fatigant. Je porterai quoi? Ils ont vingt, trente, ou quarante ans ? Je choisis mon style ou le leur, décontracté, collé monté. Talons hauts, bibi, gants, robe ou tailleur. Costume ou jaquette, cravate ou nœud pap. J’investis ou je fais cheap. Pour le cadeau, des sous dans une enveloppe ou  une liste sur le net. Je demande autour de moi, c’est selon, on me dit. Ils vivent  ensemble depuis un moment ou pas ? Tu sais moi, je ne m’embête pas, j’appelle les parents, ils ont bien une idée.

 

Je ne stresse pas vraiment, j’ai hâte d’y être, j’ai hâte que ce soit terminé. Parce que j’y  vais avec mon homme, que ça me rappelle des choses, des minutes solennelles, de l’émotion, des pleurs de midinette. Trop manger, trop danser, trop boire. Trop de monde, des inconnus, des sourires, des présentations à des gens qu’on ne reverra pas. Des retrouvailles avec ceux qu’on ne côtoie pas assez et d’autres, qu’on n’aimerait mieux ne pas rencontrer. Du social, de l’hypocrisie. A peine, à peine.

 

Et puis en fin de compte, on regarde les photos, on est moins crispé, d’avoir attendu sous le vent, la pluie ou un soleil de plomb. D’avoir attendu les familles, le photographe, la fin du mariage précédent et l’arrivée des mariés. On se pose devant l’écran de l’ordinateur ou celui de la télé, une semaine après.  On se dévisage. Mon homme et moi, on soupire, c’est comme un « dégoût » de nous et des autres, une victoire de la vie, une promesse pour l’avenir. C’était quand même un beau mariage ! 
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