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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 15:04

34- La Semaine de la Poésie (Moody Lady)

Sur une idée de Moody Lady l'exercice de la semaine portera sur "La Semaine de la Poésie".

Nous proposons d'écrire un poème en accord avec votre région de résidence, de naissance - ou une région de France que vous aimez - dont vous découvrirez le thème sur le lien suivant :
Le Printemps des Poètes.

Mais vous pourrez aussi écrire un texte concernant la poésie ou bien un poème ou un poète qui vous a touché ou que vous aimez particulièrement.

 

Apollinaire : Rosemonde

Longtemps au pied du perron de
La maison où entra la dame
Que j'avais suivie pendant deux
Bonnes heures à Amsterdam
Mes doigts jetèrent des baisers

Mais le canal était désert
Le quai aussi et nul ne vit
Comment mes baisers retrouvèrent
Celle à qui j'ai donné ma vie
Un jour pendant plus de deux heures

Je la surnommai Rosemonde
Voulant pouvoir me rappeler
Sa bouche fleurie en Hollande
Puis lentement je m'en allai
Pour quêter la Rose du Monde

 

 

 

Tous ses mos interpellent

Chantent l’amour et l’éternité

La jeunesse et ses envolées

Ce côté bouillant, naïf, rebelle,

Le bonheur de vivre et la soif d’aimer.

En quête d’une Rose il parcourt le monde,

Et pour un idéal, a l’imagination féconde.

Sur les quais déserts, durant  deux heures il flâne

Il jette des baisers comme un Pierrot lunaire

Sa vie se joue devant une maison d’Amsterdam.

Il est déterminé, foi d’Apollinaire !

Moi je l’ai étudié en classe de première,

J’aime sa fougue, son enthousiasme, sa flamme,

Comme lui quelquefois, par les chemins je erre.   

J’espère ainsi élever mon âme

Atteindre son univers, évoluer dans sa sphère.

Donner la main à ceux qui composent sa ronde,

Et me persuader qu’il adorait Rosemonde.

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 20:07



42 - du 09 au 22/06 - A compléter + mots imposés (Virginie Edensland)

A partir de la courte phrase "IL ETEINT LA LUMIERE (...) ET FERMA LA PORTE LENTEMENT (...)", il s'agit d'écrire un texte qui viendra s'insérer dans les ... (il y a donc deux parties à écrire), en incluant les 7 mots suivants (les verbes peuvent être conjugué, comme toujours) :

fenêtre, vent, changer, rester, ramasser, corné, dehors.

Le but est de développer le plus possible... sans que cela devienne lourd pour autant.
Au plaisir de vous lire !

 

 

 

Il éteint la lumière et s’approche de la fenêtre ouverte, regarde le ciel  où filent des étoiles chassées par le vent. Il resserre les pans de sa robe de chambre, il tremble un peu. A quatre vingt sept ans, il vient de retrouver l’amour. Bien sûr, il a veillé Eliette jusqu’à son dernier souffle, jusqu’à ce que la maladie de Parkinson ait eu raison de sa raison. Elle est partie l’an dernier, elle demeure le grand amour de sa vie, le plus constant, le plus solide, le plus constructif. Celui qui fait exploser le cœur et battre le sang dans les veines. Aujourd’hui cependant, il a autre chose à vivre et il reste peu de temps. Avant qu’on ne ramasse ses os desséchés d’arrière grand père et qu’on ne les fourre dans une boîte. Alors ce qu’on pense, ce que veulent les autres, il s’en fout. Les comptes il les rendra à Eliette au ciel, à elle seule.

Il doit vendre la maison pour ce qui l’attend ailleurs, avec l’autre, la jeune. Ce sera plus simple, une grande maison avec un jardin et une terrasse. Pour son petit, à elle. Il pense au déménagement, cette corvée. Personne ne viendra l’aider, les enfants sont vieux, soixante ans, ils  ne comprennent pas, ils sont outrés. Il repense à cette fois où Jacques  le flanqua dehors, ouste papi, vis ton délire, mais nous, on ne veut rien savoir.  Et il ferma la porte lentement comme pour contenir sa rage de « jeune » offensé.

 

Il fera venir le fils des voisins et sa camionnette. Il aidera comme il pourra. Il portera sa ceinture de contention, il faudra soulever le lit et la grosse armoire une fois vidée. Et la bibliothèque, tous ces livres aux pages cornées, que doit-il en faire ?

Une larme glisse le long de ses lunettes, il frotte son crâne chauve, se racle la gorge. Il s’éloigne de la fenêtre, il était temps que quelque chose change.  Temps de fuir les commérages, les regards noirs et par-dessous, les moqueries parfois. Parce qu’ils ne se doutent pas qu’il remarque, qu’il observe, qu’il comprend. Qu’il entend  malgré ou grâce à son sonotone, ce qu’on chuchote tout bas. Que ça l’atteint un peu, pas trop, pas assez pour renoncer, pour faire plaisir à la société.  Il a un ordinateur et il note tout ce qu'il ressent , oui monsieur, pas encore dépassé pépé! Et ça soulage et ça apaise.
Ca choque la différence d’âge, il l’admet. Et les petites culottes que certaines ont cru apercevoir derrière un rideau. Elle, la remplaçante, l'intrigante, a quarante cinq ans, un fils de dix ans. Elle veut profiter de sa pension, le temps que ça durera, il n’est pas dupe. Et après?



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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 21:45
53 - Ecriture sur image (Michel) Laissez votre imagination prendre possession de cette photo (tirée d'un film, mais vous ne saurez pas lequel, pour ne pas vous orienter), et vous raconter son histoire. Partagez-nous cette histoire, quelle qu'elle soit. La seule consigne est d'essayer de surprendre, autant que possible.




Il est dix huit heures trente. Je suis arrivée seule et j’ai commandé un mojito. J’ai rempli ma coupelle de cacahuètes et j’ai choisi le fauteuil cabossé, déchiré. Avachie dedans et le regard vague, j’attends. Le temps. J’attends qu’il passe lentement. Il sait faire, il se réfugie dans les regards. L’ambiance est jeune et branchée, la trentaine comme moi. Chacun s’observe, se chercher se jauge, juge de son pouvoir de séduction. Ce que ça peut bouffer les minutes de vouloir plaire. C’est un clignement d’œil, un battement de cil, un geste de la main, la manière de lever son verre de rouge ou de rosé, de fourrer ses cacahuètes une à une dans sa bouche, de dodeliner du chef en secouant une longue chevelure lisse et raide. C’est ce grand type au bar, qui profite de la soirée Halloween, tous les cocktails fument, les serveuses sont vêtues et maquillées de noir, l’heure avance, c’est blindé, chacun se sert, des olives à la louche. C’est ce grand type au bar, et moi qui n’attend personne. J’ai le moral au ras des pâquerettes. S’il fallait que je parle, que j’enlève ce grand scotch sur ma bouche, que je stoppe la larme qui bave sur ma joue, je les aborderai tous. Le grand blond qui téléphone à l’entrée, la fille bouclée aux longues jambes tricotant l’air dessous le short, le serveur. Lui se demande si je vais commander un troisième mojito ou me tirer en douce. Je leur prendrais la tête avec mes peines ; la mort de mon père la semaine dernière, ma dém à cause d’un chef trop caressant, mes amours nulles et répétitives et nulles. Je les embrasserais, je les serrerais fort tout contre moi, parce que ça tient chaud, parce que ça rassure. C’est ce grand type au bar, qui s’approche, et qui s’assied à côté, sur le siège. Il me regarde, il m’ausculte du bout des yeux comme un cancérologue avant d’annoncer la nouvelle. Ou un dragueur avant d’attaquer. C’est nul, j’espérais mieux, de lui j’espérais mieux. Avec ses lunettes et sa barbiche d’intello je l’imaginais déclamant du Brel avec la voix surgie des tripes. De sa poche il tire un mouchoir en papier et effleure ma joue, là où ça brille. Il me regarde dans les petites tâches noires au milieu des pupilles, et sa voix surgit des tripes :
- Prenez soin de vous, il dit, restez droite. Ne laissez aucun événement, ne laissez personne vous démolir.
Une manière d’ôter le placard sur ma bouche, de m’autoriser à parler.
- Merci de vous soucier de moi, je dis.
- C’est très intéressé vous savez, j’ai envie de vous connaître, et de confronter nos blessures. C’est la première fois que je ressens cela.
Et moi, j’ai envie de m’échapper, avec lui, dehors. Par la fenêtre j’aperçois un quartier
de lune, il pendouille sous une étoile, attaché, tel un insecte au fil d’une araignée.
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 16:59



52 - Crache ton venin ! (Mariev)

Il s'agit d'écrire un texte plutôt court (disons, pas plus de 1500 caractères, espaces compris - mais si ça dépasse un peu nous serons tolérants) sur le thème "Crache ton venin !", et si cela vous est possible, illustrer ce texte d'une création personnelle (dessin, infographie, photo, dont VOUS êtes l'auteur).

Cette fois encore,  le type de texte ne vous est pas imposé.

 


Pour récolter le venin des abeilles, il faut tendre un fil à l'entrée de la
ruche dans lequel passe un courant électrique basse tension.
Au passage, l'abeille reçoit une décharge électrique et se défendant
pique dans un voile de nylon situé au dessous d'elle.
Lorsque le voile est bien imprégné, il est lavé dans l'alcool puis
celui-ci est desséché et apparaît alors une poudre blanche
extrêmement toxique: le venin d'abeille.
Cette poudre sert ensuite à diverses applications médicales.
Dans cette opération l'abeille ne meure pas mais elle est très excitée.

 

Pour récolter le tien, il suffit de tendre la perche, d’évoquer les vacances au soleil alors que tu préfères la montagne et les ruisseaux, les randos vérités au grand air sans croiser un pelé. Ca te fait des décharges électriques quand je parle de parasols et de youkaïdis au Club Mé. Pour te défendre, tu dénonces mon côté beauf au soleil, les vacances de masse entre intellos du pastis et les jeux apéritifs.  Lorsque à bout d’arguments, ta langue se dessèche, tu te racles la gorge et tu vas t’en servir un, de pastis… Mais fais attention, l’alcool c’est toxique pour l’organisme, toutes ces rasades que tu descends pour m’envoyer sur les roses. Bon je sais, ça n’est pas fatal mais ça t’excite, ces bagarres. C’est anti inflammatoire, antirhumatismal, ça entretient le couple. Tu craches ton venin mais au final, on partage chaque année. Une semaine à la mer et l’autre dans les alpages. Un compromis quoi !

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 18:56

 

 

Dans mon rêve je dors paisiblement au creux d'un lit en bois noir garni de draps en coton blanc, dans une chambre aux murs bleus auxquels sont suspendues des photos de couchers de soleil. Et puis ça n’est pas un rêve mais le besoin d’un sommeil tranquille et libérateur. Une envie de vacances. Pas de neige, de foule et de froid, de voltige et de griserie sur les pistes. Et le soleil, pas vraiment. Les cocotiers, le vent, la mer, en ce moment c’est pas mon truc, c’est pas ce que je veux. Je vais tout plaquer, le boulot, les amis, le chéri.

Je vais écrire, le temps, les jours fades, mes rides, les enfants, le désamour. Je vais me pâmer, enjoliver, sublimer. Le printemps qui arrive et ses fausses promesses de renouveau, les heures tièdes, la chaleur d’un regard neuf. Les corps dénudés, les terrasses des cafés, les fleurs et les prés. La campagne, les chemins, les sentiers. Alors il faut pour m’évader, un grand lit profond à baldaquin, avec un édredon à l’ancienne, où l’on s’enfonce, comme chez ma grand-mère autrefois. Des draps, blancs frais à l’odeur de lavande. Et une chambre aux murs bleus avec des médaillons dessinés dessus. Très important la couleur. Bleue. Et le soleil  couchant d’un le ciel berrichon. Cette bonne blague. Vous imaginiez, Tahiti ou Fort de France. Mais z’avez pas lu plus haut ? Point d’exotisme. Mon luxe, mon ailleurs à moi est dans ma tête. Enfin, j’ai quand même la folie des grandeurs, je suis une dame illustre. Je suis quelqu’un d’exceptionnel.

Parce que vous n’étiez pas au courant, bien sûr. Je fréquente les meilleurs, je convie à ma table à Nohant, sous un lustre en cristal d’Italie, les plus grands de ce monde. Nous parlons de ce qui se passe à Paris, des désordres de la capitale. Nous parlons de peinture et de littérature, de musique aussi. Mon fils Maurice a confectionné un théâtre de marionnettes qui captive tout ce beau monde. Chopin a adoré et Musset en son temps. Delacroix, Gautier, Flaubert, Dumas. Qu’en pensez-vous ? Suis-je assez mégalo ou imbue de ma petite personne ?  Je me balade en pantalon, je fume le cigare et je divise ma longue chevelure noire veinée de fils blancs d’une raie au milieu du front. J’aime raconter les fêtes et les amours champêtres, les feux follets et les braves gens. On m’appelle Georges. Georges Sand. Enfin Aurore… Pour les intimes. Je m’appelle, je m’appelle…

 

J’éternue, une allergie aux plumes de l’édredon, aux pollens à l’extérieur. Je me réveille brusquement.Un frisson me parcourt l'échine quand soudain je prend pleinement conscience d'où je suis, qui je suis, et de ce qu'il me reste à faire : j'ai peur.

Cet exercice répondait à la consigne 16b : phrases imposées (Michel)

  

3 phrases vous sont ici proposées : une pour le début du texte, une autre pour la fin, et une à placer dans le récit (où vous voulez, mais forcément ni au début, ni à la fin).

Début :
"Dans mon rêve je dors paisiblement au creux d'un lit en bois noir garni de draps en coton blanc, dans une chambre aux murs bleus auquels sont suspendues des photos de couchers de soleil"

A placer dans le récit :
"Voilà donc le sens de cette dernière partie, un spectacle avec une régie de production comme pour une pièce de théatre ou un film."

Fin  :
"Un frisson me parcourt l'échine quand soudain je prend pleinement conscience d'où je suis, qui je suis, et de ce qu'il me reste à faire : j'ai peur"
Et il y a deux façons possibles de traiter cet exercice, et vous devrez indiquer clairement laquelle des deux vous avez choisie :
16a - L'exercice tel quel, avec les trois phrases
16b - Un début & fin classique, vous avez alors le choix entre la première et la
deuxième phrase pour le début,  la phrase de fin restant à sa place.

 

 


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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 10:08

 


Consigne 25: la page blanche ( Kildar- Madam'Aga)

 

Une salle surchauffée au propre et au figuré. Un public jeune, vingt cinq, trente cinq et moi, à peine plus vieille. Si on veut puisque tout est dans la tête. Pour arbitrer le match un sosie de Mustapha El Atrassi. Humour et dérision, un rien directif, un rien affectif, surtout incisif.  Il est là pour fixer des règles, donner les thèmes, compter le temps, sanctionner les fautes. Et nous retourner, nous public, qu’on applaudisse, qu’on se taise, qu’on se lève. Il supervise aussi les prestations d’apprentis DJ qui obéissent au doigt… Et à l’œil.

Le spectacle se compose de deux parties. Première année contre deuxième année, l’impro ça vient du Canada et ça s’apprend, ça se prépare, ça se contrôle. Enfin pas toujours. Il y a ceux qui ont de la répartie tout de suite, et ceux qui suivent, l’air étonné, le bras levé, un fou rire au coin des lèvres.  Il y a des grimaces, des mimiques, des sauts en l’air, des envolées lyriques et des phrases assassines qui tombent comme des mouches dans un bol de soupe. Il faut réagir aussitôt, rester dans le thème, ne pas perdre pied. Et ce jusqu’au coup de sifflet final, Jusqu’à la sanction de l’arbitre. Quelle belle leçon de vie !

Moi, je vous ai tous observés. Votre  sens de la répartie et des rictus, l’aisance avec laquelle vous évoluez. Vous vous défendez de charmer ou de séduire, vous êtes des clowns au rire communicatif.  Vous vous  prêtez au jeu parfois, êtes le black ou la chinoise de service, comme c’est facile de s’enrouler comme un nem sous les directives d’un Fabrice Eboué plus vrai que nature.  Et moi j’imagine Lin Dan Pham, Gong li ou Lucy Liu. Je vois de la grâce et de la magie, de la beauté. Evidemment tous ces bigoudis déchaînés qui se lovaient  dans les cheveux d’une Catherine Deneuve lors d’un sketch ayant pour thème les bigoudis vengeurs, m’ont fait rire à gorge déployée. J’y étais presque, au théâtre, le vrai, ou au cinéma parmi les grands. J’ai cru apercevoir Thierry Frémont et le Moine de Kaamelot. Illusion, vrai talent d’artistes en herbe ? Je le crois sans hésiter. D’ailleurs  tous ont eu les gestes, les mots, les attitudes du burlesque, de l’absurde.    

Tous ont su concevoir, inventer, suivre une direction autre que celle qu’ils s’étaient fixés au départ. Pirouetter, voltiger, c’était du grand art. Ils se sont emparés de la scène, appliqués à la remplir de lumière, de sons, de mots.

Je crois que c’est ça, vaincre l’angoisse de la page blanche. C’est quand des personnages bien campés, kidnappent l’auteur et en font le spectateur ébahi des scènes qui se déroulent sous ses yeux.  

 

 

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 21:04






Consigne 77 Michel faux rêveur

Vous avez sans doute, tous, une ou plusieurs citations  préférées, qui vous parlent particulièrement, vous interpellent, vous font réfléchir, conditionnent votre rapport au monde, la façon de le voir, ...

Et si vous nous les partagiez ?

Le principe de cet exercice est de reprendre une ou plusieurs citations et de vous en servir pour construire un texte, de manière à ce qu'à chacune des citations corresponde une partie bien distincte de votre texte, qui l'illustrera.
Toutes les parties de votre texte doivent avoir approximativement la même longueur.

Il peut n'y avoir qu'une seule partie s'il n'y a qu'une seule citation.

 

Demain est un autre jour ou encore à chaque jour suffit sa peine. C’est à Scarlett O’Hara d’"Autant en emporte le vent " que je pense, bien sûr, en écrivant ça. Bouillante, explosive, maîtresse déterminée de Tara, son domaine en ruine. C'est la phrase qu'elle prononce à la fin film alors qu'elle a tout perdu, sa fille, son homme, sa dignité. Et je me reconnais en elle, j’aime cette hargne de vaincre, ce besoin de prouver qu’on peut réussir, quel qu’en soit le prix. Comme elle j’ai fait des erreurs, des choix difficiles, des gaffes énormes. Je n’étais pas très scolaire mais je me suis usé les yeux sous la lampe jusqu’à ce que j’obtienne mon diplôme. Pour cela,  j’ai délaissé les copines, les sorties, les expériences. Et je suis devenue misanthrope. Demain on verrait. Me faire une situation était mon premier objectif. Ca laisse des traces, ça creuse des habitudes, c’est en moi, ce côté misanthrope, limite asocial. Le sentiment d’être seule, toujours au milieu des autres.

Je me suis trompée, aimant un homme qui ne me convenait pas et délaissant celui qui m’adorait. Quand le ciel m’est tombé sur la tête et les petits oiseaux avec, je me suis enkystée comme un parasite dans le corps humain. Quand on a le dos rond, tout glisse, tout dort, rien ne touche réellement, rien ne fait mal. Mais le corps n’est qu’un véhicule pour le parasite qui se réveiile un jour et va terminer sa croissance ailleurs, dans l’eau ou dans les près. C’est cyclique, ça se répète. Comme la douleur quand elle affleure, qu’elle vous triture les nerfs et la peau et qu’il faut la faire taire. C’est lancinant, c’est quotidien, ça se tasse un peu, on se dit que ça va mieux, pour aujourd’hui. Que demain ne peut qu’être meilleur. Le lendemain c’est pire, des larmes emplissent les yeux, on se mord les poings. Alors on l’adopte, on la fait sienne, cette maxime qui parle du temps qui passe en attrapant les jours.

J’ai eu des enfants, mes grands bonheurs, mes joies, mes tourments. Les bobos, la scolarité parfois cahotique,  les rabâchages, les heures de veille. Préparer le futur, pied à pied,  forger un avenir. Complimenter, féliciter, râler. Tout ça j’ai fait. Est-ce que j’ai bien  fait ? Demain, demain je saurai.

Aujourd’hui je poursuis. Certaines se disent à mon âge, à l’aube de la cinquantaine: j’ai fait ma vie. Maintenant c’est les voyages, le jardinage, la cuisine et les petits enfants. Pas moi, ma vie je la construis toujours, j’ai besoin d’aimer, de défier, d’écrire et d’inventer. Je voyage pour mes récits, je n’aime pas jardiner mais je m’extasie devant la fragilité d’un pétale, les parfums d’un sous bois, et je rêve, et je couche des mots sur du papier. Je ne suis pas cuisinière mais j’adore bien manger, avec un petit verre pour la sociabilité. Comme ça je m’améliore, j’échange, je ris. Et je crée des personnages, élabore des scénarios, je m’exerce à provoquer des rires, à faire s’écarquiller les yeux de jeunes lecteurs en lesquels je vois mes futurs petits enfants. Mais je vais trop vite. Tout ça c’est aujourd’hui, c’est pour demain. Mais demain, c’est encore loin.  

 

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 16:45

13 - 16/10/2007 - Mots imposés (Darkia)

Pour cet exercice proposé par darkia, le principe est d'utiliser un minimum de 10 mots (idéalement tous) parmi les 15 suivants, pour rédiger un texte.

Atypique, dommage, mort, pieu, sang, simple, mains, sentiments, recherche, attente, liqueur, corsage, assaillir, clan et pathétique.

 

 

Je me suis inscrite dans un forum de psychologie. Comme pour appartenir à un clan, c’est pathétique. Bien sûr, c’est une démarche atypique, enfin c’est ce que tout le monde dit. Mais tout le monde chate, tout le monde joue au voyeur, tout le monde crie au secours. Pour ne  pas sombrer, où se laisser assaillir par des idées noires, ou envisager la mort. Il serait dommage d’en arriver à cette extrémité alors qu’une main tendue peut répondre à nos attentes. Evitons de nous planter des pieux dans l’âme, comme une envie de sang, pour nous complaire dans le malheur. Quand je pense que certains s’embourbent dans leurs problèmes, s’en régalent comme d’une liqueur. Mais comprendre ses sentiments, aller à la recherche d’un mieux-être est une démarche qui  paraît simple. Peut-être trop, qui sait ! Il y en a qui considèrent que dévoiler ses difficultés, malgré l’emploi d’un pseudo, c’est un peu laisser des mains avides se glisser dans leur corsage.  Ils ont généralement tort et brident leur cœur. Mais, mais, ce n’est que mon avis, après tout.

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 21:03

Exercice sur image. Dame AGA



Un trait de génie ce trait dans le ciel. A moins qu’il ne s’agisse d’un bug sur l’écran de mon ordinateur. J’ai  acheté un spray, génial il paraît. J’ai beau frotter,  quelle hargne, c’est là, ça s’incruste, ça ne veut pas s’effacer Ca me tracasse tant que je me ronge les ongles. Si je m’obstine un peu, je revois ce trait, ce sillon, cette éraflure, dans la kératine de l’ongle, incarnée. On m’a dit que cela signifiait carence en calcium, en magnésium. Foutaises ! La seule carence dont je souffre est une carence  en amour. Tiens, d’ailleurs c’est le trait dans mon âme, la boursouflure, enkystée. Qui m’empêche de dormir, de sortir, de bondir, émerveillée. C’est toi qui t’es enfui, un trait dans ma vie, bien tiré.

Et c’est peut-être aussi un trait de caractère, l’envie de m’envoler, le refus de sombrer. De surprendre dans le miroir un visage détendu, des traits reposés, les miens reliftés. Des amis alentour, des soirées arrosées. Un regard, une invite, une histoire commencée. Un carnet, une adresse d’un trait de crayon, gravée. Un possible, un ailleurs. La découverte de l’autre exerce un tel attrait qu’il serait criminel de s’y refuser. Et viennent les attentes, les espoirs, les manques, tous ces états du cœur qui signifient l’amour de nouveau rencontré. Tout ce qui y a trait. Si j’abandonnais, si je me lâchais, si je suivais la vague, me laissais emporter. Alors je fixerais l’horizon, là-bas au loin, où ciel et terre semble s’enlacer. Vous ne voyez pas, le trait ?    

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 21:51





44 - Mon Pays...

Sur une idée de Chemin de Plume soutenue par Mariev voici le sujet de l'exercice N° 44 :


Il s'agit de commencer un texte par "Mon pays".
Votre pays pouvant être un pays où vous habitez mais aussi votre "pays intérieur".
Alors laissez courir votre imagination et emportez nous dans vos "bagages.

 

 

Mon pays est dans ma tête. Car comment expliquer ce besoin de Paris, de sa foule bigarrée et gouailleuse, de ces petits restaurants de quartiers, bruyants et tapageurs, de ses musées, théâtres et expositions. Et puis ce ras le bol quand les beaux jours reviennent, cet étouffement qui me pousse à repartir vers l’enfance, vers ailleurs.

Casablanca, la ville où j’ai grandi dans les embruns, le ressac et la mer. L’école française et tous ces copains aujourd’hui retrouvés avec émotion grâce à internet. La cour où l’on jouait avec des noyaux d’abricot. Tous les enfants du Maghreb savent de quoi je parle. Le soleil toute l’année, le froid, l’hiver si peu. Les journées pédagogiques à Ifrane, Volubilis ou Immouzer plutôt qu’à Caen ou Strasbourg. Les congés pour L’Aïd ou le Moussem ainsi qu’à Pâques et Noël. Les yeux  brillants chaque fois que l’on évoque un jouet, une robe, un bijou, venus de France comme s’il s’agissait d’un miracle. La place Mohammed V que je parcourais enfant, à perdre haleine, le souk de la Place de France aujourd’hui place des Nations unies. Et tous ces ports invitant au voyage, à la fuite, Casa, Rabat, Mohammedia, ces plages, ces rochers couverts de moules et d’algues. Et moi debout, guettant un évènement improbable, les yeux rivés au ciel et aux étoiles. Je n’ai pas d’événement extraordinaire à raconter comme le débarquement des américains dans le port de Casa en 44, ainsi que me l’a rapporté un ami de mon père, avec les yeux remplis d’étoiles, lui aussi. Mais j’ai la ville dans la peau, je le sais depuis l’an dernier, depuis que j'ai foulé le sol de mon enfance à nouveau. 

Puis je m’envole vers Blagnac et Toulouse, ville rose de mes vacances, chaleur orageuse des mois d’août, suffocation. Les circonvolutions de la Garonne, la magie de l’aérospatiale, la place du Capitole, l’accent de Nougaro, le fumet du cassoulet et tous ces clichés si vivants, si présents.

Je ne résiste pas, j’évoque aussi Pointe à Pitre et sa Marina, le Gosier, la plage de sable noir de Trois Rivières, si nerveuse, parfois dangereuse, celle de Grande Anse si belle si blanche, le tit punch et le colombo. Je me laisse aller à la paresse, à la douceur de vivre.  Allongée sur un transat, au bord de la piscine, un verre de planteur à la main, je me prélasse. 

Et je reviens à Paris bien sûr, toujours, encore. D’où que je sois j’y retourne. C’est la capitale, le cœur vivant de Pariscasatoulousepointe-à-pitre, mon pays de cocagne, ma patrie.

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