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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 10:00








Selon le thème puisé dans l'atelier d'écriture de PSYCHOLOGIES.COM: écrire une lettre d'amour, réelle ou fictive, à son chéri sans la lettre M dans le texte.


Si notre passion n'est plus qu'un souvenir
Si de nos ébats s'est enfui le désir,
Si soudain que soit ton besoin de partir
T'éparpiller, respirer, t'étourdir
T'évader, t'envoler, loin de nous rebâtir,
Des illusions d'ailleurs épuiser les soupirs;
Tu sais au fond qu'un jour surgiront les regrets
De nos querelles absurdes, de nos jeunes années;
Ton coeur dans ta poitrine saura très fort cogner
Tu te surpasseras, tu viendras rechercher
Celle en qui résonnaient tes paroles d'éternité
Et qui, si la vie n'a pas tout balayé
Acceptera peut-être de te laisser creuser
Une place, une digue, un fossé,
Au tréfond de son être par toi disloqué.
   
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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 09:13

Chez Dana le thème de la semaine est: les cabanes.

On m’appelle racoon. Je suis un raton laveur de la Guadeloupe. Au Parc des Mamelles dans  la route de la Traversée à Basse Terre, on peut m’admirer. Si j’en ai envie bien sûr. Car je vis dans une cabane que l’homme a bâtie pour moi. Il y a des trous trous, une sorte de balcon et je peux me mettre à la fenêtre pour regarder les animaux du zoo. Tous ceux qui défilent en short devant chez moi.











 

Le plus difficile pour moi qui suis âgé, est de descendre du perchoir. Bon je comprends, les humains c’est pas futé. Mais de là à m’établir une rampe glissante comme une savonnette, ya des limites.
 Non mais, bien sûr, je suis costaud, bien portant, enfin, je suis un tantinet grassouillet d’accord. Oups, je m’accroche, mes pattes se collent au bois, c’est tout griffé d’ailleurs. Au début ça va, mais plus j’avance, plus je suis emporté par mon poi.., mon élan, plus je m’emballe. Pour ne pas me ramasser comme un patapouf, ya du boulot…

Enfin tout ça pour retrouver les copains  en bas, dans la flaque d’eau artificielle, je te jure ! Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour se désaltérer et laver ses aliments.

Je crois que je vais écrire au syndic, je vais me plaindre. Y connaissent pas d’autres moyens, pour les aînés. Un peu de considération tout de même, une cabane c’est un lieu d’habitation avec tout le confort autour, bon sang !

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 10:47

 

Les yeux fixés sur l’écran ils regardèrent la machine démarrer dans un silence religieux. Ils n’attendaient rien de spécial, et surtout pas que l’image se forme. L’ordinateur vrombissait, et immobiles,  côte à côte, ils retenaient leur souffle. Il y avait ce dossier et le mot de passe à trouver. Des lettres saisies sur PC, des sentiments anciens, les parents, leur jeunesse. A quoi servait de fouiller la correspondance échangée durant leurs fiançailles et au début de leur mariage, témoin d’une séparation forcée, due au travail. Les illusions des débuts, l’enthousiasme, les mots doux. Les discussions sans fin sur le couple, ses finances, l’éducation des enfants. Les blagues entrecoupées d’allusion à la vie de l’époque : la guerre d’Algérie, l’indépendance toute nouvelle du Maroc, les grèves à l’URSSAF, les saisons très marquées. Des humoristes : Roger Pierre et Jean Marc Thibaut, Sacha Guitry, Bourvil.  Des films : Lorsque l’enfant paraît, Orfeu Negro, le Pont de la Rivière Kwaï, Porte des Lilas. Des chamailleries sur le caractère de l’un, de l’autre, des avertissements déguisés en  bouderies de coquette.

Ils trouveraient dans ce fatras tout ce qui expliquerait les disputes à venir, la rupture, le divorce. Ils ne pourraient que les féliciter d’avoir fait le bon choix dans leur intérêt, par la suite. Mais parce que les parents étaient partis tous les deux et qu’ils n’avaient pas expliqué grand-chose, eux se découvraient voyeurs, indiscrets, avides.

 

Il n’avait pas été difficile de deviner le mot de passe, deux prénoms accolés. Ils eurent un soupir embarrassé et se mirent à lire. Ils n’étaient ni surpris, ni inquiets. Sous leurs yeux, les parents redevenaient un couple, avaient des attentes et des espoirs qui seraient les leurs plus tard. Eux n’étaient personne alors, et se disaient que peu d’enfants savent  pour les parents, avant. Comprendre ce qui avait motivé leur désir de construire une famille, le tâtonnement quant au choix des prénoms, l’aménagement de la petite chambre, l’achat des landaus. L’indiscrétion se muait en fierté, en connivence. « Nous avons été désirés, ils ne l’ont pas seulement dit, c’est écrit, c’est vivant, c’est encore là. » C’est étrange ce sentiment de grandir par la lecture de leurs mots, de passer de l’état de larves à enfants, et aussitôt amants, parents, et parents de ses parents. Et s’entraîner au parcours inverse. Garder en soi une part de jeunesse et la découvrir éternelle.

 

Ils se levèrent ensemble, échangèrent un sourire. Elle s’apprêtait à quitter la chambre, emportant le vase qui trônait sur le bureau. Lui hésitait, un malaise, un manque… Des années d’enfance, d’adolescence, à juxtaposer au récit. Machinalement il déporta sa main vers le bouquet. Il referma la porte derrière elle, posa la rose sur sa table de chevet, et alla s'asseoir devant son ordinateur.

 



Ce texte répond au principe de l'exercice 08, de la communauté Ecriture Ludique, lequel consiste à écrire un texte qui commencerait par :

Les yeux fixés sur l’écran ils regardèrent la machine démarrer dans un silence religieux.
et se terminerait par :

Il referma la porte derrière elle, posa la rose sur sa table de chevet, et alla s'asseoir devant son ordinateur.

Tous les genres littéraires sont acceptés.

 

 

 

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 21:45
53 - Ecriture sur image (Michel) Laissez votre imagination prendre possession de cette photo (tirée d'un film, mais vous ne saurez pas lequel, pour ne pas vous orienter), et vous raconter son histoire. Partagez-nous cette histoire, quelle qu'elle soit. La seule consigne est d'essayer de surprendre, autant que possible.




Il est dix huit heures trente. Je suis arrivée seule et j’ai commandé un mojito. J’ai rempli ma coupelle de cacahuètes et j’ai choisi le fauteuil cabossé, déchiré. Avachie dedans et le regard vague, j’attends. Le temps. J’attends qu’il passe lentement. Il sait faire, il se réfugie dans les regards. L’ambiance est jeune et branchée, la trentaine comme moi. Chacun s’observe, se chercher se jauge, juge de son pouvoir de séduction. Ce que ça peut bouffer les minutes de vouloir plaire. C’est un clignement d’œil, un battement de cil, un geste de la main, la manière de lever son verre de rouge ou de rosé, de fourrer ses cacahuètes une à une dans sa bouche, de dodeliner du chef en secouant une longue chevelure lisse et raide. C’est ce grand type au bar, qui profite de la soirée Halloween, tous les cocktails fument, les serveuses sont vêtues et maquillées de noir, l’heure avance, c’est blindé, chacun se sert, des olives à la louche. C’est ce grand type au bar, et moi qui n’attend personne. J’ai le moral au ras des pâquerettes. S’il fallait que je parle, que j’enlève ce grand scotch sur ma bouche, que je stoppe la larme qui bave sur ma joue, je les aborderai tous. Le grand blond qui téléphone à l’entrée, la fille bouclée aux longues jambes tricotant l’air dessous le short, le serveur. Lui se demande si je vais commander un troisième mojito ou me tirer en douce. Je leur prendrais la tête avec mes peines ; la mort de mon père la semaine dernière, ma dém à cause d’un chef trop caressant, mes amours nulles et répétitives et nulles. Je les embrasserais, je les serrerais fort tout contre moi, parce que ça tient chaud, parce que ça rassure. C’est ce grand type au bar, qui s’approche, et qui s’assied à côté, sur le siège. Il me regarde, il m’ausculte du bout des yeux comme un cancérologue avant d’annoncer la nouvelle. Ou un dragueur avant d’attaquer. C’est nul, j’espérais mieux, de lui j’espérais mieux. Avec ses lunettes et sa barbiche d’intello je l’imaginais déclamant du Brel avec la voix surgie des tripes. De sa poche il tire un mouchoir en papier et effleure ma joue, là où ça brille. Il me regarde dans les petites tâches noires au milieu des pupilles, et sa voix surgit des tripes :
- Prenez soin de vous, il dit, restez droite. Ne laissez aucun événement, ne laissez personne vous démolir.
Une manière d’ôter le placard sur ma bouche, de m’autoriser à parler.
- Merci de vous soucier de moi, je dis.
- C’est très intéressé vous savez, j’ai envie de vous connaître, et de confronter nos blessures. C’est la première fois que je ressens cela.
Et moi, j’ai envie de m’échapper, avec lui, dehors. Par la fenêtre j’aperçois un quartier
de lune, il pendouille sous une étoile, attaché, tel un insecte au fil d’une araignée.
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 08:49






AEL 01 - Mots imposés (Claire Ogie)


Les mots à utiliser dans vos textes sont les suivants

Diane, dinosaure, appréciable,

évaluation, effeuiller, soif,
plume, palette, brûle-gueule

Les noms peuvent être utilisés au singulier ou au pluriel, le verbe peut être conjugué. Tous les mots doivent être utilisés.

 

 

Ce 10 janvier,

Ma chère Diane,

 

 

Je te remercie pour la délicieuse soirée que nous avons passée samedi dernier. Cette idée d’inviter un de tes amis autrichiens était vraiment géniale. J’ai pu ainsi réaliser une évaluation de mon niveau d’anglais, que ce monsieur pratique aussi bien que sa langue natale, et je crois que je ferais bien de retourner à l’école. Même si malgré ma soif  d’apprendre je passe pour un vieux dinosaure au milieu des gamins d’une classe de troisième.

J’ai adoré l’humour et la politesse de Mario, qui s’interrompait chaque fois qu’en bons français nous lui coupions la parole. Ce fair play est très appréciable, d’autant qu’il déployait à ton égard toute la palette de la séduction. Je ne serai pas surprise qu’un de ces jours il t’invite pour une sortie en tête à tête. D’ici que vous en arriviez à effeuiller les marguerites…

J’ai adoré son rire quand nous avons présenté le chapon décoré de plumes, il nous a demandé si c’était la « french touch », et nous avons répondu mais oui bien sûr. Avant de lui avouer que c’était notre idée à nous. Il est vraiment agréable de rencontrer des gens qui ont envie d’intégrer le pays dans lequel ils sont amenés à résider pour leur travail.

Et quand il s’est mis à réciter l’Albatros de Baudelaire, sans une faute, ni même une hésitation, ce fut un grand moment. Son accent germanique est irrésistible, la manière qu’il avait de prononcer brûleu gueuleu, pour brûle-gueule m’a particulièrement amusée.

 

Je t’avoue que s’il n’avait pas craqué pour toi dès le début, je lui aurais tourné autour. Inutile de te dire que la soirée m’a semblée trop courte. Raconte-moi comment évolue votre relation, si tu ne vois pas en moi une ennemie dorénavant…

 

Je t’embrasse aussi fort que je tiens à notre amitié.
Martine.

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 21:50

 

 

 

 

Je l’ai retrouvé grâce à CPAV. Un site internet du style, ça peut aller pour vous.  On y retrouve des copains qu’on a connus avant et quand on se compare on se dit que ça peut aller. Pour soi. Mais lui c’était mon instituteur du CM2. J’avais un très bon souvenir de lui et  de l’ambiance qu’il établissait dans sa classe. Un peu comme on garde en bouche le goût des piroulis et des barbes à papa. Un mélange de nostalgie et d’insouciance. De respect et d’admiration.

Il a surgi de l’écran à l’instant où je consultais sa page. Il s’est assis à côté de moi sur le canapé et a refermé le portable que je tenais sur mes genoux. Il s’est mis à tourner dans la pièce et m’a tirée par le bras. M’a forcée à m’asseoir à la table et m’a tendu une feuille, un porte-plumes et un encrier. Dictée, problème et sciences naturelles, il a dit. Applique-toi, pas de pâté, et sèche bien l’encre avec ton buvard. Tu as une heure, je ne veux pas t’entendre. Alors je l’ai regardé, j’ai fixé ses cheveux blancs et ses rides. Il se tenait un peu voûté mais était encore alerte, bien campé sur ses jambes. Quand il a  ouvert la bouche de nouveau pour m’intimer de tracer des traits droits et à la règle, j’ai fixé ses lèvres, ses cheveux sont redevenus noirs, fournis, les traits de son visage étaient lissés, et sa silhouette s’était mystérieusement redressée. Il m’a pincée l’oreille comme  il le faisait quand un élève copiait sur son voisin. J’avais dix ans, trente huit années de ma vie étaient envolées. J’ai eu peur, j’ai cliqué sur le carré rouge en haut en droite de l’écran. Mr R. s’est évanoui comme le vizir de la lampe.

 

Ma deuxième consultation ne s’est pas passée exactement comme la première. J’ai regardé la photo de Mr R., celle d’aujourd’hui. Qu'il avait placée dans le cadre à gauche sur sa page. Il souriait, un livre à la main, il avait une boucle minuscule à l’oreille. Ca lui donnait un air papy cool à la Hugues Aufray. Je ne l’avais pas remarquée auparavant. Je n’arrivais pas à  détacher le regard de cet anneau brillant. Et il est reparu dans mon salon, l’instit. Il m’a aidé à le connaître, à découvrir ses amis, ses passions d’aujourd’hui, ses rêves de voyages. Alors j’ai vu l’homme, le jeune, le vieux. Ils se confondaient, se recouvraient, réconciliés. Ils me souriaient.

Au départ, j’avais revêtu d’instinct le costume de l’enfant que j’étais, la gamine soumise au passé.
Assise à côté d’un homme en paix avec lui-même, j'ai réalisé combien mon équilibre est fragile, précaire. Je suis retournée sur ma page d’accueil et à la rubrique : votre vie personnelle et familiale, j’ai inscrit : je ne souhaite pas répondre.

 

  

 

 

 

Cet exercice répondait à la consigne 35

 

 

A l'heure où internet prend de plus en plus de place dans notre vie, ce que l'on nommait avant le "virtuel" est devenu réalité tangible pour beaucoup, au point que l'on ne sait plus trop où est la frontière.

 

Et si dans le cadre de ce nouvel exercice, vous mettiez en vedette au travers d'un texte de fiction (mais ce n'est pas une obligation que ce soit totalement fiction) cette frontière ténue ? Placez votre / vos personnage(s) un pied de chaque côté, forcez le(s) à s'interroger et à choisir une définition, et donc une façon d'agir... qui n'a pas besoin d'être "La Bonne Solution", ni même d'être logique.

 

N'hésitez pas à pousser le délire, le suspense, les rebondissements, autant que vous le voudrez. Cet exercice n'est après tout que du virtuel... quoi que…

 

 

 

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 14:04










Consigne 55 Début et fin

 

 

 

Début :
Au téléphone, elle a une voix très douce, presque transparente

Fin :
Je pioche mes lettres et fais signe à mon frère de jouer ; il pioche 7 lettres : REVENIR

 

 

Au téléphone, elle a une voix très douce, presque transparente. Comme si elle pouvait se dématérialiser, glisser dans le fil jusque vers le combiné, et sortir  contre ma joue. Pour m’exposer les avantages de l’abonnement internet couplé à mon abonnement téléphonique. Comme si je ne savais pas qu’au fond, elle s’en fiche, que de là où elle m’appelle, Casa ou Tunis, elle voit la mer par la fenêtre. Qu’un soleil tiède et lumineux éclaire son visage, qu’un sourire détend ses traits, enrobe sa voix.

J’imagine ma correspondante, ce léger accent qui la trahit, la pièce réservée aux filles comme elle. Elles séduisent par téléphone, et vendent des tarifs de communication. Mon interlocutrice est brune, fine, porte de longs cheveux cuivrés qu’elle balance légèrement de droite et de gauche. Elle doit jouer avec un crayon ou dessiner des bateaux sur un buvard tout en récitant des «  je vous rappelle donc notre offre monsieur » et encore « cela vous permettra des communications en illimité en France métropolitaine », des « donc pour finir, je vous confirme votre rendez-vous avec notre technicien ».

Je l’écoute et me prends à rêver d’une rencontre fortuite dans un bar. Elle arrive en tailleur pantalon noir, très chic, porte un chemisier blanc. Une ceinture au fermoir carré enserre la taille qu’elle a fine et marquée. Elle se hisse sur un tabouret à mes côtés, ses escarpins cliquètent contre les tubes métalliques de son siège. Elle porte une coupe à ses lèvres.

Son souffle léger me chatouille l’oreille. Je ferme les yeux avec volupté. Je crois sentir la chaleur de sa peau sous mes doigts. Je pourrais l’étreindre à la broyer. « Que puis-je encore pour votre service, susurre-t-elle ». Si elle savait.

Alors je parle, je dis n’importe quoi,  « quel sera le gain financier ? Pourquoi me contactez-vous aujourd’hui ? Est-ce le seul avantage que ça apporte ? ». Je ne veux plus qu’elle raccroche, qu’elle me renvoie à mon désert sans chameau ni oasis. Mais elle se tait, c’est une professionnelle, elle fait bien son travail. Elle attend mon « oui, d’accord, vous pouvez modifier mon contrat ». Le silence rampe le long du fil comme un serpent et cherche à me mordre. Alors j’acquiesce, je suis déjà vaincu de toutes façons, je suis lâche. Son rire  de cristal est ma récompense. Il est mon ivresse, ma chance. Et je raccroche.

A présent, je peux tenter mon va tout. D’habitude je ne suis pas très doué pour assembler des lettres sur une table. Ce  coup de fil reçu au cours de  mon après midi de RTT, vient  de doper ma concentration.  Je ne passerai pas mon tour, je suis en veine aujourd’hui. On ne me battra pas. Je l’ai eue mon évasion, mon escapade, j’ai assouvi mon besoin d’ailleurs, de lointain. Je pioche mes lettres et fais signe à mon frère de jouer ; il pioche sept lettres : revenir.

 

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 15:11

 

72 - Ecrire la suite (Fred)

 

Fred nous a proposé, dans le cadre de l'exercice 61, une petite nouvelle (le fruit magique) dont il reconnaît lui même que la fin est assez abrupte et laisse ainsi plusieurs possibilités de suite et de morale.

 

Et si vous écriviez cette suite ?

 

Il ne s'agit pas d'être obligatoirement fidèle au style, ni même à l'univers, que développe Fred dans son texte, mais de développer le vôtre de manière à ce que le sien soit le début, quelle que soit votre façon de vous y prendre. Continuation, détournement, ou piste parallèle, votre texte peut être ce que vous déciderez d'en faire... alors ne vous génez pas, et comme toujours, un seul mot d'ordre : surprenez vos lecteurs !

 

 

Je me suis dressée sur mon lit, haletante et couverte de sueur. Ce rêve décousu, Perséphone, Hadès son époux, Baptiste et moi, une forêt, une lueur aveuglante et cette grenade dont les pépins conduisent tout droit dans le royaume des morts. Ca ne peut pas être une coïncidence, le passé, mon passé resurgit. Il y a bien longtemps que Baptiste n’est plus qu’un fantôme, un pirate de l’univers de Jack Sparrow, quelque part dans de lointaines Caraïbes. Ma vie s’est construite sans lui, banale, heureuse, un mari, des enfants. Il a réapparu au détour de mes pérégrinations sur Facebook. Il y a son profil actuel, l’homme jeune et séduisant s’est empâté, a perdu sa crinière, son allure. Et que dire de moi Sybilline, je n’ai plus la grâce d’une elfe aujourd’hui, je ressemble à la bonne fée de Cendrillon, dans le dessin animé. Une petite mémère à lunettes et à capuche, voilà ce que je suis.

Il y a dans ses photos, ce fruit, une grenade ouverte et libérant ses pépins. C’avait été un signal entre nous autrefois, un code. Celui de notre première fois. Nous avions juré par la suite de nous perdre, d’aller vers d’autres amours, d’autres partenaires pour ne pas glisser à côté de nos vies, ne rien regretter. Et nous nous étions oubliés. Il n’avait pas été l’homme de ma vie, je n’avais marqué que sa jeunesse. Alors pourquoi l’ai-je recherché sur un site de retrouvailles, pourquoi s’y est-il inscrit ? Pourquoi la grenade ?

Mes dix huit ans sont redevenus très vivants, très présents dans mon cœur et dans ma tête aussi. J’ai coupé mes cheveux, commencé un régime, changé ma garde robe, repris le sport. Je me suis mise à lorgner les petits gars dans la rue, comme ça pour retrouver une ombre, un esprit, pour me rassurer. Guetter un regard, un geste, une surprise, une lueur intéressée. Cela fait deux mois que je me recrée ; mon mari ne se doute de rien, il est amusé, fier. Il semble plus amoureux que jamais. Je me sens prête à entrer en contact, c’est pitoyable.

Mais avec les fêtes en famille, tout ce folklore, ce tourbillon, je laisse passer. Puis les soldes, les occasions à saisir me happent. Enfin arrive l’époque des examens des enfants, leurs angoisses, leurs soupirs, je suis là  pour soutenir, encourager. Dans un coin de mon âme se tapit une silhouette, se dessine un fruit à la pulpe rouge et craquant sous la dent. Jamais je n’oserai.

Alors je tourne autour, je louvoie, consulte d’autres profil sur Facebook, retrouve des camarades d’école, de collège, de lycée. Je me repais de nostalgie, je réinvente mes années. J’élabore un personnage qui n’est pas moi, qui n’est même  pas celle que j’étais avant. Et je m’en aperçois. Tout dégringole, je le sais, je le sens. Je dois visiter sa page de nouveau, ne rien rater cette fois, tout décrypter. Baptiste es-tu un leurre toi aussi, n’es-tu là que pour me faire réagir, m’interdire le négligé, le laisser aller ?

A côté de résidence, tu as inscrit Espagne, Torremolinos. A côté de situation,  pacsé sans enfant. A côté de profession, import export, fruits et agrumes. Je vois  une belle affiche, des grenades, des oranges, des citrons.

Ai-je pleuré sur moi-même, ai-je ri aux éclats, je ne sais plus trop. J’ai supprimé mon profil sur Facebook. Je sais que j’aime mon compagnon de route. Plus que jamais.

 

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 12:40

Sur une seconde idée de Mariev, on va se refaire un exercice mixte comme celui proposé par Virginie mais avec un truc de plus... On aurait tort de se priver non ? En avant pour le N° 46

Votre texte devra commencer par : "C'est un glaçon..." , comporter au minimum 10 des 15 mots suivant :

angora - ordinateur - chanter - pousser - allumette - jeune - piscine - sept - rouge - courir - peindre - dépayser - salon - épisodique - linge

et être illustré si possible  (avec une photo, un dessin, un tableau, une photo, une abstraction...)


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-         C’est un glaçon cette fille, tu ne trouves pas ?

-         Tu parles de la fille sur la photo ? C’est idiot ce que tu dis, elle fait de la pub pour la « cosmétique glacée ». Tu sais ces produits de beauté qui se conservent au réfrigérateur.

-         Mais non, je te parle de la nouvelle comptable.

-         Tout de suite les clichés ! C’est facile hein, de juger les filles qui ne s’intéressent pas à toi du premier coup d’œil.

-         Je n’ai pas dit qu’il fallait qu’elle succombe, elle fait sa pimbêche, comme si elle ne me voyait pas !

-         Tu es vexé, voilà tout. Moi, je la trouve juste un peu timide. Et puis toi avec tes vannes vaseuses, tu  ne la rassures pas.

-         Comment ça, mes vannes ? Je l’ai juste un peu taquinée sur son poisson rouge, et puis elle ne marche pas, elle court ! Franchement, s’énerver pour si peu !

-         Ben, tu ne vas pas la séduire comme ça, mon vieux. Pas en lui proposant de lui prêter ton chat pour mettre de l’ambiance dans son studio !

-         Qui te dit que j’ai envie de la draguer ?

-         Tu as des allumettes dans les yeux quand elle passe dans les parages, et incandescentes les allumettes. Tu es incapable de rester concentré devant l’écran de ton ordinateur. Tu n’as qu’une envie c’est de lui chanter Ramona….

-         Ca fait combien de temps qu’elle est dans la boîte, six, sept mois ?

-         Ne fatigue pas, cette fille c’est du beau linge, la classe et tout. Tu vas ramer…

-         Oh ce n’est pas  parce qu’elle tricote des pulls en angora qu’elle dépasse tout le monde. D’ailleurs ça date un peu l’angora, c’était pas du temps d’Anne Sinclair à la télé ? Ma mère m’en a vaguement parlé. Et c’est pour qui ces pulls ?

-         Tu te tracasses pour rien. Elle est jeune, belle, intelligente… Tu vas devoir la sortir, la dépayser, te montrer spirituel.

-         Dis tout de suite que je ne suis pas à la hauteur. Et puis je n’en ai pas envie, elle est réfrigérante, décidément.

-         C’est n’importe quoi, tiens regarde, elle discute avec Alex, il sait s’y prendre lui, il la fait rire.

-         Mais lui c’est un artiste, il peint dans son salon. Je ne peux pas rivaliser dans son domaine. Il a dû réaliser son portrait, un truc du genre, j’ai su saisir ton moi intérieur. Et hop emballé, c’est pesé !

-         Je n’ai qu’une seule chose à te conseiller alors.

-         Ah oui, quoi ?

-         Emmène-là à la piscine, qu’elle voit tes pectoraux. Avec ton QI d’huître, tu ne peux compter que là-dessus pour la faire craquer.

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 18:47

 

 

 

  Consigne 67

 

 

C'est de saison direz-vous : l'automne, nous le vivons tous. Mais en parlons-nous vraiment, hormis sous forme des clichés sur la chute des feuilles, ou sur l'hiver en avance, ou bien les restes d'été, selon les jours ?
Et si nous redonnions sa vraie place à l'automne ?
Le principe de l'exercice est que vos récits (ou poésies) devront prendre place en automne, lui laisser l'espace pour s'exprimer tel qu'il est vraiment. Il devra influencer l'histoire, lui donner son "climat" (ambiance), guider les pas des personnages, et au final en devenir vraiment un, à part entière.

La fée lui a conseillé de se faire confectionner une robe couleur du temps, de lune et de soleil tout à la fois. Peau d’Ane n’a pas hésité, à ce papa gâteau, elle s’est adressée. Mais lui, le vieux rusé s’est vite tiré d’affaire. C’est une robe couleur de saison dont tu rêves, il a dit. Toute mordorée, avec des reflets pourpres et des brillants, des saphirs. Nous sommes en automne, ça m’arrange, je m’y colle. Vingt quatre heures suffiront.

-         Quant à l’étoffe tu vois, que l’on puisse s’y mirer, et que chacun s’y noie.

-         Qu’on y devine  la pluie, qu’on y sente le vent ? Un taffetas dont le tissu chatoie.

-         Si tu assemblais les feuilles des marronniers du parc derrière le palais. Il ne faut pas que ça gratte, que ça pique, que ça se déchire.

-         Et comment ! Froissons donc le tissu. Que ce parterre doré sur ta peau aimanté fasse que l’on t’admire.

-         Alors reproduis la tiédeur des jours, la chute progressive de l’ensoleillement.

-         Tu oublies les dégradés, du jaune paille à l’ourlet, au corsage de l’ocre éblouissant.

-         Tâche de penser au décolleté, qu’il annonce l’hiver et suggère l’été.

-         Où est le problème ? Un col haut sur la nuque, et la gorge échancrée.

-         Et les manches, quelle sera leur particularité?

-         Rondes comme des pommes, d’un marron de châtaigne, est-ce que cela t’agrée?

-         A la taille j’aimerais un ruban d’un ton plus nuancé.

-         Tes désirs sont des ordres, la couleur du raisin, du beau, de l’italien, est-ce que cela te sied ?

-         Il faut que l’on évoque  l’envol des migrateurs, leur merveilleux voyage au loin vers l’équateur.

-         Un accessoire discret, un sac triangulaire, au fermoir travaillé, pointu dans la hauteur.

-         Et cette odeur de terre, de champignons, venue du sol ?

-         Un parfum, un extrait ?  Les experts du Palais auront l’humeur frivole.

-         Sauras-tu m’envelopper d’un gilet lors des premiers frimas ?

-         Douterais-tu de moi ? En laine duveteuse couleur de mousse, il sera.

-         Et ma coiffure, de quels ornements comptes-tu la parer ?

-         Un bouquet de colchique à ton chignon fixé, sera d’un bel effet.  

-         Je ne pourrai pas te prendre en défaut, en somme !

-         Allons, ma vie est à l’automne et  ton bonheur comblé la rend moins monotone.

 

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