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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 10:00

 

 

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : A l’envers.

 

Alors là, ça m’a fait bondir. Parce qu’un sujet aussi personnel, aussi intime, fallait oser. Me demander quel effet ça fait d’être associée à une culotte, et me le demander comme ça, de but en blanc, c’était risqué. J’ai donc cherché en moi, au plus profond, en quoi consistait ma douleur. Pourquoi ce bouleversement tellurique dès qu’on aborde la question du retournement. Ca ne vient pas d’une enfance dramatique ou d’horreurs vécues à l’adolescence et enfouies dans d’obscures régions de mon cerveau. Ca ne m’évoque pas non plus un conflit au travail ou en famille. Cela vient-il de vous mes aminautes ? Est-ce que j’ai un problème avec vos commentaires tous plus amicaux et encourageants les uns que les autres ? Quand même pas !

 

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Seulement voilà, à l’envers chez moi, ça déclenche une petite sonnette. Comme une décharge, j’ai un sursaut. Parce que mon nom d’épouse c’est DECO… et non DAGO… BERT. Eh oui, riez, je vois bien que vous avez compris. Quand je l’épelle, on me demande si c’est en un ou deux mots. Comme si j’avais une tête à particule ! Quand on l’écrit, parce que j’ai dit : comme ça se prononce,  ça donne DEGOBERT ou DAGOBERT le plus souvent.  

Nous y sommes, le bon roi pointe son nez. Et avec lui, les plaisanteries douteuses du genre : tu as fait attention en t’habillant ce matin ? Qu’as-tu fait du bon Saint Eloi ? Mais ce nom là je l’ai emprunté, je ne suis pas née avec, j’ai donc appris à réagir. Et le plus souvent quand on me questionne je réponds : je ne porte pas de culotte !

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 17:34

Ils étaient déjà dans la rame lorsque je suis entrée. Mes oreilles ont bourdonné aussitôt, j’étais comme assaillie, assourdie. Ambiance de boite de nuit, personne n’écoutait vraiment personne, tout le monde gesticulait, piaillait, piaffait. Et ça tournait, sautait, levait les bras en l’air. Des bonnets, virevoltant comme des parapluies aperçus depuis le toit d’un immeuble. Des taches de couleur balancées mais impossible de voir dessous au premier abord.  Les accompagnateurs, des instituteurs je suppose, accrochés à la rambarde, bavardaient entre eux. Comme si depuis le temps, ils avaient trouvé une méthode pour converser en toute quiétude, un moyen de placer un écran entre eux et la classe sans perdre le contrôle.


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Alors toi tu habites à Belleville ?

Oh oui, c’est un quartier vraiment super et on y mange pour trois fois rien. Je connais un vietnamien, je te donnerai l’adresse.

Ca ne m’étonne pas, tu dois payer le repas au prix de l’entrée dans mon quartier. Allez les enfants, préparez-vous, on descend, à la prochaine.

Oh tu dois avoir raison, les quartiers de Paris sont tellement disparates. Hervé, cesse d’essuyer la vitre avec tes gants.

Lilou, s’il te plaît, écarte-toi et laisse passer la dame. Pour le resto, c’est quand tu veux.

 

Je me suis tournée vers les enfants, examinant leurs petits visages furtifs aux yeux brillants. Ils se tortillaient comme des anguilles sous mon regard, trifouillant  dans leur nez avec leur doigt. Les filles jouaient de la queue de cheval comme des danseurs marocains de leur fez. Elles restaient groupées entre elles, elles avaient tant de choses importantes à dire, tant de mimiques de starlettes à adopter. Les garçons se dispersaient, collaient leur museau contre les vitres ou sous le journal des voyageurs.

Tout ce petit monde est descendu, s’est déversé d’un seul coup comme l’eau d’un torrent. Et le silence s’est abattu sur nous, les voyageurs, qui nous sommes regardés, hagards, un peu perdus. Comme des personnages de bande dessinée, tout juste ébauchés, et auxquels il manque les bulles et les couleurs.

 

 

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 08:00

images (15)Je te connais, et je sais que tu boudes. Tu ne supportes pas mon regard sur ton ventre rebondi, mais tu ne fais aucun effort, tu ne m’écoutes pas. Tu es tout boursoufflé et quand je te palpe, mon doigt s’enfonce dans ta peau, c’est tout  mou, tout flasque, rebondi mais flasque.

Je suis désolée, je ne suis pas là pour te faire plaisir et dire ce que tu as envie d’entendre. Tu as abusé, tu en payes les pots cassés.  Je t’avais prévenu, fais du sport,  arrête le sucre.  Attends ! Tu ne sais pas te contrôler, dès que quelque chose te fait plaisir, tu l’acquières. Et tu ne lésines pas, tu n’aimes que ce qui est beau, bon, appétissant. Le diagnostic a été posé : tu es diabétique. Alors je vais te mettre au régime sec. Plus de geste incontrôlé, tu vas tout compter, tout mesurer. Allez, secoue-toi ! Je te donne la main, je te guide, je te surveille. On ne va plus se quitter toi et moi, ta courbe de poids va descendre. Et sans recourir à Weight Watchers on line, je te le promets. Je t’aime bien sûr, mais je te préfère mince et svelte, tu es beaucoup plus attachant, plus intéressant comme ça. Je me sens valorisée, comblée, capable d’aller au bout du monde avec toi à la main.

 

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Aujourd’hui, tu es rempli de pièces jaunes ou cuivrées et sans valeur, tu es lourd. Si je te pèse, pourtant, si je compte toutes ces pièces comme des calories, je sais que ça ne vaut rien. Si je ne vais pas loin avec ce pécule, je pourrais toujours te délester du morceau de sucre planqué dans l’un de tes compartiments.

 Lorsque je t’ouvrirai, que tu seras plat mais débordant de billets, une porte s’ouvrira sur tous mes possibles. Tu seras magnifique, je te vénèrerai. Tu seras mon Dieu…J’en fais un peu trop? Mais qu’est-ce que c’est capricieux un porte-monnaie. Allez, va bouder au fond de mon sac, je ne veux plus te voir.



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Pour répondre au défi lancé par ENRIQUETA:

Qui n'a jamais aimé un objet démesurément (et pas seulement quand vous étiez enfant) ? Qui n'a jamais cru qu'une machine pouvait avoir une personnalité ? Qui n'a jamais personnifié un objet (en lui donnant un nom par exemple) ? Qui n'a jamais parlé à une machine ?

Choisissez un objet / une machine et racontez-nous sa vie humanisée et ses relations avec vous (ou avec un autre humain) qu'elles soient positives ou négatives.

Défi n°74 Pour les Croqueurs de mots : objets inanimés avez-vous une âme ?

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:24

A la manière de : bref ! Ceux d’entre vous qui ont Canal plus, regardent le Journal de Michel Denisot et sa séquence Culte : Bref ! me comprendront. Pour les autres : tout est dans le ton, et dans l’absurde.

 

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Bref ! Hier soir j’ai organisé une crêpes-partie.

J’avais acheté du lait, des œufs, de la farine.

On fait mini, pour l’apéro j’ai dit : tomates cerise, olives, trois cacahuètes.

Jojo a dit : moi j’aime ton cake au jambon.

Bref j’ai dit : pas cette fois, après t’auras plus faim pour le reste.

Ouais, a soupiré Jojo. Ca va pas être marrant ta soirée.

J’avais acheté du fromage, des champignons, de la charcuterie.

Sa copine avait déjà préparé vingt crêpes quand Jojo a dit :

T’aurais dû poser le fromage et des champignons et couler la pâte par-dessus, c’est meilleur.

La copine et moi on s’est regardés. Bref ! Je crois que j’ai un ticket avec cette fille.

La copine  a recommencé. Elle a failli se brûler, je lui ai fait un pansement, elle m’a inscrit son 06 sur le carton des œufs.

Jojo a râlé : t’as pas autre chose à mettre dans les crêpes et puis ça manque, ton cake au jambon.

Bref ! J’ai dit : t’as qu’à voir dans le frigo.

Sa copine et moi on s’est roulé une pelle.

Jojo est revenu avec du persil  de la pancetta, et de l’ananas.

L’ananas c’est pour tout à l’heure, quand on passera au sucré, j’ai dit.

Jojo a dit : là, j’ai envie de sucré.

Avec le persil, j’ai dit ?

 Ouais.

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Lulu a dit : Jojo franchement t’exagères !

A la copine il a dit : j’sais pas comment tu fais avec ce type.

Je l’ai regardée. On s’est regardés.

Jojo a dit : t’as pas du rhum ?

Dans la cuisine, je te dis !

Bref, j’ai glissé ma main dans la chemise de la copine.

Jojo est revenu avec la confiture, le sirop d’érable. Et le rhum.

T’as plein de trucs, il a dit, pourquoi tu les caches ?

J’allais pas lui avouer que c’était pour qu’il me laisse avec sa copine.

On s’est goinfré de crêpes, on a bu du cidre, Lulu et Jojo ont failli se taper dessus pour des bêtises, la copine a dit j’en ai marre, j’me tire.

Bref !  J’ai organisé une crêpes-partie et j’ai volé sa copine à Jojo mais dans l’ensemble, ça m’a soûlé !

Jojo a dit : la prochaine fois, tu nous fais ton cake au jambon.

 

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 10:00

 

 

 

Manet Rochefort Orsay

 

L'évasion de Rochefort (1880)

 

 

Casse-tête cette semaine chez Sherry: En transparence.

 

 

Si j’essayais de  me mettre à sa place, si moi, la béotienne, je prétendais deviner comment Manet a plaqué  la transparence des flots sur sa toile. Une toile vierge, une esquisse au départ, le choix minutieux de l’emplacement de la barque. L’œil doit être attiré par les personnages, leur petitesse dans l’océan immense. L’œil doit être hypnotisé par les vaguelettes claires, laiteuses, par leur clapotis, jusqu’au vertige, jusqu’au mal de mer.

 

Ensuite une couche de peinture bleue pour le fond,  très fine, on doit deviner le dessin au travers. Puis j’insisterais sur  les zones sombres, la ligne d’horizon à l’arrière-plan, le triangle de touches  bleues foncées à l’avant de la barque. J’appliquerais du blanc avec un tout petit pinceau, sur ce grand vide au premier plan, de la lumière, de l’éclat. Puis toutes les nuances de couleur, bleu cobalt, verts clairs et sombres pour le mouvement. Un peu de brun, d’ocre ou de rouge délayé tout là-haut, tout au fond. Des gris, des noirs pour  accentuer la brillance. Devrais-je tapoter la toile avec un gros pinceau derrière la barque et devant elle, pour simuler les embruns ?  Clair, foncé ? J’augmenterais les contrastes, créerais des silhouettes comme le bateau dans le fond, pour la symétrie, pour l’infini, la solitude.

Donner de la profondeur, du réalisme par le souci du détail, des vagues ourlées, tournoyantes. Je zoomerais sur un personnage dans la barque.  Je rendrais compte de sa  fragilité, de sa peur. Car l’océan est clair en surface, avec ses reflets changeants,  noir en profondeur, abyssal.

 

Pour achever de happer les regards, qu’ils se noient dans la transparence, et pour entretenir l’illusion, le trouble, je vérifierais l’harmonie des couleurs, les ombres, les lumières, les brillances, la texture fluide, impalpable, de l’eau. Et j’apposerais la touche finale, ma signature.

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 10:00

Il m’arrête alors que je sors de ma Twingo.   "C’est chouette hein comme voiture, on se gare n’importe où avec ça, dit-il. J’en ai une moi aussi, pas ce modèle, celui d’avant un peu plus rond qui lui donnait un air de gros bébé. Je vais partout avec ça, c’est que c’est cher maintenant les voitures, et vu le prix de l’essence..."

Il porte un blouson ouvert sur un gros pull marron à col roulé et un jean. Il a les cheveux gris et le sourire d’un homme à la quarantaine lisse. Il ne se complique pas la vie. Les rides sont dessinées pour lui donner de la profondeur, le rendre crédible.  De près, ça à ressemble du maquillage, elles ne sont pas creusées, tout juste à peine esquissées. Ses dents brillent comme des gouttes de lait. Je l'aperçois dans le quartier depuis un moment déjà. Je sais qu'il n’est pas marié, n’a pas d’enfant, exerce un job pépère. Il arbore une boucle à l’oreille gauche. Dans ce matin brumeux qui promet la pluie, un peu de brouillasse dans laquelle le soleil a délayé  un rayon pâle, il semble heureux, il a l’air jeune, insouciant. Je me demande quelle est sa vie,  a-t-il une compagne, un compagnon peut-être? Je me demande ce qui le motive, quels sont ses amis, ses loisirs, ses sorties.

Je m’interroge sur moi, cette curiosité malsaine qui voudrait que ça cache quelque chose, cette existence douce, sans aspérité, ce personnage dont rien dans l’allure ou le contexte familial n’accroche, ne dérange, ne montre une difficulté ou une souffrance. Je ne devine aucune faille. Pourtant il doit bien y en avoir une.

 

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Et je me dis qu’il ne camouffle rien, il relativise. Les choses n’ont que l’importance qu’on leur accorde. Lui est joyeux de nature. Campé devant moi et les jambes légèrement arquées, il me dépasse d’une tête. Il a le regard clair, son œil pétille comme s'il me faisait une farce. Ou allait disparaître dans la brume tel un lutin.

Il me quitte sur une pirouette : "je n’ai pas les moyens de changer de voiture, ou alors dans dix ans peut-être, je prendrai une voiture à pédales !" Son petit rire sec résonne à mes oreilles comme un grelot.

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 00:00

Puisque tu m'obliges à la solitude, je me réfugie dans ma carrière aux "vampires". Assis en tailleur, à même le sol, je soulève de la poussière blanche avec mes chaussures. Je me détache, je dénigre, je détruis l’idole. J’essaie, Bon Dieu, j’essaie. Et j’éternue, la craie emplit mes poumons. Il y a une niche creusée dans la roche au loin et qui borne le regard. C’est un repère que je m’impose. Il est incontournable. Je n’irai pas voir à l’intérieur. Je ne dérangerai pas les chiroptères. Ils hibernent, immobiles, depuis le début de novembre. Je préfère les imaginer dans leur cache, froide, humide, sans courant d’air. Ils sont en léthargie, leur cœur bat lentement. Leur température interne est tombée à quatre degrés. Enveloppés dans leurs ailes, ils referment leur manteau. Combien de temps vivront-ils ainsi, protégeant les membranes de leurs ailes et leurs oreilles, fines comme du papier ?

 

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L’amour m'a donné de grandes ailes ouvertes. J’ai des périodes délirantes au cours desquelles je me sens invincible. Je suis capable d’exécuter des rotations, des ellipses dans les airs, d’inventer des joutes horizontales, de déployer un manteau de chair qui  apaisera le corps de ma bien-aimée, comme les membranes de ces renards volants, compagnons de ma retraite, s’étalent et se plient sur leur fourrure duveteuse et engourdie. Mais elle se débarrassera de moi quand elle le décidera. Un jour elle en aura la volonté. Je ne suis ni aveugle, ni sourd, je l’ai parfaitement compris.

 

Combien de temps vais-je tenir, apprivoisant la peur ? Quand ressentirai-je une sorte d’harmonie, d’unité, d’équilibre ?  Je ne veux plus voir les fantômes projetés sur les parois de la cavité par  la flamme de ma lampe à pétrole. Ces spectres m’épouvantent. Ils me renvoient l’odeur de soufre de nos ébats. Tu ne t’es jamais offerte. A aucun moment tu n’as baissé la garde, ouvert une brèche dans ton cœur. Je n’ai pas osé t’imposer mon  amour. Tu aurais compris que ma rage, ma violence, mon désir ont atteint un paroxysme, que je suis aliéné. Actuellement, je ne suis pas seul, je ne dois pas déranger mes amies, les chauve-souris. Je ne vais pas hurler.

 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 10:39

Je viens d’achever la lecture difficile (pour moi), de « Mondo et autres histoires », de JMG Le Clézio.  L’écriture est limpide, l’exploration par des enfants de la nature et ses mystères minutieuse, le fantasme et l’onirisme sont très présents. Par moments, on s’imagine volant avec l’auteur vers des univers parallèles où tout  n’est que beauté, où l’on oublie sa peur.

 

Mais pour moi qui suis incapable de fixer mon attention trop longtemps, c’est beaucoup trop détaillé, fouillé. L’exploration des nuages et des bruits venant de la terre, les chuintements du vent incitent à l’évasion. Et je m’évade dans mes pensées. Je décroche du texte et, un ou deux paragraphes plus loin, je m’aperçois que j’ai perdu une partie de l’histoire. Alors j’essaie de revenir en arrière. Mais je bâcle, et je lis plus vite encore pour dépasser l’endroit où je m’étais réveillée.

J’ai des morceaux d’histoire, des gorgées d’émotion pure, d’ivresse, et des passages à vide. Alors je me lève, je me fais une tasse de thé, je mange un fruit ou je sors.

 

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Dehors, le ciel est bas, gris, vide de nuages. Ou trop plein. Il pleut des gouttes sur mes lunettes. Les flaques d’eau polluée sur le goudron n’ont rien à voir avec les sols détrempés de Le Clézio. J’ai beau lorgner sur mes bottes, je n’aperçois que d’autres pieds sanglés, et des amis à quatre pattes. Nul petit rongeur, ou scorpion laissant ses traces comme de petits cheveux sur le sable.  Le temps est étonnamment doux pour un début de janvier. J’enlève mon écharpe tellement j’ai chaud, malheureusement ça n’a rien  à voir avec la douce chaleur des rayons d’un soleil caressant et déversant une lumière irréelle. Je marche, j’ai chaud c’est tout. Pourtant, ça vient peu à peu, une sorte d’apaisement, de délassement. Comme si ma lecture influait sur mon mental. Comme si l’on pouvait mettre en  parallèle  des mondes différents et éprouver des sensations identiques. Comme s’il ne suffisait de presque rien. Un bon livre même difficile, pour partir, ailleurs, et se sentir bien, ici. Je rentre, il est temps. 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 10:00

Pour  illustrer le casse-tête  de Sherry cette semaine : ASIATIQUE, je me suis inspirée d’un article trouvé sur le net. Marie Pierre Noguez  dans L’Usine Nouvelle N° 2875.

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J'ai un job de gagnant dans cette entreprise, j’ai complété ma formation de base par l’achat de deux bibles du management et de la stratégie : l’Art de la Guerre de Lao Tseu et le Traité des cinq anneaux de Misashi. 

Et dans ma vie privée pour décompresser, pour compenser, j’ai besoin de me détacher des valeurs matérielles, de dépouillement. Alors j’ai découvert le Boudhisme.  Je me sens en accord avec cet individualisme religieux, la souplesse qui l’accompagne, la tolérance, l’absence de formalisme.thumbnail--4-.jpg

J’ai envie de me soigner par les médecines naturelles aussi. L’acupuncture, le Feng Sui, le Shiatsu, le yoga tant de disciplines, de choix de vie! Et si j’essayais les arts martiaux. C’est fou ça, je me lance un peu dans toutes les directions. Mais comment rechercher le bien-être, l’harmonie, comment rester zen.  C'est ma quête identitaire, ma croisade. J’aimerais faire cohabiter mon yin et mon yang sans trop de heurts.

 


A la maison, je m’initie à la cuisine au wok et j’ai acheté un livre de recettes à la vapeur. Sur la tablette, à côté de la cuisinière, j'ai ajouté de l'huile de sésame, du nuoc mâm, de la sauce soja. Dans mon réfrigérateur, il y a du lait de soja et du tofu. Je vais tenter les sushis ce week-end, je viens d'acheter du thon et du saumon frais.  Et puis je bois du thé vert toute la journée.

 

 

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Mes sorties ? Le Musée Guimet tout d’abord, arts et traditions asiatiques. Je dois absolument voir l'exposition sur le maîtres calligraphes contemporains du Japon.     Puis le ciné, je ne rate aucun film de Wong Kar Waï depuis « In the mood for Love ». Un film qui parle d'amour, d'adultère et... d'autocuiseur. A la maison je lis des mangas depuis peu. Ca me rajeunit et ça me décoince un peu, cette idée du double qui a des allures de bombe sexuelle.

 

 

 

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Et je ne vous raconte pas mon goût pour les kimonos et  les icônes de la mode asiatique. Des vêtements droits, lisses, de la soie. Prêts du corps, aux lignes épurées, mon rêve! Je ne sais pas  si c’est moi, est-ce que j’en fais trop ? Est-ce que je vais me lasser ?thumbnail--5-.jpg

 

Je suis la tendance et je m'épanouis comme ça. J'ai commencé un cursus universitaire en langues O. Cet été je parcours la Chine, j'ai tracé mon parcours à l'aide du Routard. Je impliquée vraiment, je suis une caricature.

 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 10:00

 

 

 

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Delphine Gay est née en 1804, la même année que George Sand, à Aix-la- Chapelle. Fille de Sophie Nichault de la Valette, dont les parents ont été ruinés par la révolution, et d’un homme de finance, elle fait son entrée dans le monde en 1822, dans les salons du faubourg  Saint Germain. Elle déclame des poèmes devant Nodier et Hugo et devient vite célèbre, admirée par Goethe et par le roi Charles X.  Elle publie des essais poétiques en 1824 et 1825. Lamartine écrit en la voyant  contempler une chute d’eau : «  elle avait les joues pâlies par l’émotion du spectacle et un peu déprimées par la précocité de la pensée. Et sa voix complétait son charme : elle avait l’accent des poètes avec la bienséance de la jeune fille ». Elle fréquente les plus beaux noms d’Europe, est accueillie en Italie en 1827 et couronnée au Capitole.

Sa situation est délicate, elle est à la fois femme publique c’est-à-dire qui publie, et fille à marier. De plus elle déclame ses vers avec des accents de tragédienne. Cela met ses contemporains  mal à l’aise. Elle n’a pas de dot et la mère d’Alfred de Vigny lui refuse le mariage avec son fils. Mais elle est l’amie des romantiques. A la première de Hernani, en 1830, Gautier (photo)  la décrit comme une apparition dont le charme suspendit le tumulte et provoqua les applaudissements des jeunes gens.

 

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Sa chance est la rencontre avec Emile de Girardin, photo ci-dessous,  qu’elle épouse en  1831 à vingt- sept ans. Ensemble ils conquièrent la Société par l’entremise des journaux pour « l’ambition personnelle et l’utopie sociale ». A cette époque E. De Girardin a fondé «  Le voleur »,1828, et «La Mode »,1829. Tous les jeunes talents y écrivent  des articles: Dumas, Karr, Sue, Balzac, G. Sand

 

 

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Il crée ensuite le « Journal » et l’ «Almanach de France ». Et la « Presse » en 1836 dans lequel Delphine tient la chronique « Courrier de Paris » sous le nom de Vicomte de Launay. Le Vicomte raconte l’érection de l’obélisque place de la Concorde, tient les lectrices au courant des tendances de la mode, chapeaux, manches bouffantes ou ajustées, dentelles, plis, volants. Va écouter l’Opéra, applaudir Rachel au théâtre français, frissonne à la Porte Saint Martin, rit aux Variétés. Contemple le défilé de Longchamp, mange des glaces chez Tortoni, assiste aux séances de l’Académie française. Visite le salon de peinture, les expositions de produits de l’industrie. Détaille les toilettes dans les bals. Delphine de Girardin exprime ainsi son sens comique.

 

 

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Le vicomte de Launay évoque une société parisienne, un ensemble de phénomènes vestimentaires, de bonnes manières et la présence de personnes éminentes dans tous les domaines. Delphine de Girardin admire l’ancien régime, elle écrit à la mort du roi Charles X en 1836 : « Nous pleurons le roi de la France chevaleresque, brillante et poétique, de la France dame de qualité,  de la France enfin qui n’est plus ».  Aujourd’hui le vaisseau de l’état est «  un lourd bateau à vapeur, chargé de charbon et de pommes de terre, partant à heure fixe, arrivant à jour fixe au port qui lui est assigné… »  Elle apprécie donc peu, la monarchie du roi Louis Philippe plus bourgeois qu’aristocrate et se plaint de la dégradation des mœurs. Au mariage du prince d’Orléans en 1837 elle écrit : « Quelles sont toutes ces femmes dans les voitures de suite Quels vieux chapeaux ! Quelles robes fanées ! ».

 

Delphine Gay est aussi connue pour son salon au 41 rue Laffite, à Paris puis dans l’Hôtel  Marbeuf  sur Les Champs Elysées. Elle reçoit ses intimes tous les soirs mais sa soirée de réception où l’on fait de la poésie et de la musique  se tient le mercredi. Elle ne supporte la médiocrité, il faut se distinguer par la naissance, ou posséder un talent réel. Elle convie Gautier notamment, en lui disant que le but de la soirée est de prendre des glaces et de dessiner des girafes.  Après l’Opéra ou avant d’aller dans le monde, entre onze heures et minuit viennent Lamartine, Hugo, Balzac, Musset… Mais aussi des politiques tel  le ministre Guizot, le préfet de police Delessert, un homéopathe à la mode, le docteur Cabarrus. Le couple De Girardin réunit charme, talent, pouvoir, influence, intelligence et humour. La caricature ci-dessous montre Balzac à gauche et Hugo à droite à l'une de ces réceptions.

 

 

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Delphine de Girardin meurt d’un cancer en 1855, à l’âge de cinquante et un ans, soit cinq ans après Balzac. George Sand a encore vingt et un ans devant elle.

Ses œuvres de fiction les plus connues sont : le marquis de Pontanges 1835, Contes d’une vieille fille à ses neveux 1832, La canne monsieur Balzac 1836, Il ne faut pas jouer avec la douleur, 1853.

 

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Si je parle de Delphine de Girardin aujourd'hui, c’est que certains de nos contemporains me la rappellent. Ils font très parisiens ou distingués, ont ce côté "grande bulle du grand monde".  Ainsi Inès de la Fressange est son double  de mode et Fanny Ardant la tragédienne. Elle prête sa plume à Sophie Fontanel de l’hebdomadaire ELLE, très rigolote sous le pseudo de Fonelle et prie Nadine de Rothschild  de nous inculquer les bonnes manières. Elle décide de nos soirées intellectuelles en imposant certains noms aux directeurs de chaînes en fin de semaine : Pivot, Drucker, PPDA ou Beigbeder. Il ne me vient pas de nom féminin à l’esprit dans ce domaine, et je le déplore…

 

 

SOURCES : Wikipédia, LAVIE ELEGANTE par Anne MARTIN-FUGIER, Editions FAYARD.

 

 

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