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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 17:52










Cher Père Noël,

 

 

Si tu faisais l’effort de comprendre ne serait-ce qu’un instant, tu cesserais de remplir ta hotte, ton traîneau et d’atteler ton équipage de rennes musclés. Tu resterais chez toi bien au chaud.

Toutes ces personnes qui se glissent dans ton costume, déambulent dans les grands magasins et intimident les enfants quand elles ne leur font pas carrément peur, ça ne t’irrite pas ? Moi, ça m’agace, c’est comme si ma voisine de palier se pavanait  dans ma doudoune René Dhéry,  me piquait mes Géoxx, et frimait avec mon sac Lancel. Enfin je dis ça, sans façon, tu me connais j’ai des goûts simples. Et puis je me pose des questions, tous ces copieurs, ils te versent des royalties ? Et puis quand tu poses dans les magazines, sur les cartes postales et les calendriers, quand il suffit d’un clic sur internet pour te voir apparaître, es-tu  grassement rémunéré ? Je me demande pourquoi, dans ces conditions, il faut que je mette la main à la poche en cette période festive. Tu devrais tout prendre en charge comme la sécurité sociale. Je suis certaine que tu ne sais pas ce qu’est un déficit.

A ce propos abordons le chapitre délicat de ta santé. Je sais que tu es vacciné contre la grippe, à ton âge, c’est gratuit. Mais en ce qui concerne ton cholestérol et ton diabète, tu prends des précautions ? Qui est ton médecin référent, j’espère que tu ne comptes pas trop sur le grand Maître de l’Univers, il a trop à faire avec la faim dans le monde et la crise économique. Il est en train de tester des médicaments dans son laboratoire de chimie, mais il va falloir du temps pour les faire approuver. Quand on sait ce que les gens pensent des génériques, ça ne va pas être du gâteau ! Tu vois bien que tu es trop fatigué, trop malmené par des années de galipettes à l’intérieur des maisons.

D’ailleurs comment fais-tu pour glisser comme un gardon le long des cheminées, crapahuter de mur en mur, escalader des haies, des clôtures et des balcons avec l’agilité d’un Tarzan ? Est-ce que tu te choutes à la DHEA ? Est-ce que tu te fais un petit fixe ? Quel exemple pour nos ados !

As-tu pensé à la planète ? Tous ces paquets, cartons, ficelles, papiers et autres sapins plus ou moins dégradables que tu nous obliges à confectionner ou décorer puis à entasser et jeter à la poubelle, c’est un vrai cauchemar. Et encore que moi j’ai des chats, pour eux ce sont de vrais cadeaux de Noël !

 

Je ne vois qu’une seule raison à ton entêtement, tu détestes les enfants. Tu les fais tourner en bourrique durant un mois avant les fêtes, tu leur fais écrire des lettres que tu ne lis même pas car ce sont les membres de ton fan club qui leur répondent. Tu hantes leurs rêves la nuit et tu sers d’appât. Ainsi des parents ordinaires et malléables le reste de l’année, deviennent d’intraitables tyrans à cette époque et obtiennent sagesse et régularité scolaire avec une efficacité surprenante. C’est pourquoi, Bonhomme, je te prierai de t’abstenir cette année. Ou alors pointe le bout de ton bonnet vers la mi janvier, au moment des soldes, que j’ai au moins une compensation financière.

 

Enfin, c’est pas que je fayotte mais bon si tu pouvais passer, comme ça, subrepticement, sur la pointe des bottes, déposer quelque chose à l’appart, je t’ai laissé une petite bafouille un peu plus gentille, j’ai de la pudeur moi, je ne veux pas que tout le monde puisse lire. Parce que tu sais JE T’AIME QUAND MEME….

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 21:21

CONSIGNE 58

10 mots vous sont proposés cette fois-ci, et il faut les utiliser "tous"... mais chaque mot est à choisir parmi 4, un mot principal et trois synonymes, tels que l'on peut les trouver dans le dictionnaire en ligne du CNRS et de l'Université de Caen.

Certains mots pouvant avoir de multiples sens, les synonymes peuvent partir dans plusieurs directions. Et c'est justement là que cela devient amusant, car les sens imposés par les mots sont multiples, et il y a fort à parier qu'aucun texte ne ressemblera à un autre, ce qui est bien le but de cet exercice.

Si le coeur vous en dit, vous pouvez aussi vous constituer 4 listes (chaque liste prenant un mot différent de chaque groupe, mais pas besoin de prendre tous les premiers, tous les seconds, etc... vous avez toute liberté pour composer vos 4 assortiments), et écrire sur chaque, soit quatre textes différents, soit un texte en 4 parties.

Voici les groupes de mots parmi lesquels vous devez faire votre choix :

  • présence, compagnie, fraîcheur, régularité
  • compas, boussole, jambe, règle
  • gémir, murmurer, réclamer, ronchonner
  • fidèle, adepte, constant, immuable
  • convaincant, décisif, persuasif, péremptoire
  • loup, bête, masque, rusé
  • rapide, chute, éphémère, fugitif
  • parallèle, clandestin, recoupement, tranchée
  • courbe, arabesque, cambrure, diagramme
  • tendre, converger, graviter, écarteler

 

TOURBILLON

En sa présence, je perds la boussole et la notion du temps, de l’espace. J’en oublie toutes mes résolutions et  ce serment de fidélité, proféré des larmes plein les yeux en ce jour merveilleux, dit du mariage. Mon corps réclame, sa bouche, ses yeux, le contact de sa peau. Et lui sait se montrer convaincant, arbore le masque d’un prédateur, prône les bienfaits d’un relation éphémère, d’un amour clandestin. Il use de circonvolutions et d’arabesques, il me noie sous un flot de paroles doucereuses et je me sens écartelée entre ce que je  m’oblige à nommer bluette et l’amour de ma vie.

LE CIMETIERE

J’aime m’y promener l’été en compagnie des chats qui se sont rendus maîtres des lieux. Je règle mon pas sur leurs déambulations constantes à travers les allées ombragées. Ce sont des manipulateurs rusés car ils font exprès de s’approcher afin d’engager une conversation persuasive, je dois comprendre ils ont faim. Et puisque je n’ai rien apporté, ils se montrent ronchons. Leur fuite est rapide au détour des sépultures et des marronniers. Parfois tapis au fond d’une tranchée nouvellement creusée, ils aplatissent leurs courbes félines et tendent les oreilles à mon passage. Et si cette fois était la bonne, si j’avais avec moi un sac de savoureuses croquettes…

LES ENFANTS

Ils ont la fraîcheur et la spontanéité des débuts de la vie. Leurs jambes ne savent que trotter et bondir, et parfois patatras c’est la chute. Alors bien sûr, on gémit, on pleure et on se précipite dans les bras des mamans, c’est immuable. Quand ils jouent au loup, ces coquins adoptent la cambrure féroce de l’animal  et convergent  de manière décisive vers les proies les plus faibles avec des grimaces effrayantes. Ils ont un comportement parallèle à celui qu’ils adopteront plus tard, dans les défis de l’existence.

LES PREDICATEURS

Ils tiennent des meetings avec une régularité sacerdotale. Ils se lancent dans des harangues péremptoires, afin de séduire les adeptes qui gravitent dans leur entourage et de rattraper les fugitifs.  Comme des professeurs maniant le compas et élaborant des diagrammes au tableau, ils parlent haut, fort, bannissant les murmures. Je dirais qu’ils poussent des cris de bêtes dans certains cas et  par recoupement qu’ils hurlent comme  des loups les nuits de pleine lune.

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 22:08

Exercice sur le même principe que celui des titres de chansons d'Hubert-Félix Thiefaine et celui des chansons d'Indochine.

Sur cette liste de 20 titres je vous propose d'en utiliser au moins 15.

  • les ailes rouges de la guerre
  • la multiple splendeur
  • les blés mouvants
  • Toute la Flandre
  • Les heures d'après midi
  • Les visages de la vie
  • Les villes tentaculaires
  • Les soirs
  • Les flammes hautes
  • Les bords de route
  • les moines
  • Les vignes de ma muraille
  • Les campagnes hallucinées
  • Les débâcles
  • Les douze mois
  • Les flambeaux noirs
  • Les villages illusoires
  • Les apparus dans mes chemins
  • Les forces tumultueuses
  • Les heures claires

73 - Ecriture sur image (Michel)


Une image un peu particulière vous est proposée cette fois-ci... inspirez-vous en librement, quelle que soit la direction où vous emmène votre imagination, elle sera bonne :-)


Et puis, si cela vous frustre de résumer l'image à une seule interprétation, vous pouvez revenir autant de fois que vous le souhaitez !

 

 

 

Ces mains-là me font penser au « Saule » D’Emile Verhaeren. Il s’agit d’un poème que j’avais appris à l’école en CE2, je crois, en partie. Et jamais oublié depuis. Alors j’ai supposé qu’en empruntant ses mots à Verhaeren (consigne 47), et en divagant sur l’image, (consigne 73), l’inspiration viendrait.

Le saule de Veraheren est un vieil arbre, noueux comme le sont les visages de la vie à leur déclin. Il paraît fragile et destructible ainsi que cet ensemble de mains superposées formant des épis de blés mouvants. Mais enchevêtrées et s’élevant telles des villes tentaculaires, ces pinces promptes à bondir ont des forces tumultueuses. Elles ont l’air de buter contre des chocs, telles des jets de lumières face à des flambeaux noirs. Ce sont autant de flammes hautes  se dressant les soirsles ailes rouges de la guerre se font menaçantes.

Au temps des débâcles dans les campagnes hallucinées, elles sont le symbole des heures claires à venir. Ces heures d’après midi où dévoilant leur multiple splendeur , elles s’éloignent et se rapprochent les unes des autres et dansent à engendrer un vertige, à créer un mirage. C’est pourquoi, je crois distinguer en leur creux des villages illusoires nimbés de lumière et grimper le long des bras qui les soutiennent les vignes de ma muraille.

Elles sont la vie dans sa mouvance, dans son éclat, dans son mystère. Elles sont la résistance, la persistance. Elles sont  Le Saule de Verhaeren, l’arbre de vie.

 

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