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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 13:27






Je viens d’achever la lecture d’un recueil de nouvelles : « Petites faiblesses inavouables » de VERONIQUE FISZMAN aux éditions Leo Scheer. J’ai apprécié le ton narquois, moqueur, impertinent, désabusé. J’ai adoré ses phrases courtes, simples. Ses remarques font mouches. Et surtout les personnages sont les gros lourds qu’on croise au quotidien. Ce sont vous et moi, avec nos préjugés sur les riches, les pauvres, les juifs, les blacks, la zone et les gens bien.

 

Je dresserais bien ma liste perso de lâchetés pas jolies, jolies. Je la placerais là sur mon blog mais j’hésite. D’abord ça ne regarde que moi, le principal est que je m’en rende compte et tente de me corriger. Et puis écrit comme ça sur l’écran, tout me paraît criminel. Ou alors c’est du charabia, comme d’entendre Bruel commenter un match de Poker sur Canal. Des petites mochetés, moi je ne peux pas en avoir fait. D’ailleurs si j’interroge les autres, autour, ils  jugeront que je suis quelqu’un d’honnête, franc et loyal.

Plus encore, je suis intelligente donc je sais où se situent les limites. Je ne dépasse pas. Ou si peu. Et je suis la modestie incarnée. En douteriez-vous ?

Si vous affirmez le contraire, c’est par méchanceté, d’ailleurs vous n’êtes pas très malins dans l’ensemble. Je n’attendais pas grand-chose de vous.

Au début je vous trouvais sympathiques, je vous aurais offert le restaurant ou une place de concert sans me poser de questions. J’aimais bien votre compagnie. Mais là, à vous écouter dire que … parfois… je peux être mesquine… Je ne veux plus vous voir. Non, je rigole, mais pourquoi vous faites cette tête ? Allez, je vous offre un verre.

 

Non, pas ce soir. Je suis mal, c’est à cause de ce que vous avez colporté la semaine dernière. Moi, j’aurais critiqué vos amis ? Qu’est-ce que vous avez à parler de moi comme ça derrière mon dos. C’est dingue ! Vous vous êtes passés le mot ou quoi ! Consulter un psy, mais je ne suis pas malade. Il faut juste que je me blinde, que je ne me laisse pas déstabiliser par les idiots qui m’entourent, que je les fuis. Tous des imbéciles. J’ai le cœur vide, je ne ressens rien pour mon prochain.     

 

Tout ça pour dire qu’il y a une palette de travers à combattre en nous, il y a le narcissisme, la perversion, l’indifférence aussi. La vigilance consiste à de ne pas tomber dans ces excès et d’avoir l’œil, toujours. Près de nous quelqu’un est peut-être dans la peine.  

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 09:24

 

 

Il y a des périodes où je me comporterai bien en ASSASSIN, je me saisirais d’un POIGNARD pour TE SCALPER, t’EGORGER  et te mettre les TRIPES à l’air. Tous les ravages que tu provoques me conduiraient directement au CRIME. Oh tu peux te cacher, ruser et disparaître de temps en temps, tu peux installer le manque dans l’espoir de diminuer ma fureur. Mais ne t’en fais pas, je cogite, j’échafaude des plans machiavéliques. Il est question de NAPALM et D’IMMOLATION, D’HEMOGLOBINE et d’EVENTRATION. L’appartement est un champ de DEVASTATION, mes fauteuils LACERES, mes bibelots MASSACRES, toute mon intimité VIOLEE, le mot n’est pas trop fort, même lorsqu’il s’agit de toi ; ce spectacle m’oblige à réclamer ton SCALP et le GENOCIDE de tes congénères.

 

Mais je suis faible. Il suffit que tu te montres, que tu ME CALINES, me frôles ou me CARESSES pour je rende les armes. Je n’ai envie que de TENDRESSE et de BAISERS, de JOUIR d’une paix retrouvée. Tu sais y faire et tu calcules tes moments. C’est quand elle débarque à l’improviste, qu’elle DEFONCE la porte du studio, que tu t’imposes. Le spectacle de nos ébats quand je l’ENLACE, de nos ETREINTES avec toi au milieu, qui nous observe de tes petits yeux fixes, offre l’image d’une SYMBIOSE parfaite. Mais combien de fois ai-je eu l’intention de te PIETINER et de te jeter par la fenêtre !



Ce texte répond à la consigne: 

31 - Mots imposés (Kildar)

Kildar propose cette fois une liste de mots qui, comme les précédentes, fera sans doute réagir nombre d'entre vous.
Sur les 25 mots, il est demandé d'en utiliser au moins 15 pour construire votre texte, mais l'idéal est bien entendu de les utiliser tous...

Assassin - Crime - Viol - Défoncer - Lacérer - Immoler - Dévastation - Poignard - Napalm - Hémoglobine - Tripes - Eventration - Egorger - Piétiner - Scalp - Génocide - Massacre - Baisers - Caresse - Tendresse - Câliner - Etreinte - Enlacer - Jouir - Symbiose

 

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 11:27


Puisque nous parlions des femmes et de leur journée, il n’y a pas si longtemps, j’ai eu envie de vous faire découvrir cet article paru en septembre 1957 dans un journal marocain de langue française. Il s’agissait d’un article destiné à l’époque aux femmes françaises installées dans le pays. Quelles seront vos réactions ? Penserez-vous mesdames que les temps ont changé, et en bien, ou souhaiteriez-vous avec une larme à l’œil que l’on revienne à des principes d’un autre temps, pour certains ?

 

LES SECRETS DU BONHEUR par Gisèle D’Assailly

COTE HOMME

Sachez avoir de l’autorité sur votre femme sans toutefois la traiter comme une esclave.

Sachez lui faire des compliments et de petites déclarations.

Tachez de « voir » le chapeau ou la robe neuve qu’elle étrenne en votre honneur.

Sachez lui rapporter un bouquet de fleurs à l’occasion, son parfum préféré le jour de sa fête.

Si vous voyez qu’elle a un désir, n’attendez pas trop pour le satisfaire s’il est dans vos moyens. Un objet trop longtemps attendu se fane comme une fleur sans eau.

Renoncez à cette habitude de trouver toujours meilleurs les plats que l’on vous sert hors de chez vous… A moins que vous n’ayez pour femme une déplorable maîtresse de maison, ce qui est assez rare.

Si elle est excellent cordon bleu mais qu’elle garde parfois une odeur de cuisine sur les mains, ne lui dîtes jamais, tu sens le graillon. Conseillez-lui des gants en caoutchouc en lui expliquant que vous aimez ses mains et donnez-lui de l’eau de toilette.

Si vous désirez vous occuper d’une autre femme, ce qui est bien vilain, que ce ne soit jamais devant la vôtre, ni d’une manière ostentatoire qui permettrait à la première venue de plaindre « votre épouse ».

Sachez avoir pour elle toutes les prévenances auxquelles toute femme a droit. Dérangez-vous pour lui avancer un fauteuil, lui ramasser son sac, lui allumer sa cigarette.

Ne lisez pas le journal quand elle est avec vous dans un restaurant, non plus que chez vous pendant le repas.

Si vous aimez la musique et qu’elle ne soit pas mélomane, ne la traînez pas au concert, posez-la dans un cinéma. Vous vous retrouverez avec bien plus de joie par la suite

Si vous n’avez pas les mêmes heures de lecture, ne lui imposez pas la lumière crue dans les yeux jusqu’à un heure avancée de la nuit. Eclairez-vous avec une lanterne sourde, un rai de lumière (style éclairage d’avion) ou ce que vous voudrez, mais ne l’empêchez pas de dormir. Rien ne vous empêche d’ailleurs de lire dans une autre pièce.

Si vous mangez du curé, n’empêchez pas votre femme d’aller à la messe et ne vous moquez pas de ses prières : il est préférable qu’elle ait rendez-vous avec Dieu qu’avec un amant. On ne doit jamais intervenir dans les questions de foi. Elle supporte bien vos élans politiques, elle !

Si vous avez des reproches à faire à votre femme, que ce ne soit jamais en public. Un charmant proverbe vous enseigne qu’il faut laver son linge sale en famille.

Sachez garder votre autorité sur votre femme. Rien n’est gênant comme de rencontrer des maris-toutous. Ce sont d’ailleurs généralement ceux qui portent les plus jolies parures frontales.

 

 

COTE DAME

Si vous voulez être heureuse madame, il est un certain nombre de « commandements » auxquels vous devez vous soumettre.

Soyez d’humeur égale.

Evitez les scènes de jalousie… et les autres.

Flattez les manies de votre mari, tout spécialement sa gourmandise.

Soyez toujours en admiration devant lui : vous ne le serez jamais assez.

Evitez de lui faire des reproches en public.

Soyez propre et soignée.

Evitez de vous montrer à lui la figure couverte de crèmes grasses et la tête hérissée de bigoudis.

Ne lisez pas jusque à une heure avancée de la nuit s’il aime s’endormir très tôt.

Ayez une maison accueillante.

Acceptez avec le sourire des invités imprévus.

Soyez toujours à la maison quand votre mari rentre chez lui.

Ne le faites pas attendre s’il est exact.

Ne pleurnichez pas s’il vous fait des reproches.

Ne lui racontez que les mensonges indispensables, sans tricher avec vous-même.

Soyez toujours prête à sortir s’il le désire.

Accompagnez-le aussi souvent que possible dans ses déplacements.

Si vos idées religieuses ne correspondent pas avec les siennes, ne l’empoisonnez pas avec vos pratiques et ne mettez aucune ostentation dans vos dévotions. Rien n’est odieux comme une femme qui se précipite à la messe dès l’aube, rentre fatiguée chez elle et se montre d’une humeur exécrable toute la matinée. Tous les directeurs de conscience vous diront qu’il vaut mieux avoir un bon ménage que d’exaspérer son mari en allant à la messe.

 

 

Edifiant, non ? Je dirais plutôt qu’on a du mal à discerner si la chroniqueuse parle sérieusement ou avec une pointe d’ironie. A chacune de voir.

 

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 16:59



52 - Crache ton venin ! (Mariev)

Il s'agit d'écrire un texte plutôt court (disons, pas plus de 1500 caractères, espaces compris - mais si ça dépasse un peu nous serons tolérants) sur le thème "Crache ton venin !", et si cela vous est possible, illustrer ce texte d'une création personnelle (dessin, infographie, photo, dont VOUS êtes l'auteur).

Cette fois encore,  le type de texte ne vous est pas imposé.

 


Pour récolter le venin des abeilles, il faut tendre un fil à l'entrée de la
ruche dans lequel passe un courant électrique basse tension.
Au passage, l'abeille reçoit une décharge électrique et se défendant
pique dans un voile de nylon situé au dessous d'elle.
Lorsque le voile est bien imprégné, il est lavé dans l'alcool puis
celui-ci est desséché et apparaît alors une poudre blanche
extrêmement toxique: le venin d'abeille.
Cette poudre sert ensuite à diverses applications médicales.
Dans cette opération l'abeille ne meure pas mais elle est très excitée.

 

Pour récolter le tien, il suffit de tendre la perche, d’évoquer les vacances au soleil alors que tu préfères la montagne et les ruisseaux, les randos vérités au grand air sans croiser un pelé. Ca te fait des décharges électriques quand je parle de parasols et de youkaïdis au Club Mé. Pour te défendre, tu dénonces mon côté beauf au soleil, les vacances de masse entre intellos du pastis et les jeux apéritifs.  Lorsque à bout d’arguments, ta langue se dessèche, tu te racles la gorge et tu vas t’en servir un, de pastis… Mais fais attention, l’alcool c’est toxique pour l’organisme, toutes ces rasades que tu descends pour m’envoyer sur les roses. Bon je sais, ça n’est pas fatal mais ça t’excite, ces bagarres. C’est anti inflammatoire, antirhumatismal, ça entretient le couple. Tu craches ton venin mais au final, on partage chaque année. Une semaine à la mer et l’autre dans les alpages. Un compromis quoi !

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 18:56

 

 

Dans mon rêve je dors paisiblement au creux d'un lit en bois noir garni de draps en coton blanc, dans une chambre aux murs bleus auxquels sont suspendues des photos de couchers de soleil. Et puis ça n’est pas un rêve mais le besoin d’un sommeil tranquille et libérateur. Une envie de vacances. Pas de neige, de foule et de froid, de voltige et de griserie sur les pistes. Et le soleil, pas vraiment. Les cocotiers, le vent, la mer, en ce moment c’est pas mon truc, c’est pas ce que je veux. Je vais tout plaquer, le boulot, les amis, le chéri.

Je vais écrire, le temps, les jours fades, mes rides, les enfants, le désamour. Je vais me pâmer, enjoliver, sublimer. Le printemps qui arrive et ses fausses promesses de renouveau, les heures tièdes, la chaleur d’un regard neuf. Les corps dénudés, les terrasses des cafés, les fleurs et les prés. La campagne, les chemins, les sentiers. Alors il faut pour m’évader, un grand lit profond à baldaquin, avec un édredon à l’ancienne, où l’on s’enfonce, comme chez ma grand-mère autrefois. Des draps, blancs frais à l’odeur de lavande. Et une chambre aux murs bleus avec des médaillons dessinés dessus. Très important la couleur. Bleue. Et le soleil  couchant d’un le ciel berrichon. Cette bonne blague. Vous imaginiez, Tahiti ou Fort de France. Mais z’avez pas lu plus haut ? Point d’exotisme. Mon luxe, mon ailleurs à moi est dans ma tête. Enfin, j’ai quand même la folie des grandeurs, je suis une dame illustre. Je suis quelqu’un d’exceptionnel.

Parce que vous n’étiez pas au courant, bien sûr. Je fréquente les meilleurs, je convie à ma table à Nohant, sous un lustre en cristal d’Italie, les plus grands de ce monde. Nous parlons de ce qui se passe à Paris, des désordres de la capitale. Nous parlons de peinture et de littérature, de musique aussi. Mon fils Maurice a confectionné un théâtre de marionnettes qui captive tout ce beau monde. Chopin a adoré et Musset en son temps. Delacroix, Gautier, Flaubert, Dumas. Qu’en pensez-vous ? Suis-je assez mégalo ou imbue de ma petite personne ?  Je me balade en pantalon, je fume le cigare et je divise ma longue chevelure noire veinée de fils blancs d’une raie au milieu du front. J’aime raconter les fêtes et les amours champêtres, les feux follets et les braves gens. On m’appelle Georges. Georges Sand. Enfin Aurore… Pour les intimes. Je m’appelle, je m’appelle…

 

J’éternue, une allergie aux plumes de l’édredon, aux pollens à l’extérieur. Je me réveille brusquement.Un frisson me parcourt l'échine quand soudain je prend pleinement conscience d'où je suis, qui je suis, et de ce qu'il me reste à faire : j'ai peur.

Cet exercice répondait à la consigne 16b : phrases imposées (Michel)

  

3 phrases vous sont ici proposées : une pour le début du texte, une autre pour la fin, et une à placer dans le récit (où vous voulez, mais forcément ni au début, ni à la fin).

Début :
"Dans mon rêve je dors paisiblement au creux d'un lit en bois noir garni de draps en coton blanc, dans une chambre aux murs bleus auquels sont suspendues des photos de couchers de soleil"

A placer dans le récit :
"Voilà donc le sens de cette dernière partie, un spectacle avec une régie de production comme pour une pièce de théatre ou un film."

Fin  :
"Un frisson me parcourt l'échine quand soudain je prend pleinement conscience d'où je suis, qui je suis, et de ce qu'il me reste à faire : j'ai peur"
Et il y a deux façons possibles de traiter cet exercice, et vous devrez indiquer clairement laquelle des deux vous avez choisie :
16a - L'exercice tel quel, avec les trois phrases
16b - Un début & fin classique, vous avez alors le choix entre la première et la
deuxième phrase pour le début,  la phrase de fin restant à sa place.

 

 


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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 16:45

13 - 16/10/2007 - Mots imposés (Darkia)

Pour cet exercice proposé par darkia, le principe est d'utiliser un minimum de 10 mots (idéalement tous) parmi les 15 suivants, pour rédiger un texte.

Atypique, dommage, mort, pieu, sang, simple, mains, sentiments, recherche, attente, liqueur, corsage, assaillir, clan et pathétique.

 

 

Je me suis inscrite dans un forum de psychologie. Comme pour appartenir à un clan, c’est pathétique. Bien sûr, c’est une démarche atypique, enfin c’est ce que tout le monde dit. Mais tout le monde chate, tout le monde joue au voyeur, tout le monde crie au secours. Pour ne  pas sombrer, où se laisser assaillir par des idées noires, ou envisager la mort. Il serait dommage d’en arriver à cette extrémité alors qu’une main tendue peut répondre à nos attentes. Evitons de nous planter des pieux dans l’âme, comme une envie de sang, pour nous complaire dans le malheur. Quand je pense que certains s’embourbent dans leurs problèmes, s’en régalent comme d’une liqueur. Mais comprendre ses sentiments, aller à la recherche d’un mieux-être est une démarche qui  paraît simple. Peut-être trop, qui sait ! Il y en a qui considèrent que dévoiler ses difficultés, malgré l’emploi d’un pseudo, c’est un peu laisser des mains avides se glisser dans leur corsage.  Ils ont généralement tort et brident leur cœur. Mais, mais, ce n’est que mon avis, après tout.

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 21:03

Exercice sur image. Dame AGA



Un trait de génie ce trait dans le ciel. A moins qu’il ne s’agisse d’un bug sur l’écran de mon ordinateur. J’ai  acheté un spray, génial il paraît. J’ai beau frotter,  quelle hargne, c’est là, ça s’incruste, ça ne veut pas s’effacer Ca me tracasse tant que je me ronge les ongles. Si je m’obstine un peu, je revois ce trait, ce sillon, cette éraflure, dans la kératine de l’ongle, incarnée. On m’a dit que cela signifiait carence en calcium, en magnésium. Foutaises ! La seule carence dont je souffre est une carence  en amour. Tiens, d’ailleurs c’est le trait dans mon âme, la boursouflure, enkystée. Qui m’empêche de dormir, de sortir, de bondir, émerveillée. C’est toi qui t’es enfui, un trait dans ma vie, bien tiré.

Et c’est peut-être aussi un trait de caractère, l’envie de m’envoler, le refus de sombrer. De surprendre dans le miroir un visage détendu, des traits reposés, les miens reliftés. Des amis alentour, des soirées arrosées. Un regard, une invite, une histoire commencée. Un carnet, une adresse d’un trait de crayon, gravée. Un possible, un ailleurs. La découverte de l’autre exerce un tel attrait qu’il serait criminel de s’y refuser. Et viennent les attentes, les espoirs, les manques, tous ces états du cœur qui signifient l’amour de nouveau rencontré. Tout ce qui y a trait. Si j’abandonnais, si je me lâchais, si je suivais la vague, me laissais emporter. Alors je fixerais l’horizon, là-bas au loin, où ciel et terre semble s’enlacer. Vous ne voyez pas, le trait ?    

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 22:17

AEL 05 - Début & fin (Kildar)

Vos textes devront commencer et finir par les phrases suivantes :

Début : La pièce avait un haut plafond victorien, et il y avait une cheminée de marbre, et un avocatier qui poussait sur la fenêtre, et elle était couchée près de moi et dormait, très belle et blondement.


Fin : Elle était étendue là, profondément endormie ; ses errances étaient terminées et les miennes ne faisaient que commencer.


 

 

 La pièce avait un haut plafond victorien, et il y avait une cheminée de marbre, et un avocatier qui poussait sur la fenêtre, et elle était couchée près de moi et dormait, très belle et blondement.

Ca voulait dire quoi blondement ? Je ne savais pas trop au juste. Elle était belle, elle était blonde, du moins je le supposais, et elle dormait. Elle était nue, sa tête reposait sur son bras replié dans le creux de l’oreiller. Je distinguais l’arrête de son nez et une paupière transparente. Le coin de sa bouche et des lèvres fines. Le creux ombragé de la colonne vertébrale, une épaule ronde attrapant le soleil, ce contraste créait le mouvement. Je croyais voir le marbre se soulever en une respiration lente et régulière. Je ne pouvais détacher le regard de ses fesses arrondies et du galbe de ses cuisses. Mes mains avançaient malgré moi, un besoin d’en épouser les courbes. Je dus prendre sur moi, cesser d’inventer des veines sur une peau satinée, presque bleutée. Et pourquoi risquer la désillusion, le contact de la pierre froide, alors que je rêvais d’un corps tiède, abandonné, offert. Amolli par la chaleur du feu de cheminée. 
Ses pieds étaient pris dans le drap du lit, dans un désordre révélateur. J’étais au supplice, elle évoquait tant de souvenirs, de bonheurs, de souffrances. Elle semblait peser de tout son poids sur le matelas couleur d’ivoire. Mes yeux allaient de cette Vénus à la fenêtre où s’étiolait l’avocatier, comme endormi  auprès de sa belle. J’ai pensé m’étendre, moi aussi, me coller au marbre, le réchauffer. La réveiller, la relever, la caler dans le creux de mes bras, lui insuffler de la vie, rechercher des caresses, arracher des promesses.

Et puis j’ai regardé en l’air, un geste de découragement. J’ai cessé de me raconter un décor victorien, c’était le plafond blanc et froid du musée du Louvre. J’étais en admiration devant l’Hermaphrodite de Borghèse. Plus tard, je sortirais dans la froideur d’un après-midi de janvier. Je retrouverais ma vie banale et ordinaire. Elle était étendue là, profondément endormie ; ses errances étaient terminées et les miennes ne faisaient que commencer.


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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 17:44

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C’est le tournant de 2009. Cette année-là s’enroule sur elle-même comme un virage sur une route de campagne. J’ai envie de jouer les Madame Irma, de lire dans ma boule de cristal et de décrire ce qui s’y reflète. Je vois de la lumière, un orange teinté de pourpre, comme si l’année plongeait dans un bain de douceur. Et je marche, c’est un chemin  sinueux. Je longe le marquage au sol, mes pieds se couvrent de rosée. J’ai le pas tranquille et les bruits de la forêt, le chant des oiseaux, le murmure du vent m’engourdissent. Je n’ose pas m’aventurer sur la route, dans sa clarté. Elle semble inoffensive, pas une voiture, pas un vélo à l’horizon. Et pourtant, j’y vois une menace.

C’est un trait de votre caractère dirait Madame Irma. Rester à l’écart, refuser les honneurs. Mais cette fois c’est imminent, il va se produire quelque chose, un évènement, une rencontre, il ne faudra pas fuir. Marchez  sur le goudron, en plein milieu. Attendez, ne partez pas, ça se précise. Derrière les arbres… Non, vous avancez, je ne distingue plus que votre silhouette dans l’ombre. Vous claudiquez, c’est un caillou dans votre chaussure, alors vous vous arrêtez. Vous massez votre pied endolori, frottez votre chaussure contre le tronc d’un arbre pour en ôter la terre. Puis vous vous dirigez au centre de la route, là où une traînée brune obscurcit le sol. Vous n’avez pas peur et vous bombez le torse. Vous tendez les bras à la tiédeur du petit matin. Et vous vous effacez au détour du chemin. Non ça n’est pas ce que je vois. Vous vous envolez… C’est votre année je vous dis, un grand bonheur vous attend.

 

C’est ça, c’est ça, je peux en dire autant et au moins la consultation sera gratuite. Allez, une image, un peu d’invention et hop, un pigeon de

grugé !

 

Cet exercice répondait à la consigne 41

Une route qui sillonne au milieu de la nature, le soleil qui profite d'une trouée pour dispenser une lumière irréelle... et un virage. A votre avis, que découvrira le curieux au détour de celui-ci ? Cette question, vous aurez l'opportunité d'y répondre ou non (à votre convenance) dans cet exercice, en vous inspirant de l'image, du titre (Virage)... et pour le reste, en totale liberté :-)

 

 

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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 16:02

Consigne 1:
Mots imposés: vite, magique, rapide, dernier, contacter, prononcer, conseiller, sinistre, astuce, service

Consigne 75:
Les résolutions que vous ne prendrez jamais

Il suffit de suivre les mots, ils délivrent leur message tous seuls, sans que j’aie à les pousser les uns contre les autres. Ils me dictent comme ça leur chante, les résolutions à ne pas prendre :

-         Vite : décoller de devant mon ordinateur en trente secondes, quand j’écris, pour aller regarder la Starac à la télé. Ce n’est pas que ces jeunes apprentis  chanteurs m’ennuient mais l’ordi c’est sacré. C’est devant qu’on refait le monde, qu’on se croit plongé dedans et  qu’on passe le temps. Qu’on oublie qu’on s’ennuie.

-         Magique : maigrir en maintenant mon apport quotidien à 1200 calories. Comme si j’allais pouvoir m’y tenir et regarder la France au fond des yeux en lui faisant croire que je n’avale que des potages et de la salade. Comme si je n’avais pas d’affreuses périodes de boulimie chips, cacahuètes, pralines. Comme si j’allais me priver de chocolat quand le spleen monte en flèche.

-         Rapide : raconter succinctement mes vacances à Tombouctou. Je ne sais pas faire. Même si ça fatigue ma tante Ursule ou les collègues de bureau, il faut que je raconte en détail ma gamelle sur le tapis roulant de l’aéroport, puis la belle gueule du steward, le retard du car à l’arrivée et le pot d’accueil au club. Ensuite la découverte de l’endroit n’est qu’anecdote…

 -         Dernier : vivre chaque jour comme si c’était le dernier. C’est ce que devrait se dire toute personne équilibrée et bien dans sa peau. Apprécier chaque seconde, chaque rayon du soleil sur sa peau. Mais une stressée comme moi ne voit que des accidents, des contre temps, des faux mouvements et râle tout le temps. C’est congénital.

-         Ne pas contacter : mes anciennes copines d’école pour voir si ça fait mal, leur réussite. Si ça réjouit leurs insuccès. Je suis trop curieuse et j’aime quand la vie me donne des leçons, de modestie, d’écoute. Quand retrouver quelqu’un à qui on a parfois rien à dire, renseigne sur soi.

-         Prononcer avec détachement le mot impôts. Vous l’aimez vous ce mot là ? Il sonne comme une interrogation de chti dans un vase en terre cuite. Et puis quand on le prononce ça bouillonne dans la tête. Je ne sais pas pour vous…

-         Conseiller : à mes clients d’aller se faire servir ailleurs car ils me chauffent le système. J’ai affaire à une clientèle qu’il faut écouter, servir, plaindre et dorloter affectueusement. Quand j’ai des problèmes de personnel, d’approvisionnement, de compte bancaire dans le rouge et que mon fils a trente neuf de fièvre tandis que mon chat a un coryza.

-         Sinistre : signifier au couple de mes meilleurs amis que je n’ai pas envie de les voir ce soir, même si le rendez-vous était fixé de longue date. Et leur passer en boucle au téléphone le tube de Bénabar pour qu’ils comprennent que je m’en fous. Moi ce que je veux, c’est des câlins sous la couette avec mon doudou. Jamais j’oserais…

-         Astuce : partir au soleil le jour de Noël. C’est un truc que je ferais bien, pas pour le soleil, mais pour être loin de tout le bazar dégoulinant de Noël. Mais ya la famille, peux pas.

-         Service : offrir mes services au père fouettard. J’ai peur de ce qu’il pourrait me proposer de faire. Assassiner le Père Noël, le traiter d’ordure, non ç’est déjà fait. Pire, je pourrais coller des affiches ou prendre un porte voix et claironner partout qu’il n’existe pas. On ne sait jamais…

En tout cas, ça libère ce genre d’exercice, ça fait respirer. Et ça fait repartir avec une tête toute neuve pour l’année suivante.

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