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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 19:31

Pour illustrer le thème du bal, et répondre au casse tête de Lajemy,  j’ai fait comme au BAC, j’ai ressorti un texte dans l’univers de FLAUBERT. Je le commente à ma manière.

 

 M930.50.6.57.jpg

 

 

Flaubert - Madame Bovary (1857), I, 8
Le bal à la Vaubyessard


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A trois pas d'Emma, un cavalier en habit bleu causait Italie avec une jeune femme pâle, portant une parure de perles. Ils vantaient la grosseur des piliers de Saint-Pierre, Tivoli, le Vésuve, Castellamare et les Cassines, les roses de Gênes, le Colisée au clair de lune. CA C’EST POUR LA FRIME, COMME PARTOUT. Emma écoutait de son autre oreille une conversation pleine de mots qu'elle ne comprenait pas. LA  PAUVRE , ELLE N’EST PAS A SA PLACE. On entourait un tout jeune homme qui avait battu, la semaine d'avant, Miss Arabelle et Romulus, et gagné deux mille louis à sauter un fossé en Angleterre. L'un se plaignait de ses coureurs qui engraissaient; un autre, des fautes d'impression qui avaient dénaturé le nom de son cheval. AUJOURD’ HUI ON CAUSE TIERCE.


L'air du bal était lourd; les lampes pâlissaient. On refluait dans la salle de billard. Un domestique monta sur une chaise et cassa deux vitres; au bruit des éclats de verre, madame Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysan qui regardaient. EH OUI,  YA LES NANTIS ET YA LES AUTRES, YA LE TAPIS ROUGE ET LES SPECTATEURS AU LOIN. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers, et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait dans la laiterie. Mais, aux fulgurations de l'heure présente, sa vie passée, si nette jusqu'alors, s'évanouissait toute entière, et elle doutait presque de l'avoir vécue. ALLER AU BAL, C’EST VIVRE DANS UN REVE, FUIR SON QUOTIDIEN BANAL ET ROUTINIER. Elle était là; puis autour du bal, il n'y avait plus que de l'ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu'elle tenait de la main gauche dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuiller entre les dents. C’EST CENDRILLON CHEZ LES ROTHSCHILD.
A trois heures du matin, le cotillon commença. Emma ne savait pas valser. Tout le monde valsait, mademoiselle d'Andervilliers elle-même et la marquise. [...]
Cependant, un des valseurs, qu'on appelait familièrement vicomte, et dont le gilet très ouvert semblait moulé sur la poitrine, vint une seconde fois encore inviter madame Bovary, l'assurant qu'il la guiderait et qu'elle s'en tirerait bien.
Ils commencèrent lentement, puis allèrent plus vite. Ils tournaient: tout tournait autour d'eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet, comme un disque sur un pivot. En passant auprès des portes, la robe d'Emma, par le bas, s'ériflait au pantalon; leurs jambes entraient l'une dans l'autre; il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui ; une torpeur la prenait, elle s'arrêta. Ils repartirent; et, d'un mouvement plus rapide, le vicomte, l'entraînant, disparut avec elle jusqu'au bout de la galerie, où, haletante, elle faillit tomber, et, un instant, s'appuya la tête sur sa poitrine. Et puis, tournant toujours, mais plus doucement, il la reconduisit à sa place; elle se renversa contre la muraille et mit les mains devant ses yeux. LA GRISERIE DES DEBUTANTES, LE VERTIGE, L’ENVOLEE, LE SEPTIEME CIEL.
Quand elle les rouvrit, au milieu du salon, une dame assise sur un tabouret avait devant elle trois valseurs agenouillés. Elle choisit le Vicomte, et le violon recommença.
On les regardait. Ils passaient et revenaient, elle immobile du corps et le menton baissé, et lui toujours dans sa même pose, la taille cambrée, le coude arrondi, la bouche en avant. Elle savait valser, celle-là! Ils continuèrent longtemps et fatiguèrent tous les autres. ELLE EST JEUNE, ELLE EST BELLE, ELLE A UNE DISTINCTION QUI NE S’APPREND PAS.
On causa quelques minutes encore, et, après les adieux ou plutôt le bonjour, les hôtes du château s'allèrent coucher.
Charles se traînait à la rampe, les genoux lui rentraient dans le corps. Il avait passé cinq heures de suite, tout debout devant les tables, à regarder jouer au whist, sans y rien comprendre. C’EST COMME REGARDER LE POKER SANS LES COMMENTAIRES DE BRUEL. Aussi poussa-t-il un soupir de satisfaction lorsqu'il eut retiré ses bottes.
Emma mit un châle sur ses épaules, ouvrit la fenêtre et s'accouda.
La nuit était noire. Quelques gouttes de pluie tombaient. Elle aspira le vent humide qui lui rafraîchissait les paupières. La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l'illusion de cette vie luxueuse qu'il lui faudrait tout à l'heure abandonner.  ELLE RESSENT L’IVRESSE DES SOIRS DE FETE, QUI TIENT EVEILLE ET REND MELANCOLIQUE
Le petit jour parut. Elle regarda les fenêtres du château, longuement, tâchant de deviner quelles étaient les chambres de tous ceux qu'elle avait remarqués la veille. Elle aurait voulu savoir leurs existences, y pénétrer, s'y confondre.
Mais elle grelottait de froid. LE CONTRE COUP, LES NERFS QUI LACHENT ? Elle se déshabilla et se blottit entre les draps, contre Charles qui dormait. JE DOUTE QU’ELLE DORME DE SUITE.

 

AH EMMA! POURQUOI Y-A-T- IL UN PEU DE TOI DANS CHACUNE D’ENTRE NOUS ?

 

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 15:37

Pour illustrer le casse tête cette semaine chez Lajemy : vivre dehors en été.

 

 

06-01-2010-1177.JPG

 

Bien sûr il y a le soleil sur nos peaux dénudées. Qui chauffe et qui brûle, il y a le sourire sur nos lèvres et l’envie de faire la fête, de déboucher une bouteille, d’empiler des glaçons dans des verres.  Le bonheur des vacances en famille, le sel de la mer ou le clapotis d’un ruisseau à la montagne. Il y a les gens, beaux, huilés, bronzés autour. Des photos à faire, le soir habillé de rouge, des murs couverts d’histoire et de rayons, des arbres, des fleurs, le sable, les dunes, l’océan, les geysers.

Tout ce qui donne envie de profiter de l’été, de s’aérer, de respirer à fond. De remplir ses poumons d’oxygène qu’on reste là ou qu’on parte…

 

Mais ailleurs justement, il y a aussi, la faim, la soif, la misère. Vivre dehors c’est ouvrir les yeux et tout regarder. Même ce qui pique, qui électrise et qu’on ne veut pas voir. Dehors il y a ça :

 

 

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C’est ma manière à moi, d’évoquer les vacances. Et le reste...

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 15:41

La Nartuby sortie de son lit à Draguignan, le 16 juin, après les pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région. Une paisible rivière qui, soudain, s'est transformée en un fleuve monstrueux et dévastateur. (Lionel Cironneau/AP)

 

 

 

 

Divagation pour illustrer les casse-têtes des deux dernières semaines chez Lajemy : les caprices du temps et le bricolage.

J’évoquerai le petit bonhomme là-haut tout seul dans ses nuages aux commandes des manettes de l’univers. Il bricole, il bricole…. Ou alors il cuisine. Parce que, soit il cloue des balles de coton dans le ciel, soit il saupoudre nos têtes  de rayons de soleil tiède pour qu’on s’habille léger et qu’on s’enrhume.

Il est pervers, il est vicieux, il souffle le chaud et le froid et il dispose de tout plein d’outils de torture. Dans le Var, il a tout cassé à coups de marteau. Les maisons, les hôtels n’ont plus de toit et le courant emporte des vies et des arbres sur son passage comme la tondeuse à gazon de Freddy. A certains moments on entend des bruits de perceuse, on perçoit des éclairs de chalumeau et ça dégringole dru. On, je dis on car je ne veux pas  nommer l’affreux bonhomme, a perforé de ciel avec une chignole on alors on l’a coincé dans une passoire et il arrive ce qui doit se produire.

 

Si seulement il savait se servir des vis et des écrous qui sont dans son atelier, s’il savait fabriquer du sec, chaud et brillant dans son établi, nous aurions un moral bien meilleur. Il lui faut un prof doué qui manie la scie sauteuse et fracasse les nuages une bonne fois pour toutes, qui passe une couche de vernis sur les rayons de feu cachés derrière. Il lui faut un artiste, un ciseleur, qui bricole les couleurs, il lui faudrait un peintre qui mette de l’éclat sur la grisaille des jours. Mais je lui fais confiance, il veut qu'on attende, juste un peu, qu’on se languisse et qu’on dépende de lui. C’est comme une drogue, on attend, on attend… Patience, bientôt nous serons comblés. Le temps d’un dernier tour de manivelle, d’un polissage, d’un coup de ciseau.

Parce qu’il sait faire des merveilles quand il veut, et comme avec l’équipe de France de football, on ne veut pas perdre espoir, on y croit.

 

 

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 15:30


Le casse-tête cette semaine chez Lajemy est: Le grand bazar

Il faut croire que cocooner c’est pas pour moi. Emmitouflée, les yeux fermés, et de la musique douce à l’oreille, l’oubli de tout, l’oubli de soi, pour mieux se retrouver plus tard…. C’est pas mon truc. Pas en ce moment. Aujourd’hui j’ai envie d’ouvrir les yeux grands, de regarder tout autour de moi, me confronter au grand bazar de l’existence. Et tant pis si ça n’est pas toujours beau.

Faut-il parler d’Haïti et de la détresse populaire, du manque de moyens et d’argent, faut-il évoquer les vaccins contre la grippe H1N1 et le gaspillage, la crise et l’endettement, le chômage, les mères infanticides, ou ma voisine de vingt ans qui menace de se jeter par la fenêtre si on ne lui fournit pas ses médicaments ?

 


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Faut-il s’indigner de la main de Thierry Henry, se féliciter de la naissance de Solal Sarkosy, de la grossesse de Monica Bellucci,  avoir de la peine pour  Kristina Rady,
être inquiet pour Laura Smet?

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Faut-il chercher l’inspiration dans les actus de Yahoo, dans les rubriques sérieuses du Monde ou sur le papier glacé de Gala ?

 

Faut-il construire des tours dans les émirats, envoyer du riz et des pâtes quand ya pas d’eau pour les cuire, porter une Rolex à cinquante ans 



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Faut-il commencer par soi, sa famille, ses enfants, et penser aux autres, après, si on veut, si ya l’temps ?

Faut-il adopter un chat, donner une pièce au type dans le métro, porter ses vieux habits au secours populaire ? Et dans quel ordre tout ça ?

 

Faut-il faire silence malgré tout, entrer en hibernation, mais juste le temps d’une écoute attentive ? L’important n’est-il pas de regarder au-delà du bazar du monde et d’aller où nous porte le cœur. Comme l’a si bien écrit Susanna Tamaro : « Va dove ti porta il cuore ».

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 14:33



Cette semaine chez Lajemy le thème est: La joie



Le Scaphandre et le papillon


Extrait du film: Le scaphandre et le papillon, d'après le roman de Jean Dominique Bauby


La joie est l’expression du bonheur. Elle se lit sur nos visages et dans nos gestes, nos attitudes. Et dans notre démarche, les crispations de nos doigts, la dilatation de nos pupilles, la position de notre buste, de notre bassin, le port de note tête, pour qui sait décrypter la gestuelle et le comportement. J’ai vu des photos d’enfants et de fêtes familiales, de mariages et d’oiseaux s’égosillant. J’ai vu, j’ai vécu, je vis aussi. La joie c’est doux, c’est simple, c’est partager, montrer au monde, découvrir, afficher  ce que l’on ressent. Quand bien sûr, on est capable de ressentir et de montrer ce que l’on ressent. Quand on a un cœur et qu’on le laisse parler. Quand il n’y a pas que soi au monde.

Que faire quand le cœur est grand et le corps trop étroit, que seul un clignement d’œil ou la pression d’un doigt prouvent qu’on est heureux au milieu des autres ? Que faire sinon, attendre d’eux qu’ils ouvrent leur cœur et laissent tous les bonheurs s’y frayer un chemin.

 

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 22:53

C’est l’amour que cette couleur symbolise  le mieux. C’est la  sensualité de  Betty Boop, ses formes généreuses, sa robe près du corps.



C’est la rose que l’on offre sans un mot, que l’on tend timidement, comme un aveu.
C’est la figue que l’on goûte, que l’on savoure avec volupté, son moelleux, sa fraîcheur.







 C’est l’émotion affleurant aux joues, la contemplation d’un coucher de soleil, deux cœurs enlacés,

 deux anneaux sur un coussin de velours. C’est le bonheur de se plaire, cet aura autour d’un couple, la recherche d’un accord, d’une perfection.

C’est un nid douillet dans lequel on se blottit, on a chaud. C’est…. Un cadeau.  Certains en profitent plus qu'il ne faut! 

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 14:08

-         Tu as vu le thème cette semaine

-         Oui, c’est plutôt sympa, « les arbres ».

-         Peut-être mais c’est difficile aussi, elle a tout dit Dana avec cette photo, des enfants qui enserrent un tronc énorme. Ca évoque tout, la fraternité, la communication, l’amour de la nature Que dire de plus.

-         L’important c’est de faire passer ton message, d’afficher tes images. Tu peux faire dans l’exotique, tiens l’arbre du voyageur si commun sous les tropiques, montre-le !

-         Ouais et pourquoi pas un fromager ou un baobab, après tout.

-         Tu peux aussi montrer de beaux paysages continentaux, les couleurs, les nuances, les reflets dans l’eau.

-         On ne parle pas de paysages mais d’arbres.

-         Oui, de la verdure, de l’espace, la liberté c’est tout ça, les arbres. Ca n’est pas seulement un tronc et des feuilles isolés.

-         Bof, je me sens découragée.

-         Alors cause littérature, je ne sais pas moi, le Chêne et le roseau, ça ne te rappelle rien ? Ou le Saule d’Emile Verhaheren, qui est un bien joli poème. Et puis tu pleurniches un peu trop, ça te va bien le saule. Ecoute un extrait :

 

                                              Ce saule-là je l'aime, comme un homme.
                                              Est-il tordu, troué, souffrant et vieux !
                                              Sont-ils crevés et bossués, les yeux
                                              Que font les nœuds dans son écorce !
                                              Est-il frappé dans sa vigueur et dans sa force !
                                              Est-il misère, est-il ruine,
                                              Avec tous les couteaux du vent dans sa poitrine,
                                              Et, néanmoins, planté au bord
                                              De son fossé d'eau verte et de fleurs d'or,
                                              À travers l'ombre et à travers la mort,
                                              Au fond du sol, mord-il la vie, encor !

 

 

-         -  C’est ça, rajoutes-en, lance moi des vannes.

-         -  Oh et puis parle de l’arbre à came ou du tronc cérébral.

-         -  Han, han…

-         -  Voilà, tu souris.

-         -  Non, t’es pas marrant. Mais t'as pas tort, je  vais en montrer un d'arbre, juste le pied et mon chat qui fourrage dedans. Tu ne vois pas lequel?



 

 

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 21:09

Un potager, pour moi citadine ignorante, c’est un défouloir, un reposoir. On y regarde pousser la vie avant de la croquer. On le cajole, on le bichonne, on l’arrose et on lui parle. C’est comme un enfant. Il fait le beau, il s’étale, il s’étire, il prend de belles couleurs, de belles rondeurs. C’est un séducteur. Il a des parfums enivrants, des formes voluptueuses, il sait vous manipuler le bougre. D’après ce que j’entends, ce que je vois, quand il vous tient, il ne vous lâche plus. C’est le besoin de retourner la terre, de soupeser les tomates, d'admirer les citrouilles, de planter un alignement de salades et de poireaux, d’arracher du persil. Ca ne se contrôle pas, c’est viscéral.

 

Un potager, c’est un compagnon de route. Il va bien quand on va bien et que le temps s’y prête. Et comme le temps joue sur le moral…

Autant dire que ça ne trahit pas un potager, ça a des humeurs parfois mais quand on en possède un, on est forcément solide sur ses deux jambes. Lui c’est la béquille de secours.

Moi à Paris, j’en ai pas. Je l’ai inventé. Et j’ai extrapolé comme j’ai pu. J’y vois des stalactites de courge pendues à des plafonds feuillus. On se croirait dans des grottes végétales. Hum…

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 06:43

Pas besoin d'être un grand artiste ni de prendre des photos superbes, ni même de chercher à faire des effets. Pas besoin d'originalité, de spirituel, de don ou de génie, de paysages grandioses ou exotiques. ll suffit de repérer le merveilleux, l'exceptionnel, bref, ce qui fait que c'est à nous et en nous. Ces photos de famille, ces clichés communs qui indiquent qu'un jour, nous nous sommes extasiés devant la lumière.

 


  

Quand elle poudroie sur les plafonds de Chenonceau pour nous séduire en grande coquette.




Quand elle se glisse par les fenêtres d'Azay le Rideau, comme autant d'yeux hypnotiseurs.






Quand elle dépose un voile sur des fontaines, resplendissantes comme de jeunes mariées, à Bordeaux





Quand elle éclaire et n'émeut que moi, devant la façade de la clinique Mers Sultan, où je suis née à Casablanca.





Quand elle sublime les couleurs, les déplacements, les transparances. Elle nous rappelle qu'elle est dans notre esprit, avant tout.
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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 10:12







L’ANPE, on ne dit plus comme ça aujourd’hui, on parle de Pôle Emploi. Ca fait lointain, ça fait pôle sud, pôle nord, ça veut dire que pour s’y rendre faut s’équiper. De bonnes chaussures d’abord, car l’agence dont vous dépendez n’est pas forcément celle qui se trouve au bas de chez vous, sectorisation oblige. Il faut prévoir aussi d’y aller l’estomac vide, ne rien boire avant de partir, sinon il faudra serrer les sphincters et garder pour soi l’envie pipi. Eh, c’est le plan vigipirate, pas le droit d’aller aux toilettes, qu’est-ce que vous imaginez, vous les chômeurs ! On n’est pas là pour vous dorloter. Achetez-vous des couches culottes, il n’y a qu’un rendez-vous par mois, c’est pas la mort !   
N’attendez pas qu’on vous conseille ou qu’on s’occupe de votre recherche. Les employés ne sont là que pour vérifier que VOUS recherchez effectivement du travail, pas pour vous orienter. Depuis la fusion ASSEDIC ANPE, les serveurs ne peuvent répondre aux demandes. C’est trop lourd, ils ne sont pas conçus pour ça. C’est comme ça, c’est tout. Et puis les logiciels sont incomplets, alors si toutes vos attentes ne sont pas prises en considération, c’est normal, que voulez-vous !

Surtout, surtout, ayez toujours le réflexe d’un sourire, d’une parole aimable. Pas de trépignement, de doigts pianotant sur le bureau de l’employé qui vous reçoit. Il faut maintenir le contact, ce fil ténu sur le chemin de l’embauche. Exercez-vous dans votre salle de bain, prenez la voix d’aéroport, mesdames, messieurs, ladies et gentlemen… Vous verrez ça marche.
Enfin, sachez que ça peut être dangereux, brutal, hargneux. Sauvage parfois. Vous avez l’air d’un bébé Cadum abreuvé à l’eau d’Evian et lancé dans un monde de brutes. Mais il faut vous endurcir à l’intérieur. Le chômeur, ce spécimen en voie d’extension, cet autre qui vous ressemble, pète un  câble de temps en temps. Il cède à la mode d’aujourd’hui. Il prend le directeur d’agence en otage pour des motifs des plus futiles. Avec l’appui d’un comité de soutien, il proteste contre sa radiation, ou ne comprend pas qu’on lui réclame 2000 euros dont il aurait bénéficié à tort. Il campe sur ses positions jusqu’à ce qu’une solution lui soit proposée.

C’est le moment, je ne sais pas pour vous, mais moi, je choisirais cet instant-là pour tailler la route. Sortir, respirer l’air pollué des bouchons de Paris, c’est toujours plus agréable que le spectacle de la détresse humaine. De toutes façons, du travail, yen a pas, et le mois prochain, faudra se blinder et revenir. Pour faire son petit numéro de clown  au milieu des pingouins dans le grand cirque du Pôle Emploi.

 

 

 

 

 

 

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