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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 08:00

 

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Défi 108 chez les Croqueurs de mots posté cette semaine par M'amzelle Jeanne: Fenêtres.

Au village on voit passer tout le monde. La rue principale c’est un peu les Champs Elysées, il y a les noces bruyantes, des voiles, de la dentelle et des fleurs, des claquements sur les pavés, des chants grivois et des disputes. Il y a les soirs de bal, des filles gloussent, des garçons éméchés leur courent après. Et de gros dégoûtants échangent leur salive juste devant nos rideaux. Il y a des chats sans gêne qui farfouillent dans nos pots de fleurs. C’est la raison pour laquelle on ne nous garnit même plus. Il y a les défilés, Noël, Pâques, 14 juillet et quinze août, le départ des anciens vers la maison de Dieu.

Au village, nous sommes basses et exhibitionnistes, on peut tout voir derrière nous. Nous sommes de gros yeux ouverts sur la rue et dans lesquels on peut lire la vie des gens. On peut nous enjamber et entrer comme ça, c’est comme une invitation, un petit racolage. D’ailleurs, je viens de repeindre mes persiennes, c’est mon petit botox à moi. Il fallait que je me distingue, avec les copines, alignées comme ça nous avons l’air de filles qui attendent le client.

Au village, nous soutenons les pierres qui sentent le lierre et les siècles moussus. Et nous laissons passer le vent qui aère le temps. Comment dire, c’est comme si les âmes passées s’étaient tricotées une écharpe pour mieux voyager à travers les maisons en passant par nous. Et quand ils se promènent près de nous, les vivants d’aujourd’hui soufflent une haleine chaude en passant  comme pour nous embrasser.

Au village, je l’ai toujours dit, nous sommes les gardiennes, les piliers. A la fois canailles et respectables, nous entretenons le feu, nous transmettons la vie.

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 18:49

 

Photo-0013

 

Cet été, rue Saint Maur à Paris dans le XIème arrondissement, l’amour était à mes pieds. Je m'étais arrêtée comme éblouie lorsque je l’avais aperçu. C’était un matin clair dans la ville désertée, à l’heure où passent les camions poubelle, et l’homme dans son costume vert balayait le bitume devant moi. Je le gênais dans son travail et puis ce texte, il le frotte tous les jours à 9h, juste avant sa pose. Il grommelait. Encore les mots d’un illuminé pas très futé qui s’imagine qu’on attrape les filles avec des lettres. Et on dirait que ça marche. Il y en a qui ont du temps à perdre tandis que d'autres soulèvent la poussière avec conviction!

Il m’avait dévisagée un instant, puis s’était éloigné en hochant la tête avec mépris tandis que je photographiais mon pied avec Amour. Je trouve qu’ils vont bien ensemble, mon pied et Amour, comme un petit couple. Amour a une petite barre au milieu du A, du o, et mon pied avait des sangles ce jour-là. Amour a quatre petits orteils au milieu de lui, comme les miens sur le cliché. Nous étions faits pour nous rencontrer même si c’était un drôle d’endroit. Mais Amour ne concerne pas que moi, Amour est aux pieds de chaque basket, de chaque talon aiguille aussi. Amour est partout, il suffit de le ressentir et de s’arrêter, de l'observer. Amour s’écrit naïvement dans toutes les langues, en lettres rondes et appliquées. Amour interpelle et donne des couleurs à la vie. Au trottoir…  Hélas, Amour est souvent piétiné….

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 08:00

 

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Pour ce  107ème défi, ABC nous invite à parler de : rien. Je me suis inspirée des paroles de « Shangaï Palace »,  une chanson (sortie en 1996), d’Isabelle Mayereau, artiste discrète que personnellement j’adore.

Elle jouait au mah-jong
Au Shangaï palace
Elle changeait de nom
Pas laisser de trace

Elle buvait du thé
Et des cocktails maudits
Se photographiait seule
Nappée dans la magie

Hong-Kong, Shangaï, 
Macao, Baie d´Along, 
Lisbonne, Coimbra, Venise

Elle explorait les villes
Les chemins indiscrets
Dévoilés au pencil
Sur du papier glacé

Elle aimait aussi
S´étirer au soleil
Sans le peignoir rayé
Marqué du nom de l´hôtel

Berlin, Amsterdam, 
Saint-Pétersbourg, 
Vienne, wagon 17, cabine 12

Elle posait ses empreintes
Sur les beaux cuirs usés
Des boudoirs demi-teintes
Le goût des voix feutrées

Quand loin lui faisait trop
Elle aimait revenir
Dans les jardins secrets
Cachés dans son cachemire

Dublin, Oslo, Stockolm, 
Moscou, Barcelone, 
Madrid, Munich, Rome

Les soirs de chair de poule
Elle glaçait l´Frascati
Elle voyait Istanbul
Un peu de Sainte-Sophie

Elle reprenait la route
En voiture et chauffeur
L´amour, il n´y a pas de doute, 
Ça lui faisait trop peur

Pera Palas Hôtel, Metropol Taj-Mahal, 
Savoy Ritz, Danieli Plaza, l´Oriental
Rambagh palace, le Continental.

 

Je trouve que ça illustre bien une certaine idée du « rien », lorsqu’une vie aisée et commode,  la facilité et l’argent n’apportent plus  ou peu d’exaltation. Les voyages ne sont que déplacements pour combler le vide, les hôtels des écrins, des fourreaux afin qu’aucun événement ou rencontre ne perturbe un état confortable et léthargique. On peut imaginer que ce « rien » est un choix de vie, un refus des souffrances et du risque. Ou la crainte d'une punition, d'un châtiment, cette femme se cache, se dérobe. C'est peut-être une espionne, une Mata Hari, une personne d’âge mur lassée du spectacle des humains… Observer le monde avant de s’y jeter, s’en détourner après y avoir goûté jusqu’à l’écoeurement…

Ce « rien » est mouvement, fuite, mise à distance. Avec mon imagination de midinette, j’invente de longues robes de mousseline, des chapeaux à larges bords, des châles, des boucles de cheveux  roux couvrant les épaules. Je crée un personnage évanescent et secret qui rend les hommes amoureux. Une sorte de Madone, une Zelda inaccessible, à moins qu’il ne s’agisse d’une jeune fille à la recherche d’un temps à venir et dont les fleurs ont fané.

Chaque fois que j’entends cette chanson, dans ma tête, je bâtis sur rien.

 

PS: j'ai bien un CD comportant cette chanson mais elle est introuvable sur le net!

 

 

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 14:18

 

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Exercice proposé cet été par Michel sur le site de E-criture et  auquel je participe avec un peu de retard, et après une rentrée qui a démarré sur des chapeaux de roue mardi. Atterrissage depuis la Guadeloupe à sept heures et hop au boulot à quinze heures, avec six heures de décalage au compteur….

 

Pour cet exercice, il vous est demandé d'utiliser pour écrire un texte au moins dix mots parmi les quinze de la liste ci-dessous. Vous pouvez conjuguer les verbes, et utiliser le pluriel et le féminin si cela vous aide.

 

Entendre, possible, souple, lancer, fiable, début, tourner, source, matière, rapport, compagnon, oeil, beaucoup, événement, familier

 

 Je ne sais pas ce que vos YEUX voient, ce que vos oreilles ENTENDENT. Ce décor nous est tellement FAMILIER, que mon COMPAGNON et moi n’y trouvons plus MATIERE à nous extasier. Un ciel capricieux LANCE un arc  au loin dans la mer des Caraïbes. Il est fugace et si peu FIABLE, que nous lui TOURNONS le dos avec mépris. En quoi est-ce un EVENEMENT ?

Ah, ces vacanciers blêmes au DEBUT, et couverts de piqûres de moustiques, ont BEAUCOUP d’enthousiasme en débarquant de l’aéroport. Il faut supporter leurs exclamations. Le ciel est bleu, le temps au beau fixe, l’eau à vingt-neuf degrés… Et alors ! Ils viennent chauffer leurs articulations rouillées sur notre belle toile SOUPLE, sans aucune honte. Et plongent dans notre piscine le soir après de belles expéditions dans nos forêts tropicales comme pour se rafraîchir dans l’eau de nos SOURCES. Ces jours-là bien sûr, ils ne se sont pas vautrés au soleil, sur nos plages de sable blond ou noir et n’ont pas batifolé avec palmes, masques et tubas le long du rivage. 

A l’heure où le jour se lève, les grenouilles cessent de chanter et il n’y a personne. Pas un bruit si ce n’est le clapotis des vagues au loin. Est-ce POSSIBLE ! Goûter ce calme, ce silence sans RAPPORT avec l’hystérie des soirées d’été  parasitées par des gamins hurleurs, éclaboussant nos pieds de bois ou de plastique. Ah vivement que les cyclones s’installent, faisant fuir tous ces affreux. On nous abritera gentiment sous un carbet, d’où nous aurons droit à des vacances bien méritées! 

                                      

 

 

 

 

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 10:00

 

Selon les consignes de Michel sur le site de E-criture: d'après photo.

 

 

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On dit que c’est regarder dans la même direction. Se tenir par la main, avancer d’un pas léger, dynamisme, insouciance ou naïveté, enthousiasme, beaucoup d’optimisme. On dit que c’est élaborer des projets, planifier l’avenir, décider de fonder une famille, trouver sa place au sein de la société, s’épanouir. On dit que c’est indispensable et qu’on avance beaucoup plus vite, beaucoup plus loin à deux. On dit  que mes doigts à tes doigts mêlés sont une force, une protection, une cuirasse inattaquable.

Je dis que ça perturbe et bouleverse, et renverse. Je dis que ça propulse et que ça entrave. Ca élève et ratatine aussi. Ca étire la silhouette et brouille le profil. Irrésistible désir : sortir de la foule,  hurler de bonheur,  se perdre au milieu des ombres. Danser sur la pointe des pieds, écraser les pavés de tout le poids de son amour.  Dépasser le monde, afficher de l’insolence, de l’arrogance, de la jouissance. Ivresse, intensité de la vie, tourbillon. Perte de repères, oubli de soi et des autres. Besoin impérieux de l’autre. Je dis que ça met la tête à l’envers.  

 

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 10:00

 

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C’est mon état d’esprit en ce moment. Plus tout à fait au travail, pas encore en vacances. Juste dans l’espace-temps qui rend euphorique, l’espace du ouf, enfin, bientôt, combien de jours encore ? Au travail tout le monde pose la question à tout le monde, et chez le boulanger, chez le médecin ou à Carrefour Market. Cette période semble interminable parce que les têtes sont déconnectées des corps, comme détachées. Les cerveaux baignent dans de petites vagues bleues et les yeux créent des plages de sable fin sur les murs du métro et les flancs des bus. Parfois même ils ne créent rien, les villes fabriquent des plages sur les bords des fleuves. Afin de faciliter le travail des neurones, je suppose.

Et puis c’est l’époque des soldes,  l’été se pare de tenues légères à moindre coût, il est tellement grisant de le suivre dans sa course aux bonheurs éphémères. Ne penser à rien d’important ou de grave, lézarder au soleil dès la sortie du bureau, profiter des longues soirées d’avant les vacances. Car elles en ont la saveur et la couleur, en offrent la promesse. Etablir un programme, planifier chaque jour de congé ou ne rien envisager du tout, se laisser guider. Se projeter dans, s’élancer vers….

Et réaliser que c’est la plus belle étape, où l’on respire, on est vivant. Car les vacances se déroulent vite et ne laissent que des photos pour trace, le souvenir ne suffit pas. A lui seul, il ne rétablit pas l’intensité des vacances, leur volupté.  L’avant départ procure chaque fois un plaisir intense, comme une petit drogue, il dévisse la tête ! Et ceux qui ne partent pas, qui ne vont loin, jamais ? Ceux-là ont des projets, des idées pour le lendemain, décident d’une balade, d’une visite. Ils connaissent l’avant, peut-être moins exotique ou surprenant, ils se représentent l’après. Mais dans la tête, ce petit flottement précurseur du projet, qui signifie qu’on oublie le quotidien banal pour un temps,  est souvent présent.

 

 

 

 

 

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 10:00

 

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L’agitation d'une foule martelant le sol en tous sens comme se croisent les fils sur la trame d’un métier à tisser, les voix suaves échappées des hauts parleurs, les tortues empilées les unes sur les autres, dans les bassins tropicaux aménagés au cœur de la gare, l’inspirent. Moi aussi, postée  pour le photographier. Il a pour obsession de capter une atmosphère, un paysage, de saisir un geste, une attitude, dresser un portrait. Il rêve  d’accrocher de la magie, de  l’étrange, l’essentiel de la beauté, la pureté, la laideur. Il crée de mémoire ou s’applique à restituer ce que voient ses yeux. La pointe de son crayon glisse sur la page, traçant des courbes ou posant les mots qui viennent à l’instant où le jour décline, les voyageurs s’affolent, et  sa vie à lui… est pleine de grâce.


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Son costume ajusté et son air sérieux trompent le passant qui le croit rigide et solitaire, un rien dédaigneux. Et s’imagine que cette  gare atypique et végétale, en plein centre de Madrid, l’intrigue peu.  Ne peut comprendre que les mots, les lignes sont suspendus aux palmiers et aux escaliers roulants, aux arcades, au toit métallique et vitré, aux panneaux indicateurs, aux langages cosmopolites qui s’entrecroisent. Au crissement des valises et à l’odeur de frite et  de hamburger provenant du fast food. Ne peut admettre qu’il soit aisé de tromper la faim, la soif, et les heures filantes. Ne sait pas voir que cet état, proche de la lévitation et de l’extase,  fait de l’artiste un Prince au-dessus de la mêlée, dont l’existence toute entière est contenue dans ces moments-là.

 

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 10:00

Cette semaine chez Sherry le casse-tête est : vitesse.

 

 

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Moi c’est pas mon truc, surtout durant les vacances. J’avance doucement et le plus moelleusement possible. Et puis les parents sont tellement gaga qu’abuser est tout à fait normal. Je les ai d’abord traînés dans ce magasin, un « petshop » qu’ils appellent ça. Un drôle de nom pour un endroit rien que pour nous. Des vêtements sur mesure, des baballes, des os imités, mal d’ailleurs, des laisses, on se demande pour quoi faire, des croquettes, et là je sais, j’adore. Comme mes parents envisagent d’adopter une petite sœur de la race féline, ils se sont extasiés bêtement devant des souris en mousse avec des poils, et des bouts de cartons rugueux qu’ils appellent des grattoirs. Et là je me suis énervé, on n’était pas là pour ça. J’ai aboyé comme je fais d’habitude avec les étrangers, très fort, très longtemps, et en reculant, pas fou le chien.

Ils se sont enfin intéressés à la poussette tout terrain que je réclamais depuis un moment déjà. Je l’avais repérée au télé-achat, et j’avais fait semblant de boiter jusqu’à ce qu’on obtempère. J’ai choisi la couleur en sautant, péniblement quand même, dans l’engin qui me plaisait le mieux. Et voilà, le tour était joué.  Vous ne trouvez pas que j’ai l’air d’un Lord comme ça ? Ne dites pas que vous me trouvez ridicule parce qu’auprès des copains, rien à dire ça en jette !

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 15:45

Casse-tête chez Sherry: la barbe, et sujet-photo chez Miletune

 

escargot

 

Je suis plutôt démuni. Si je souhaite me cacher je « m’encoquille » et me dérobe entièrement aux regards. Je ne connais pas les artifices.  Je n’en ai pas besoin pour circuler librement dans le potager. C’est l’unique endroit où je n’ai pas peur. En ce moment je suis à la fête, l’eau ruisselle sur mon corps lisse et j’aime me frotter aux nervures des grandes feuilles qui bordent le chemin. Je salive et ça se ne voit pas dans les flaques. Je rampe, me hisse et me tortille. Je n’ai pas de complexe, mes yeux antennes voient tout et je capte le jour sous une couche de chlorophylle. La lumière déposée sur ma maison me rend beau. Mon corps de limace a du caractère, je ne suis ni gras, ni laid, ni visqueux avec mon coffre, mon trésor de capitaine, sur le dos. Je suis le roi des terres mouillées à l’odeur forte, entêtante. Je les parcours comme on glisse sur l’océan.

Je me fonds au paysage, c’est inconscient, plus fort que moi. En protection contre les prédateurs, ces gobeurs d’escargot. Ma maison ne suffit pas à envelopper ma chair, là-haut on m’a fabriqué sans penser aux chocs et aux indiscrétions. Comme j'aimerais être menaçant et doux à la fois! Je suis sans barbe et sans mystère, coulant comme un serpent mais je ne sais pas faire de noeud qui enserre et massacre. Je me demande quelles sensations procurent ces poils drus, épais qui accrochent ou arrachent ce qui passe à portée. Je me demande ce que ça fait d’être une chenille. D'être une étape, en transit, de se découvrir autre ensuite. De pouvoir se raser.

 

 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 10:00

Explosion, tel est le casse-tête cette semaine chez Sherry

 

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Figurative: Anabelle Deschenes

 

 

Je n’aime pas que tu me dises ce que je dois porter

Je n’aime pas que tu exiges qu’on aille chez tes parents dîner

Je n’aime pas que tu fasses semblant de m’ignorer

Je n’aime pas que tu passes ton temps à t’entraîner

T’es plus tout jeune, tu veux  toujours gagner

Je n’aime pas que tu louches sur tous les décolletés

Tu me négliges, je sais vingt ans, quel bail ça fait !

Est-ce un prétexte pour vouloir explorer

Des territoires interdits, d'autres contrées

Je n’aime pas voir, sous le lit, tes chaussettes squatter

Je n’aime pas qu’on vive nos dimanches devant la télé

Je n’aime pas qu’tu suives les matches, une bière à tes côtés

Que tu ne me tiennes pas au courant de tes projets

Que tu te taises, ne veuilles rien m’expliquer

Que tu me méprises, dans un regard glacé

Que tu prépares je ne sais quelle joyeuse virée

Avec des potes et des poupées fardées

Et n'essaies pas de me faire accepter

Tous ces travers dûs au poids des années

Comme de la dynamite, je suis près d'exploser !

 

AUCUN LIEN AVEC MON CHER ET TENDRE, EN DOUTIEZ VOUS ?

 

 

 

 

 

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