Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 10:00

 

Casablanca-001.jpg 

 

La gare est le noyau de toutes les artères

Ils s’y rendent, ils en sortent  et mordent la poussière

Comme des coccinelles affriolées de sève

Ponctionnent les nervures dès que le jour se lève

 

On s’entasse, on se pousse, on s’écrase en cadence

Sur des sièges éventrés, de la tôle en souffrance

On se dit en en riant que ça vaut bien le tram

Et qu’on ira partout, pour seulement cinq dirhams

 

Place des Nations Unies, quartier du Belvédère

Des circuits, des trajets, et laissez-vous donc faire !

Vous dépayseront,  l’aiguille de la Mosquée

Non loin de la Corniche, est une Belle très prisée

 

Casablanca 024

 

 

Et si vous leur plaisez, et s’ils sont  un peu fous

Les chauffeurs sauront mettre la ville à vos genoux

 Offrent un thé à la menthe, une corne,     aux gazelles

Car c’est  le nom qu’on donne, ici, aux demoiselles

 

Si vous le souhaitez,  vous mèneront à Rabat

Dans les parfums fruités, au cœur des Oudayas,

Des abords feutrés aux marbres du Mausolée,

De ces Princes Alaouites qui règnent au Palais

 

Pour s’oxygéner retourneront à la gare

Envers d’autres touristes auront bien des égards

Gourmands, ils  se nourrissent de globules, du sang frais

De délicieux oisifs qu’il fait bon promener

 

 Casablanca-045.jpg

Partager cet article
Repost0
23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:00



Pour la communauté Textoésies et vous de Suzâme : des pensées aux rêves, ce qui existe des bactéries à l’univers…

 

 

Photos 20110922 002

 

 

 

Rêves, manque de cohésion, désorganisation

Une lampe fortuite et son pied en terre cuite

Un profil animal, seconde d’hésitation

Frôlement de moustaches, se risque et prend la fuite

 

 

 


 

 

 

20-juillet-2012-0343.JPG

 

 

 

Clapotis sur la vitre, étincelles et dentelles

Gouttes d’eau martelées, transparence et reflets

Et vogue l’imaginaire, voici une demoiselle

Dans les serres d’un aigle; par les ailes capturée.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 10:00

 

Photo-002-copie-2.jpg

 

Il y a deux ans, j’avais déclaré que je passerais à Charleville- Mézières durant mes vacances. On m’avait demandé ce que j’allais y faire. Mes grands-parents s’y étaient mariés, ce qui était une raison sentimentale, et j’avais envie de rencontrer Arthur Rimbaud. Boutade, tout le monde m’avait rétorqué qu’il était mort. Mais tout le monde sait aussi qu’à Charleville, le poète se balade dans toutes les rues. Alors je l’avais suivi comme j’avais suivi ma grand-mère, et je m’étais arrêtée quai Rimbaud devant sa maison. J’avais grimpé des escaliers vers ailleurs et m’étais envolée dans des contrées lointaines, à la recherche d’un univers poétique. J’avais eu des mots et des rimes plein la tête. Un nuage dansait autour de moi. Aussi quand j’avais aperçu le musée de l’autre côté de la rue, en équilibre sur la Meuse endormeuse, j’avais su qu’Arthur rôdait tout près. C’était un matin triste de septembre. Le fond de l’air était doux, et le ciel gris. Les toits se détachaient, métalliques, les murs flambaient comme des épées issues de la forge et trempées dans un baquet d’huile immense et sinueux, au-dessus duquel nageaient des canards insouciants.

 

Photo 001

 

Illumination suprême, ces murs semblaient lancer leurs jambes arquées à la conquête du monde et les saules agitaient leurs tignasses de gamins mal peignés, sur les berges. Arthur, tu te tenais là, je n’avais qu’à tendre les bras pour te toucher….

 

 

 

 

 

Photo 006

 

De Charleville à Bouillon, il n’y avait qu’une frontière. Et la curiosité me la fit franchir. Le ciel belge était bas, moutonneux, pesant, là aussi. Et pluvieux. Ce qui me convenait. Comment imaginer un croisé à la tête d’une armée partant pour Jérusalem, par une journée radieuse et ensoleillée. Même si Godefroy de Bouillon avait vendu son château pour financer sa première croisade, j’avais entendu les chevaux franchir le pont-levis, et le cliquetis des armures. J’avais vu ces murs épais dégorger leur cargaison humaine au service du Christ.

 

Photo 004

 

Et en s’éloignant,  les chevaliers se retournaient pour un dernier regard sur leur construction imprenable, comme des enfants quémandant un encouragement de leur mère.

 

Photo 005

 

De là-haut, j’avais contemplé la Semois qui faufilait son ruban argenté à travers la ville comme le glaive pourfendait l’hérétique au travers de sa cotte de mailles.

 

Photo 015

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 10:00

 

Afin de commenter la photo-sujet de la quinzaine chez Miletune

 

 

Sachez que nous sommes fiers de notre allure de chevaux musclés et harnachés tirant carriole et battant la campagne.  Car nos ancêtres nous ont raconté de bien  tristes choses….

 

Ainsi en ce siècle où l’amour était l’unique affaire d’une vie, il s’en passait de belles à Rouen. Il s’appelait Léon, elle Emma, c'est ce qu'on nous a raconté. A moins qu'il ne s'agisse du prénom des personnes qu'ils transportaient. Et ils connurent l'aventure de leur vie. Cette fois-là, leur fiacre avait les stores tendus comme un corbillard et menait une course folle à travers la ville. Dès que Léon faiblissait ou qu’Emma renâclait, le cocher recevait l’ordre de partir derechef. Car les gens de la bonne société qui se trouvaient à l’intérieur refusaient de stopper ou de descendre comme si le rythme et la cadence agrémentaient leur parcours aveugle.

Depuis la rue des Quatre vents, la place des Arts, le Pont-Neuf de la rive droite de la Seine, passant  le carrefour Lafayette, le jardin des Plantes sur la rive gauche,  et l’ile Lacroix en retraversant le fleuve, puis sur les quais et vers le centre-ville, la voiture zigzaguait sur toutes les places, dans toutes les rues, devant tous les édifices.

De treize à dix-huit heures, Emma, Léon et leurs curieux passagers parcoururent la ville sous les yeux des bourgeois ébahis. D’ordinaire les trajets étaient des promenades qui attiraient le regard des voyageurs, il était conseillé de s’ébrouer mollement, de maintenir de petites foulées tranquilles. Nos ancêtres cautionnaient des badinages, de douces paroles, des rêveries, des baisers chastes. Leur sort de chevaux de fiacre, mélancoliques, abattus, gaspillant leur énergie dans des ballades mièvres les frustrait. Ils ne révoltaient pas mais ne se résignaient pas non plus.

 

Mais voilà, Léon et Emma étaient perplexes, leur fiacre était minable, autant que les amours qu’ils trimballaient crinière au vent, des rendez-vous d’un quart d’heure qui en duraient cinq. Peu importait,  ils s’en donnaient à cœur joie, étirant nerveusement leurs longues jambes de chevaux bien nourris. Ils oubliaient les rênes de l’attelage et les œillères dont on les avait affublés ; ce qui était une bonne chose en fin de compte. Pas la peine de constater l’effroi des bonnes gens alentour. Ils entendaient des soupirs, des halètements portés par le vent, qui les revigoraient. Ne se demandaient pas quelle en était l’origine. Ils soupçonnaient un élan, une quête, des illusions, de l’ennui. Un désespoir qui servait leur grand besoin d’exercice.

 

 Ils ont rapporté cela au fil des siècles, et nous savons qu’au détour d’une course  ivre, sauvage et libre dans notre campagne se profile le circuit désenchanté et fougueux tout à la fois, d’Emma et Léon.

 

Partager cet article
Repost0
3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 10:00

 

 

 

volage.jpg

 

 

 

Comment se rapprocher, lui glisser à l’oreille

Les phrases du moment, les morsures de l’instant

N’exposer que des mots, éviter les merveilles

Dans ses yeux  doux voir brûler un feu crépitant

 

S’être rendu esclave de son corps disponible,

Et l’espionner de loin lui devenait pénible

Désir de s’étourdir et de se perdre en elle

Sans toutefois promettre de lui rester fidèle

 

Caresser ses cheveux d’un blond si voluptueux

Un élan, une douleur, un besoin impérieux

Et dans le soir couchant quand pointent les étoiles

En dérouler la soie, s’en saisir comme d’un voile

 

S’interdire la ruse,  les formules falsifiées

Les scénarios tout prêts, beaucoup trop galvaudés

Réinventer la vie, créer deux personnages

Comme  ceux que l'on en fabrique en scrutant  les nuages

 

Qui gonflent, approchent, se fondent, s’effilochent enfin

Les suivre du regard, la prendre par la main

Et tandis qu’elle frissonne, qu’une ombre passe, cruelle

Se convaincre qu’elle savait ce qu’il attendait d’elle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 10:00

Pour illustrer le sujet de la quinzaine chez Miletune

 

 solitude.jpg

      Tableau de Paul Delvaux.

 

Il a dit tu m’attends sur le quai, au train de vingt et une heure quarante-six.  Ne te trompe pas de jour. Il a même envoyé un texto ce matin au salon. Et la patronne m’a passé un savon parce que je consultais mon téléphone. Oui mais quand même, ça fait quinze jours que je ne l’ai pas vu, c’est long ! Elle ne sait plus elle, c’est une vieille. Comme toutes ces mémères qui vont au cours de gym du club à Djerba. Parce que je l’ai rencontré là-bas. J’ai craqué quand je l’ai vu dans son marcel. Il était trop beau ! Le bronzage, les muscles et tout. Et  la mèche de cheveux platine, super, ouais, super.  Les yeux, je ne vous raconte pas, bleu lagon, à tomber ! Il s’appelle Victor, c’est un pro de l’aquagym, de la planche à voile et du step. Ses cours c’était de la folie ! Il a dit que j’étais super belle en maillot, que je remplissais bien tous les bouts de tissu. Quand il a dit ça, j’ai trop balisé, c’était à moi qu’il parlait. J’ai failli m’évanouir.

Et le soir en boite de nuit, comme il a mis le feu ! Comme il remue les hanches, c'est trop de la balle! Vertes, elles étaient les autres quand il m’a embrassée. Je vous assure la dernière journée et la nuit aussi, je n’arrivais pas à le quitter, j'vous dis pas !

 

Elle est drôle cette gare, il n’y a personne. Des bâtiments qui filent dans la nuit, des trains aussi. Et la lune pour les éclairer dans leur course. Enfin, elle n’éclaire que d’un côté, on dirait ça cligne de l’œil autour de moi. Ou alors c’est moi, je suis éblouie. N’empêche les trains, on ne les voit pas arriver. Quand Victor va descendre dans la lumière blanche du quai,  grand et mince, avec du gel dans les cheveux, ce sera un Dieu. Peut-être qu’il arrivera par la passerelle, genre je viens du ciel. Trop top !

Tiens la blonde devant moi, qui se retourne, qu’est-ce qu’elle me veut ? Avec son manteau, on dirait un coquelicot dans le désert.

-         Pardon mademoiselle, vous n’auriez  pas l’heure ? Le train a du retard on dirait. J’attends mon fiancé. D’habitude je ne viens pas le chercher à la gare, c’est une surprise. Il est animateur dans un club de vacances et s’appelle Victor. J’espère que ça lui fera plaisir !

 

 

PS: Je demande pardon aux ados dont j'ai massacré le langage!

 

 

Partager cet article
Repost0
9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 10:00

 

 

Photo-081.jpg

 

Cette semaine le casse-tête chez Sherry  est: bac.

Efguenia est une chatte qui rôde autour d’un monastère à Mystra en Grèce. Depuis toujours elle trottine au milieu des touristes, frottant son flanc tigré contre leurs jambes dorées. Son univers est celui des sandales et des chaussures de marche qui déplacent la poussière vers son museau délicat. Ce sont des défilés incessants, des colonnes de doubles pattes immenses qui stationnent devant l’entrée, immobiles tandis qu’un guide prononce des sons qui n’ont rien de félin. Il doit aboyer, car ça ressemble au cri du caniche qui surveille le bar à touristes à l’entrée, avec la langue qui pend et la queue en sémaphore.

 

Photo 087

Efguenia vient d’avoir un petit et se protège derrière le bac à fleurs sans fleurs. Elle a choisi celui-là parce qu’il est vide et qu’il offre de l’ombre quand même. Comme il est vide, il n’attire pas les autres chats affreux et faméliques. Efguenia sait faire la poupée, les touristes elle les emballe. Elle s’étire et prend la pose, quand ils se sont bien fatigués à observer les ors du monastère, qu’ils reposent leurs lunettes de soleil sur leur nez proéminent en sortant. Et qu’ils remarquent le bac vide, qu’ils la voient elle et son petit. Elle les subjugue car elle fait la belle et les tient à distance. Comme une vraie dame qui veut séduire un prince. L’ombre ronde du bac forme une auréole autour d’Efguenia et de chaton. C’est doublement gagné, à force de visiter des monastères avec des saints, les touristes, ils confondent. L’auréole d’Efguenia les fait fondre. A moins que ce ne soit le soleil qui les rende tout brillants et poisseux. Et comme ça tous ramollis, ils font des efforts et se penchent tout près du bac. Déposent un peu d’eau dans l’écuelle. Une fois quelqu’un a laissé couler de la glace. C’était sucré et onctueux. Un peu comme ce que doit ressentir chaton au fond de la gorge. Pour le moment le bac, c’est une bénédiction. Efguenia ne fait pas exprès d’utiliser ce dernier mot, c’est le contexte qui veut ça. Dans deux mois, quand il faudra obliger chaton à se débrouiller tout seul, elle ira dormir à l’intérieur. Il est tout poreux et garde bien la fraîcheur de la nuit.

 

Photo 088

Partager cet article
Repost0
5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 10:00

 

Photos 20120604

 

Un début de soirée de juin quand la saison hésite. Le jour se déleste de la chaleur comme un écolier de sa besace. Il est impatient, rageur, pressé de se dégourdir les jambes. Libérer ce trop-plein d’énergie longtemps contenu. Il gigote, se cabre et rue dans les géraniums sur le balcon. Qui dodelinent de la tête ainsi que des grands-pères indulgents. Le jour se charge d’humidité et de fraîcheur, il halète et transpire. Le vent s'en mêle,  il fait son souk dans mes cheveux et porte à mes oreilles des rires de jeunes filles dans la rue. Il sème des pollens comme une farce, pour le plaisir de m’entendre éternuer. Un nuage moutonne comme on fronce le sourcil. C’est que tous deux exagèrent, turbulents, dissipés. Je réprime un frisson.  Le vent gagne, il est plus fort que le jour. Qui, s'il se se voyait décliner, lutterait pour jouer au grand, et afficherait un dynamisme de bravade. 

Une odeur de  soupe et de friture lui chatouille le nez, quelqu’un dépose une couverture  sur ses épaules. Avec des étoiles cousues dedans. Sur l’asphalte les voitures allument leurs veilleuses afin de vérifier… S’est-il endormi ? Il sursaute, son sommeil est paradoxal. Le jour rêve. Il porte une écharpe rouge autour du cou. Elle disparaît à l’horizon.

Le jour  va grandir, et sa vigueur avec lui.  Il imposera des heures moites, des envies d’orangeade et de bière glacée, régnera sur des cœurs légers. Il embrasera les soirées de juillet et août, étouffant de sa fournaise les nuits d’une saison enfin installée. 

 

 

Partager cet article
Repost0
3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 10:09

Le casse-tête cette semaine chez Sherry était: lignes et/ou angles.

 

Photo 250

 

Transparence nervurée

Veines de chlorophylle

Au soleil apparues

Dessous, coccinelle camouflée

 

 

 

Photo 234

 

Deux angles de verdure ont enserré le lac

Et Côme est si heureux qu'il se laisse embrasser

Ainsi dans les hauteurs mon regard s'est posé

Et de ce beau spectacle n'a pu se détacher.

 

Partager cet article
Repost0
28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:00

Pour illustrer le défi 82 lancé par Jill Bill, sur des noms de poissons, je me suis servie de la liste suivante :

  • Poisson-chat
  • Poisson-Chien
  • Poisson Clown
  • Poisson-coffre
  • Poisson Lune
  • Poisson pilote
  • Poisson rouge
  • Requin pèlerin
  • Requin Blanc
  • Requin marteau
  • Requin Taureau
  • Requin Baleine
  • Requin Tigre
  • Requin Nourrice
  • Requin Gris
  • Requin Pointe Noire

 

perfectly-timed-photos-25-jpg_102149.jpg

 

 

Avez-vous noté ? J’ai l’œil rond du poisson rouge

Et je suis, de loin,  à la trace tout ce qui bouge.

Empruntés à un clown, sur ma robe des reflets

Que le chat ou le chien pourraient bien m’envier.

Contemplez donc ma gorge, admirez donc ce coffre 

Aux couleurs de la lune, que la nature m’offre !

Je vais nonchalamment où mon nez me pilote

Je chasse, je plonge et me rue sur tout ce qui flotte.

J’ai de la compassion, et tel un pèlerin

Je ne saurai provoquer de réel chagrin.

J’ai l’air robuste, puissant, la force d’un taureau

Mais n’ayez  pas de crainte, je ne suis pas marteau.

La taille de la baleine, la détente du tigre?

Que dirait  ma nourrice, vous n’y pensez pas, bigre !

Regardez-moi encore, cette gueule, cette pointe noire 

Non je ne suis pas gris, mais vous pourriez le croire.

Je suis un requin blanc, je ne suis pas vantard

Je ne casserai pas trois pattes à un canard !

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de mansfield
  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
  • Contact

Rechercher

Liens