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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 08:00

Chez Lilou le défi 92 pour les jeudis en poésie est : Gourmandise

 

noel.jpg

 

En cette fin d’année oubliant d’être dignes

Nos palais délicats n’ont plus qu’une consigne

Souffrir que nos papilles se collent  avec plaisir

         Aux douceurs qui nous tentent  et attisent nos désirs

 

Comment exprimer cette sensation exquise

Ce bonheur sous la langue, félicité promise

Comme un cadeau, un dû, donnant à l’existence

Sa saveur, son piment, sa beauté, tout son sens

 

En ce mois de décembre les tentations sont grandes

Les chocolats au lait s’accrochent aux guirlandes

Les journaux s’enrichissent de recettes illustrées

De photos suggestives aux  couleurs exaltées

 

Comment se préparer un joli corps de rêve

Quand Noël entêté n’accorde aucune trêve

L’été est encore loin, à nous les friandises

Accordons-nous du  temps, péché de gourmandise !

 

Et s’il est vrai parfois qu’aux lendemains de fête

Succèdent gueule de bois et autres maux de tête

Il suffira sans doute de quérir l’air de rien

Quelque médecine, vite fait, chez un bon pharmacien

 

 

 

desserts

 

 

 

 

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 08:00

 

Chez Jill Bill ce  91ème  jeudi en poésie est d'inspiration libre

 

20-juillet-2012-1874.JPG

 

Elles bordent le lac Léman

Et toisent les passants

Elles troublent  les coquettes

Se donnent des airs de fête

Accrochent à leur visage

Des sourires d’enfant sages

Des fleurs en pot, du lierre

Recouvrant chaque pierre

Elles s’offrent une jeunesse

Et s’accordent l’ivresse

Du paraître et du plaire

Abusent de belles manières 

 

 

20-juillet-2012-1899.JPG

 

 

Elles ont la majesté

Des princesses et des fées

Et dessous leurs paupières

Elles ne s’occupent guère

Des murmures de la ville

Des pas lents et tranquilles

Des regards que l’on porte

Sur les murs, peu importe

Qu’on se laisse berner

Par les ors de l’été

Le grand âge leur permet

De se mirer de près

De projeter dans  l’eau

Ces fissures dans le dos

Et d’effrayer les cygnes

En vieilles dames indignes

 

 

20-juillet-2012-1908.JPG 

 

 

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 08:00

 

Défi 90 lancé par Jill Bill: décrire un membre de la famille

 

 20-juillet-2012-1416.JPG

 

 

Une frimousse de bébé et des airs de jeune fille 

Aujourd’hui elle s’assume, s’éloigne de la famille

Il y a l’hôpital, son travail, les patients

Son domaine, le service des arracheurs de dents

 

Il y a son copain, ses loisirs, ses défis

Les petits restaurants, les soirées entre amis

Elle aime se parer, s’admirer dans la glace

Autant qu’elle sait fraiser et se rendre efficace

 

Prend une voix sévère  et fronce les sourcils

En comblant la carie d’un enfant difficile

Feuillète des catalogues et s’habille chez Morgan

Et j’avoue que je suis la plus fidèle des fans

 

Elle a du caractère, je me souviens encore

De ses grandes colères, malgré tous mes efforts

Quand je croyais lui plaire à l’aube de ses onze ans

En achetant, naïve, des vêtements d’enfant

 

 Armée de ciseaux, elle coupait soigneusement

Me narguant ainsi d’un air de contentement

Tous ces pulls ridicules, ces pantalons idiots

Qui  n’étaient pour elle, que d’embarrassants cadeaux.

 

Aujourd’hui je l’admire, elle est presque une  femme

Décide de sa vie, a des projets, s’enflamme

Pour une œuvre, un objet, des idées en pagaille

Je l’écoute, bouche bée, c’est ma fille, ma bataille.

 

 

 

 

 

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 08:00

 

Pour répondre au défi 90 lancé par Suzâme dans les jeudis en poésie, dont le thème est : les oiseaux.

 

CorbeauJPG.jpg

 

Comme il est difficile de bien tenir son rang

Dans cette ville connue pour les fables d’un fripon

C’est pourquoi je m’incline devant tous les passants

Et joue de mon œil rond guettant leurs réactions.

 

Car vous savez tous bien, que Monsieur La fontaine

A su moquer  mes plumes, et ma voix, mon ramage

Cru faire de cette farce, un récit, un poème

Depuis, moi et les miens en subissons l’outrage

 

C’est que je suis  très fier de surplomber la Marne

Et de vous accueillir dans mon  Château Thierry

De relever le col, en moi se réincarne

Aujourd’hui mon ancêtre, je suis là, comme  lui.

 

On n’a pas réussi à m’ôter l’élégance

La distinction innée qui sied à mon costume

Et de mes noirs envols, la grâce et  la prestance

Dans  le bec, un fromage n’est pas de mes coutumes.

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 08:00

 

Défi 89 chez Enriqueta pour les jeudis en poésie: Au pied de mon arbre

 

20-juillet-2012-0549.JPG

 

Cet arbre-là n’a pas de pied,  j’ai oublié

Qu’on peut, tête relevée, croire en l’avenir

Contre son tronc adossé, des châteaux bâtir

Je n’ose pas m’installer, jambes dépliées

 

Impossible d’assembler idées et pensées

Sous ce plafond torturé, griffé, malmené

Où des bras entremêlés fixent le passé

Impossible de m’endormir et de rêvasser

 

Je ne crois pas aux  baisers, aux paroles données

Sous un feuillage irréel et percé à jours    

                            Une voûte  entrelacée et croquant l’amour 

 Tel un serpent sinueux aux nœuds ronds, serrés

 

Pourtant tout là-haut, je sais que la vie est belle

Un vent d’été, tiède et doux souffle sous les ailes

Gonfle les poitrails, et affole les hirondelles

Qui charmées, s’enroulent autour des branches rebelles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 10:00

 

Pour les textoésies de Suzâme : miroir, envers ou endroit; inspiré de ma visite à la maison de l’Amant de Marguerite Duras à Sadec, Vietnam.

 

20-juillet-2012-2465.JPG 

 

On dit qu’elle n’a pas connu l’endroit à Sadec

C’est  pourtant elle qu'on vient chercher et qu'on dissèque

L’amant y installa sa famille ; des photos

Dans des cadres sur les murs, se répondent en écho

 

C’est un jeu de pouvoir, elle est là, on la guette

Et lui avec les siens dans leurs habits de fête

Ils se narguent, ils s’auscultent, ne parlent pas d’amour

Liés par le passé, ils se blessent toujours

 

Derrière leur histoire c’est toute une société

Qui feint de s’émouvoir que puissent se désirer

La femme dans le miroir,  cet homme distingué

Et veut obstinément, de force, les séparer

 

Campé devant la  glace, dans la demeure classée

Il est jubilatoire de se photographier

En un reflet tremblé, tenter d’apercevoir

La femme vénérée,   cet homme dans le miroir

 

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:00

 

Défi 89 chez Enriqueta pour les jeudi en poésie : rendez-vous

 

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Nous avions décidé d’un rendez-vous secret

Afin de retrouver intactes nos années

De lire, moi dans ses  yeux, elle dans les miens

Que la vie n’avait  pas éloigné nos chemins

 

Quelque part dans la foule, en dépit des regards

Nous nous étions livrées, l’une à l’autre sans fard

Avions réinventé  nos jeux d’adolescentes

Et ri pour des bêtises, papotages d’étudiantes

 

Un petit vin aidant, de la chaleur aux joues

Et nos mots libérés, les fou-rires, le bagout

De la folie dans l’air, l’instant des confidences,

S’était institué un climat de confiance

 

Fi de la discrétion, des pudeurs, des soupçons

Nous avions évoqué nos maris, nos garçons

Echangé des photos et contemplé nos filles

Banalités sans nom de la  vie de famille

 

Mais nous avions aussi déballé les forfaits

       Les sottises, les  regrets de nos jeunes années

Comme pour justifier l’usage que l’on fait

De l’expérience acquise au cours du temps passé

 

A l’heure du départ, il restait tant à dire

Qu’une journée entière n’y aurait pu suffire

De nous revoir bientôt nous fîmes la promesse

De cette complicité renouveler l’ivresse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 08:00

 

 

Pour les jeudis en poésie chez Un soir bleu, thème: de la cave au grenier.

 

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Je les entends courir, je les entends piailler

Dessous les portes grises, aplaties, effrayées

Elles glissent, comme éprises d’un vent de liberté

Elles sautent et tétanisent les gros chats du quartier

 

De nos pièges, elles se moquent, de nos ruses elles s’amusent

L’homme n’est qu’un gros bênet,  et à ces jeux il s’use

Ce qui les fait courir, sursauter, rebondir

C’est la valse du balai qui les prend dans sa spire

 

De la cave au grenier, il fouette le pavé,

Le carrelage, la moquette et frotte le plancher

Derrière les tuyaux, elles doivent se retrancher

Les  canalisations constituent leur foyer

 

Car au fond c’qu’elles adorent c’est l’odeur du gruyère

Qui emplit la cuisine et leur museau s’y perd

De toute la maison c’est l’endroit qu’elles préfèrent

    Mais c’est aussi la loge du bourreau tortionnaire.

 

 

 

 

 

 

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 10:00

 

Pour évoquer l’automne en textoésie chez Suzâme

 

20-juillet-2012-2538.JPG

 

L’automne racole sur le périphérique et va

Rampant, comme une fille dévoile ses appâts

Dessous des bas résilles, montre sa chair roussie

Et tend les bras, soucieux d'attiser vos envies

 

Aguiche sans vergogne, lance des rameaux de feu

Se colle aux murs en un tango audacieux

Tout en douceur, le vent écarte son feuillage,

Avec ferveur, il  sait répondre à vos hommages

 

Si, pressé de cueillir la saison qui se vend

De franchir le grillage,  la fantaisie vous prend

Telle une demoiselle offerte dans une vitrine

La belle peut  jouer de votre humeur libertine

 

L’automne a bien deux sexes, Hermès et Aphrodite

L’ont condamné à plaire, à séduire sans limite

Sachant pertinemment que ses jours sont comptés

Il savoure  lentement, des heures la volupté

 

 

 

20-juillet-2012-2540.JPG 

 

 

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 08:00

 

Pour répondre au défi 88 des jeudis en poésie, parti de chez « Un soir bleu » : Vide Grenier

 

 

vide-grenier.jpg

 

 

Il était parti seul un matin de septembre

Devant sa porte, le contenu de sa chambre

Documents d’une vie, épluchures des ans

Déposés sans égard à la vue des passants

 

Balancés les bougeoirs, les lettres, les cahiers

Qui auraient figuré dans un vide grenier

Si des neveux pressés, vifs, et indélicats

N’avaient souhaité que de s’en débarrasser là

 

Où les mains  trop avides de curieux fouineurs

Se tamponnent en quête de l’article du  bonheur

Plongent avec délice  dans des sacs en plastique

Fouillent avec malice, coupent des élastiques

 

Et tout ce petit monde harangue le défunt,

Les restes de sa vie que l’on dissèque enfin :

"Tu étais donc à Lyon à la libération,

C’est pourquoi ce journal était dans un caleçon !

 

Les caches pour tes secrets n’étaient pas des meilleures

Dire que j’ai retrouvé un courrier du facteur

Enfoui dans un tiroir de ta table de chevet

Je me demande à quel prix, je pourrai la brader."

 

Et moi derrière la vitre de la pharmacie

Qui l’avait su fringant et dynamique aussi

J’observe cet étalage, ces vautours carnassiers

Saluant la mort  d’un homme que j’ai vu décliner 

 

Il avait conservé les trésors d’une vie

Des papiers, des objets qui n’attachaient que lui

Des souvenirs fanés, le butin d’un grenier

Qu’on n’a pas pris la peine de décemment vider.

 

 

 

 

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