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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 08:00

 

A l'heure où les mots "bombasse" et  "kéké" entrent dans le dictionnaire, je trouve intéressant de vous faire découvrir l'un des poèmes de Malika, dans le cadre du jeudi en poésie proposé par Fanfan.

 

 

Malika Kadri est comédienne et poétesse. Elle a joué dans " Une vieille maîtresse" aux côtés de Asia Argento et  "La journée de la jupe" aux côtés de Isabelle Adjani. Je lui avais consacré un article, il y a quelque temps, en modifiant son prénom. C'est aussi l'une de mes clientes à la pharmacie.

 

 

malika.jpg

 

 

 

Aziza parle de sa langue : le rebeu

 

 

La genèse est à chercher

Dans les caves et les cages d’escalier

 

Cage d’escalier

Antichambre par les deux mondes imposée

 

Loge du comédien pour souffler

Mais aussi académie où le dictionnaire s’est matérialisé

Comme une génération spontanée

 

Torturés, inversés, lavés , inventés et cassés

 

Les mots dans les caves se sont réfugiés

Une sonorité est née

Musique déjà récupérée

J’y étais

 

Des mots de guetteur

Annonçant les arrivées et les départs

Sont les premiers imprimés

 

Petit à petit

L’appartenance à une bande s’est affirmée

 

Les mots «  situation »

ont fait leur apparition

Les mots « émotion »

ont fait leur propre description

 

le rebeu est né de la rencontre des cités

et de la marche sur Paris

il sera remplacé par un nouveau  français

fait de poésie

 

Aragon et Saadi

Sur Elsa Triolet penchés

 

Saint Augustin et Ghazali

Sur le chemin de la vérité engagés

 

Michelet saluant Ibn Kaldoun

L’Histoire à notre portée

 

Mohand O Mohand et Rimbaud

S’échangeant des rimes

Par dunes interposées

 

Le chemin des égarés et les mille et une nuits

Sont nos livres de chevet

 

Che  Guevara et Mandela

Sont nos héros d’aujourd’hui

 

Mais c’est dans les cages d’escalier

Sous des marches dégradées

Que nos rêves d’enfant sont enterrées

 

Malika Kadri


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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 08:00

 

Défi 103 en poésie chez Fanfan : sujet libre, et sujet de la semaine chez Miletune

 

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Il a choisi de les quitter

De fuir ces compagnons guindés

Qui sur le mur bien installés

Préfèrent de loin observer

L’agitation vaine de la foule

Les ondulations  de la houle

Ont les yeux ronds, la bouche triste

Retranchés au bord de la piste

Oublient de rire et de chanter

Ont le cœur gris, les bras figés

Et ce qui  restait de la vie

A quitté leur visage aigri

Alors il s’offre une parenthèse

Et dans ce kiosque tout à son aise

S’autorise à  scruter le monde

Au travers de ses loupes rondes.

 

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 10:00

 

Un air de printemps, en textoésie chez Suzâme

 

20-janvier-2013 4381 

 

Des matins froids, des ciels pluvieux

Des nuages gris, soleil vicieux

Une  longue écharpe et un manteau

Encombrent mon cou et mon dos

Le soir venu quelques frissons

Me font déserter le balcon

A la terrasse des cafés

Les téméraires prennent le frais

Et c’est à peine si l’on pense

A prononcer le mot vacances

Pourtant les arbres ont recouvert

Toutes les branches nues de l’hiver

Des hirondelles s’aventurent

Dans ce labyrinthe de  verdure

Du sol mouillé monte un parfum

De fleurs des près et des jardins

Et les couleurs par petites touches

Maquillent la saison farouche

Qui se démène tant qu’elle peut

Refuse de jouer le jeu

De se laisser percer à jour,

Dévoilant ses plus beaux atours

 

 

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 08:00

Défi 102 chez Jill Bill : Peintre / Peinture

 

Photo-0003.jpg 

 

Il était installé au fond de la boutique

Un rien désabusé en ce lieu touristique

Les curieux promenaient des yeux doux et rêveurs

Sur les oeuvres exposées ; peu de vrais connaisseurs

 On s’extasiait souvent, on vantait les couleurs

Il souriait un peu et soupirait parfois

 Il faisait de son mieux, il élevait la voix

 Répondait aux questions prétendument techniques

 De passionnés causeurs au profil atypique

 Il repérait aussi des amateurs séduits

Muets, admiratifs au visage épanoui

 Dont les yeux s’embuaient de reflets pailletés

 Ne savaient expliquer ce qui les retenait

 Au bord d’un paysage, d’un corps abandonné

Comme si dedans la toile siégeait  la vérité

 Acheter, le plus souvent, dépassait leur budget

Le peintre gentiment alors leur proposait

 De choisir, d’encadrer, une épreuve d’artiste

 De s’offrir un trésor, de piocher dans la liste

 De toutes ces forêts, de ces bois, de ces champs

 Qui donneraient une âme à leur appartement

 Ils repartaient conquis, joyeux propriétaires

 Et l’artiste comblé abaissait les paupières

 

 

Peintures d'André LHERMET 

 

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:00

Jeudi en poésie, défi 101 chez Hauteclaire : anticipation

 

 

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 Il y aurait la lune comme un toit vermillon

Qui mangerait la brume par-dessus les  maisons

Il y aurait  la pluie blanche et  énigmatique

Un décor métallique, des filles fantastiques

Une dominance de noir, des corps nus et sensuels

Des femmes au regard lourd, des androïdes cruels

Des visages mystérieux et des cheveux bleuis

Des souffrances et des plaies, des pansements rougis

Dans l’ombre et la lumière, un jeu plein de mystère

Et peu de détails crus, que plane une atmosphère

Des chairs, couleur gris clair,  dans l’amour et la guerre

Eros exacerbé, silhouettes altières

Le succès des BD, un univers spécial

Je n’aurais qu’à copier le génie de Bilal

 

 

 

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 08:00

Défi 101 en poésie  chez Hauteclaire,  cette semaine : préhistoire

 

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C’était juste avant toi et moi

Une ère préhistorique, ma foi

J’étais un petit  dinosaure

Fringuant, impétueux,  herbivore

Croquant les amours à belles dents

Piétinant bien des sentiments

Même si en vrai, aucun raptor

N'avait cotôyé l'homme encore

C’était l’âge de la pierre taillée

Je butinais, je me cherchais

C’était l’époque du silex

Peu de jugeote, manque de réflexe

Et  puis j’ai découvert le feu

J’ai fait le plus doux des aveux

Une nouvelle ère commençait

Par toi enfin civilisée.

Cette fois le passé me rattrape

Par ce déjeûner, il me happe

Revoir l’un de ces « cro magnons »

Qu’autrefois je trouvais  mignon

Ne me dit vraiment rien qui vaille

Je me sens ferrée par des tenailles

Comme si un œuf de lézard mort

Allait soudainement éclore

 

 

 

 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 10:00

 

20-janvier-2013-1398.JPG

 

Ces détritus rouillés, abandonnés au sol

Sont des vieillards usés tout au bout de leur course

Ce qu’il  reste de vie brisée dans son envol,

  Aux  âmes sacrifiées filant vers la Grande Ourse

 

Au cours de la visite quand le printemps sourit

Et qu’une lumière crue s’étale sur les ruines

La tôle martelée sous un soleil dru, luit

Et nos cœurs  enfiévrés soulèvent nos poitrines

 

Lors, une belle odorante se fraie un chemin

Au milieu de l’horreur  distille son parfum

Et la brise enivrante comme un diablotin

De la saison fredonne le délicat  refrain

 

Toutes choses se répondent  en une étreinte brève

Oradour en avril est douloureux de vie

Des herbes folles y poussent tout en gorgeant de sève

Les carcasses désolées d’un drame qu’on oublie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 08:00

100ème jeudi en poésie chez Tricôtine, le thème cette semaine est : casse-tête

 

printemps.jpg

 

 

Le printemps s’est posé, feu de joie  dans ma tête

Et les journées s’étirent  au  départ de la  fête

Oubliés les chapeaux, les manteaux et les gants

Pour la saison nouvelle, légers, les vêtements !

 

Voici qu’au soleil tiède j’ai ouvert grand les bras

Comme un amant fougueux, il s’est jeté sur moi

Et ce parfum de rose, de muguet, de lilas

S’empare de  mon cœur, enivre  nos ébats

 

J’ai choisi d’être jeune et de rire, de danser

Jeter mes vieilles robes, m’épanouir, dévorer

Les heures de ma vie en jetant au panier

Les soucis, les angoisses, à moi la liberté !

 

Mais cette griserie, cet entrain, cette liesse

Qui m'assaillent aujourd’hui comme pour rompre une laisse

Ne sont  que feu de paille, sortilège de diablesse

Une farce de la nature contrôlant mes faiblesses

 

Entretenir la flamme et me renouveler

Entériner les drames, et surtout ne jamais

Admettre que le temps passe et mange les années

Est un casse-tête auquel je n’aime pas songer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 08:00

99ème Jeudi en poésie chez ABC : la chemise

 

Photo-067.jpg 

 

Ils se sont préparés sur le coup  de midi

Pour cette foule d’étrangers impatients et transis

Les yeux écarquillés, à leurs sabots collés

Sursautant et ravis, aux portes du Palais

Applaudissant les robes et les muscles saillants,

Cerclés par des harnais, si fermes et luisants

Chaque jour des hourras, des rires et des cris

Ils seraient bien ingrats de ruer avec mépris

Ils sont les petits Dieu de la Cavalerie

Au cours de la relève, personne n’est surpris

C’est à peine si l’on voit ces jeunes gardes suédois

Qui se montrent fiers et dignes de Carl Gustav, leur Roi

Car ce sont les montures, qui attirent le regard

Portant Chemise Bleue,  magnifique étendard.

 

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 08:00

99ème jeudi en poésie chez ABC: noeud papillon 

 

 

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C’est une cérémonie, un bal de promotion

Posé sous le menton, il fait le fanfaron

Il volète et furète au cou d’un gai luron

Qui parade et butine le coeur de Madelon

 

Un petit air british, une dose de fantaisie

Comment ne pas y voir un peu de poésie

Il a sur la cravate un sacré privilège

Car il confère aux hommes des allures de stratèges

 

Et bien qu’il soit sérieux et se tienne tout droit

Taillé dans le coton, la laine ou même la soie

Chacune aimerait bien de près s’en approcher

Et tendre les deux mains afin de le toucher

 

Il paraît accessible, il est aussi pervers

Accroché au gosier et parfois de travers

On le croit maintenu. C’est un vilain fripon !

Il adore imiter le vol du papillon.

 

 

 

 

 

 

 

 

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