Pour répondre au thème de la semaine, de Dana: l'empreinte ou les empreintes.

Dimanche c’est sa fête. C’est son empreinte que je vais évoquer, ce qu’elle a laissé en moi, qui m’a façonnée. J’étais une enfant sage, timide, réservée. Elle était douce, présente, attentive. Mon enfance a été calme, sans heurts. Même si elle détestait les fêtes à l’école et n’y mettait jamais les pieds. J’en ai souffert un peu et puis j’ai oublié. Quand il s’est agi de suivre mes enfants dans leurs fêtes, dans leur école, je me suis obligée à participer. Je tenais des stands de pâtisserie ou de pêche aux canards pour leur faire plaisir. Mais je détestais ça. A cause d’avant, pour moi.
J’étais une ado sérieuse, calme, bosseuse. Pas brillante mais besogneuse. De celles qui font des études parce que c’est ce qu’elles font le mieux. Je ne sortais pas beaucoup, ne fleurtais pas, n’étais inscrite à aucun cours de danse ou de musique. J’étais lisse et prévisible. Sans piquant, sans mystère. Alors mes enfants ont fait du judo et de la danse, du basket et de la flûte, de la guitare et du violon. Tout ce qu’on fait faire aux jeunes aujourd’hui, pour les former soit disant, pour les modeler. Parce que de nos jours, les enfants il faut les occuper, le mercredi surtout. Et j’ai suivi leurs études, qu’ils prennent un bon départ, qu’ils aient un bon niveau. Comme moi, grâce à elle.
Elle ne sortait pas souvent, avait peu d’amis, nous recevions peu à la maison. Je dois toujours faire des efforts surhumains pour inviter, décorer la maison, recevoir. Elle ne savait pas nager, ni conduire. J’ai attendu d’avoir vingt puis trente quatre ans pour pratiquer chacune de ces activités. Comme si je ne m’y autorisais pas avant. Elle était plutôt classique dans ses tenues, rigide dans ses raisonnements. Faut-il que je dise que je lui ressemble, le plus souvent. Sauf dans ces moments où j’ai envie d’être une autre, de montrer de la fantaisie, de l’humour, un grain de folie. Parce que c’est moi aussi. Parce qu’il y a des instants où ton empreinte devient pesante, qu’elle m’écrase malgré ton départ. Et je me révolte. Doucement. Tellement je t’aime Maman.
Il est une empreinte que j'avais aussi envie de vous montrer. c'est le résultat d'une bagarre entre mes deux chats, l'un ayant laissé la marque de sa victoire sur l'autre.
Bien fait, un morceau de griffe près de l'oeil!

Un potager, pour moi citadine ignorante, c’est un défouloir, un reposoir. On y regarde pousser la vie avant de la croquer. On le cajole, on le bichonne, on l’arrose et on lui parle. C’est comme un enfant. Il fait le beau, il s’étale, il s’étire, il prend de belles couleurs, de belles rondeurs. C’est un séducteur. Il a des parfums enivrants, des formes voluptueuses, il sait vous manipuler le bougre. D’après ce que j’entends, ce que je vois, quand il vous tient, il ne vous lâche plus. C’est le besoin de retourner la terre, de soupeser les tomates, d'admirer les citrouilles, de planter un alignement de salades et de poireaux, d’arracher du persil. Ca ne se contrôle pas, c’est viscéral.








Cette fois, c’est d’une pièce de théâtre dont j’ai envie de parler. Ce n’est pas un choix personnel au départ, j’avais des invitations pour ce spectacle. Marie Christine Barrault seule en scène durant deux heures au théâtre Daunou, à Paris. J’avais peur de bailler aux corneilles, de me trémousser sur mon siège et de soupirer en fermant les yeux. Mais c’était sans compter sur le texte de Françoise Chandernagor, une adaptation


















