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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:00

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : fil, ficelle, corde, etc…

 

Je n’ai retenu que «  fil », et puisque avril va bientôt rempiler, j’ai pensé au dicton, celui qui parle d’avril et d’un fil.

 

Je peux, sans me découvrir vous dire qu’avril est un mois chargé en anniversaires chez nous. Il paraît que ça s’analyse ces coïncidences  dans les familles, que ça a un sens. Pour faire court, il y a d’abord ma belle-sœur puis moi, mon mari, mon fils, et mon frère clôture en beauté, le premier mai. Alors nous passons nos semaines au téléphone, coups de fil et SMS, puis bises et cadeaux, champagne et gâteaux.

Je peux, sans me découvrir expliquer que j’aurai dû naître au mois de mai. Je suis une prématurée et je me suis bien rattrapée. Aujourd’hui je suis un…beau bébé comme on dit. 

 

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Ca n'est pas moi, j'ai trouvé cette corde à bébés sur internet et comme ça correspond pile poil au casse-tête...

 

 

Je peux expliquer qu’un jour, dans la salle d’attente du médecin, chez moi dans le 9,3, j’avais rencontré une étrange patiente. Née à Casablanca au Maroc comme moi, elle avait mon âge environ. Elle avait simplement dit : vous êtes née à la Clinique Mers Sultan et c’est le docteur Lesimple qui a accouché votre maman. Elle m’avait débité ça avec assurance, avec évidence. J’ai conservé le carnet de grossesse de ma mère comme une relique,  je n’avais pu que répondre oui, tout à fait. Pas difficile, avait-t-elle rétorqué, à l’époque à Casa, c’était le gynécologue des  françaises. Si je l’avais laissée continuer, elle m’aurait décrit ma venue au monde par le détail. Cette fois-là, quelqu’un m’avait découverte.

Je peux, sans me découvrir, expliquer qu’il existe un lien, un fil entre les personnes, un peu d’attention et on le remarque. Que ce soit en famille, entre amis ou aminautes, ou avec de parfaits étrangers, il y a toujours quelque chose à partager, des sensations, des situations communes. Et des conseils à retenir :

En avril, ne vous découvrez pas d’un fil ! Laissez-vous découvrir plutôt.

 

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 10:00

Le printemps arrive et nous souffle un petit air tiède dans le cou. Les soirées commencent après dix-neuf heures, bien que nous n’ayons pas encore changé d’heure. La nuit prend son temps pour s’installer, le ciel se couvre de moutons orangés juste avant, afin qu’elle puisse s’étirer à son aise. Mes chats roulent dans la poussière du balcon et rentrent tout enfarinés pour apporter à mes tapis un éclat unique et particulier. Dans le jardin d’en face, un cerisier se pare de dentelle blanche  comme pour aller à la noce et Totor le chien, tend sa balle aux enfants qui approchent du portail.

 

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Eh bien là tout de suite, j’ai envie d’une petite robe légère, pas très longue, juste au-dessus du genou. De tourner comme les enfants, pour la faire bouffer et que le soleil me picote les jambes. J’ai envie de chanter la «chanson des collines », de tendre les mains, les bras. Je suis Julie Andrews et je me raconte ma Mélodie du bonheur. Les oiseaux, le vent, les ruisseaux, les airs du passé formant une ronde, tout ça me met du rouge aux joues et de petites ailes dans le dos. Chaque année, en cette période, la nature a cet élan formidable, ce renouveau, et je suis au diapason. Un petit morceau de soleil, c’est comme un petit bout de sucre, ça rend la vie moins amère. Dans la foulée, j’entonne avec Mary Poppins, le refrain du petit bout de sucre.

 

 

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Tout ça pour dire que le printemps  me ramène à l’enfance, aux comédies musicales des années soixante, comme si une part de moi était bloquée à cette époque. Pour grandir, pour atteindre l’été, m’émerveiller aux couleurs de l’automne, et supporter l’hiver chaque année, il me faut repartir de là.

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 10:00

On nous les présente comme des héroïnes et des victimes de l’actualité politique ou climatique. Elles sont jeunes, belles, et paraissent démunies. Comme pour dire, la vie nous a placées là, elle nous a figées pour la postérité. Elles sont saisies dans l’instant, en un sursaut, dans l’émotion. Comme les amoureux de Doisneau. Sauf que…

 

 

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Elles fouillent nos consciences, pas leurs prunelles réciproquement. Les joues sont pâles, les lèvres serrées, le regard fixe, hanté. Et le voile ou le drap qui les couvre signe la fragilité et la dignité tout à la fois. Elles intimident la caméra et la toisent, je les entends crier. Elles ne réclament ni la pitié, ni la charité. Elles témoignent simplement. Dans leurs yeux, grands ouverts ou cachés à moitié par une frange, il y a un éclat, une flamme, de la vie.  C’est cette nécessité de revanche sur les événements qui les porte. Ces événements se lisent sur les photos, le voile rouge de l’afghane aux couleurs d’un peuple qui saigne, l’enchevêtrement de bois et de carrosserie autour de la japonaise marquant le chaos d’un pays éventré. Ces photos font et continuent de faire le tour du monde. Ce qu’elles véhiculent devrait nous booster, chaque jour, dans nos vies modestes et sans histoire. Sans autres histoires que nos petites misères. Je n’aborde pas les problèmes de santé contre lesquels nous ne pouvons rien. Dans ce domaine, je m’en tiens à la citation de Chamfort : « Mon Dieu, épargnez-moi les douleurs physiques, les douleurs morales, je m’en charge ».

 

 

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Ces jeunes femmes ont une force incroyable, elles sont droites, résolues. Elles symbolisent  un univers à reconstruire sur des ruines. Elles nous insufflent l’allant, le courage. Une sorte d’énergie qui vaut bien des vitamines.

 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 08:00

Le défi de Lilou consiste en l'écriture d'un texte comportant une ou plusieurs expressions courantes de la langue française. J'ai pour cela remanié un extrait de l'un de mes petits romans.

 

 

 

Lorsque Mylène arriva, j’avais résolu de fouiller le grenier de Philippe, d’en remuer la poussière, d’en frotter la crasse.

Mylène souleva mon bras et se carra contre ma veste de jogging. Elle ferma les yeux, confiante, recueillie, joignit ses doigts aux miens : « Que c’est bon de t’aimer, tout chaud, tout doux ! »

Elle sentait le métal et la colle, ses cheveux avaient de particules de plastique multicolores. Elle avait au coin des lèvres des miettes du goûter qu’elle avait englouti en sortant de l’usine, pressée de me rejoindre : « Allons-y dis-je, par où monte-t-on au grenier ?

- Pourquoi, tu veux changer d’endroit, faire l’amour dans les combles, tu veux des sensations, un goût de moisi, des champignons? »

Elle me donna une petite tape sur le haut du crâne et s’ébroua, me scruta, bouche bée, les lèvres sèches et  l’œil embué : « Mais c’est qu’il ne plaisante pas. Viens, c’est juste à côté de la cave, l’autre porte. Attention l’escalier est raide ! »

Les marches en bois vermoulu étaient étroites, avec des toiles d’araignées tout du long. L’odeur de plâtre et de poussière était si forte que notre premier geste fut de nous pincer le nez. Nous pouvions tenir debout sans problème et le grenier était coupé en deux par un mur en torchis percé d’une ouverture. La lumière entrait par des vasistas dans la toiture ; des solives en bois, fuligineuses, soutenaient les tuiles. Au dehors, les feuillages zigzaguaient au vent. Leurs ombres  fauchaient les murs et le sol à l’intérieur, comme  des lasers de boîte de nuit. Mylène s’élança sur la piste, gracile, écarta une vieille table à repasser, une poussette à la capote déchirée, un radiateur mangé par la rouille et déséquilibré sur trois roues. Elle manqua de s’étaler sur une tache de graisse provenant d’un flacon de cire à bois, ouvert et dégouttant sur le plancher, retint un cri d’effroi devant une tête de mort en plastique fichée au bout d’une tige. Elle s’énerva, un lit à barreaux lui agrippait le pull, s’esclaffa à la vue d’un pot à urine émaillé, pirouetta avec dans chaque main, un numéro de Science et Avenir en lambeaux. Je la rattrapai d’un bond, qu’elle arrête de se trémousser, allumeuse, lascive, charnelle, comme SORTIE DE LA CUISSE DE JUPITER.

 

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J’étais à cran, ce n’était pas le moment. Je la maintins fermement par le coude : « Arrête ton manège !

- Tu n’en peux plus pauvre chéri. »

J’esquivai son regard et la relâchai : « Ca n’a rien à voir. »

Elle s’immobilisa, plaça une main dans son dos et l’autre à plat sur sa bouche. Elle fronça les sourcils puis en silence, souleva des bottes en caoutchouc couvertes de vert-de-gris, un tabouret en osier dont le siège était éventré, une bouteille italienne au long col à torsades, un petit ciré d’enfant lacéré. Portant au-dessus de sa tête une Pieta en albâtre, elle me questionna sèchement : « Qu’est-ce que tu veux à la fin, et n’essaies pas DE NOYER LE POISSON ? Est-ce que tu cherches quelque chose seulement ? Tu restes là sans bouger! »

Elle ne me regardait pas, elle avait les yeux fixés sur une toile d’araignée qui ondulait comme une méduse. De l’air froid passait au travers des planches et la nuit s’abattit soudain, braquant la lune sur un buffet en noyer, verni d’usure et aux portes arrachées. On devinait de grands verres à cognac collés dans la poussière d’une étagère.

« Je veux comprendre cette maison,  pourquoi Philippe m’a-t-il amené ici ?

- Mais il n’y a rien à comprendre. Et moi je DONNE MA LANGUE AU CHAT ! C’est le coin idéal pour reprendre des forces, c’est tout.

 

Elle s’approcha de moi, faufila ses doigts glacés sous ma veste, me caressa le ventre, le torse et m’embrassa à peine bouche. Elle me relâcha : « Puisque qu’il n’y a que ça, le sexe comme une  vengeance, je veux ma part, et descendons, car moi je préfère un lit douillet, chacun ses goûts. »

Je la suivis, automate, décérébré, obéissant. Je me laissai faire. Je m’obligeais à la défaite, je me rendais, me soumettais comme pour mieux savourer la victoire. L’amour était une guerre sans vainqueur, autant  DONNER DES COUPS D’EPEE DANS L’EAU. J’en faisais le constat chaque fois.

 

Aujourd’hui je peux analyser. J’étais un imbécile, mal aimé de ses parents, mal aimant, un stéréotype banal. UN OURS MAL LECHE dit-on. Je tombais les filles, ce menu fretin, comme le fonctionnaire Argot de Tchekhov écrasait les cafards. Pour me venger d’une humiliation. Décidément, je ne retenais pas le bonheur quand il se présentait, je le gaspillais. On ne pouvait pas s’attacher à moi. On perdait son temps. On ne pouvait que CASSER DU SUCRE SUR MON DOS.

 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 11:12

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : Lumière

 

Au cours de ma promenade dans le Tarn cette semaine j’ai pu visiter deux villages classés" Plus beaux villages de France". A Castelneau de Montmiral et à Puycelsi, en cette fin février la lumière est doublement magique. Le printemps approche et les jours s’étirent sur les pierres comme  le temps. Les touristes ne sont pas encore là, les hôteliers et les restaurateurs sont en vacances, et l’après-midi s’endort avec les chats. On entend le vent siffler dans les ruelles, des pigeons roucoulent et entrechoquent leurs ailes. Leur vacarme est si fort que l’on croirait  entendre  battre des tapis. Des tourterelles les accompagnent joyeusement. Une cheminée fume quelque part. C’est alors que cette lumière s’impose juste avant que le soleil n’enflamme le ciel, comme si l’on avait figé  l’ombre sur le cadran solaire de la mairie.

 

 

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A Puycelsi, Je vois se faufiler Manon dans sa longue robe et ses sabots, elle se hâte vers son logis. Sur le fronton des  portes, on a gravé la date d’édification du bâtiment, au XVIIIème ou XIXème siècle. J’aperçois une télévision à travers des rideaux, il y un nom écrit sur une boite aux lettres : Mr et Mme D… Manon s’est évanouie derrière un pied de vigne emportant sa lumière avec elle.

 

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Sur la place des arcades, à Castelneau, un soleil timide  s’exerce  à chauffer les pavés, Louison danse avec lui, un instant puis elle se dirige vers l’église et son reliquaire, ses sabots résonnent dans l’allée humide, et ses pas se perdent devant l’autel.  La voûte toute décorée à la main a absorbé sa lumière.

 

 

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Des bâtiments en torchis, des  portes ouvragées, des volets mangés par l’âge et clos pour la plupart, des enseignes d’autrefois mêlées aux panneaux des artisans peintres ou potiers d’aujourd’hui, des ruelles sombres et étroites, ces deux villages surplombant la vallée, et où les voitures peinent à s’aventurer, ont les siècles pour lumière. S’y promener en cette saison, c’est en revêtir les habits.

 

 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 10:00

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : tournez manège !

 

Il est parfait. Coloré et bien rempli il attrape de petites mains avides qui se collent à lui comme des mouches. Et tandis que les parents attendent des médicaments,  quelle horreur, à part le sirop à la framboise, tout est dégoûtant, les bambins ouvrent des yeux comme des soucoupes et sautillent autour du présentoir.  Il y a ceux qui osent, je prends ce qui me plait, je défais le papier,  une lichette rapide et… maman est obligée de payer. Il y a ceux qui tripotent,  regardent  maman, tripotent à nouveau et … ça ne va plus loin. Certains demandent la permission.  Quelquefois c’est oui, quelquefois c’est non, ça dépend comment elle est lunée maman. Certains déboulent comme des flèches vers les sucettes comme si un aimant puissant intergalactique les capturait. Ceux-là, en général, ont la démarche du vainqueur. C’est paradoxal, ils ne sont pas envoûtés comme on pourrait le croire, ce présentoir-là, ils vont se le faire. Personne ne se mettra sur leur passage, alors ils tapent du pied et pleurent. J’en ai vu qui se roulent par terre. Souvent ça marche. Ce qu’il faut, c’est f….. la honte aux parents. Si tu as compris ça, tu es dans le vrai mon gars.

 

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Je dois raconter. Là-dedans c’est tout plein de sucettes sans sucre, avec tout plein de parfums. Même que les meilleures, celles qui partent le plus vite sont au coca et à la framboise. Et la dame de la pharmacie, elle veille au grain, elle en remet tout le temps. C’est une brave femme qui aime les enfants : sans sucre, pas de carie ! La sucette chez le pharmacien, ça devrait être systématique. Je ne vois pas ce qui gêne maman. Elle nous en fait tout un manège chaque fois ! 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 10:00

Ah cette manie qu’on a en province, de toujours vous demander d’où vous venez ! On vous épingle sitôt qu’on vous aborde. On vous répertorie,  on vous classe. Et le ton qu’on prend quand on sait que vous êtes de la capitale, tient de l’admiration parfois mais le plus souvent, de l’ironie ou de la condescendance. On a besoin de se rassurer, on est mieux dans son patelin qu’à Paris. On respire, on se parle, on prend le temps. Rien ne vaut la nature et le calme, rien ne vaut d’écouter passer les jours.

 

 A Paris, personne ne pose de question, peu importent les origines.  Tu existes puisque tu es là. Tu portes un costume, une djellaba ou un boubou, et tout le monde le voit bien. Tu affiches tes origines, tu revêts  « le dress » code social. Tu te fonds dans la masse comme une ombre. Et tu marches et tu cours. Personne ne t’arrêtes, ne t’entraves. Paris n’est pas New York où rien ne surprend. Si tu hurles, si tu gigotes,  si  tu chantes à tue-tête, quelqu’un se retournera, te regardera l’air surpris, puis poursuivra sa route. On ne va pas tout simplement t’ignorer, ne pas te voir. Mais si je réfléchis bien, à Paris on se fout un peu de toi, tu n’intéresses personne réellement. Les regards sont lisses, tu es un fantôme. A moins d’avoir su recréer, dans ton quartier, un coin de province, ou l’on papote, ou l’on échange, ou l’on se parle. Et que lorsque survient un étranger, tu saches dire : tu viens d’où toi ?

 

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Je parle de Paris, j'écris, mais j'écoute les infos aussi. Je ferais mieux d’évoquer les grandes villes toutes, et de l’indifférence qui les caractérise. Quand je pense qu’un homme est mort à Strasbourg, il y a trois ans dans une tour, et qu’aujourd’hui seulement, quelqu’un s’en est aperçu.

  

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 14:15

 

 

 

 

 

 

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(Clin d'oeil à Capucine, sur la notion d'émotion et de plaisir.)

 

Agrandissant le trou dans le grillage, je pénétrai dans la propriété comme si c’était normal, comme si j’étais attendue. Sans complexe, je brisai les branches qui entravaient mon avancée. Je  coupai les orties hautes. Je marchais lentement, dérapant sur le sol moussu et la terre recouverte de buis séché. C’était l’automne, les tilleuls perdaient leurs feuilles. Les pins et le buis avaient un feuillage dense et verdoyant soumis aux caprices du vent dont le chant imitait les oiseaux. Je m’aventurai sous une voûte enténébrée de fougères géantes. Leurs feuillages mêlés et retombants ouvraient un passage. Au loin je repérai une clairière. Elle brillait d’une lumière aveuglante et chaude comme du miel bouillonnant dans un chaudron. Je forçai l’allure et trébuchai sur des pommes de pin et des cailloux, me cramponnai aux branchages. Mes gants usés étaient une piètre protection. Mes mains étaient glacées et écorchées. Ce long tunnel exacerbait les odeurs : fientes et crottes d’animaux, essence de pin, parfum douceâtre du tilleul. Au centre de la clairière, le tronc  d’un arbre abattu recouvert d’une nappe de lierre, figurait un autel. Le sol était jonché de ramures duveteuses et dorées. Le soleil pétillait de poussières comme le champagne de bulles. Je fis le vide dans ma tête. J’eus de nouveau la certitude de vivre.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 14:50

J’avais trouvé du thé vert  et des biscuits dans un placard et subitement, eu  le désir de déguster un thé à la menthe. Je voulais goûter, apprécier cette soirée, la savourer. J’avais déjà assisté au cérémonial du thé, tel qu’il se pratique dans le djebel aux environs de Chaouen au Maroc. Un plateau de cuivre sur une table basse, de petits verres alignés, des gâteau au miel et aux amandes, et en fond sonore, une musique andalouse diffusée par un orchestre «Djebli ». L’homme qui remplissait les verres, avait des mouvements lents de va et vient. Ses gestes avaient quelque chose de net, lumineux. Plus je le regardais, plus j’avais l’impression de le voir au travers de jumelles après une longue mise au point. Et je ressentais alors le bienfait, la grâce d’une minute hors du temps.

 

 

 

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J’avais coupé quelques feuilles de menthe dans le jardin, en retrait de la bordure prisée des chats. Ma lampe traçait des voûtes et des ogives dans la nuit. Elle matérialisait la poussière et les insectes qui me rappelaient toutes ces particules en suspension dans ma tête. Je rinçai les feuilles et les fis infuser dans de l’eau bouillante en ajoutant le thé. Je fermai les yeux tandis que le liquide brûlant descendait dans ma gorge comme un nectar. J’étais de nouveau là-bas.

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 10:00

 

 

Le casse-tête cette semaine chez Sherry est : A l’envers.

 

Alors là, ça m’a fait bondir. Parce qu’un sujet aussi personnel, aussi intime, fallait oser. Me demander quel effet ça fait d’être associée à une culotte, et me le demander comme ça, de but en blanc, c’était risqué. J’ai donc cherché en moi, au plus profond, en quoi consistait ma douleur. Pourquoi ce bouleversement tellurique dès qu’on aborde la question du retournement. Ca ne vient pas d’une enfance dramatique ou d’horreurs vécues à l’adolescence et enfouies dans d’obscures régions de mon cerveau. Ca ne m’évoque pas non plus un conflit au travail ou en famille. Cela vient-il de vous mes aminautes ? Est-ce que j’ai un problème avec vos commentaires tous plus amicaux et encourageants les uns que les autres ? Quand même pas !

 

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Seulement voilà, à l’envers chez moi, ça déclenche une petite sonnette. Comme une décharge, j’ai un sursaut. Parce que mon nom d’épouse c’est DECO… et non DAGO… BERT. Eh oui, riez, je vois bien que vous avez compris. Quand je l’épelle, on me demande si c’est en un ou deux mots. Comme si j’avais une tête à particule ! Quand on l’écrit, parce que j’ai dit : comme ça se prononce,  ça donne DEGOBERT ou DAGOBERT le plus souvent.  

Nous y sommes, le bon roi pointe son nez. Et avec lui, les plaisanteries douteuses du genre : tu as fait attention en t’habillant ce matin ? Qu’as-tu fait du bon Saint Eloi ? Mais ce nom là je l’ai emprunté, je ne suis pas née avec, j’ai donc appris à réagir. Et le plus souvent quand on me questionne je réponds : je ne porte pas de culotte !

 

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