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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 08:00
Henry Moret, Goulphar, Belle-Île, 1895 (Connaissance des arts)

Henry Moret, Goulphar, Belle-Île, 1895 (Connaissance des arts)

Que j'imagine la fin de cette pandémie. Un ciel aux nuages rosis couvrant l'horizon, une mer huileuse, d'un bleu émeraude ou azur, quelques vagues clapotant au pied des rochers. Une terre grasse recouverte de mousse, aux contours arrondis comme les pattes d'un ours apprivoisé. Et au milieu, un golfe conduisant à une plage de sable fin. Le vent oublie ses menaces, il ne souffle que dans un sens, droit devant. Nous sommes à bord du  navire, confiants, ivres, libres. Nous avançons, déterminés. Les voiles ont l'air d'oriflammes brandies au nom de la vie, de l'humanité.
C'est l'espoir qui nous guide, la certitude de sortir du  cauchemar, le pied de nez au danger. C'est nous, frêles, livrés aux éléments et vainqueurs. Prêts à accoster en douceur.
 
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29 novembre 2021 1 29 /11 /novembre /2021 08:00
DE l'OR
De l'or dans le ciel. Et nous dessous. Tous les ans ça recommence. L'émerveillement toujours, ces couleurs chaudes et changeantes des feuilles déjà mortes et pourtant rutilantes. Le pied de nez du temps au temps. L'éphémère, l'harmonie triomphante, sa vanité. Chaque fois, on se laisse prendre. On pense à Peau d'Âne, à sa robe  couleur du temps, aux contours d'une feuille de marronnier qu'on dessinait à l'école. On entend chanter les branchages, crisser le sol. L'automne avec sa parure, inaugure la parade de Noël. C'est la fin des chaleurs, de l'été, on pense aux grands froids. C'est le début des festivités, ça clignote déjà. 
 De l'or dans mes yeux, et forcément, les souvenirs de l'enfance.
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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 08:00
Pierre Le-Tan, Une femme de dos regardant vers la tour Eiffel, assise sur un banc d'une terrasse dans un jardin parisien, v 2000 (Connaissance des arts)

Pierre Le-Tan, Une femme de dos regardant vers la tour Eiffel, assise sur un banc d'une terrasse dans un jardin parisien, v 2000 (Connaissance des arts)

... Ça fait du bien. S'arrêter, s'asseoir sur un banc, prendre le temps de rêvasser. Même en ville, avec la tour pour paysage et ce ciel ni tout à fait bleu, ni tout à fait gris. Profiter de la solitude d'un instant, si rare en plein Paris. Regarder picorer les pigeons sans les voir. Du mouvement, des piaillements, des battements d'ailes. Du bruit, de la vie, pas des klaxons, des pétarades. De là on a le nez dans les frondaisons, on écoute chanter le vent. Puisque le soleil se dilue dans les nuages, il y a cette lumière et l'argent dont elle couvre les feuilles. 
On dirait qu'elle a froid, peut-être joint-elle les mains sur ses cuisses. Ou alors resserre-t-elle les pans de sa veste. Il est possible que tout lui soit indifférent, le temps qu'il fait et comment occuper les heures. L'important c'est la bulle, l'ailleurs,  et ces taches de couleurs, le roux, le vert qui la relient au présent.
#pierrele-tan #paris #bulle #banc #solitude #aquarelle
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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 08:00
INTERDIT
Quand la situation est cocasse autant la partager sur les réseaux sociaux. Parce que les fêtes arrivent doucement, qu'on aura l'occasion de boire. Ce sera plus joyeux cette année, avec la vaccination, le déconfinement, on a envie d'y croire. On rira, lèvera le coude, en compagnie. On aura pris toutes les précautions. On fêtera l'avenir, l'année qui vient, les élections, la stagnation de l'épidémie.
Ou encore pour oublier que ça repart et les petites misères de la troisième dose, l'obligation des masques à l'école, la hantise des contaminations au marché, dans les magasins, à l'hôpital, dans les stations de ski, on aura ce petit bonheur à déguster avec modération.
Donc, désolée, il est interdit d'interdire. Si une chose, mettre de l'eau dans son vin.
#interdit #confinement #alcool #fetes #joie
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8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 08:00
RAINBOW

Il y a des jours comme ça où on le voit dans le ciel, plus grand, plus beau que d'habitude. Doublé aussi. On sait qu'il va disparaître et que sous lui, le décor n'est pas top. Nos immeubles jaunâtres et le ciel plombé qui lui servent de cadre ne réussissent pas à atténuer sa magie. 

On le perçoit comme un signe du destin. On pense à Judy Garland ou à la tolérance LGBT,  on a en tête des images fortes qui ont marqué ou marquent des générations. On se réfère au bonheur, à la  joie qui nous attendent. Il ne caractérise ni la tristesse, ni le chagrin. On dit: "Oh regarde, l'arc en ciel!" et on s'émerveille. 

Il est la preuve de la fugacité de nos joies, de leur fragilités. Intense comme nos vies, il laisse un sentiment de frustration à son départ. À nous de trouver ce qui peut le remplacer au quotidien, la lueur, l'éclat qui rendent les jours gais, beaux, ou simplement supportables.

 

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 08:00
1898, Matisse en Corse

1898, Matisse en Corse

Ce pourrait être le plein été ou l'automne. Une saison où les couleurs explosent et se plantent dans le paysage. C'est un feu d'artifices, les nuances se détachent, s'alignent, s'étirent, se posent. La broussaille au premier plan les contient toutes, les concentre. C'est un bouillonnement, une source de chaleur. Densité, moiteur, implosion latente d'une terre de caractère. 
Et puis le rivage, la fraîcheur, le clapotis des vagues, tirent les pigments vers le large. L'ocre se détache du vert et tranche sur le bleu. L'orange, le rose, le jaune forment de longs rubans jusqu'à l'horizon. Dans le ciel, une dernière salve, une pétarade, un nuage  s'évanouit comme un écran de fumée blanche.
#matisse #corse #couleurs #feudartifices #automne 
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25 octobre 2021 1 25 /10 /octobre /2021 08:00
Roland Topor, Le Clown Tant Pis, 1974. (Connaissance des arts, octobre 2021)

Roland Topor, Le Clown Tant Pis, 1974. (Connaissance des arts, octobre 2021)

A l'heure de #MeToo, des féminicides, de la disparition de Delphine Jubilar, cette huile sur toile m'interpelle vraiment. Elle illustre l'absurde, la farce et l'horreur, la cruauté, la dépendance et le crime.  Le jeu, la gaucherie, le désarroi. La culpabilité peut-être. Et cependant... Elle l'a bien cherché, non? Tout en elle respire la volupté, l'abandon. Ce corps, elle souhaite qu'on en dispose, qu'on promène ses mains, qu'on en pétrisse les contours. Elle est belle, offerte, elle n'est qu'une enveloppe vide , froide, blanche, qu'on découpe et dont on fouille les entrailles. Désarticulée, inerte, les cheveux prolongeant le corps, elle est cette poupée avec laquelle on s'amuse.
Et lui, clown triomphant dans son habit doré, dirige ce cirque. Sa puissance est dans les pointes de son bonnet, ses yeux ronds étonnés, les ficelles qu'il tient comme des rennes. Sa collerette raidit son cou, lui fait une belle allure. Pourtant, derrière cette palissade, il est esseulé, mal fagoté, sans autre public que son ombre le fixant. Le sourire figé, il sait déjà qu'il doit disparaître.
#metoo #illustration #clown #rolandtopor #actualité #droitdes femmes
 
 
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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 08:00
Claude Monet, Nymphéas, 1914-1917

Claude Monet, Nymphéas, 1914-1917

Je pensais que l'exposition"Julie Manet" avait débuté au musée Marmottan Monet. Puis j'ai réalisé une fois sur place qu'on réamémageait des salles en vue de...
Puisqu'on l'endroit ne déçoit jamais lorsqu'on s'y rend, je me suis assise dans le jardin de Monet, face aux nymphéas. J'ai chaque fois,  le sentiment en peu de temps de laisser passer les heures, les jours, les saisons. La lumière, les angles, la luxuriance de la nature, ses couleurs, changent, se déplacent, reviennent. Comme si j'avançais ou reculais, les sens en éveil, de l'émermeillement plein les yeux. Monet, c'est du GHB parce qu'on est planté, immobile, qu'on perçoit tout, on capte tout. C'est la vie augmentée, l'espace, la vitesse, un tourbillon. Une sensation de vertige devant toutes ces nuances dans des lieux identiques, peints à différentes époques.
En quittant le musée, au milieu du jardin du Ranelagh, ce ressenti, le calme après une réelle tempête intérieure.
#monet #nymphéan #muséemarmottan #vertige #emerveillement
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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 08:00
NE GARDONS DE L'ETE
Que couleurs, et champs de blé. Chaleur et vent léger. Moiteur, thé glacé. Distances, randonnées. Bains de mer, eau chlorée. Chapeaux de paille, peau dorée. Salades vertes, viandes grillées. Villes désertes, plages bondées. Coquillages, crustacés. Ski nautique, voiles dressées. Chamois étonnés. Marmottes dressées. Bronzette acharnée. Apéros, chips et vins frais. Parties de pêche, rives argentées. Chaise longue, sieste sacrée. Soirées ivres et déjantées. 
Tournons une page du livre d'images. Automne avance avec prudence...
#ete #couleurs #images #vacances #clichés #rimes 
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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 08:00
ON MONTRE
Avec Facebook et Instagram, on ne décrit plus, on montre. C'est ce que je viens d'entendre dans ce reportage sur La CINQ. 
Mais là vous voyez quoi, un lac artificiel, un ciel bleu, un matin d'été. Banal. Si je ne dis rien, si je ne raconte pas, ça vous parle peu. Eh bien dessous, il y a un village englouti au profit de l'énergie hydraulique. Il s'agit de Naussac en Lozère. 66 familles délogées, des habitations, une église évanouis, des terres fertiles inondées. Des agriculteurs ont ripostés vainement, on a déplacé les pâtures. Mais voilà, aujourd'hui on sait plus, on fait du pédalo, de la voile. C'est beau, c'est nouveau. La nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Il faut bien écrire pour qu'elle ressurgisse, et qu'on imagine l'antan. L'avant 1980.

#naussac #lozere #nostalgie #villageenglouti #decrire #montrer #lac #barrage #electricite

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