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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 143: TU N'Y CROIS PAS

Evocation en poésie des médecines parallèles chez Enriqueta pour ce 143ème jeudi en poésie des  Croqueurs de mots

 

Pour ton gros rhume, Aconitum

Trop énervée, tente Gelsemium

Démangeaisons sur le sternum

Essaie apis mellificum

Ah les hormones ! C’est Lachésis

Qui calmera l’intense ignis

De ton visage, tes bras, tes cuisses

Ca ne va pas ? Nux vomica

Tes fortes nausées, calmera

Un fils casse-cou, hop Arnica

Et ce gros bleu disparaîtra

Pour les toux sèches de Titi

Pas de problème, coccus cacti

Baisse de tonus ? Cornu cervi

Te redonnera goût à la vie

Des rhumatismes, c'est vrai, ça coince?

Allez, ruta graveolens

Est l’arme qui douleur évince

Veines gonflées dans l’omnibus

C’est radical, aesculus

Tu n’auras pas besoin de plus…

 

Je te connais, tu n’y crois pas

L’homéo ne te convainc pas

Car ces granules enrobés

Qui fondent vite sous le palais,

Médication bien singulière,

Te rappellent les pièces de Molière

Où des médecins incompétents

Se prétendaient sages et savants

 

Ignis : feu en latin.

 

 

 

 

 

 

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 08:00
TAPIS ROUGE

J’ai assisté comme chaque année, à la soirée organisée par la coopérative de pharmaciens à laquelle j’appartiens. Invitations dans un bar lounge près de la place de l’Opéra et du cinéma Gaumont, journalistes sous une tente, hôtesses à l’accueil, badges, tapis rouge. Ambiance cosy, décor chic, un peu… cocktail sous la pergola, chaleur étouffante, murmures des confrères, accolades, salutations, embrassades, plaisir de revoir d’anciens camarades de promotion.

Champagne, vin rouge, Pepsi, glaçons, charcuterie, petits fours, brochettes de poisson, mini cakes, mini tartelettes. De quoi se sentir roi, s’imaginer important, considéré, chouchouté. On se dévisage bien un peu, se jauge, s’évalue, chacun se demande ce que l’autre peut valoir au Box Office. La soirée devait se clôturer en beauté avec projection en avant-première du film « Indian Palace » au Gaumont. En sortant du bar la foule s’est dirigée vers le cinéma, les têtes tournaient, tout ce rouge au sol, ces photographes, cette célébrité soudaine… Quelle griserie ! Ah, comme ils nous bichonnent chez Welcoop !

Enfin, tout ce bazar c’était pour Charlize Theron qui faisait la promotion de son nouveau film. Et nous sommes restés bloqués derrière des barrières, en inconnus lambda, avant de pouvoir gagner la salle, le temps des flashs. Cela dit, j’ai beaucoup apprécié la soirée.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 142: MAT DE MISAINE

Défi 142 d’après photo chez Lenaig pour les Croqueurs de mots:

 

Je grimperais aux arbres pour atteindre la lumière

Qui perce les feuillages, blanchissant le gazon

Je salirais mon jean sans faire de manière

Me roulerais en boule dessous les frondaisons

 

Je me laisserais glisser doucement vers le ciel

Tutoyer les étoiles comblerait mes désirs

Je frôlerais au passage des plumes d’hirondelles

Et le printemps qui vient m’arracherait des soupirs

 

Mes bras, mes mains, mes pieds perdraient toute consistance

Léger, pâle,  libéré, j’ignorerais la peur

Me soustrairais au monde, userais d’élégance

Conjuguant équilibre, grâce et apesanteur

 

Détaché de  la vie par le  mât de misaine

D’un voilier initiant un voyage au long cours

Transi, ankylosé sur mes joies, sur mes peines

Je me garderais bien de songer à l’amour

 

 

 

 

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 19:11

BLOG EN PAUSE JUSQU'AU 8 AVRIL

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 08:00
DEFI 142: MEME DIRECTION

Défi 142 chez Lenaïg pour les Croqueurs de mots: une étrange atmosphère, d'après une photo de Kristoffer Axén 

 

Ils scrutaient l’horizon, tous les  deux indolents

Réprimant un frisson, malmenés par  le vent

Qui fouettait les nuages, et l’écran de fumée

Plaqué à l’astre rond devant eux, intriguait

 

On le voyait danser, s’étaler, frémissant

Il imposait son rythme, tel un feu rougeoyant

Que l’on perçoit au loin, avec inquiétude

Qui peut-être s’éteint, faiblesse, lassitude

 

Ils s’étaient éloignés avec l’âge et le temps

Et leurs pas hésitaient sur le sol, dérapant

Pourtant la plaine nue, l’herbe rase et gelée

 

Constituent un écrin, bien que froid et laqué

Où logent des amours, des blessures, des passions

Quand les regards se figent dans la même direction

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 08:00
JE SUPPOSE...

Ca y est, ils fleurissent. Je les avais observés la semaine dernière à Giverny, tout près de la maison de…. Ils montraient timidement leurs bourgeons et semblaient près de sortir de leur boite, comme dans le poème de Paul Géraldy. Ces derniers jours de mars sont encore gris, un peu frais, et le soleil joue les effeuilleuses. Il dévoile un peu du jardin derrière la palissade, quelques pois de senteurs, taches violettes sur l’herbe, quelques jonquilles se trémoussant dans les allées ratissées. La maison doit rouvrir au premier avril et elle se prépare.

Les pièces d’eau sont troubles, la treille est nue. Tout semble éteint, comme fondu dans le ciel roux. On dirait qu’une personnalité va inaugurer un monument en ôtant le voile qui la recouvre. On dirait que la maison, le jardin attendent leur heure. La rue est calme, endormie, personne devant le portail, ni derrière, près de la route. Quelques promeneurs et leurs chiens, quelques joggeurs, un unique café ouvert, un immense parking désert et nous marchant le long des cerisiers boutonneux.

Aujourd’hui puisqu’ils explosent comme du pop-corn dans ma rue, je suppose qu’ils forment une haie d’honneur là-bas. Et que Monet, adossé à l’un d’eux, dans sa blouse bleue, avec son chapeau de paille, guette la venue des premiers visiteurs.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 08:00
DEFI 141: AVEC LA MEUTE

Pour le défi 141 chez Enriqueta, je me suis inspirée du défi 35 lancé par Tricôtine pour les Croqueurs de mots: hors d'œuvre, états d'âme d'une œuvre en cours d'écriture.

 

Un avenir en colimaçon

Et la campagne pour l’horizon

Ainsi débute le roman

D’une vie rompue à son tournant

Enfin l’air pur et les vacances

Les champs de blé, l’indépendance

Un homme sommé de lâcher prise

Boucle son sac puis ses valises

Et se défait de son costume

Les kilomètres sur le bitume

Avalés au hasard des missions

Que lui confiait sa direction

Etaient les murs d’une prison

 

Savourer l’ombre et le soleil

Entendre bourdonner les abeilles

Fébrilité, effervescence

Des arbres s'inclinent, déférence

Et l’eau argentée des rivières

Minaude sous les  ponts de pierre

Ah se complaire à observer

Les grands tournesols desséchés

Ces compagnons de liberté !

 

Oubliés devoirs et famille

Dans le lointain, un clocher brille

Avant que gronde le tonnerre

Déclamer tout Apollinaire

Lâché un instant par le vent

L’homme trébuche en avant

Des nuages moutonnent tout là-haut

Mangent les couleurs des coquelicots

Il est cruel d'abandonner

Un personnage déboussolé

Qui le lendemain souffrira

Avec la meute, et malgré soi

Dans les locaux de Pôle Emploi

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 08:00
DEFI 141: PASSANT RÊVEUR

Pour le défi 141 chez Enriqueta pour les Croqueurs de mots, je pouvais emprunter le thème : A la veillée.

Ce sont les marées du siècle, a-t-on dit. Et c’est à voir, à entendre, à respirer. Des vagues hurlantes, des langues d’eau verte bouillonnantes, léchant le béton des quais, baveuses, giflant les curieux. C’est la lune flirtant avec la terre d’un peu trop près. La foule envahit les restaurants du port, se presse à l’entrée du téléphérique, attirée par les hauteurs blanches des falaises. Le vent perce les oreilles, et s’engouffre dans les rues tristes et désertes du centre-ville.

La veillée commence dès la fin de l’après-midi, à marée basse, à l’heure où le varech colle aux rochers avec les coquillages. Les goélands dessinent des palmes sur le sable mouillé. On n’attend pas que les lampes s’allument, que les bateaux cornent au loin. L’important est de regarder la plage, à l’endroit où s’étale la forme insolite qui intrigue et alimente les légendes. Les histoires de marin que l’on colporte pour se tenir chaud et se faire peur à la fois.

Ce rocher-là est un animal blessé oublié par un fermier qui rêvait de tangage et de roulis, à qui la terre ferme donnait le mal de mer. Ce rocher-là, qui meuglait autrefois fut tiré, poussé jusque devant les flots puis abandonné par cet ingrat avide de pêche, de cordages et de filets. Il s’était affalé puis enterré à-demi, dans le sable. Il s’était fossilisé, subissant les marées et poli par elles.

Il gémit parfois quand l’eau se retire, que le soleil brille, il raconte son histoire et se laisse photographier par des passants rêveurs, un peu trop imaginatifs.

A moins qu’un après-midi au Tréport, un jour de grande marée, les rochers éblouissants ne soient que des mirages.

 

 

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 08:00
DEFI 141: A L'AISE

Chez Enriqueta pour ce 141ème jeudi en poésie, j'ai repris le défi 28 de Tricôtine: "Le grenier"

 

Il a fallu réinventer

La cave humide et le grenier

Sans renverser une bouteille

Mais visiter chaque corbeille

Faire grincer le cheval à bascule

Quand la nuit une chouette hulule

Lorsque ronronne la chaudière

Que la pluie claque sur les gouttières

Qu’une araignée tisse sa toile

Sous la fenêtre près des étoiles

Un éclair coiffe un guéridon

Une canne à pêche, des hameçons

Cela n’effraie jamais personne

Dans le brouillard, des cris résonnent

Un petit peuple s’agrandit

Mulots, musaraignes et souris

Car coincé derrière la voiture

Un bateau de pêche à la voilure

Rongée, sale et décolorée

Est devenu un nid douillet

Certains trouvent que c’est amusant

De même, là-haut, un paravent

Dont les panneaux de bois usés

Frottent à minuit sur le plancher

Est à présent mur d’escalade

De courses poursuites et de balades

Or n’est-il pas réconfortant

De se suffire élégamment

Dans le désordre enfoui des hommes

Pour soi, bâtir un home sweet home

Accéder à la vie rêvée

Et s’épanouir en liberté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 08:00
EN VOITURE!

Voilà c’est décidé, vous vous inscrivez sur Blablacar, le site du covoiturage. Ca marche bien, c’est fiable, vous abordez des gens sympathiques, vous papotez sur le trajet, vous racontez un peu votre vie et vous écoutez poliment ce que disent les autres. Le temps passe plus vite et les embouteillages semblent se diluer dans la nouveauté des rencontres. Bonne formule, trois euros par personne à l’arrivée, pour un trajet Creil Paris. Tout le monde est content, personne ne se plaint, à part peut-être ceux qui ont transporté l’un des frères Kouachi, peu avant le drame. Tout passe par le net, horaire, lieu, attente.

Parfois la situation est pittoresque comme lorsqu’on vous annonce qu’il y aura un chat, on vous demande si ça gêne, si ça dérange. Vous dites, non bien sûr, un chat dans sa cage n’est pas une charge, même s’il miaule un peu. Ensuite on vous déclare qu’il n’y aura  finalement qu’un passager à qui faire la conversation, le chat. On vous certifie qu’il est attendu par une association, Gare de Lyon à Paris. Alors vous devisez avec Minou, qui est sage comme tout. A l’arrivée bien sûr, personne. Si ce n’est vous et un chat noir et blanc qui se demande s'il n'a pas un tutu sur la tête, à voir votre air ahuri. Alors vous ramenez Minou à la maison. Il voisine avec vos chats à vous, quelques grognements, quelques miaulements. Vous rappelez le contact à Creil, puis l’association et enfin le destinataire du chat. Tout ce monde est désolé mais ne bouge pas d’un poil, c’est le cas de le dire. Alors Minou va rester chez vous ?

Non, certainement pas. Vous repartez illico avec Minou  et le déposez tard le soir à Paris, chez son destinataire qui vous dit mollement merci comme s'il n'en voulait plus, tout compte fait. Mais vous l'avez échappé belle, vous avez failli hériter d’un troisième chat !

C’est ce qui nous est arrivé, la semaine dernière !

 

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