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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 22:55
INTERMEDIAIRE

Entre chien et loup, c’est l’espace durant lequel le jour et la nuit se livrent une dernière bataille, le jour veut absolument disparaître et la nuit refuse de s’installer. Ça se conclue dans le sang d’un coucher de soleil et des ombres se forment, qui nous définissent.

Nous ne sommes plus tout à fait humains et pas vraiment des spectres. Nos contours sont familiers, nous sommes reconnaissables. Pourtant nous n’avons ni visage, ni identité.

C'est l'état intermédiaire dans lequel nous flottons juste avant un changement quel qu’il soit. A la fois grâce et paralysie, il est toujours suivi d’une sorte de vertige, comme un retour sur terre après décollage. Ensuite nous gonflons les poumons,  expirons et avançons.

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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 10:47
UNE ANALYSE AU SCALPEL

« Juste puni » est un roman d’Anaïs W. que vous pouvez acheter ici Si j’en parle c’est parce que je suis Anaïs depuis sa page Facebook. Ce roman bien écrit et qui parle vrai est à la fois une déchirure et un message d’espoir.

Je n’ai pas envie de raconter l’histoire. Il y a un adolescent, un père violent, très violent. Des coups pleuvent aggravés comme acceptés par le sentiment de culpabilité du jeune qui les reçoit.

La brutalité d’un père, ses accès de furie de de haine, sa bestialité balaient l’enfance, la jeunesse, l’innocence. On pourrait penser à la complaisance, au laisser faire, à la lâcheté. On doit suspecter l’emprise, le bourrage de crâne, qui font croire à la nullité, obligent à se déprécier, à rechercher ce qui fait mal et abrutit. La mise en place de ce processus est parfaitement décortiquée ici.

Les amis, les proches, autour ont d’abord un rôle d’observateurs. Ils constatent impuissants, ils sermonnent, se mettent en colère. La relative passivité des camarades de classe, Amory, Quentin, Éric, le peu de réaction de la petite amie Amandine sont agaçants. On bout, juste ce qu’il faut. Juste comme la société qui réagit toujours tard et de manière cinglante à ce type de drame.

Ce roman décrypte la folie destructrice par petites touches assassines, le sang, les bleus, les plaies s’ouvrent, se ferment, s’ouvrent de nouveau au bord de l’évanouissement, de la perte de de contrôle. Du dégoût de soi.

Inutile de dire que je l’ai savouré malgré le caractère insoutenable de certaines scènes, parce que le langage est clair, le vocabulaire riche, le message limpide.

Merci Anaïs pour cette belle découverte.

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 20:00

Aujourd’hui c’est la panne sèche. Je n’ai pas d’idée. Après tout ça se partage aussi. Noircir une page blanche un dimanche d’octobre, une soirée beaucoup trop chaude pour être honnête. Dans la rue des doudounes, des écharpes côtoient des dos nus et des shorts. Les restaurants, les bars sont pris d’assaut. Les feuilles tombent, on mange des marrons et des glaces. Il pleut un peu, chaud mouillé, ça ne dure pas. Ici on bronze sur les quais de Seine, à moins d’y trinquer, un verre de rosé à la main à la tombée du jour. La nuit s’installe tôt.  Douce, tiède, estivale, elle dure.  Normalement, elle chasse les fêtards à cette époque. En ce moment ils s’éternisent dehors ou alors ils ouvrent leurs fenêtres, qu’on les entende.

C’est ça j’écris, je remplis la page mais au fond voici ce que j’ai à dire : cette année Octobre a envie qu’on le regarde et qu’on l’entende. Car cette histoire de réchauffement n’est pas une blague. Observez-le bien, Octobre a de nombreuses années devant lui et s’apprête à grimper en température chaque fois davantage.

 

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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 08:00
CARTE POSTALE

Elle est souvent comme cela. Des fleurs au premier plan, un paysage derrière, souvent accrocheur, envoûtant, vertigineux. La mer, le soleil ou les deux. Une plage, des falaises, des monuments, des sites célèbres. On identifie l’endroit ou pas. C’est la beauté du lieu qui compte.  Au dos de la carte il y a : « Coucou, souvenir, petit mot de… À bientôt, bisou, on pense à vous… »

Il y a ? Il y avait. La carte postale actuellement ce sont Instagram ou Facebook qui la véhiculent. Les petits mots, les phrases de nos mains, les signatures, les je t’embrasse n’atteignent plus l’individu. Des cartes, des photos avec ou sans commentaire, pour tous et personne. La famille et la terre. Ceux qu’on aime et les autres. Nos souvenirs visent le monde entier. Dire que ça le concerne est une autre histoire…

 

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 08:00
DES BOIS

Septembre  estime que son rôle est terminé. Fini de briller, de chauffer, de maintenir aux jours une longueur raisonnable. Il sait que nous sommes rentrés, ravis, reposés. Nous étions entre parenthèses, sortis de nous-mêmes et ailleurs. Nous venons juste de réintégrer l’enveloppe de la routine.

Septembre se moque gentiment de nous. Déguisé en Robin des Bois, au milieu des feuillages roux, il nous  dépouille de l’été. Puisque nous sommes comblés, tout juste rassasiés, nous rendons les armes en douceur. Octobre nous prend en charge, laissons-le faire.

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 08:00
VAINCRE

Me suspendre à la toile et défier la tempête, le vent, la pluie. Me balancer imperturbable et au grand jour, ne craindre aucun prédateur, pas même les chats de la maison qui ne sont pas  équilibristes.  Me fier au dégoût que suscitent mes pattes zébrées. On me fuit effrayé, on me fixe tétanisé. On n’ose pas m’écraser ou entraver mon fil. Risque de briser l’espoir au soir, d’attiser le chagrin, matin.

Et j’alimente les cauchemars et je fascine les bâtisseurs.

Je suis une Reine et un Symbole, de liberté et de blocage. Construire une vie ou s’engluer.  Vaincre ses peurs ou déprimer. Chasser ou se faire dévorer.

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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 08:00
ANTIDEPRESSEUR

Ce devrait être le seul remède contre la dépression. Un côté zen, tranquille, une chute d’eau sur des pierres. Un fracas rafraîchissant puis une musique douce, un clapotis et la nature bourdonnante, un soleil blanc couvrant les épaules, le murmure d’un ruisseau, nos pas glissants sur des galets, des chutes sans importance amorties par le vent et les branchages. De l’exotisme, de l’oxygène, respirer, fermer les yeux, se ressourcer avant de retrouver le quotidien banal, oppressant, anxiogène.

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 08:00
DRAGON

Retourner travailler c’est un peu ça. Poser un dragon sur les vacances. Mais il est bienveillant, il ne crache pas de feu. Il nous indique simplement qu’il est temps de passer à autre chose. Nous sommes amenés à retrouver la routine. Avec d’étroites fenêtres sur l’extérieur.

C’est plus fort que nous, les images s’imposent, de visites, de virées en famille, de soirées. De découvertes, autres pays, autres cultures, de lectures, de balades sur terre, mer ou rivière.  Heureusement. Ce sont elles qui nous aident à supporter le dragon, à l’apprivoiser. À l’empêcher d’onduler au quotidien sur nos vies.

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 12:15
CAN YOU GIVE ME

Il pourrait s’agir de vacances à la mer, dans un lagon, avec une eau à 29 degrés, des palmiers, du sable blanc. À la montagne au milieu des edelweiss et des cabris, dans l’oxygène des sommets. A l’autre bout de la terre, Denpasar, Manille, Brisbane, une grande ville loin de chez soi. Parmi les maoris, les lapons, les cheyennes. Au cœur de la pampa, en rasant les cactus. Dans le désert chez les Touaregs, à dos de chameau. En descendant le Nil, s’aspergeant des eaux  du Gange. Après avoir mordu la poussière, s’être essayé au rafting. Dans la baie d’Ushuaïa, aux confins de l’Arctique.

Il y a toujours un moment où la question se pose, cruciale de nos jours : « Can you give me the password for the wifi, please ? »

 

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 08:00
C'EST PARTI

Allez un dernier pour la route. Des souvenirs nostalgiques, finies les vacances. Qui mettent en joie aussi, un lever du soleil sur la mer c’est comme du sang pulsé vers le cœur. En le regardant on se sent du courage pour toute une journée. C’est comme une écharpe autour du cou, ça laisse le mal à l’extérieur, comme de l’or à ses cheveux, on se sent beau, illuminé.

Alors vite un café, une tartine, c’est parti, au boulot !

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  • : instants de grâce, parcours chahutés, affirmation de soi. J'aime saisir ces moments dans la vie qui font vibrer et se sentir vivant.
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